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Tribunes

Université tunisienne? Zorro n'est pas arrivé

Université tunisienne? Zorro n'est pas arrivé

Par Mehdi Ben Jemaa*


Auréolé d'une double réputation, celle de grand résistant contre la dictature et celle, dit-on, d’une grosse pointure dans le domaine des mathématiques, le Professeur Ben Salem, à la tête de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, devait apparaître comme le grand coup gagnant du gouvernement du siècle, ‘the right man in the right place’ ».
En raison de la légende passablement surfaite de « MBS », l’imaginaire des supporters de l'équipe gouvernementale s’est laissé émousser par la réparation faite à un grand savant et accessoirement par un scenario où ce dernier transformerait, en un tour de passe-passe, le «département malade » de la machine Tunisie en un athlète « super bien » portant en lui assenant, en l’occurrence, quelques coups de baguettes de finance islamique.
C’est donc, dans cette ambiance d'optimisme béat et de foi inébranlable dans la force d’inertie du nouveau ministre, que le règne « moncefien » (encore un autre !!) allait débuter. Les quelques voix discordantes qui se sont élevées ici et là, le rappel de ses divagations sur le Code du statut personnel sous auspices israéliennes, ses propos sur l’enfant terrible de la littérature des années trente, le succulent Ali Douaji, furent tous écartés d’un revers de main et rien n’allait entraver l’entrée en fanfare du sauveur « suprême » du monde académique.

Au moment où enseignants, étudiants et tous les acteurs de l’enseignement supérieur s’attendaient à une remise à plat de tout le système, notamment la fameuse reforme LMD, la refonte de la carte universitaire, la dynamisation du secteur stratégique de la recherche le ministre inaugura son ministère par la plus « glorieuse » des décisions en laissant pourrir la situation à la faculté des lettres de la Manouba, en butte à une grosse fronde salafiste autour du port du niqab.
L’université publique agonise, la recherche scientifique est réduite à une portion congrue, les diplômes nationaux se dévaluent de jour en jour, les universités tunisiennes sombrent dans les profondeurs du classement mondial quand elles y sont bien sûr. Et que fait le ministre du siècle ? Il passe de plateaux tv aux studios de radio, papotant devant les medias de niqab, de liberté de culte dans les campus, fourrant le nez au passage dans la polémique de la représentativité des syndicats d’étudiants.

Cela bien sûr, quand il ne cherche pas dans des émissions de talk show à arracher des larmes de compassion à un public meurtri par son chemin de croix du temps de Ben Ali où lui, le savant de la République, était réduit ( fort honteusement faut t-il le rappeler) à vendre du persil pour faire vivre les siens… Et pour clore le tout, il est sans doute utile de rappeler qu’à ses heures perdues, monsieur le ministre semble avoir comme hobbies d’éplucher les articles relatifs à son auguste personne, n’hésitant pas au besoin à poursuivre en justice quelques journalistes critiques.
De coutume, un ministre en charge de l’enseignement (tous niveaux d’enseignement compris) travaille dur l’été pour réussir ses deux examens à lui qui sont la rentrée et la fin de l’année universitaire ou scolaire. Résultat de cet auguste labeur estival : MBS vient de susciter de nouveau la polémique autour du port du niqab. Comme entrée en matière, un responsable de son rang ne pouvait pas faire plus maladroit et ce ne sont pas les « mesurettes – réformettes » annoncées, tout comme l’opération « mani pulite » qu’il vient d’engager qui vont tempérer le reproche fondamental fait à la méthode Ben Salem. Une façon de faire, en effet, qui fait la part belle à l’impératif idéologique et /ou partisan du ministre et de sa formation politique au détriment de l’intérêt national qui commande, dans le cas d’espèce, la mise en place d’un véritable « Plan Marshall » en faveur de l’université tunisienne.

Bonne rentrée quand même, Jeunesse du pays ! Travaillez pépère, Monsieur le ministre, avec l’aide du Ciel et le concours de la dream team gouvernementale, vous trouvera bien un job… dans une autre vie peut être.

