Aurait-on oublié que l’éducation a un coût ?

Businessnews.com.tn | publié le 21/09/2017 16:58
Par Houcine Ben Achour,

 

On exige un système d’éducation de qualité et gratuit. N’est-ce pas là vouloir le beurre et l’argent du beurre ?

Comme chaque année, la rentrée scolaire est un événement à l’occasion duquel le pays est à l’unisson pour assurer toutes les chances de réussite à nos écoliers, collégiens et lycéens et bon courage à la famille élargie de l’éducation. Sage mais aussi futile démarche, sachant qu’au bout de l’année scolaire, plus de 100 000 de nos jeunes enfants vont abandonner l’école. On aura beau scruter les statistiques de la population scolaire, du nombre d’établissements, celui des sections et des classes. On aura beau examiner les ratios des effectifs par classe et par professeur. Le mal est douloureusement récurrent. Et il ne tient pas seulement à l’abandon scolaire, mais aussi à la dégradation du niveau des savoirs et compétences acquises par ceux qui poursuivent leurs études, indépendamment du cycle, primaire ou secondaire. Le classement PISA 2015 sur la qualité, l’efficacité et l’équité des systèmes scolaires, a classé la Tunisie à la 65e place sur un total de 70 pays. Les performances du pays sont largement au-dessous de la moyenne des pays de l’OCDE dès qu’il s’agit de sciences, de mathématiques ou de compréhension. Prétendre dans ces conditions qu’on est apte à rattraper d’ici quelques années les économies les plus avancées serait illusoire.

 

Voila des années que l’Ecole publique, comme d’ailleurs l’université, souffre alors que les remèdes existent, consignés notamment dans « Le plan stratégique du secteur de l’éducation (2016-2020) ». Mais, faute de moyens, l’école publique, comme l’université, est condamnée à l’immobilisme. Pourtant, l’éducation publique consomme bon an, mal an le quart du total des crédits de paiement du budget général de l’Etat.

Le coût de la gratuité de l’éducation et de l’enseignement doit-il s’arrêter là ? Compte tenu du contexte budgétaire du pays, cela ne fait aucun doute. Le débat méritait d’être instauré. Les récents propos de Noureddine Bhiri remettant en cause le principe de la gratuité de l’enseignement auraient constitué l’occasion idoine. Malheureusement, le sujet fut immédiatement étouffé par une salve de refus catégorique. Pourtant, la raison impose certains questionnements.

 

De nombreux paradoxes

Est-il normal de constater d’une part que l’Etat consacre près de 25% de ses dépenses à l’éducation et l’enseignement alors que les ménages n’en consacrent que 2,5% dans leur budget de consommation ? Est-il normal que, dans le même temps, de plus en plus de ménages inscrivent leur progéniture dans des établissements privés d’éducation.

 

Pour la première fois dans l’histoire du pays, les effectifs du premier cycle de l’enseignement primaire ont augmenté dans les mêmes proportions dans les établissements publics et les établissements privés, entre les années scolaires 2014/2015 et 2015/2016 : 13 000 élèves de plus dans le secteur public et 12 000 de plus dans les écoles primaires privés.

Est-il normal de constater que les dépenses d’investissement du budget du ministère de l’Education ont baissé considérablement passant de 195 MD en 2010 à 57 MD prévus en 2017, alors que parallèlement on sollicite la contribution financière des ménages et les entreprises dans des campagnes comme « le mois de l’école » et autre, pour engager des opérations de maintenance d’établissements scolaires ? Est-il normal de constater qu’un large pan de ceux qui défendent mordicus le principe de la gratuité de l’enseignement n’hésite pas à recourir aux cours privés pour améliorer les connaissances de leurs enfants ?

 

Répondre à ces interrogations, c’est esquisser l’école publique tunisienne de demain. La famille de l’éducation est-elle prête ? Rien n’est moins sûr.

Aurait-on oublié que l’éducation a un coût ?

