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La mode des collectifs citoyens

La mode des collectifs citoyens

 

 

La course vers les élections bat son plein. Hier encore, le 217ème parti politique voyait le jour. C’est dire que cette année électorale s’annonce mouvementée. En effet, outre les partis politiques, des collectifs citoyens ont été créées pour se positionner en tant que concurrents sur la scène nationale et prendre une place sur l’échiquier politique.

 

Plus que quelques mois nous séparent des prochaines élections, et une grande partie des Tunisiens ne parvient toujours pas à savoir pour quel parti il faut voter. Il faut dire que le dernier quinquennat, n’a pas été des plus faciles et les électeurs ont été déçus par leur choix passé au point de perdre confiance dans les politiciens. Et ce n’est tout de même pas la multiplication des partis qui va les aider à se construire une idée claire à ce sujet et les guider dans un choix crucial. Une réalité qui ne semble pas être assimilée par nos politiciens et nous nous retrouvons devant le 217ème parti annoncé, hier, par les services du ministère des Relations avec les Instances constitutionnelles et la Société civile et des Droits de l’Homme. Il s’agit d’un nouveau parti politique baptisé “Mouvement du renouveau arabe” vient d’être créé, fondé et présidé par Mohamed El Boussairi Akremi.

 

Outre le nombre élevé des partis politiques en Tunisie post révolution, on constate nettement la division et la dispersion des partis existants. Il faut dire que les tiraillements et les calculs partisans ont touché un grand nombre des « grands partis », allant du Front populaire, à Al Massar, sans parler de Nidaa Tounes qui fût complètement déchiqueté.

 

Et au-delà de cette mosaïque partisane haute en couleurs, on retrouve cette année, une nouvelle manifestation. En effet, il s’agit de collectifs, sorte d’organisations citoyennes qui se présentent comme étant une alternative aux partis politiques, et la solution pour sauver la Tunisie pour l’étape à venir.

 

Dans ce contexte, on croise par exemple 3ich Tounsi qui se présente comme : « un groupe de Tunisiens qui pensent que la vie est faite pour être vécue, pas pour être subie » et qui affirme : « Nous sommes convaincus que la situation actuelle n'est pas une fatalité, et nous avons décidé, avec les moyens qui sont les nôtres, de challenger le statu quo et de montrer qu'un changement vers le meilleur est possible ». Ce groupe qui a mené plusieurs actions sociales et citoyennes se dit ne travailler pour le compte de personne, sinon pour le compte des Tunisiens.

 

C’est toujours dans ce même cadre qu’on assiste, également, à la naissance d’une nouvelle coalition politique et électorale. Il s’agit cette fois du collectif citoyen et politique Qadiroun (NDLR : signifiant "capables" en langue arabe). Il réunit des partis politiques, des personnalités publiques et des militants de la société civile, dont notamment, Mahmoud Ben Romdhane, Ahmed Nejib Chebbi, Kamel Nabli, Taher Ben Hassine.

 

Cette vague semble avoir attiré l’ancien gouverneur de Tunis et de l’Ariana et ancien ministre de la Justice, Amor Mansour qui a annoncé, aujourd’hui même, le lancement d’une initiative citoyenne appelée T7arrek (NDLR : Bouge en français).

L’objectif de cette initiative est d’installer la primauté de la loi et de la justice sociale ainsi que d’aider au développement économique dans la période sensible que vit actuellement la Tunisie.

 

Il n’en demeure pas moins pour l’avocat controversé Seifeddine Makhlouf, qui a succombé à cette nouvelle tendance en lançant une initiative du même genre, baptisée La coalition de la dignité, accompagné dans cela avec un groupe de personnes, dont on citera Imed Dghij, membre très actifs dans les anciennes LPR (Ligues dites de protection de la révolution)

 

 

Ces initiatives basées sur le principe de coalitions et de collectifs citoyens se présentent comme étant l’alternative aux partis politiques, qui eux, ont perdu la confiance d’une majorité de Tunisiens. Ils semblent s’être inspirées des résultats positives réalisées par « les indépendants » lors des élections municipales. C’est dire que les électeurs ont affiché une nette préférence pour les listes indépendantes au détriment des politiciens. Sauf qu’une question importante se pose concernant ces formes d’organisation, à savoir, les sources de financement. La forme organisationnelle et structurelle de ces collectifs électoraux n’est point claire, chose qui rend les mécanismes de contrôle sur les ressources financières et les moyens de financement difficiles, voire inexistant, puisqu’ils n’obéissent à aucune loi qui peut les régir.

 

En tout état de cause, il est évident que la période électorale ne sera pas de tout repos, et toutes les composantes de la scène nationale tentent de se positionner du mieux qu’elles peuvent quitte à adopter de nouvelles formes d’organisation. Mais le recours à ces cadres peu conventionnels dénote du flou qui règne et de la profondeur de la crise qui a touché la vie politique et partisane.

 

Sarra HLAOUI

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