Tunisie - Le sexe hors mariage, désormais « halal » grâce au mariage « coutumier »

Envoyer cette page

Entre principes religieux, pulsions sexuelles, conflits familiaux et contraintes financières, le mariage coutumier (ourfi) semble être un raccourci au contrat traditionnel de mariage auquel de plus en plus de jeunes succombent aujourd’hui.

De plus en plus répandu dans les milieux jeunes tunisiens, le mariage coutumier est un contrat signé dans le secret, par les deux « époux », avec la présence de deux témoins (généralement des amis proches et mis dans la confidence) et en l’absence de notaire. Il s’agit d’un acte, sans aucune valeur juridique et le plus souvent même secret, qui ne lie les deux parties par aucun engagement de droits communs et dont la validité peut être rompue à tout moment.
Les deux « époux » peuvent donc en toute « liberté de conscience » avoir des relations sexuelles, sans pour autant s’engager financièrement ou être contraints de vivre ensemble.
Un raccourci attrayant qui séduit de plus en plus de jeunes, aujourd’hui en Tunisie, dans certains quartiers défavorisés de la capitale (Attadhamon, Mellassine, etc.) et qui s’étend petit à petit à d’autres villes tunisiennes.

Le plus aberrant dans cette pratique qui veut donner un cadre religieux aux relations sexuelles hors mariage, est l’absence, dans la plupart des cas, de légitimité religieuse. En effet, deux conditions sine qua non de la « religiosité » de l’acte se retrouvent généralement non satisfaites, avec des contrats à la fois secrets et temporaires.
 
Grâce à la montée du salafisme et de l’intégrisme et d’un gouvernement islamiste instaurant « un cadre dans lequel les réunions et les débats sur la religion et la chariâ ne sont plus tabous et interdits, il n’est aujourd’hui plus concevable de s’adonner à des pratiques contraires à la religion ». C’est ce que déclarent en tout cas certaines jeunes pratiquantes du mariage coutumier.

Un reportage de France 24 s’est penché sur le sujet à travers une enquête sur le terrain auprès de jeunes étudiants et étudiantes de la faculté des Lettres et des Humanités de la Manouba. Une université connue pour être un haut lieu du salafisme dans le milieu estudiantin en Tunisie.
Selon certaines étudiantes, musulmanes, pratiquantes et portant le voile, le mariage coutumier serait une solution religieusement « halal » afin de légaliser les relations sexuelles avec un petit ami qu’on ne peut actuellement pas épouser. Ne pouvant plus contenir leurs pulsions sexuelles, ces étudiantes, encouragées par les conseils de certains « frères salafistes », succombent à cette solution afin d’avoir la conscience tranquille et d’éviter ainsi de se « rouler dans la fange » et de s’adonner au péché suprême avec un homme qui ne leur est pas « halal ».
Une solution socialement acceptée, étant de plus en plus courante en Tunisie et dont les adeptes revendiquent un cadre légal et une inscription au code du statut personnel.

Si les étudiantes recourent à cette pratique afin d’avoir la conscience tranquille d’une vie sexuelle « légale » et sans compromis, elle représente pour les jeunes étudiants la possibilité d’avoir les avantages du mariage sans pour autant en supporter la charge financière, généralement très lourde.
Dalenda Lagrèche, historienne et directrice du centre d’études, de recherches et d’informations de Tunis, se prononce sur ce phénomène, qui aurait disparu dans les années 70 et dont la montée actuelle du salafisme a contribué à sa résurrection.
Un phénomène qui se nourrit des conditions sociales difficiles de la jeunesse tunisienne, pauvre et mal instruite. Une pratique interdite par le Code du statut personnel et qu’elle définit comme étant « un cadre restreint permettant d’avoir des relations sexuelles, sans culpabilité ». L’historienne voit dans le mariage coutumier une forme de soumission de la femme qui offre son corps à l’homme, en contre partie d’un engagement factice et temporaire, de surcroît.

Force est de reconnaître que cette pratique se nourrit aujourd’hui du climat d’instabilité et de libertés exacerbées et non contrôlées que connaît actuellement la Tunisie mais que rien ne permet de statuer sur son évolution future…

Synda TAJINE
143 commentaires
mariage religieux ?
ana |19-02-2012 16:55
je cite "le mariage COUTUMIER est un contrat signé dans le secret, par les deux « époux », avec la présence de deux témoins (généralement des amis proches et mis dans la confidence) et en l'absence de notaire."