Par Houcine Ben Achour, publié le 21/09/2017 16:58

 

On exige un système d’éducation de qualité et gratuit. N’est-ce pas là vouloir le beurre et l’argent du beurre ?

Comme chaque année, la rentrée scolaire est un événement à l’occasion duquel le pays est à l’unisson pour assurer toutes les chances de réussite à nos écoliers, collégiens et lycéens et bon courage à la famille élargie de l’éducation. Sage mais aussi futile démarche, sachant qu’au bout de l’année scolaire, plus de 100 000 de nos jeunes enfants vont abandonner l’école. On aura beau scruter les statistiques de la population scolaire, du nombre d’établissements, celui des sections et des classes. On aura beau examiner les ratios des effectifs par classe et par professeur. Le mal est douloureusement récurrent. Et il ne tient pas seulement à l’abandon scolaire, mais aussi à la dégradation du niveau des savoirs et compétences acquises par ceux qui poursuivent leurs études, indépendamment du cycle, primaire ou secondaire. Le classement PISA 2015 sur la qualité, l’efficacité et l’équité des systèmes scolaires, a classé la Tunisie à la 65e place sur un total de 70 pays. Les performances du pays sont largement au-dessous de la moyenne des pays de l’OCDE dès qu’il s’agit de sciences, de mathématiques ou de compréhension. Prétendre dans ces conditions qu’on est apte à rattraper d’ici quelques années les économies les plus avancées serait illusoire.

 

Voila des années que l’Ecole publique, comme d’ailleurs l’université, souffre alors que les remèdes existent, consignés notamment dans « Le plan stratégique du secteur de l’éducation (2016-2020) ». Mais, faute de moyens, l’école publique, comme l’université, est condamnée à l’immobilisme. Pourtant, l’éducation publique consomme bon an, mal an le quart du total des crédits de paiement du budget général de l’Etat.

Le coût de la gratuité de l’éducation et de l’enseignement doit-il s’arrêter là ? Compte tenu du contexte budgétaire du pays, cela ne fait aucun doute. Le débat méritait d’être instauré. Les récents propos de Noureddine Bhiri remettant en cause le principe de la gratuité de l’enseignement auraient constitué l’occasion idoine. Malheureusement, le sujet fut immédiatement étouffé par une salve de refus catégorique. Pourtant, la raison impose certains questionnements.

 

De nombreux paradoxes

Est-il normal de constater d’une part que l’Etat consacre près de 25% de ses dépenses à l’éducation et l’enseignement alors que les ménages n’en consacrent que 2,5% dans leur budget de consommation ? Est-il normal que, dans le même temps, de plus en plus de ménages inscrivent leur progéniture dans des établissements privés d’éducation.

 

Pour la première fois dans l’histoire du pays, les effectifs du premier cycle de l’enseignement primaire ont augmenté dans les mêmes proportions dans les établissements publics et les établissements privés, entre les années scolaires 2014/2015 et 2015/2016 : 13 000 élèves de plus dans le secteur public et 12 000 de plus dans les écoles primaires privés.

Est-il normal de constater que les dépenses d’investissement du budget du ministère de l’Education ont baissé considérablement passant de 195 MD en 2010 à 57 MD prévus en 2017, alors que parallèlement on sollicite la contribution financière des ménages et les entreprises dans des campagnes comme « le mois de l’école » et autre, pour engager des opérations de maintenance d’établissements scolaires ? Est-il normal de constater qu’un large pan de ceux qui défendent mordicus le principe de la gratuité de l’enseignement n’hésite pas à recourir aux cours privés pour améliorer les connaissances de leurs enfants ?

 

Répondre à ces interrogations, c’est esquisser l’école publique tunisienne de demain. La famille de l’éducation est-elle prête ? Rien n’est moins sûr.

