Une confrontation inévitable !

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Par Hédi Sraieb*

Certes « électorale » ! Reste à souhaiter qu’elle ne bascule pas vers une guerre civile larvée qui ne dirait pas son nom. Aux joutes oratoires et autres escalades verbales habituelles en pareilles circonstances, ont récemment succédé, crescendo, intimidations, chantages et menaces en tous genres. Le stade des réponses graduées est bel et bien franchi. Plus grave, les agressions physiques jusque-là, contenues, sporadiques et clairsemées, semblent vouloir s’installer durablement dans le paysage.

Voilà pour l’événementiel qui remplit le quotidien des colonnes de nos médias. Commentateurs autoproclamés et « prescripteurs d’opinion », défilent devant micros et caméras, pour y faire part de leur prise de position et leur vérité, souvent corrigées voire démenties dès le lendemain. Une vraie cacophonie. Il est vrai que le journalisme d’investigation déontologique et professionnel reste à l’état embryonnaire. Le plus souvent, « impressions et pressentiments » tiennent lieu plus d’argumentations justificatives que d’explications rigoureuses et minutieuses. Exemple : Il est dit que le Qatar mettrait en coupe réglée des pans entiers de notre économie contre quelques largesses accordées, « sonnantes et trébuchantes », au parti dominant. Soit ! Mais alors qui sont les réels bénéficiaires derrière cette « principauté » peu connue pour ses « savoir-faire » industriels, ni encore moins pour ses capacités de transfert de technologie ? Rien ou si peu.

Si donc il convient de condamner « toutes les violences », encore faudrait-il aussi inclure les violences insidieuses, sournoises et perfides qui frappent à des degrés divers le peuple dans ses fractions les plus fragilisées. Elles sont si nombreuses qu’en dresser une liste exhaustive relève de la gageure. Mais voilà, celles-ci sont si peu médiatisées, pardon, nous voulons dire, analysées et expliquées, qu’elles ne donnent lieu au mieux qu’à une indignation offusquée, vite « oubliée ».
Alors et c’est la loi du genre, une information chassant l’autre, on en revient comme par enchantement mais inévitablement à la seule « préoccupation » du moment ; celle de la prochaine échéance électorale. Cette dernière est jugée, par les uns comme par les autres, comme « décisive », pour ne pas dire comme certains « historique ».
De quoi laisser tout tomber et se concentrer sur la seule « création » de rapports de force favorables, chacun devant se déterminer : qui de la reconduction du triumvirat, qui de la formation d’une coalition républicaine, qui encore d’un front populaire et qui enfin d’une énième troisième voie….L’embarras du choix, vous dit-on, et surtout aucune inquiétude, pour les rares indécis, d’autres combinaisons sont plus que susceptibles de voir le jour.
Ne vous méprenez pas, cette dérision affichée n’en oublie pas moins de tenter de prendre date avec l’histoire….qui, comme chacun sait ne pardonne pas au vaincus.
Tout le landernau se trouve inexorablement et inconsciemment mu par cette seule préoccupation « électoraliste » : ne pas rater ce rendez-vous ! Mais au juste et à défaut du pourquoi faire, questionnons le comment faire ?

Il ne fait plus mystère à personne que la mouvance, la sensibilité islamique, -dans ses différentes composantes-, telle que conduite aujourd’hui n’est pas en mesure de relever les défis et challenges qui se présentent au pays. Ces deux invariants ou constantes idéologiques « moralisation sociale » et « libéralisme économique », auxquelles souscrivent, certes parfois avec réticences ses alliés du moment, l’empêchent d’imaginer tout simplement d’autres « possibles ». Tout témoigne d’un réel désarroi face aux coups de boutoirs auxquels tentent de faire face le « pouvoir provisoire ».

Les fronts s’ouvrent les uns après les autres (conflits de l’eau, des marchés publics, des femmes, des artistes, des journalistes, des régions). Et pour toute réponse, on reste quelque peu ébahi et pantois devant la reconduite des us et coutumes du régime déchu, jusque parfois dans le détail (limogeages et nominations à tout va, réactivation de toutes les procédures pourtant caducs d’atteinte à l’ordre public, blanc-seing et arrangements avec les adulateurs-compromis de l’ancien régime).

