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Banque de l'Habitat : Les résultats seront au rendez-vous en 2016

Banque de l'Habitat : Les résultats seront au rendez-vous en 2016

 

La Banque de l'Habitat (BH) a tenu son Assemblée générale ordinaire pour l’exercice 2015 le samedi 4 juin 2016, sous l’égide de la présidente du conseil, Amel Medini, et du directeur général, Ahmed Rjiba. Certes, les actionnaires ont salué les bons résultats de la banque, mais le fait qu’il n’y ait pas de dividende leur reste en travers de la gorge, même s’ils sont bien conscients de sa nécessité.

 

La BH a enregistré, pour l’exercice 2015, un résultat net de 70,6 millions de dinars (MD) en hausse de 40%, et ceci malgré un contexte national peu favorable. La banque a généré un produit net bancaire (PNB) de 266,5 MD (+8,4% contre un accroissement sectoriel de 6,3%), lui permettant de gagner une place et de se hisser au 5ème rang.

En outre, grâce au développement de la synergie avec ses différentes filiales, le groupe BH a enregistré un résultat net consolidé de 82,5 MD contre 55,3 MD en 2014, traduisant une nette amélioration de 50%.

Autre point, le cours de l'action de la BH a affiché une appréciation de 64,3%, affichant la meilleure progression boursière du secteur bancaire et la troisième de la côte.

 

Ses dépôts se sont situés à 4.696,8 MD alors que les encours des crédits à la clientèle ont évolué atteignant ainsi 5.342,4 MD. Le coefficient d’exploitation s’est établi à 43,6% contre une moyenne sectorielle de 45,9%, affichant une amélioration de 2 points par rapport à 2014. Le résultat brut d’exploitation s’est élevé à 164,1 MD, en progression de 9,1% contre une moyenne sectorielle de 6,7% lui permettant de figurer parmi les 3 premières banques de la place.

En outre, la qualité des actifs s’est améliorée, avec un taux de créances classées de 17,5% contre 19% en 2014 et un taux de couverture de 73% contre 70,4% en 2014.

 

«La banque, et malgré ce contexte économique et monétaire tendu, a poursuivi sa démarche axée sur deux volets, le premier relatif au développement commercial et à la relance de l’activité de financement de l’économie; le deuxième volet concerne la réalisation du plan de restructuration, garant de la pérennisation des performances», a souligné M. Rjiba.

Ces résultats sont le fruit du Plan de restructuration amorcé en 2014, a expliqué, pour sa part, Mme Medini : «La concrétisation des axes stratégiques de ce plan a fait de l’exercice 2015, une année de réformes par excellence».

En effet, l’année a été marquée par l’instauration d’un nouveau mode de gouvernance à travers la séparation entre la fonction du directeur général et celle du président du Conseil d’administration avec la revue de sa composition. En outre, le conseil a été renforcé par la nomination d’administrateurs sélectionnés sur la base d’un appel à candidature en fonction de leurs compétences et expertises liées aux métiers de la banque consolidant le partenariat public-privé qui présente un atout de taille pour l’amélioration de la gouvernance de la banque.

Autre axe important, la consolidation des assises financières de la banque à travers l’émission d’un emprunt subordonné de 90 MD et l’augmentation du capital d’un montant de 80 MD dont 50 MD en numéraire, le portant ainsi à 170 MD. Cette augmentation de capital a permis de renforcer les capitaux propres à hauteur de 110 MD et d’être en conformité avec le ratio de solvabilité exigé, outre le fait qu’elle a permis de soutenir son plan de relance.

Mme Medini a également évoqué le renforcement et la modernisation du réseau des agences par l’ouverture de 12 points de vente et le réaménagement de 6 anciennes agences. Pour sa part, l’offre commerciale a été enrichie par de nouveaux produits, notamment le lancement de 3 packs; la commercialisation d’un nouveau produit d'épargne/crédit "Epargne Capital Plus" et l’émission de la Carte technologique.

La banque a aussi diversifié les concours à l’économie pour permettre une meilleure répartition du risque.

Autre axe déterminant du Plan de restructuration : la refonte du système d’information. La banque a opté pour la mise en place d’un système intégré couvrant les différents métiers de la banque. Elle a déjà entamé la mise en place d’une solution monétique et d’une autre pour la couverture de l’activité avec l’étranger. Elle a aussi renouvelé sa salle de marchés en la dotant de moyens techniques à la pointe de la technologie.