Commentaires (21) Commenter
Les vrais responsables dela pourriture de notre système d'enseignement pourri
Bechir Toukabri
| 26-09-2017 22:14
La cause réelle de la situation catastrophique de notre système d'enseignement n'est pas le classique problème du manque de moyens matériels donc financiers. Il est dans la mediocrité desmoyens humains.Que voulez-vous faire avec 1)une surpopulation d'employés et de cadres au ministère incompetentset fenéants.2) Une armée d'enseignants "khobsistes".3)un syndicat qui defend la corruption des enseignants.4)des elèves gatéset pourris.6)des parents d'elèves qui n'ont su que gater leurs enfants. 7) enfin desgouvernements incompetents et sans aucune autorité
Voilà ce que je reproche à l'enseignement en Tunisie:
Dr. Jamel Tazarki
| 24-09-2017 11:44
Je trouve que c'est injuste et inhumain de ne pas laisser au moins un jour de pause entre les différents examens des différentes matières au baccalauréat tunisien (session de contrôle), je vous prie de voir le lien suivant: http://www.businessnews.com.tn/baccalaureat-2017--la-session-de-controle-reportee-dun-jour,520,73136,3


En Allemagne, le baccalauréat dure 4 semaines avec une pause de 3 à 5 jours entre les différents examens des différentes matières. Pourquoi les contraintes inutiles, en Tunisie? Pourquoi nos candidats au baccalauréat passent 4 examens en quatre jours successifs (voir le lien ci-dessus).

Il y a des candidats (par exemple, les enfants de certains de nos paysans) qui doivent faire des dizaines de Km entre autre à pied afin d'aller au collège et passer leur baccalauréat. Ils partent le matin et rentre tard le soir chez eux. Ils n'ont même pas le temps de se régénérer et de se rétablir. Il y'a aussi des candidats handicapés ou ont des maladies inguérissables et épuisantes (par exemples: le cancer, maladies artérielles, etc., etc., etc.) ===> Ils n'ont pas ainsi la force physique afin de passer 6 matières du baccalauréat en 6 six jours successifs.

Sur le lien suivant vous trouvez le calendrier des examens du Baccalauréat 2017 en Bavière (Allemagne):

http://www.abiturtermine.de/pruefungstermine-2017/abiturtermine-bayern-2017/

===>
a) l'examen de la première matière est le 03.05.2017
b) l'examen de la deuxième matière est le 09.05.2017
c) l'examen de la 3ème matière est le 12.05.2017
d) l'examen de la 4ème matière est entre le 22.05.2017 et le 26.05.2017
d) l'examen de la 5ème matière est entre le 29.05.2017 et le 02.06.2017

==> Il y a toujours des pauses entre les examens des différentes matières du baccalauréat allemand, pourquoi pas en Tunisie?

En Allemagne, L'épreuve d'éducation physique et sportive s'effectue en en cours d'année ===> l'évaluation s'effectue en contrôle continu, pendant l'année de terminale. En début d'année de terminale, le candidat au baccalauréat allemand doit choisir un menu de 3 sports parmi plusieurs qui sont proposés (exemple: natation, badminton et volleyball).

Il est complétement absurde d'exiger d'un candidat au baccalauréat tunisien en pleine période de préparation de réaliser un record/performance du 100 mètres en une minute afin d'avoir ses 15/20 en sport (alors qu'il est en très mauvaise condition physique au milieu des préparations pour les examens écrits).

IL est temps de renoncer aux contraintes inutiles de l'enseignement en Tunisie afin de rendre la vie moins difficile, moins dure, moins coriace à nos enfants, à nos élèves et à nos étudiants. Mais enfin, on peut se permettre en Tunisie l'évaluation de l'épreuve d'éducation physique et sportive en contrôle continu!!!!

Jamel Tazarki

Cette histoire de brouilleurs
Dr. Jamel Tazarki
| 24-09-2017 11:41
est vraiment trop stupide, voir le lien
http://www.businessnews.com.tn/hatem-boulabiar--je-porterai-plainte-contre-i-wat,520,73163,3

En Allemagne, si on attrape un candidat au baccalauréat utiliser son iPhone, il rate automatiquement son baccalauréat. Ceratins de nos profs/surveillants ont une grande part de responsabilités dans les tentatives de triches, car s'ils étaient un peu plus regardants, ils s'apercevraient très vite qu'il y a des tricheurs. ===> Alors pourquoi les brouilleurs!