En effet il ne s'agit pas de mariage RELIGIEUX car celui ci s'établit avec le seul accord du tuteur de la femme : son père .D'autre part il est bien connu sauf qui veut l'ignorer que le mariage islamique ne doit jamais être caché car c'est ce qui le distingue de l'union illicite.

A celui qui a un brin de sincérité dans le c'ur s'informe donc sur ce sujet et cherche les ahadith et versets du quran en rapport avec cela avant de parler a tord et travers d'une chose qu'il ne serait maitriser !

Donc cessez les amalgames avec des choses qui sont complètement étrangère a notre si haute et noble religion qui est l'islam et cessez surtout de les mettre en relation avec le terme salaf car sachez bien que le vrai salafi c'est a dire qui s'annexe aux salaf ssalih n'est d'autre que celui qui souhaite suivre l'islam dans toute son authenticité en prenant les pas des salafs : les 3 premières générations de l'islam .

Mais combien prétendent le bien sans jamais ne l'atteindre !
traduc
mel |15-02-2012 22:02
bonjour,je sais ca n'a rien avoir mais je cherche une personne tunisienne pour me traduire une phrase svp. merci d'avance
C'est pas nouveau
lebochat |14-02-2012 17:52
Les mariages arangés ont toujours existés partout dans le monde c'est pas nouveau ,les raisons sont diverses les raisons des tunisiens sont pas condanables que les mariages conclus pour des raisons financieres ou de confort et il y en a tous les jours .
ne pas diffuser des monsonges
abd-dhaiif |11-02-2012 11:14
Bonjours
L'abies seuls ne signifient pas la pratique exacte de la religions.
Ne pas confondre salafia et chia
La photo et le sujet affirment l'ignorance de la jurisprudence et lfiqh de ahl assounna waljjamaa .
Allah yahdiki wa yahdina lil Haq

Le mariage prostitution masqué !
tounsia |10-02-2012 20:40
Scandalisé par cette union tel un mariage animal. Cela me fait penser à une célèbre chanteuse arabe qui s'était mariée 9 fois sans que personne ne le sache !! Moi j'appelle ca le mariage prostitution masqué !!

Il me semble qu'en Tunisie il y a un mariage pour les nécessiteux auquel de nombreuses formalités sont gratuites tout ceci dans le but de permettre aux personnes nécessiteuses de ce marier gratuitement. Pourquoi donc un tel bordel !! Ces fous coutumiers pensent ils aux conséquences que ce mariage peut provoquer notamment chez la femme et l'enfant.
Je suis horrifiée par ce qui ce passe en tunisie et le silence de ce marzouki (marocain qui veut nous imposer une sorte de société marocaine où la femme est soumise aux ordres) dépossédé de tout pouvoir par les islamistes.
On aura tout vu
On aura tout vu |10-02-2012 16:22
Vraiment je me demande si ce qui sont d'accord avec cette article ont cherché à se renseigner je défends qui que soit de montrer un verset ou un hadith qui atteste ce que raconte la personne qui a écrit cet article . Que des sottises vraiment dans ce cas la ils ont un accord et quand ils en auront marre ils changent de partenaires comme ils changent de chemises . Vraiment on aura tout dit
AIDONS LES
GORBEJGRIBEJJJ |10-02-2012 12:27
C'est facile de tourner en dérision les gens, leurs problèmes, mais plus efficace de les conseiller.
LA SOLUTION:
Briser les tabous en en discutant ouvertement
Expliquer la gravité de la situation par rapport à la chariâa
Instaurer la culture d'un mariage moins couteux en aidant le couple, et pouquoi pas le logement avec les parents.
N importe quoi!
Mécréant |08-02-2012 22:03
Quelle hypocrisie,mais quelle hypocrisie!!!
lecon de l avenir ( la verite crue)
nails |03-02-2012 21:13
Depuis , la fondation des religions et politique aucune religion et ne peut regler ces deux aspects D'abord, l'ordre marchand, ensuite canaliser nos pulsions sexuelles .... les sages savent cela que la vie est un labyrinthe , cruelle dans certains circonstances,
Suite et fin
kalima |02-02-2012 21:53
Il y a toute une gamme de mariage qui existent ou existeront avec la vulgate islamique et son fonds d'hypocrisie: a Cote du "mariage "charii" et du "waqti" il y a les "'motaâ " , le "safar" et des mariages pour autant de positions du kama Soutra . ce qui donnera une "population sexuellement tendance" (MST comme la maladie du même nom) et plein de musulmans bâtards qu'il sera interdit d'adopter et plein de mères célibataires etc.... un électorat trés sélect pour ennahdha !
123456789101112131415
Votre commentaire
Pseudo*
E-mail*
Titre*
Texte
Conditions d'utilisations
- Les commentaires sont envoyés par les lecteurs de Business News et ne sont pas rédigés par les journalistes.
- Aucun commentaire jugé contraire aux lois tunisiennes ne sera publié.
- Aucun commentaire contraire aux règles de modération de Business News ne sera publié.
- Business News se réserve le droit de retirer tout commentaire après publication, sans aviser le rédacteur dudit commentaire