« Ballons d’essai », tergiversations, suivies parfois de reculades non dites mais manifestes, dessinent les pourtours d’un véritable rétrécissement de ses marges de manœuvre. Les islamistes tentent de garder « la main » ce qu’ils ont réussi jusqu’ici avec un certain succès.
Machiavel affirmait que les 3 piliers du pouvoir étaient : la religion, l’armée et les lois.
Le parti « majoritaire » dispose encore de la religion, la forme la plus économique et la plus sûre de l’idéologie dans un pays tel que le notre. Le fait est que ce à quoi obéissent nombre de nos concitoyens, crainte au dessus de toutes les craintes, c’est du pouvoir de Dieu. Et comme les islamistes et ses affiliés tentent d’en donner une version « temporelle », alors ce ciment là, -morale de masse-, va continuer à leur profiter.

Le pilier, « armée », (au sens de contrôle des appareils de coercition) n’est manifestement pas maîtrisé : les chaînes de commandement ne marchent pas ou très mal en dépit des nominations par le haut. L’armée proprement dite, « grande muette », n’est pas encore acquise. Reste alors les lois ? La difficulté d’en accoucher une nouvelle, qui plus est, Loi au dessus des lois, témoigne si besoin était des défiances diverses de larges pans du corps social à l’égard de la dérive islamisante de cette loi.
Rien n’est perdu pour cette mouvance, mais sa légitimité issue des urnes s’effiloche, atermoiements et turpitudes renouvelées, jour après jour, font le reste, réduisant ses marges.
Les déçus du premier jour comme du dernier cherchent une alternative. Ils poussent à l’union. Après les frémissements, tentatives de rapprochement, il est désormais question, de front, d’alliances, d’accords électoraux. De larges fractions urbanisées de l’opinion « exhorte » à ces rapprochements, sous le regard quelque peu dubitatif d’autres.

Les oppositions admettons-le n’ont jamais été aussi prolixes sur cette « nécessité impérieuse », multipliant les déclarations mais aussi les conciliabules d’arrière courts.
Le jeune front populaire tente bien de rallier…mais qui ? Nida Tounès, après avoir été un appel a décidé de se constituer en force politique et en appelle au rassemblement autour « des valeurs » communes. Il faut tout de même être un piètre observateur politique pour croire, mais plus grave faire croire, que cela suffira à convaincre « les masses ». Tabler sur le seul dépit, le vote protestataire, pourrait bien se transformer en une erreur politique fatale.
D’autres encore ne s’en contentent pas ! Les ni-ni, chantre de la 3e voie viennent aussi de s’inscrire dans le paysage….centre-centre ou centre-gauche ?

Mais alors pour quelle perspective sociale ? Rien encore de bien nouveau, mais pas d’impatience nous dit-on, cela viendra plus tard, en son temps et d’en haut….Alors sondages et études vont bon train. Certains politologues avisés, disent qu’il y a place pour trois ou quatre formations politiques. Les places sont manifestement très chères. Pas étonnant alors que les confrontations vont prendre une tournure plus aigue, plus acérée, pour ne pas dire tout simplement plus violentes !

* Docteur d’Etat en Economie du développement
9 commentaires
avis mitigés
samth |22-09-2012 21:23
Je respecte l'avis de tout un chacun , mais avec toute modestie je pense que la confrontation est inévitable et elle est pour l' intérêt de tous, qu' on en finisse avec ce flou sans horizons qui a rabaissé le tunisien à un niveau plus acceptable
UNE OPERATION POUR MES HEMMOROIDES INEVITABLE !
JOHN WAYNE |06-09-2012 16:42
Cher Dr. Sarb,

