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Tunisie - La franchise vue par Béchir Mihoubi, l?EUR(TM)expert et le consultant international

Pour Béchir Mihoubi, l’expert et le consultant international, la franchise est une opportunité non seulement pour les entreprises qui usent de ce concept, mais également pour les pays d’accueil. C’est un concept, une démarche organisationnelle voire même un modèle économique qui permet de lancer des activités de transfert des savoirs à l’échelle internationale. Elle ne cesse de démontrer qu'elle renferme des avantages substantiels pour les pays de destination, notamment en matière de la création d’une classe d’entrepreneurs capable de gérer et de dupliquer cette formule par la suite, ce qui permet d’améliorer considérablement les pratiques managériales et, surtout, commerciales.

En outre, la franchise est une ressource incontournable de richesses et de génération de postes d'emploi. Cependant, la franchise ne peut pas réussir dans un pays, si celui-ci ne favorise pas ce type de démarche. La confiance entre les parties doit être réelle. L’effort requis du franchiseur pour transmettre son savoir-faire doit être reconnu et valorisé, tout en respectant la propriété intellectuelle. Le franchisé doit être en mesure d’être un entrepreneur visionnaire et de saisir l’opportunité de puiser dans l’expérience de son franchiseur.
Business News a rencontré Béchir Mihoubi, fondateur et directeur général de FranCounsel Group (FCG), une société de conseil d'entreprise en franchise pour discuter de ce concept, nouveau en Tunisie, ancien ailleurs. Bon à savoir, avant de former FCG, M. Mihoubi a travaillé comme avocat spécialisé en transactions internationales avec plusieurs entreprises, représentant aussi bien les clients étrangers qui font des affaires aux États-Unis et les compagnies américaines ayant des intérêts commerciaux internationaux.

Mais, qu'est-ce qu'on entend par franchise ? Pour M. Mihoubi, la définition la plus simple du monde est celle-ci : la franchise est un contrat entre deux parties, franchiseur et franchisé. Un accord par lequel le franchiseur autorise un franchisé à utiliser ses outils de gestion (marque, signe de ralliement, nom commercial, logo, un système de management). En contrepartie, le franchisé s’engage à gérer une activité conformément aux standards de management fixés par le franchiseur et à payer des redevances, des royalties ainsi que des droits d’entrée.
"Pour le franchisé, il est impératif d’appliquer à la lettre les clauses de son contrat. Car, il s’agit là d’une propriété intellectuelle qu’il faut respecter. En cas de déviation, tout le système de management qu’a prescrit le franchiseur dans le contrat, va déroger ce qui peut nuire à l’enseigne elle-même. C’est pour cette raison qu’on exige du franchisé de respecter son contrat afin de réussir l’opération", a souligné M. Mihoubi.

Sur le plan juridique, il est fortement conseillé de savoir définir clairement les termes du contrat entre les deux parties. " Il s’agit bien d’un contrat en vertu duquel le franchisé produit, distribue ou offre un service sous l’enseigne, le nom commercial voire la marque du franchiseur tout en se conformant aux directives de ce dernier. Il en ressort systématiquement des devoirs et des obligations. Cela dit, il est préférable de ne pas alourdir le contrat de franchise par des obligations trop détaillées. On le sait déjà, certains pays sont trop exigeants en la matière exigent trop d’obligations à même de nuire au bon déroulement de l’opération. C’est ce qui décourage l’essor de la franchise dans un bon nombre de pays", a-t-il précisé.

Quels sont donc les éléments incontournables d’un contrat de franchise ? D’après M. Mihoubi, Rien ne doit être laissé au hasard. Un contrat est un tout indissociable. Pour le franchiseur, il s’agit de tout un pack qu’il va céder au franchisé : propriété intellectuelle, savoir-faire, système de management, système de formation qui commence dès l’amorçage du projet et s’étale sur toutes ses étapes,…En revanche, le franchisé doit respecter les clauses de son contrat : obligations financières du franchisé ou clause de non concurrence, le respect des standards de management fixés par le franchiseur.
Ceci n’insinue pas qu’il s’agisse d’une relation asymétrique entre les deux parties. Cela ressemble un peu au contrat d’adhésion où le franchisé est appelé à se soumettre au système défini par le franchiseur. Il ne faut pas oublier, à cet égard, que le franchisé va bénéficier d’une expérience, d’un savoir-faire et d’un mode organisationnel et opératoire qu’a développé le franchiseur. C’est comme si on vous confie un enfant à garder. Ainsi, chaque clause du contrat a sa raison d’être."

Répondant à notre question concernant la durée idéale avant de signer un contrat de franchise, M. Mihoubi nous a précisé que la charge de déterminer la durée de l’accord incombe aux parties contractantes. "Cependant, avant de signer ce contrat, le franchisé doit prendre son temps en vue d’enquêter sur le franchiseur. Aux Etats-Unis, on est un peu réticents auprès des franchiseurs qui n’ont pas plus de 100 unités. Un bon franchiseur est avant tout un bon gestionnaire. Cela signifie que le rôle du franchiseur consiste à mener son business au mieux des intérêts de son réseau et de ses partenaires. Il ne faut pas oublier comme même que le franchiseur est tenu par la loi à divulguer les informations nécessaires au franchisé. Ainsi, ce dernier aura l’occasion d’examiner de près la santé économique et financière de l’entreprise avant de prendre une décision".
Business News n’a pas raté l’occasion pour interroger M. Mihoubi, qui va prendre part au salon MedFranchise avec deux interventions, sur son point de vue par rapport à la réglementation sur la franchise promulguée dans le cadre de la loi sur la grande distribution en Tunisie.

" La Tunisie a compris qu’il y a des opportunités qu’il faut saisir à travers cette formule. Votre pays, faut-il avouer, n’a pas été souvent visé par les grandes enseignes. Cela relève de deux problématiques majeures : les transferts des royalties par la Banque centrale et la propriété intellectuelle. Sans oublier, que généralement, les trois pays de Maghreb (Tunisie, Algérie et Maroc) ne fournissent pas les efforts nécessaires pour se vendre. Je crois que la situation a changé en Tunisie. Votre pays est de plus en plus ouvert, le meilleur modèle dans la région. Je pense que la décision prise par le gouvernement tunisien est une décision avant-gardiste à même de propulser cette formule qui permettra de créer une nouvelle classe d’entrepreneurs capables, à leur tour, de dupliquer cette expérience sous d’autres cieux. Sans compter les retombées directes sur l’emploi et le transfert de la technologie, la franchise profitera à la Tunisie des avancées organisationnelles et technologiques surtout dans les marchés limitrophes. Néanmoins, la Tunisie doit booster son image à l’extérieur pour mieux véhiculer ses acquis et les opportunités des affaires qu’elle offre aux investisseurs étrangers".

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