Tunisie - Minorités : Besoin de reconnaissance et non de complaisance

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«Je vous rappelle au passage Monsieur le ministre que madame Gueblaoui Souad est notre ambassadeur à Malte depuis l'année dernière et qu'elle ne doit sa nomination qu'à son travail, à son abnégation, à son intégrité et à sa compétence!».
Tel est le message adressé par Mme Saâdia Bent Mabrouk Mosbah via sa page Facebook à l’adresse de Mohamed Abbou, ministre chargé de la Réforme administrative. Il faut dire que les propos de Abbou ont pour le moins étonné : il a déclaré que l’administration procèdera au recrutement de citoyens «de couleur» dans de hautes fonctions et ce, tout en citant le cas de l’ambassade de Malte. Le hic c’est que Mme Souad Gueblaoui, officiait déjà!

Elle intitule son texte par un message, on ne peut plus clair : «La communauté NOIRE a besoin de reconnaissance et non de complaisance monsieur le ministre…».
Et d’ajouter :«Merci monsieur le ministre de nous laisser loin de la sphère politique, parce que nous avons des besoins spécifiques à assouvir, pour n'en citer que l'éducation ... Et si cette main tendue n'a qu'un but électoral, vous m'en verrez encore plus triste et plus indignée … Je tiens à vous dire, au passage, que la compétence n'a ni sexe ni couleur, et que mon Pays, aujourd'hui, a besoin de toutes les compétences de ses enfants indépendamment de leur appartenance ethnique monsieur ABBOU».
D’ailleurs, Gilbert Naccache commenta en soulignant : « Rien à ajouter à ce texte fort et émouvant et qui nous renvoie à ce racisme caché qu’on n'ose pas voir et nous amène à dénoncer toutes les discriminations. Si la révolution n'avait servi qu'à permettre que ce cri soit poussé et entendu, cela suffirait à la justifier. Bravo, Saâdia ! ».
Déformations de propos ou vraie proposition, on n’en saura point davantage puisque M. Abbou n’a pas commenté l’information. Cependant et entretemps, il a appuyé la proposition de Mme Abbou quant à un droit de regard sur les déclarations des officiels que publieraient les médias !

Mais outre les propos de M. Abbou concernant les « Tunisiens de couleurs », c’est la coïncidence de deux événements qui intrigue tant.
En effet, le même jour, c’est une source de l’ANC qui révèle que deux sièges parlementaires seront, désormais « réservés » à des représentants de la communauté juive tunisienne. Les membres de la commission chargée des relations entre les pouvoirs exécutif et législatif auraient émis un avis favorable quant à cette proposition !
En rapportant l’information, nos confrères ont, d’abord, omis de souligner que cette proposition concernait, également, les Tunisiens de confession chrétienne et qu’elle suggérait, uniquement, un siège parlementaire.
Il fallait, aussi et surtout, préciser l’identité de celui ou celle qui a formulé cette proposition : il s’avère, en effet, qu’il s’agit de la députée Samia Abbou Hammouda, épouse du ministre Abbou.

Dans un texte (sorte de PV de réunion publié sur sa page Facebook), elle explique que lors d’une rencontre avec des représentants des Tunisiens de confession juive, elle a remarqué leur absence de la scène politique tout en relevant leur sentiment d’infériorité par rapport aux Tunisiens de confession musulmane.
Elle estime que l’égalité n'est pas une fin en soi ; mais un moyen de parvenir à la justice entre les citoyens ; et dont l'adoption exige plusieurs conditions parmi lesquelles l'égalité des chances. En conséquence, le nombre des Tunisiens de confession juive est un obstacle pour qu’un représentant de cette communauté puisse gagner ne serait-ce qu’un siège au parlement.
Elle développe en soulignant que le manque de représentativité de la communauté juive ou chrétienne « constitue un déséquilibre de l’ANC» et ce, dans le sens où le Parlement doit être représentatif de l’ensemble du peuple tunisien, ce qui n’est pas le cas, actuellement, avec l'absence de représentant de cette communauté, ce qui pourrait constituer une injustice.

Dans l’absolu, les deux propositions sont judicieuses. Mais pas par leur timing. Car, dans sa déclaration, Mme Abbou intrigue en soulignant les « avantages considérables tant au niveau économique que social et politique » d’une telle décision.
Elle explique que la présence d’un député juif ou chrétien leur donnerait la possibilité de s’exprimer et de communiquer avec la société sur les questions les plus importantes.
A l’entendre, on croirait que les Tunisiens d’autres confessions que celle musulmane vivraient dans des « ghettos ». Alors que cette frange – aussi minoritaire soit-elle – est présente dans tous les secteurs de la vie socio-économique.
Mme Abbou ajoute que cette représentativité parlementaire refléterait l’image d’une Tunisie plurielle et participative, ce qui constituerait un message rassurant et à même d’ouvrir les portes pour des relations positives avec les instances internationales et avec les investisseurs !
A essayer d’expliquer ces propos au premier degré, cela revient à dire que la représentativité parlementaire des juifs ou des chrétiens est, en quelque sorte, un argument marketing pour drainer les investissements ou refléter une belle image de la Tunisie à l’étranger! Espérons qu’on se trompe dans notre interprétation.
Et puis si l’on cherche dans les annales de la « République », Roger Bismuth siégeait à la Chambre des Conseillers. Mieux encore, en 1959 à la première Assemblée nationale, des Tunisiens de confession juive y siégeaient déjà.