 

Autre point important abordé, Ahmed Rjiba a affirmé : «La croissance soutenue sur le marché tunisien s’accompagne par le renforcement de notre présence en Afrique. Actionnaire de référence dans deux banques spécialisées au Congo et au Burkina Faso, la BH s’emploie à déployer plus largement son expertise et son savoir faire».

 

Pour leur part, les commissaires aux comptes ont mis en évidence, dans leur rapport général, un ensemble de réserves. Dans sa lecture du rapport, le commissaire a souligné que ces défaillances ont été constatées avant 2013 et que depuis cette date, ils n’ont pas enregistré de nouvelles observations.

 

 

Prenant la parole lors de l’ouverture de la séance de débat, Moncef Ouaghlani a fait remarqué que les réserves émises par les commissaires aux comptes sont les mêmes chaque année et qu’il faut y remédier en créant un comité de suivi.

En outre, M. Ouaghlani s’est inquiété face à l’importance des engagements des entreprises publiques qui totalisent un montant de 575,3 MD au 31 décembre 2015, selon le rapport des commissaires aux comptes, et dont certains engagements présentent des difficultés financières et qui ne sont pas couverts par des garanties suffisantes n’ont pas été provisionnés. Il a réclamé d’autres détails sur les opérations de la banque en Afrique et l’actualisation du Business Plan suite aux bons résultats enregistrés par la banque.

Abdelaziz Ben Youssef a fait remarquer que la Tunisian Foreign Bank (TFB), dans laquelle le groupe BH détient une participation de 43,409%, est devenue un vrai gouffre financier avec des pertes de 28,5 MD en 2015 et de 27,01 MD en 2014. Il a appelé à ce que l’hémorragie des fonds propres cesse et que le groupe trouve une solution adéquate.

Habib Bouzouita a salué l’amélioration des résultats depuis 2 ans que ce soit au niveau individuel ou consolidé, notant que la banque revient de loin avec un passif lourd. Ceci dit, il trouve que le taux de 17% de créances accrochées est important et qu’il faudra beaucoup d’efforts pour l’améliorer.

Autre point, M. Bouzouita a rappelé que le DG de la banque s’est engagé en 2014 à apurer les réserves, qui alourdissent le passif de la banque. Enfin, bien que conscient que la banque a besoin de renforcer ses capitaux propres, il s’est interrogé sur la non-distribution de dividendes.

Une analyste s’est interrogée sur le coût du système informatique et sur la date d’achèvement de son implémentation.

Zied Channouffi, analyste et actionnaire, a martelé pour sa part que l’Etat doit donner les moyens aux dirigeants des banques publiques pour qu’ils puissent réaliser des performances aussi importantes que celles du privé.

Mohamed Kilani, retraité de la banque et actionnaire, a imploré le Conseil d’administration pour qu’il trouve les moyens de renforcer les capitaux propres de la banque. Il a souligné, également, que la banque regorge de ressources humaines compétentes mais frustrées, et qu’elles sont capables de réaliser de bonnes performances si on leur donnait les moyens.

Mustapha Chouaïeb a évoqué plusieurs points. Pour lui, la valeur de la dotation aux amortissements et aux provisions prouve qu’il y a un problème d’impayés. Il s’est demandé si les administrateurs ont contracté des crédits auprès de la banque et à quel taux. Il a réclamé de lui fournir des ratios réels comme la rentabilité par employé ou la rentabilité par agence. Il s’est interrogé sur les sociétés filiales perdantes. Il a réclamé un poste au conseil d’administration pour les petits porteurs, élu par leurs soins.

M. Chouaïeb estime que puisque les actionnaires ont fait un effort lors de l’augmentation de capital, il est normal qu’ils aient droit cette année à leurs dividendes, réclamant de débloquer des réserves à cet effet et de faire un geste avec au moins 100 millimes par action. «Si on ne prend pas de dividendes vous n’aurez pas droit à vos jetons de présence !», a-t-il dit à l’adresse de la tribune.

Enfin, Mustapha Chouaïeb a estimé que le problème des banques publiques est l’Etat : pour lui l’Etat doit se désengager pour les laisser travailler.

 

En réponse, Amel Medini a souligné que, suite à l’audit des banques publiques, des réformes ont été engagées pour offrir plus de flexibilité au Conseil d’administration. Elle a précisé que la composition du Conseil d’administration a été revue, et que les représentants de l’Etat doivent déposer leurs candidatures lors d’une consultation et le choix se fera sur la base des compétences, alors qu’avant ils étaient nommés par le ministère des Finances.

