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Tunisie - Abdeljelil Bedoui : Ennahdha n'a ni programme, ni doctrine économique

Tunisie - Abdeljelil Bedoui : Ennahdha n'a ni programme, ni doctrine économique

Dans une interview fleuve, accordée à Nouri Nesrouche du journal algérien Al Watan, et titrée «L’économie tunisienne fonctionnait grâce aux groupes mafieux», l’économiste et homme politique, Abdeljalil Bedoui, dresse un constat sans équivoque sur la situation en Tunisie, le volet économique particulièrement.

Tant par la forme que sur le fonds, c’est unautre son de cloche qu’on n’a pas l’habitude d’entendre dernièrement. Une pensée à la fois réaliste et tranchante : M. Bedoui n’est pas avare en mots et en analyse. De prime abord il lance que le parti Ennahdha «n’a pas de doctrine économique»et d’expliquer que le parti islamiste comptait, économiquement, sur deux jokers.
Ennahda, explique-t-il, après avoir gagné les élections, «n’avait pas de solutions internes aux problèmes du pays, et comptait sur deux solutions externes». Ainsi, elle espérait compter «sur le Qatar pour financer les projets et aussi sur le marché de travail libyen».
Malheureusement pour le pays, «les deux solutions n’ont pas fonctionné», constate-t-il.La Libye, « n’est pas encore stable » et le Qatar «s’est montré peu généreux». L’absence de doctrine économique explique, justement, pourquoi «Ennahdha, avec ses amis de la troïka, se débat dans des problèmes insolubles en l’absence d’un programme clair et de moyens».

Un constat qu’on pourrait facilement imputer à des références idéologiques ou à des courants de pensée bien précis. Toutefois, M. Bedoui avance un argumentaire qui soutient sa vision. Il souligne que tout le monde possède un programme et qu’il suffit de fixer des objectifs. Or, ce genre de rafistolage, «ne s’appelle pas avoir un programme cohérent avec des orientations qui rompent avec les choix qui ont abouti à cette révolution. Parce qu’en fait, la révolution c’est l’expression de l’échec d’un modèle de développement économique. Ce qu’il faut, c’est avoir une alternative à ce modèle. Or Ennahdhan’a pas d’alternative. Dans son programme, ce parti, adhère aux choix fondamentaux en cours actuellement, c’est ça son malheur».
M. Bedoui relativise en expliquant qu’économiquement, des choix ont été «imposés par les institutions internationales dans le cadre d’un programme d’ajustement structurel adopté depuis 1986».
Ainsi, il considère la situation économique comme suit : la combinaison entre le PSA qu’il qualifie comme un «programme bénéficiant à une oligarchie financière internationale qui met de l’argent et investit dans le pays» et des «acteurs économiques nationaux, plutôt frileux» a fait que c’est «un programme libéral mis en œuvre par un pouvoir dictatorial, c’est un libéralisme sans liberté pratiquement qui s’est basé sur des groupes mafieux».

Le constat dressé, M. Bedoui, estime que, désormais,«n’importe quel gouvernement, s’il veut être fidèle à l’esprit de la révolution et sortir le pays de cette impasse, doit immanquablement revoir sa copie et repenser le modèle».
Sur ce point, les espoirs placés en la Loi de finance complémentaire se sont révélés vains. Pour M. Bedoui,«c’est une loi de finance qui ne répond pas aux attentes, qui ne va pas jusqu’au bout des possibilités et se base sur des ressources incertaines provenant de choses qui risquent de prendre du temps et donner lieu à des dérapages et à des malversations».

Trois principaux arguments consolident sa vision: d’abord, cette LFC «s’inscrit dans une logique de continuité alors que la révolution exprimait l’échec de l’ancien modèle de développement qui nécessitait des rectifications graduelles».
Ensuite, c’est une LFC qui manque de cran, «on aurait pu aller un peu plus loin parce que la situation est exceptionnelle, et il aurait fallu envisager des solutions exceptionnelles évidement sans déraper, sans aller au-delà de ce que le pays peut supporter».
Troisièmement, «toutes les ressources prévues et programmées pour faire face aux dépenses envisagées, ne sont pas définitivement acquises». Il pointe du doigt, notamment les «solutions de vente des bien sous séquestres de l’ancienne famille régnante et censésrapporter 1,2 milliard de dinars».
À cet effet, il alerte sur le risque «d’avoir des surprises désagréables» à moins d’accepter de brader les biens séquestrés et de faire les choses dans la précipitation, or ça peut ne pas ramener le montant escompté.
Quant aux 450 millions de dinars supposés être générés par le «produit de la conciliation avec les hommes d’affaires qui sont accusés de corruption», il estime que ces sources manquant de clarté et «pas définitivement acquises».