» Cliquer ici pour lire les conditions d'utilisation et les règles de modération
Conditions d'utilisation
Business News remercie vivement ses lecteurs pour leurs commentaires, qui en apportant leur contributions, participent à l'enrichissement du journal en ligne. Cet espace reflète une multiplicité de points de vue à l'unique condition que ces points de vue se respectent les uns les autres.


- Les commentaires envoyés seront archivés sur les serveurs de Business News et demeureront consultables, avec l'article objet du commentaire, tant que le site fonctionne ;
- Les mails des lecteurs seront conservés dans nos archives internes et ne feront l'objet d'aucune exploitation commerciale. Aucun mail non sollicité (spam) ne sera délivré après l'insertion d'un commentaire dans Business News.
- Les mails des participants aux commentaires seront conservés dans nos archivages internes. Ils ne seront jamais communiqués, sans autorisation de leur titulaire ou à la demande d'une autorité judiciaire tunisienne.
- Tout commentaire envoyé sera lu par un modérateur avant publication.
- Business News n'est pas garant de la véracité des commentaires des lecteurs. Le rôle de ses modérateurs s'arrête aux vérifications d'usage liées aux règles de modération indiquées ci-dessus et non aux vérifications journalistiques du fond de l'information.
- Les commentaires sont généralement publiés dans un délai maximal d'une heure approximativement après envoi et ce, les jours ouvrables de 9h à 18h.

Règles de modération
Tous les commentaires sont publiés à la condition qu'ils respectent les règles de conformité à la loi tunisienne et de bienséance. Les contributions qui ne seront pas validées sont celles qui :


- Encourageraient un sentiment raciste et/ou haineux de quelque nature que ce soit ;
- Déprécieraient un groupe de personnes, une profession entière, une entreprise entière ;
- Injurient ou diffament les personnes, les entreprises et/ou toute autre entité ;
- Attaqueraient sans argumenter, ou argumenteraient de manière haineuse ;
- Alimenteraient des rumeurs, qu'elles soient fondées ou non ;
- N'auraient aucun lien avec le sujet principal de l'article objet du commentaire ;
- Ne s'adresseraient qu'à un autre lecteur en particulier, sans que les autres lecteurs puissent être concernés par le débat.
- Assimileraient la rubrique « commentaire » à un forum de discussions.

Business News se réserve le droit de retirer, ou de rewriter, un titre ou une partie du commentaire, même après insertion, au cas où cela se justifierait dans les situations suivantes :
- Paragraphe hors sujet ;
- Paragraphe ou phrase diffamatoire ;
- Paragraphe ou phrase non conforme avec les règles de modération indiquées ci-dessus ;
- Commentaire trop long ;
- Paragraphes ou phrases formulés en langage abrégé ou comportant un nombre élevé d'erreurs.
- Paragraphes ou phrases formulés en langue arabe ou en langue autre que le français et ce pour des raisons techniques.

Nos lecteurs peuvent signaler tout message litigieux aux modérateurs par l'envoi d'un mail à : mail@dmc.com.tn ou par téléphone au +216 70 831 100 ou par fax au +216 70 831 025