*Enseignant universitaire

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Commentaires

Commenter

paradise
| 21-09-2012 14:10
avec des mesures aussi severtes ,aucune chance d;avancer un non recrutement des nouveaux assistants contractuels ecartement des chercheurs et un ministere sourd qui ne positive jamais on doit attendre une nouvelle revolution ou bien nida tounes nous ecoutera peut etre mieux et qui sait peut etre kaid essebssi nous sauvera et sauvera en particulier tout nouveaux chercheurs et doctorant afin de faire l,experience del;enseignement et d;avoir un C V ou figure lespoints pedagogiques

Paradise
| 20-09-2012 09:47
monsieur le ministre vous croyez que vous avez rompu avec l;injustice mais vous etes injuste tant que les nouveauxdoctorants n;ont pas eu la chance d;etre recruteret donc pas d egalite de chance devant la commission des cconcours sur les points pedagogique

SOURFAGUE
| 19-09-2012 17:21
YESLEM FOMEK

samuelson
| 19-09-2012 10:53
cet article n'est pas innocent. Si son auteur est un vraiment un militant de gauche. La question du Niqab l'importe beaucoup, comme ben Salem d'ailleurs. Mais je crois qu'une université est classée selon les travaux de recherche de ses enseignants, les prix mondiaux qu'ils ont remporté, leurs participations à des congrès internationaux, etc. Quand j'entends qu'un encadreur de thèse exige de certains de ses étudiants de l'aider à déménager, à lui procurer ceci et cela par peur de représailles, on comprend l'état délabré des cerveaux de nos chercheurs encadreurs. Pour les avantages et bonus qu'ils réclament tout le temps, les indiens et autres tanzaniens ne sont pas mieux lotis. Un classement au delà des 7000. C'est la honte. Et ni le système LMD ni moncef ben salem ou ses nikabés ont klk choz à voir la dedans. Réveillez vous et faites des publications dans des revues sérieuses pour qu'on puisse vous scorer.

st just
| 18-09-2012 21:08
Zorro n'est pas arrivé certes mais .. Le SALAFISTE est là et il va sauver la Tunisie.... Pauvre Tunisie.

cheguivara positif
| 18-09-2012 18:35
Jamais notre pays n' a connu une situation pareil où on ne parle que de hijab, de nikab et d'autres sujets qui n'ont rien à voir avec la science et la recherche. pourquoi n'a t-on pas fait un ministère chargés des combattants, des anciens détenus et des martyrs que monsieur le ministre, vu ses sacrifices et ses souffrances, se serait occupé. Notre pays pilule d'universitaires chevronnés, ayant dirigé des universités à l'étranger, qui auraient pleinement mérité prendre en charge ce ministère et cela sans vouloir offenser qui que soit.

Mohamedwalid
| 18-09-2012 16:15
Apres tout nos universites sont mal classes ( au dela de 7000 a l'echelle mondiale ) avant que Mr Ben salem ne devienne ministre. Alors que Mr B Jemaa et ses collegues tenaient la regne des universites tunisiennes depuis belle lurette.

Liberte
| 18-09-2012 15:34
On a honte d' être tunisiens honte à ce gouvernement salafiste

paradise
| 18-09-2012 14:46
le ministre de l;enseignement superieur ne donne aucune chance ala recherche et au chercheur ,par un coup de balai il annule le recrutement de nouveau assistant contractuel en croyant qu;ilpourra les faire taire avec 250d et bien monsieur le ministre vous faites erreure dieu veuillera sur la recherche et ses malheureux chercheurs on n oubliera jamais votre jeste si vous revenez sur votre decision non etudiee on abesoin du savoir et de la pedagogie et meme si vous etes toujours sur votre mauvaise decision on a de l;espoir que demain ca changera et vous n;allez pas rester l;eternite sur la tete du ministere et dieu garder et veuillera sur la tunisie et ses chercheurs

ali.akim
| 18-09-2012 12:27
Zorro virgule est arrivé.. sans se presser.. ah le beau Zorro

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