Autre point, Mme Medini a rappelé que l’Etat reste l’actionnaire majoritaire et qu’il a le droit de prendre certaines décisions et que ses représentants ont une responsabilité légale de leurs actes et qu’ils effectuent leurs devoirs en leurs âmes et consciences : leurs seuls critères dans la prise de décisions est que ces dernières soient légales et bonnes pour l’entreprise.

La présidente du Conseil d’administration a précisé, aussi, en réponse à une autre interrogation, qu’une commission d’audit a été mise en place et qu’elle est en train de suivre les réserves émises par les commissaires aux comptes point par point. Elle a souligné, dans ce cadre, que la majorité des réserves sont dues au système d’information et qu’avec le nouveau système, la banque va pouvoir remédier à ces défaillances.

 

Ahmed Rjiba a expliqué, quant à lui, que la TFB a été soumise, comme la BH, a un plan de restructuration. Il a indiqué que le groupe BH est à la recherche d’un partenaire stratégique et qu’il est aussi en train d’étudier la possibilité de céder totalement ou partiellement ses participations. Une décision sera prise d’ici la fin de l’année, a-t-il spécifié.

Concernant les réserves, M. Rjiba a indiqué qu’ils sont en train de les faire baisser et que ceci est causé par le système d’information. Ainsi, il estime que la situation sera assainie dès l’implémentation du nouveau système pour une épuration d’ici 2020.

L’achat du système d’information interviendra cette année et il ne sera totalement déployé que d’ici 3 à 4 ans. Son prix est estimé à 30 MD mais pourra coûter le double, a noté M. Rjiba. Concernant le Business Plan, ce dernier a souligné qu’il a déjà été mis à jour.

 

Autre point important, Ahmed Rjiba a indiqué que l’Afrique est un axe de développement majeur de la banque et que plusieurs projets sont actuellement en cours, sans vouloir révéler davantage malgré l’instance de certains actionnaires.

Il a admis que le montant des créances accrochées est important mais a fait remarquer que ce chiffre est en train de baisser.

 

Concernant le sujet épineux des dividendes, M. Rjiba a expliqué que, selon le Plan de restructuration, il n’y aura pas de distribution de dividende en 2014 et en 2015 et que la banque a besoin de renforcer ses capitaux propres et ses fonds pour pouvoir travailler. Pour lui, ce serait stupide de distribuer un dividende puis de refaire une augmentation de capital car la banque ne respectera plus le ratio de liquidité. Il a précisé qu’une nouvelle circulaire de la BCT sera publiée avec de nouveaux ratios à respecter et donc il faudra être prêt à y faire face. Ceci dit, il s’est engagé qu’en 2017, il y aura distribution de dividendes.

Ahmed Rjiba a souligné qu’à part la TFB, toutes les filiales de la banque sont bénéficiaires et ont participé au résultat global du groupe. Il a précisé qu’aucune partie liée n’a contracté un crédit de la banque à part l’Etat qui a des garanties.

 

La BH a placé l’année 2016 sous le signe de la capitalisation de la performance et la confirmation de la croissance. En effet, elle œuvrera à la finalisation des projets s’inscrivant dans son Plan de Restructuration et poursuivra le déploiement des actions qui en découlent.

Ainsi, la banque mise sur l’amélioration de la qualité de service et la diversification de ses produits. Elle veut aussi améliorer la qualité des actifs par l’intensification des efforts de recouvrement et une meilleure gestion des risques sur la clientèle.

Autre point, elle mise également sur le renforcement de la synergie avec le groupe de la BH ainsi que sur l'amélioration ses performances financières et sur la conformité aux ratios prudentiels et réglementaires afin de mieux conforter sa position dans le secteur bancaire et d’améliorer le rendement du capital.

 

Imen NOUIRA

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Commentaires (3)

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Bourguibiste nationaliste
| 07-06-2016 16:20
Vous avez entièrement raison.
Merci.

A4
| 07-06-2016 16:05
Pas forcément islamiste. Parfois c'est juste une idiote marié à un con qui croit que sa virilité se trouve dans le foulard de sa femme ...

Bourguibiste nationaliste
| 07-06-2016 15:17
Une islamiste à la direction de la banque de l'habitant. Bonjour les dégâts...

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