Oui en général Nous devons faire confiance à nos profs. et à nos surveillants. La Tunisie ne peut pas fonctionner sans un minimum de confiance!!!

Jamel Tazarki
Égalités des chances!
Dr. Jamel Tazarki
| 24-09-2017 11:40
Plus grave que les iPhones sont les calculatrices sophistiquées (programmables). Il suffit de taper l'équation d'une fonction et vous obtenez le graphique, les points extrêmes, les asymptotes, la parité, croissance et points critiques, concavité et points d'inflexion, etc. etc. etc. Pareil en géométrie, pareil en statistiques' ===> avoir un 15/20 en mathématiques au baccalauréat est un jeu d'enfant, si on dispose durant l'examen de math d'une calculatrice programmable


Je propose plutôt de démocratiser l'enseignement en Tunisie. Ce n'est pas normal que certains candidats au baccalauréat tunisien utilisent des calculatrices sophistiquées (programmables) et obtiennent ainsi des 20/20 en mathématiques au bac alors qu'ils sont moyens/nuls en mathématiques. Par contre, les enfants de la classe pauvre se trouvent désavantagés! Moi, quand j'ai préparé mon baccalauréat mon père n'avait pas les moyens afin de m'acheter une calculatrice et j'ai passé mon baccalauréat sans calculatrice!

Je signale qu'en Allemagne on propose trois différents examens de mathématiques au baccalauréat:
a )sans calculatrice mais avec une durée de 4,5 heures.
https://www.isb.bayern.de/download/17845/abiturpruefung_mathematik_2016_pruefungsteil_a.pdf
https://www.isb.bayern.de/download/17846/abiturpruefung_mathematik_2016_pruefungsteil_b.pdf

b) avec calculatrice non programmable et ceci avec une durée de 4 heures:
https://www.isb.bayern.de/download/17845/abiturpruefung_mathematik_2016_pruefungsteil_a.pdf
https://www.isb.bayern.de/download/17846/abiturpruefung_mathematik_2016_pruefungsteil_b.pdf

c) avec calculatrice programmable mais il faut être vraiment un champion en mathématiques:
https://www.isb.bayern.de/download/17848/abiturpruefung_mathematik_cas_2016_pruefungsteil_b.pdf
https://www.isb.bayern.de/download/17847/abiturpruefung_mathematik_cas_2016_pruefungsteil_a.pdf

Les examens des choix a) et b) sont identiques, seulement la durée est différente!

Sur le lien suivant vous trouvez la liste des calculatrices autorisées au baccalauréat allemand:
http://mathematik.h8d.de/uebersicht-zugelassene-taschenrechner.pdf

Jamel Tazarki
Ne pas minimiser, ne pas surenchérir, mais préparer l'avenir!
Dr. Jamel Tazarki
| 24-09-2017 10:43
J'insiste que l'enseignement des mathématiques, de la chimie et de la physique est meilleurs dans les lycées tunisiens qu'en Allemagne. Les bacheliers allemands ne savent même pas ce que c'est un espace vectoriel, ils n'ont jamais entendu parler de la construction des systèmes formels, c.à.d. la définition axiomatique des ensembles. Ils font très peu de calculs de probabilités et de statistiques. Certes, on enseigne aussi l'informatique dans les sections scientifiques dans les lycées allemands, mais ceci se limite à une introduction à Excel ou à Java.


Un lien http afin de savoir plus sur l'enseignement secondaire en Alleamgne:
http://www.sz-online.de/sachsen/tausende-schueler-brauchen-nachhilfe-2791648.html



Par contre les Allemands ont le meilleur enseignement linguistique et en particulier de l'anglais. Oui, L'enseignement secondaire allemand consacre beaucoup plus de temps pour la maîtrise de l'anglais que pour l'enseignement des mathématiques. Oui, L'enseignement secondaire allemand consacre beaucoup plus de temps pour la maîtrise de l'allemand que pour l'enseignement des mathématiques. Oui, en Allemagne l'allemand et l'anglais sont des matières obligatoires pour toutes les sections et ceci même en classe de terminale. Oui, un candidat au baccalauréat allemand rate son baccalauréat s'il a une très mauvaise note en allemand, et ceci même s'il a une très bonne note en mathématiques. Oui, le langage est au centre de l'enseignement secondaire allemand!


