Omar S’habou donne les raisons de son départ de l’initiative de Béji Caïed Essebsi

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Dans une lettre parvenue ce 11 juin 2012 à Business News, Omar S’habou donne les raisons de son départ de l’initiative de Béji Caïed Essebsi. Nous reproduisons ici la lettre dans son intégralité:

Depuis que Si Béji m’a appelé avec d’autres acteurs de la scène à réfléchir à une alternative qui puisse assurer l’équilibre politique du pays, ma conviction, forte, m’orientait vers la création d’un nouveau parti politique tant les conditions de son succès me paraissaient évidentes et grandes : un chef charismatique à l’incontestable légitimité, une assise populaire large issue de la majorité silencieuse et éventuellement des déçus des partis existants, des orientations idéologiques qu’il ne sera pas pénible de convertir en une plateforme doctrinale séduisante et convaincante en comparaison avec la nébuleuse trichotomique de la troïka et des moyens financiers qu’il ne sera pas difficile d’obtenir dès lors que le nouveau parti s’ébranlera.

C’était ma conviction jusqu’à ce que le processus de maturation de ce qu’il sera convenu d’appeler « l’initiative BCE » enfante une option stratégique qui ne me convainc nullement. Celle de faire de Si Béji en personne le président statutaire du nouveau parti. De quelque coté que je tourne cette option, je n’y vois qu’aléas et inconvénients.
La classe politique et l’opinion publique tunisiennes ont constaté depuis la déclaration fondatrice du 26 janvier sinon un rapprochement du moins une adhésion de toutes les familles politiques centristes que compte le pays à « l’Initiative BCE », ce qui a immédiatement conféré à Si Beji un statut national et une couronne consensuelle qui dépassent largement le champ d’un parti politique, aussi populaire fut-il.

Je me suis rendu compte chemin faisant que le rôle dont l’histoire est en train d’investir Caïed Essebsi, ne saurait être limité à la présidence statutaire d’un nouveau parti qui viendrait s’additionner à d’autres, mais d’incarner une dimension plus large inclusive de toutes les familles politiques proches et dont Caïed Essebsi serait le fédérateur en même temps que l’irradiant symbole, et ce d’autant plus que tous les leaders des familles centristes sans exception ont publiquement déclaré leur acceptation du leadership de Caïed Essebsi.
Il m’a été depuis lors difficile de le voir ciblé, de par l’impitoyable loi de l’action politique, non seulement par ses adversaires naturels mais, éventuellement, par des partenaires proches politiquement mais concurrents électoralement. Je le vois en guide, en éclaireur et en un recours dont la parole serait décisive en cas de divergences et dont l’active présence serait la garante d’une indispensable cohérence.
Je me suis ouvert de cette façon de voir les choses à Si Beji notamment au cours d’une réunion tripartite avec Ahmed Néjib Chebbi dont il me plait de louer ici la sincère transcendance à sa légitime aspiration au leadership, mais Si Béji est resté ferme quant à sa décision d’être le président statutaire d’un nouveau parti. J’espère le plus sincèrement du monde qu’il aura raison et que j’aurais tort…

Je suis ainsi fait depuis ma précoce entrée dans l’arène politique : je ne me complais pas dans le clair-obscur ni dans les demi-mesures et je ne peux convaincre les autres de ce dont je ne suis pas convaincu moi-même… C’est, chez moi, génétique !
J’ai donc fait part en premier lieu à Si Béji, avec foi et affection, de ma décision de quitter son initiative et je n’ai trouvé auprès de lui, comme d’habitude, que compréhension et nobles sentiments…
Que vais-je faire en tant qu’acteur politique ? Je vais poursuivre ma contribution pour une société tunisienne fraternelle, réconciliée avec ses enfants sans exception et assumant son génie réformiste de l’Islam. Et le tout sans complaisance ni nuisance à l’égard de qui que ce soit ; ni à l’égard de Rached Ghannouchi, ni à l’égard de Beji Caïed Essebsi.

Omar S’habou
61 commentaires
DE GAULLE
PACHA |13-06-2012 11:42
Le Général DE GAULLE aurait dit:
S'habou combien de divisions???