M. Bedoui estime qu’avec la LFC on a poussé le déficit jusqu’à 6,6% du PIB, alors qu’on aurait «pu aller plus loin, mais la loi de finance est restée prisonnière de la logique libérale, de la nécessité imposée par les institutions internationales pour respecter les équilibres et ne pas dépasser certains seuils». Et d’estimer, à cet effet, que la mobilisation de ressources supplémentaires est en déca des possibilités et que le taux d’investissement aurait pu atteindre les 24 ou 25 % au lieu des 22,4% prévus.
Pour lui, «l’Etat n’a pas été suffisamment ferme pour aller au-delà de ce qui est toléré par les institutions internationales en termes de déficit et ainsi de suite».
Cette responsabilité de l’Etat apparaît quand il évoque l’investissement?Là, aussi, M. Bedoui fait assumer au gouvernement la responsabilité de la quasi-stagnation des investisseurs. «Ce n’est pas un problème de coût, c’est un problème d’absence de stabilité politique et sociale, ce qui fait que les investisseurs hésitent à s’engager, qu’ils soient étrangers ou locaux», ajoute-t-il.

L’économisteprécise, encore, que le coût d’investissement est l’arbre qui cache la forêtpuisqu’il faudrait plutôt résoudre le problème «de paix sociale, de sérieux dans la gouvernance et de visibilité dans l’avenir du pays» et d’aller plus loin en affirmant que «même si on fait un taux d’intérêt zéro ou négatif, en plus il est même négatif réellement actuellement, ça ne fera pas pour autant redémarrer l’investissement».

Adem Ben Ammar

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Commentaires

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tahar
| 24-05-2012 14:09
Pauvre bédoui, tu croix que tu va nous faire inquiéter que notre révolution ne nous apporte rien, le contraire le 14 janvier 2011 on a tracé les grandes lignes de notre avenir, et mème si notre marche est un peut long mais on arrivera à notre but et comme mèmes on a commencé et c'est à vous de nous suivre!

sam8293
| 19-05-2012 19:46
tout le monde dans les commentaires attaquent ce mec ,on disant que c'est faut ,c'est un monteur, ennahdha a un programme ,mais c'est juste pour se rassurer , ,mais personne ne cite au moins un point qui montre que ce parti de charlatans a un programme ,moi je voit ce gouvernement se partager un pactole de 750millions de dinars ,je voit un gouvernement qui veut privatiser les institutions public, des milices qui sèment la haine et la violence et qui divisent le pays ,pauvre tunisie ,

Engineer Juridique
| 19-05-2012 10:39
Loi n° 2010-35 du 29 juin 2010, complétant les dispositions de l'article 61 bis du code pénal.
Au nom du peuple,
La chambre des députés et la chambre des conseillers ayant adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
Article unique - Il est ajouté un deuxième paragraphe aux dispositions de l'article 61 bis du code pénal ainsi libellé :
Article 61 bis - (paragraphe deux) - Est coupable de la même infraction visée au paragraphe précédent et puni des mêmes peines prévues à l'article 62 du présent code, tout tunisien qui aura sciemment établi, directement ou indirectement, des contacts avec des agents d'une puissance, d'une institution ou d'une organisation étrangère dont le but est d'inciter à porter atteinte aux intérêts vitaux de la Tunisie. Est considéré comme intérêt vital de la Tunisie tout ce qui se rapporte à sa SECURITE ECONOMIQUE.