Et si on poussait le débat plus loin pour évoquer la suppression de la condition de la confession musulmane pour les candidats à la présidence de la République ? Un Chef d’Etat non musulman, mais bien évidemment Tunisien ça changerait quoi ? C’est peut-être ça le débat essentiel. Néanmoins, la politique a des raisons que la raison ignore.
D’ailleurs le fait de réserver des sièges est-ce, fondamentalement, une pratique démocratique ? On laissera le soin au secrétaire général du Congrès pour la République de nous répondre.
Ainsi, réserver des sièges à des Tunisiens non-musulmans ou accorder des promotions à des Tunisiens de couleurs reviendrait à les considérer, indirectement, comme des citoyens de seconde zone.
D’ailleurs, ceci nous rappelle les pratiques de l’ancien régime qui accordait des quotes-parts, à l’avance, aux femmes et à l’opposition dans les élections municipales ou législatives !

Adem Ben Ammar
9 commentaires
populisme et démagogie
ameur K |11-06-2012 13:19
populisme et tapage pseudo électoral dans le méme esprit que la semaine des 5 jours....
Au lieu de s'occuper des pbmes touchant directement la vie du tunisien tels que le rendement catastrophique de l'administration(absenteisme,lourdeur,désordre...)ou bien de la maitrise de ces salafistes qui portent un coup dur au tourisme,àl'equilibre de la sté,à l'indépendence des lieux de priére ou bien au redu médiocre des municipalités etc...on souléve des problémes pou fuire vers l'avant et ne résoudre aucun...
Ya Mme Abbou, réservez votre effort pour nous préparer une constitution sans couleur ni religion ni sexe ni....
aziz aziz |11-06-2012 11:21
....et le travail se fera par lui-même !.

Article 1 : La Tunisie est un Etat libre, souverain, et démocratique ou tous les citoyens sont égaux dans les droits et les devoirs sans aucune discrimination.

C'est plus simple !, non ?.
AMALGAME
Tahar JEBARI |11-06-2012 09:18
Démocratie, égalité de chance, protection des minorités, application de la loi. Il ne faudra pas faire d'amalgame de toutes ces notions.
La démocratie la plus basique se base sur les urnes; pas plus.! Donc aucun besoin de légiférer de la sorte. Cela changera le sens de la démocratie elle même. Toutes les autres (égalité de chance, protection des minorités, application de la loi) découlent de l'instauration de la démocratie et de ce que garantit la constitution.
ni l'un ni l'autre
ikbal |11-06-2012 01:20
ni besoin de reconnaissance ni de complaisance, besoin de normalité, tous les citoyens sont libres et égaux devant la loi, sans tenir compte de leur sexe,de leur religion ou de leur race.
nous, tunisiens, sommes racistes
riadh |10-06-2012 20:44
aucun tunisien, aucun, n a le droit de dire comme ils le font souvent "les juifs sont des tunisiens compme les autres", 'on fait pas la différence entre les juifs tunisiens et les mlusulmans tunisiens etc",

c est juste faux

un juif tunisien de famille juive tunisienne depuis 3000 ans n a légalement pas le droit, ca veut dire que nous, le peuple on refuse, de se présenter à l'émeltion présidentielle.


cherez toutes les excuses que vous voulez,

c est raciste
et c est surtout très injuste et ingrats pour ces patriotes (j ai envie de dire ces héros presque) qui n ont jamais quittés la Tunisie comme tant d'autres

sommes nous si ingrats envers nos compatriotes ?? sommes nous si injuste ?? sommes nous si aveuglé par des imam attardé mentaux plus con que mon poisson rouge??

imaginez l effet de cet article sur le tourisme...
riadh |10-06-2012 20:31
http://www.quotidiendutourisme.com/site/destination-en-tunisie-le-sultana-residence-porte-plainte-pour-vandalisme-66860.html
les poux
ikbal |10-06-2012 17:33
c'est ce qui s'appelle chercher des poux sur la tête d'un chauve, détails, diversions,jeux sur les mots,d'où sortent ces "super intelligents", méritaient-ils vraiment la censure avant? si leurs "idées" sont celles que l'on entend tous les jours,il n'y avait pas de quoi s'inquiéter,je crois que l'oppression s'exerçait contre la peur de voir la bêtise se généraliser comme on le voit aujourd'hui! il est très difficile de parler avec des cancres, comme on le dit: el klem maa eli ma ifehmekh inakass mil amaar
problème psycho???
mima |10-06-2012 17:16
Les Abbou ont un problème avec la race?? c'est à creuser, voir leur CV officiel et vrai, leur généalogie ou un psy!!!
il y a un poème dont je cite quelques vers de mémoire, je ne me rappelle plus le nom de l'auteur:
Quand je suis né j'étais noir
quand j'ai grandi j'étais noir
quand je mourrai je serai noir
et toi mon frère
quand tu es né tu étais rose
quand tu as grandi tu es devenu blanc
quand tu es en colère tu es bleu
quand tu as peur tu es vert
quand tu es malade tu es jaune
et tu oses m'appeler "homme de couleurs"???
Combien de gens de couleur chez l'élite opposante ?
Mohamed 2 |10-06-2012 16:47
On sait que cette élite hautaine a horreur de se mélanger aux masses et d'être prise pour le commun des mortels (d'où, d'ailleurs, son très faible impact électoral).
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