Anarchie en Tunisie
tounesalbaya |12-06-2012 21:52
Monsieur,
BCS, tous les tunisiens vous attendent avec impatience, c'est quand vous allez sauvez la Tunisie de cette anarchie des criminels qui brûlent et qui casse tout, devant les yeux fermés du gouvernement,
les Tunisiens ont ras le bol, personne ne se sent en sécurité en Tunisie, une de vos meilleures actions en 2011 c'était d'interdir à ces diables de salafistes de créer un parti en Tunisie.
défection de S'HABOU ne change rien
tounesnalbaya |12-06-2012 21:39
Monsieur S'HABOU préfère s'allier avec les frères criminels qui brûlent tout et casse tout, c'est son droit,il regrettera plus tard.
Des Affamés du Pouvoir
Tounsi Triste |12-06-2012 18:27
Eh oui , sortez de votre bulle politique monsieur , vous ne pensez qu'à vous même !
On vous oubliera vite car vous resterez petit !
Pauvre Tunisie !

Bravo Mr Essebsi ! Vous méritez le poste car vous êtes un grand monsieur qui ne s'est pas enrichi en travaillant pour la Tunisie !

J'observe tous ces évènements de la France ou je réside et j'ai honte des politicards affamés !
Alors que le pays passe un moment difficile.
Ahmed |12-06-2012 16:22
Alors que nous avons de plus en plus besoin d'unité.
Alors qu'une ébauche de guerre civile est en cours.
Si S'habou nous sort un raisonnement très égocentrique et contre productif.

Finalement, je pense que BCE a fait une erreur de casting.

Si S'habou vous n'êtes pas a la hauteur de l'événement.
Mauvaise passe pour le centre-droite
Mohamed 2 |12-06-2012 15:45
BCE risque quand même de perdre l'appui du "Maghreb" et de ses plumes vedettes (Zied Krichène, Hamadi Rédissi, Abdelaziz Mzoughi, etc.), qui ont été déterminants pour embellir son image depuis une année. Surtout que Nessma Tv se met aussi à caresser la majorité dans le sens du poil, en ouvrant grandement ses plateaux au ministre de l'Agriculture (dans l'attente d'autres membres de la Troïka). Et l'on sait que le centre-droite existe essentiellement par la communication médiatique, à défaut de bon feeling avec les masses.
BD pas BG
Houssem |12-06-2012 15:31
Toutes ces alliances et ces désunions qui cherchent vainement à former une opposition crédible auprès des électeurs tunisiens, ressemblent plus à une bande dessinée.. Non pas du genre amusant, Tom & Jerry mais plutôt dans le style pathétique des personnages de Dick Tracy et les gangs des années 40 à Chicago, en pleine lutte pour le pouvoir entre Pruneface et Influence, après la disparition de Big Boy Caprice.. Super LOL..
Pas convaincant du tout
stoura |12-06-2012 14:53
L'initiative qui suscite l'intérêt c'est celle qui propose un contenu politique concret et qui permet l'adhésion individuellement. Faute d'un personnage charismatique qui ne va pas tâtonner , seul Béji peut être le rassembleur de ceux qui peuvent être utiles pour la Tunisie.Il ne peut être que statutaire.
La tragédie tunisienne
Dr Youssef |12-06-2012 14:12
La chute du régime corrompu de ZABA a laissé
derrière elle un paysage politique appauvri et gravement déséquilibré dans lequel on distingue:
-un nombre considérable de groupuscules politiques dirigés par des individus prétentieux , assoiffés du pouvoir,et de crédibilité douteuse.
- un mouvement politique bien ancré dans l'histoire ,faisant de l'islamisme son cheval de bataille et le présentant comme le meilleur choix de gouvernance pour le pays.Ce mouvement a réussi à former une base assez
forte en exploitant la foi religieuse de nombreux citoyens.
-quelques partis d'opposition dits démocratiques, connus depuis la période de règne de ZABA qui ,au lieu de s'allier dans une coalition plus forte,se sont affaiblis en allant travailler chacun pour son propre compte,et deux d'entre eux se sont laissés phagocyter par le parti islamiste.
Nous sommes donc en face d'un paysage politique unipolaire dominé par un parti tirant sa force d'une cohésion et d'une discipline entre ses membres jusque là infaillible.La persistance d'un tel paysage est périlleuse et présage du retour du despotisme à plus ou moins long terme.
Le seul espoir qui puisse sauver le pays d'une nouvelle tragédie et rétablir l'équilibre politique
est le parti de Mr BCS Je pense que la décision de désengagement de Mr Omar Shabou manque de clairvoyance .L'avenir de notre pays est en jeu! Nous devons tous nous ranger derrière BCS ,et mettre l'intérêt national au dessus de toute considération .
oui c'est une idée !
talaya |12-06-2012 14:11
parti BCE, parti NC, parti HH .........etc !!!!!!!!
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