La présente loi sera publiée au Journal Officiel de la République Tunisienne et exécutée comme loi de l'Etat.
Tunis, le 29 juin 2010.
Zine El Abidine Ben Ali

BABOU
| 19-05-2012 10:13
Tout simplement, je renvois cet imménent homme " politique et économiste " (!!!) à l'un des derniers discours du premier ministre algérien lors de la campagne des soi-disant élections libres !!!!
BFM TV nous a rapporté dans ses informations matinales du samedi 5 mai 2012 ce qui suit : je cite " il a qualifié le printemps arabe de déluge qui a détruit la libye et a affaibli l'Egypte ".
Ces propos étaient destinés aux tunisiens.
En effet ce genre d'attaques sont un affront et une insulte au peuple tunisien et à sa révolution.
Ce premier ministre de la dictature algérienne aurait dû balayer devant ses propres problèmes économiques et sociaux de ses concitoyens.
Car leur calvaire dure depuis des décennies.
Entre cette énorme masse de pétrodollars et un peuple affamé, réduit au silence, bastonné et appauvri, la démocratie reste et restera un LEURRE pour les algériens.
Alors que le peuple algérien bouge et on verra la suite.
Les tunisines ont au moins le mérite de dégager la dictature et ses larbins.

SOCIETE CIVILE
| 19-05-2012 00:02
Oui Mr le professeur BEDOUI,comme la plupart des économistes, experts et observateurs économiques ou financiers Tunisiens ou étrangers, opposants ou pas s'accordent tous que les ressources prévues par cette LFC sont utopiques, irréalistes et mêmes irréalisables pour question de temps, procédures judiciaires,crise économique chez nos partenaires européens ou autres, méfiance, manque de visibilité, climat d'affaires incertain, manque de confiance généralisé, immobilisme, suspicion, gouvernement provisoire, administration en attentiste et banques frileuses etc etc....et si on ajoute aussi a tout ce scepticisme et méfiance ce que le ministre des finances lui même avouait lors des derniers débats a la constituante que tout le budget lui même n' est que du poisson dans la mer.
En quoi alors Mr BEDOIUI aurait tort?.
OUI il a bien raison les ressources de cette LFC relèvent bien du domaine du VIRTUEL

sami
| 18-05-2012 20:20
si Ennahdha n'a ni programme,ni doctrine,tant mieux pour vous et votre parti puisque dans ce cas elle va perdre!!!!!mais d'ici là veuillez nous gratifier de votre programme et nous inculquer votre doctrine pour qu'on vote pour vous!!!

JOB
| 18-05-2012 19:57
Simon:pour les signes flagrants d honnetete,je pourrais te dresser une belle liste,mais comme je sais ton temps precieux ,je me limiterai a evoquer qq nominations:la fille d un ministre,conseillere chez son collegue,un gendre ministre mais qui limite le littoral tunisien a 500km!!un president avec 30conseillers dont la fille d un riche bailleur de fonds.....et comme nous avons plus que le double des ministres de la pauvre france84pour34......bon passons sur ce jeune de 30ans dont le pere vendait du persil et qui vient d avoir sa propre television qu il a baptise Zitouna,comme on se retrouve!son ministre de pere honnete comme il se doit n a certainement rien a y voir!

Mustapha stambouli
| 18-05-2012 16:23
Tant de lapalissades et constats connus de tous, même des islamistes. Il est vrai que Nahdha a été lâché par son allié qatari qui envisageait de «racheter» la Tunisie suite au refus du peuple tunisien, principalement de la société civile républicaine, de l'ingérence golfique dans le pays. Abdeljallil doit comprendre une fois pour toute que ce parti islamiste a une idéologie, un Agenda et un projet de démantèlement de la République pour installer l'État théocratique. Si Abdeljalil, descends sur terre et rejoins-nous pour combattre le premier projet d'Ennahdha : celui de la liquidation de l'Ecole Républicaine au lieu de raconter des histoires. Quel est votre combat en tant que 1er responsable d'un parti travailliste ? On voit rien pour le moment à part des sorties ratées dans la presse algérienne.

faroukpseudo
| 18-05-2012 16:01
@ mowaten
dire que el Nahdha n'a pas de programme c faux Ennahda avait un programme celui de Ben Ali un prog.ultralibéral qui appauvrisse d'avantage les plus démunis et aggrave de plus en plus le clivage entre les fractions sociales et les région bien nantis et les autres laissées pour compte . quelle est la part des régions déshéritées de la Tunisie du budget, qsq on a fait pour redresser l'économie et frapper contre la corruption,! rien . plus encore on assiste à des tractations entre les méga-corrupteurs et le gouvernement en exercice

Adel
| 18-05-2012 14:56
Il y plus de nhadhaoui qui ont des doctorats, qui sont ingénieurs, chercheurs, médecins, ... que de neurones dans ta petite cervelle.

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