Je reviens au cas de la Tunisie:
Les Tunisiens ont des difficultés avec la langue anglaise. En effet, L'anglais est le langage le plus "rouillé" des temps modernes. Nos pauvres écoliers arrivent au niveau du baccalauréat, après sept ans d'étude d'anglais, à raison de deux ou trois heures par semaine, après vraiment beaucoup d'efforts, sans être capables de construire des phrases correctes. C'est que l'anglais est une langue beaucoup plus pénible à parler correctement qu'on ne le croit. Au niveau du bac, peut-être 7% des élèves seulement peuvent s'exprimer correctement en anglais appris au cours de leur scolarité. Un tel effort, si peu rentable, est-il vraiment encourageant pour l'enseignement tunisien? Si vous êtes non anglophone de naissance et que vous croyez bien parler l'anglais, tentez donc de voir des films américains ou britanniques sans sous-titrages. Les alphabets occidentaux ne sont pas, comme on le croit facilement, entièrement phonétiques: une même lettre désigne plusieurs sons et un même son est désigné par plusieurs lettres; certains éléments phoniques (par exemple l'intonation) n'ont pas d'équivalent graphique, certains éléments graphiques n'ont pas d'équivalent phonique; certains signes graphiques fonctionnent à la manière des hiéroglyphes, etc. Ceci concerne en particulier les langues étrangères comme l'anglais. En effet, L'anglais écrit et l'anglais parlé ne sont pas isomorphes, en d'autres termes, un signe graphique ne représente pas toujours le même son à l'oral et inversement. Il n'y a que très peu de lien entre l'écrit et l'oral en anglais. C'est pour cela qu'il faut absolument des livres d'anglais avec des CDs ou des cassettes pour l'enseignement de l'anglais dans nos écoles secondaires. Le fait d'écouter des textes (sur cassette ou sur CD) jusqu'à la compréhension parfaite est le meilleur moyen d'apprendre et surtout de maîtriser une langue étrangère. Les livres d'anglais scolaires en Allemagne contiennent tous les dialogues et les exercices sous forme de séquences audios.


Et ce sont vraiment des petites choses qui nous manquent pour la maîtrise parfaite de l'anglais. En effet, on ne peut pas apprendre l'anglais avec des livres scolaires sans cassette ou CD. Les livres d'anglais scolaires en Allemagne contiennent tous les dialogues et les exercices sous forme de séquences audios.

Il faut donner la chance à nos écoliers de maîtriser une deuxième langue sans difficulté. Le fait d'écouter des textes, sur cassette ou sur CD, est le meilleur moyen d'apprendre et surtout de maîtriser une langue étrangère. On procède comme pour notre langue maternelle. Vous entendez, vous écoutez (au début en lisant), vous comprenez et puis vous reproduisez! C'est aussi simple que cela... Il faut s'habituer aux sons et à la façon dont ils sont combinés en mots et en phrases. Sinon, on risque de nous retrouver face à un anglophone et de ne rien comprendre!

Jamel Tazarki

C'est dans l'intensité, la régularité et le renouvellement du débat socio-politique que se forge le gouvernement du peuple. La bonne santé de notre jeune démocratie tunisienne se mesure à ses contre-pouvoirs. Voilà pourquoi l'indépendance des médias, de la justice, l'activité syndicale et la qualité du débat parlementaire concernent tous les Tunisiens.