Avec tout le respect que je dois a l'expert international que vous êtes, je vous écris pour vous demander humblement de renoncer à l'avenir à publier de tels articles sur Business News.
Vos articles sont ternes et insipides, et ils ne font après lecture, que pousser mes hémorroïdes à se re-manifester.
Mes hémorroïdes vous détestent.
Elles éprouvent pour vous une haine aussi viscérale que celle que j'ai pour les islamistes qui aujourd'hui ont fait de votre Tunisie un Califat bananier et face auquel vous persévérez vainement en un débat démocratique incompréhensible et inapproprié.
Je vous demande d'avoir pitié du fonctionnaire à la retraite que je suis et dont l'alimention quotidienne est limitée à des casse croutes au thon accompagnés de boga cidre, et suivis de verres de Johny Walker pur sur glaçons (« on ice» comme diraient les Anglais).
A quoi bon écrire des articles qui auront un impact néfaste sur la santé de vos concitoyens ?
Vous avez une bonne bouille sur la photo ci-dessus et paraissez être un de ces bourgeois Tunisiens qui jouent au golfe vêtus de chemises Lacoste bien repassées par une épouse elle-même bourgeoise, a la peau blanche, et souffrant d'un léger embonpoint.
Suite aux innombrables articles que vous avez publié sur BN et qui sont l'un aussi insignifiant que l'autre, mes hémorroïdes jadis stables, ont souffert d'une aggravation notable et qui d'après mon médecin, nécessite aujourd'hui une opération onéreuse pour le fonctionnaire à la retraite que je suis. Fonctionnaire dont la maigre pension est versée mensuellement a un compte BIAT dégarni comme les neurones d'un islamiste de ma connaissance qui fut longtemps réfugié à Londres.
Je vous demande de prendre ma requête en considération mais aussi d'assurer vos arrières en obtenant le plus vite possible un visa pour l'étranger ou une nationalité Européenne.
Les temps ne sont plus surs en Tunisie suite à une révolution bananière déclenchée par un peuple de gueux.
Et en cas de guerre civile, évitez les radeaux pour Lampedusa. Ce moyen de transport public n'est guère sur.

F.M. alias JOHN WAYNE
Ancien Fonctionnaire aux Ministères des Affaires Etrangères et de l'Intérieur Tunisiens
(Avril 1990 au 11 janvier 2011)





le Tunisien est optimiste de nature
fernando |06-09-2012 15:38
Calmez vous, a lire ce papier ,je me rappelle des discours catastrophes de l ex president Busch et de son ministre de la defense
qui ont fait de la peur des autres leur principale strategie pour atteindre leurs buts destructeurs et ses millions de morts,a ce jours meurent encore des effets de leurs guerres.La Tunisie et le peuple Tunisien sortiront vainqueur en fin de compte,c est le propre du savoir faire des Tunisiens de toutes les tendances.Rassurez vous monsieur le docteur
Justesse du propos!
kaïs |06-09-2012 15:25
Un excellent avis sur la probable confrontation électorale. Ce qui malheureusement semble certain, c'est l'acuité croissante d'une confrontation idéologique, voire sociétale. Des élections qui se dérouleraient dans un climat, même chaud, permettraient de garder le cap dans ce processus voulu évolutif mais les arrières pensées des uns et des autres sont peu claires. La lutte concurrentielle pour l'accaparement du pouvoir semble inéluctable et notre courte histoire "démocratique" ne nous offre pas le recul indispensable pour assurer à ce pays la sérénité nécessaire pour dépasser ce gap.
la fin d'un règne
renardine |06-09-2012 14:47
la guerre civile est la bien venue pour éradiquer une fois pour toute ces partis obscurantistes tel que ennahdha et ses partisans.j'ai toujours dit que lennahdha connaitra le même sort que le rcd;il s'agit d'un parti *** que les pays étrangers ne doivent pas aider puisque ce parti tient un double langage et veut instaurer un régime islamiste.le 24octobre est le début de la guerre civile.le gouvernement essaie de faire véhiculer une autre date mais en vain .le peuple va se mobiliser contre l'illégitimité de ce gouvernement .il faut former un nouveau gouvernement technocrate
morale de l'histoire
TARA |06-09-2012 12:09
chacun de nous connaît l'histoire d'Icare...
prenant plaisir à voler plus haut en oubliant le conseil de son père. s'approchant trop du soleil, la chaleur a fait fondre la cire qui fixa ses plumes.
moi je voudrais voir fondre les ambitions destructrices de ce gouvernement qui se réjouit d'être près des lumières, en oubliant ce pour quoi le tunisien s'est insurgé le 14 janvier 2011. honneur et dignité.
GUERRE CIVILE BIENTOT
tunivigil |06-09-2012 10:40
la grande muette est sourde,aveugle,et inféodée à ennahdha;elle est infiltée depuis belle lurette par les khouanjia:il ne faudra pas compter sur elle le moment venu.
La grande Muette avez vous dit ?
Atlas69 |05-09-2012 22:45
Elle est peut etre muette (l'armée) Mr Sraieb, mais elle est loin d être sourde.
;)
M VOS AVEZ DIT CONFRONTATION INCHALLAH INCHALLAH INCHALLAH
LE FOU DE LA CASTAGNE |05-09-2012 21:19
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