Supertramp, School:
https://www.youtube.com/watch?v=j8QqxMvb8AM
Pourquoi la discrimination des diplômés tunisiens?
Dr. Jamel Tazarki
| 24-09-2017 10:38
On lit souvent sur les journaux tunisiens et même sur Business News que la formation de nos universitaires ne répond pas aux demandes de notre marché du travail qui est toujours demandeur en compétences spécifiques et que nos diplômés ne remplissent pas les critères liés aux postes pour lesquels ils aspirent et que beaucoup d'entre eux sont incapables de formuler des présentations écrites ou orales.

===> Il faut comprendre que nos diplômés ne peuvent pas être du jour au lendemain productifs à l'intérieur d'une entreprise, il faut leur accorder un temps d'initiation aux nouveaux défis à l'intérieur de l'entreprise. En Allemagne, après avoir fait mon diplôme avec option informatique à l'université de Munich j'ai cherché du travail chez un partenaire de la firme BMW en tant qu'informaticien. On m'a proposé de faire de la programmation en Java Enterprise alors que l'on n'enseigne pas dans les universités allemandes et que je n'ai jamais programmé auparavant en Java Enterprise. En effet, le rôle de l'université n'est pas d'enseigner la programmation en Java Enterprise mais plutôt de transmettre le savoir faire, la base et la pensé logico-mathématique qui permettraient d'apprendre en autodidacte ce qui n'a pas été enseigné à l'université. J'ai appris la programmation Enterprise à l'intérieur de l'entreprise allemande. D'ailleurs ça ne fait aucun sens et c'est même impossible de préparer les étudiants à satisfaire les différents besoins infinis du marché du travail'

De même l'université allemande ne donne pas de formation en SAP où il y a un manque énorme de spécialistes, oui ce n'est pas le rôle de l'université de donner un enseignement en SAP. Il faut comprendre que SAP n'est pas une science que l'on pourrait enseigner à l'université. Le jour où BMW a introduit le SAP dans ses différentes localisations à l'échelle internationale j'ai fait un Download de SAP R/3, je l'ai installé sur mon micro-ordinateur et le reste je l'ai trouvé sur le web, je n'avais même pas eu besoin d'acheter de livres à des prix irraisonnables. J'ai appris à maitriser le SAP (entre autres ABAP) à l'intérieur de l'entreprise allemande.

,
Ce qui manque plutôt en Tunisie est la collaboration de nos établissements d'enseignement supérieur avec les grandes entreprises tunisiennes pour la réalisation de grands projets socio-économiques. Oui, l'université tunisienne devrait offrir ses services à des entreprises tunisiennes en lui proposant une assistance technique pour développer les techniques de base et de grands projets entre autres industriels..

===> Il est complètement absurde de prétendre que l'université tunisienne est en grande partie la source du chômage massif! La faute est plutôt à ceux qui n'accordent pas la chance à nos diplômés de s'initier aux nouveaux défis à l'intérieur de l'entreprise.

Jamel Tazarki
Le Test Pisa,
Dr. Jamel Tazarki
| 24-09-2017 10:37
j'insiste que le Test Pisa ne reflète pas le niveau des lycéens ou écoliers d'un pays. En effet, la majorité des pays européens investissent des centaines de Millions d'euros afin de préparer leurs écoliers et lycéens aux tests PISA, et vous savez pourquoi!

En Allemagne, on a même créé des départements dans les différents ministères de l'enseignement secondaire pour les préparations au test Pisa! Par contre en Tunisie, le test PISA passe inaperçu!

Jamel Tazarki
La nécessité du rachat au baccalauréat!
Dr, Jamel Tazarki
| 24-09-2017 10:36
La note d'un élève moyen n'est pas forcement toujours 10/20 mais elle varie entre 8/20 et 12/20. D'où la nécessité du rachat au baccalauréat. Une seule note à l'examen de baccalauréat ne nous donne aucune idée réelle sur le niveau de l'élève.

Puis, il faut arrêter de donner de très mauvaises notes aux candidats à l'examen de baccalauréat et de se plaindre ensuite de leur faible Niveau. J'insiste que les bacheliers tunisiens n'ont que des difficultés linguistiques'

Jamel Tazarki
Introduire le numerus clausus!
Dr. Jamel Tazarki
| 24-09-2017 10:33
Le taux de réussite au baccalauréat est supérieur à 98% en Allemagne et dépasse les 90% en France. Il nous faut un taux de réussite supérieur à 85% au baccalauréat en Tunisie. Il faut redonner de l'espoir à ceux qui sont sans espoir. Le découragement, l'angoisse, et surtout, la perte de confiance en soi sont les conséquences. La blessure d'amour propre peut être si vive, que certains en viennent presque à perdre toute estime d'eux-mêmes, et jusqu'au goût de vivre: rater son baccalauréat après de très grands efforts. Quel soupir! Vouloir plutôt mourir que de vivre dans le désespoir. Le plus grave, c'est la grande déception des parents.


Il faut laisser réussir au minimum 85% des candidats au baccalauréat tunisien. Je propose, en contrepartie, d'introduire le numerus clausus (ou encore sélection par l'université) afin d'accéder aux études supérieures en Tunisie. Étant donné que nos moyens sont très limités, il faut permettre seulement aux meilleurs bacheliers tunisiens de poursuivre des études supérieures!


Il faut que l'on arrête de s'attaquer aux écoliers et aux étudiants tunisiens et de les prendre pour des cons. La réforme de l'enseignement en Tunisie doit consister plutôt à offrir plus de flexibilité, plus de liberté de choix et moins de contraintes inutiles.

Les écoliers et les étudiants tunisiens se sentent vidés et pressés comme un citron. La situation de notre jeunesse est désespérée depuis longtemps: chômage massif, crise du logement, difficultés à émigrer à l'étranger ou impossibilité à fonder une famille, absence de perspectives politiques. Ils sont hors du temps, divorcés avec l'espoir, ils n'attendent plus rien, Ils ont cru pour un petit moment en la personne des religieux qui ont fini par décevoir les espoirs de tout un peuple.

Le jeune tunisien porte en lui le cadavre de l'enfant qu'il était et qu'il a perdu trop tôt. Il faut que l'on arrête de prendre nos jeunes pour des cons, de les mépriser et d'augmenter ainsi leur malheur.

Un étudiant tunisien travailleur et courageux réussira plus facilement ses études en Allemagne qu'en Tunisie. La qualité de l'enseignement supérieur (et non pas secondaire) en Allemagne est meilleure qu'en Tunisie mais par contre les contraintes inutiles et la sélection sont plus fortes en Tunisie.

Jamel Tazarki

Le baccalauréat allemand (Abitur),
Dr. jamel Tazarki
| 24-09-2017 10:32
Le baccalauréat (Abitur) allemand est beaucoup plus facile que celui de la Tunisie. En effet, Il suffit de participer régulièrement aux cours pour avoir une bonne note de contrôle continu et de bien choisir les matières que l'on présente en finale.

Les notes obtenues au baccalauréat allemand (à l'Abitur) le sont, pour 70%, par contrôle continu, il n'y a aucune méfiance ou incertitude particulière envers ce type d'évaluation.

Il n'y a donc pas de contrainte inutile à l'examen. Puis, durant leurs deux dernières années d'études secondaires, les élèves en Allemagne mènent une vie qui ressemble à celle des étudiants. Les lycéens choisissent avec une très grande liberté les quatre matières qui font l'objet d'une épreuve - trois à l'écrit et une ou deux à l'oral. Deux matières approfondies pèsent plus lourd dans le total des points:

Les lycéens allemands ont des programmes moins chargés et une plus grande liberté dans le choix de leurs matières.

Si le taux de réussite à l'Abitur est très élevé - 98% - ce sont les notes obtenues qui permettent ou non d'entrer dans les universités les plus cotées.


Le taux de réussite au baccalauréat allemand est supérieur à 98% mais par contre seulement 40% des bacheliers allemands sont acceptés dans les universités allemandes. Et 58% des bacheliers allemands font des formations professionnelles ou des cycles supérieurs cours. Ce sont les notes obtenues qui permettent ou non d'entrer dans les universités les plus cotées.


Jamel Tazarki
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