Tunisie - Des salafistes dégagés du Printemps des Arts à La Marsa

Businessnews.com.tn | publié le 10/06/2012 23:29

Lors de la clôture des printemps des arts, exposition artistique tenue du 1er au 10 juin 2012, au Palais Abdellia de La Marsa, des salafistes se sont déplacés dans l'après-midi, accompagnés d'un huissier notaire et d'un avocat, pour rendre compte de la présence d'œuvres jugées, selon eux, contraires aux bonnes mœurs et à la décence. Parmi ces œuvres controversées, la représentation d'un superman barbu portant dans ses bras un autre barbu, ou encore une femme nue, dont les parties intimes ont été représentées par un plat de "couscous à l'agneau", la femme en question étant entourée d'hommes sombres dont les barbes s'entremêlent pour former le fond de l'œuvre.

Rappelons qu'à la veille du vernissage de l'exposition, une poignée de salafistes s'était également déplacée à La Marsa, pensant qu'il s'agissait d'un événement célébrant l'homosexualité. La boucle est bouclée avec cette tentative d'intimidation lors du dernier jour de l'exposition. Contre toute attente, la série de tableaux représentant la "République islaïque" et qui avait failli être censurée, pour éviter toute confrontation avec les franges extrémistes, n'a pas ému outre mesure ces salafistes qui se sont limités aux représentations concrètes d'hommes barbus ou de femmes dénudées.

Les nombreux artistes, intellectuels et personnalités présents lors de la clôture ont pourtant rapidement mis fin à cette tentative des barbus de gâcher cette fête culturelle. En effet, l'huissier notaire, reconnu parmi l'assemblée, comme un Rcdiste reconverti, s'est fait copieusement huer, et ses accompagnateurs barbus "dégagés". Ils ont été suivis dans les couloirs des différentes galeries par cette société civile décidée à défendre les libertés artistiques et d'expression et à ne pas se laisser intimider.

Abdelmonem Bahri, amateur d'art et poète à ses heures, témoigne: "Nous ne laisserons jamais mettre en péril notre liberté de créer, nous nous sommes positionnés entre eux et les œuvres, pour les empêcher de les détériorer et nous les avons vite obligés à battre en retraite. Je suis prêt à mourir pour défendre ces acquis, quoi qu'il arrive, nous ne sommes pas des lâches, nous nous battrons jusqu'au bout", dit-il avec émotion.

Issam et Ahmed Nejib Chebbi étaient également présents. Issam Chebbi affirmera qu'il est venu sur les lieux lorsqu'il a reçu des messages lui demandant de venir soutenir les artistes: "Je suis là pour défendre la liberté d'expression, la liberté des arts, des libertés qu'on a acquises grâce à la révolution". A.N. Chebbi déclarera, quant à lui, qu'il s'agit d'un rapport de forces qui s'est engagé avec cette frange extrémiste et violente et qu'il est primordial de leur tenir tête, faute de quoi, ils gagneront du terrain: "C'est magnifique de voir comment la société civile s'est opposée à ces extrémistes, qui représentent un danger pour l'art, car la liberté artistique ne peut se limiter à la conception rétrograde et limitée qu'ils s'en font", conclut en substance Ahmed Nejib Chebbi.

A l'extérieur du Palais, les salafistes se trouveront face aux policiers qui leur demanderont de quitter les lieux, tout en protégeant les visiteurs d'éventuelles dérives. Finalement, la cérémonie de clôture du printemps des arts, pourra s'achever normalement, une exposition de qualité qui connaîtra un franc succès.

Monia Ben Hamadi

Tunisie - Des salafistes dégagés du Printemps des Arts à La Marsa

publié le 10/06/2012 23:29

Lors de la clôture des printemps des arts, exposition artistique tenue du 1er au 10 juin 2012, au Palais Abdellia de La Marsa, des salafistes se sont déplacés dans l'après-midi, accompagnés d'un huissier notaire et d'un avocat, pour rendre compte de la présence d'œuvres jugées, selon eux, contraires aux bonnes mœurs et à la décence. Parmi ces œuvres controversées, la représentation d'un superman barbu portant dans ses bras un autre barbu, ou encore une femme nue, dont les parties intimes ont été représentées par un plat de "couscous à l'agneau", la femme en question étant entourée d'hommes sombres dont les barbes s'entremêlent pour former le fond de l'œuvre.

Rappelons qu'à la veille du vernissage de l'exposition, une poignée de salafistes s'était également déplacée à La Marsa, pensant qu'il s'agissait d'un événement célébrant l'homosexualité. La boucle est bouclée avec cette tentative d'intimidation lors du dernier jour de l'exposition. Contre toute attente, la série de tableaux représentant la "République islaïque" et qui avait failli être censurée, pour éviter toute confrontation avec les franges extrémistes, n'a pas ému outre mesure ces salafistes qui se sont limités aux représentations concrètes d'hommes barbus ou de femmes dénudées.

Les nombreux artistes, intellectuels et personnalités présents lors de la clôture ont pourtant rapidement mis fin à cette tentative des barbus de gâcher cette fête culturelle. En effet, l'huissier notaire, reconnu parmi l'assemblée, comme un Rcdiste reconverti, s'est fait copieusement huer, et ses accompagnateurs barbus "dégagés". Ils ont été suivis dans les couloirs des différentes galeries par cette société civile décidée à défendre les libertés artistiques et d'expression et à ne pas se laisser intimider.

Abdelmonem Bahri, amateur d'art et poète à ses heures, témoigne: "Nous ne laisserons jamais mettre en péril notre liberté de créer, nous nous sommes positionnés entre eux et les œuvres, pour les empêcher de les détériorer et nous les avons vite obligés à battre en retraite. Je suis prêt à mourir pour défendre ces acquis, quoi qu'il arrive, nous ne sommes pas des lâches, nous nous battrons jusqu'au bout", dit-il avec émotion.

Issam et Ahmed Nejib Chebbi étaient également présents. Issam Chebbi affirmera qu'il est venu sur les lieux lorsqu'il a reçu des messages lui demandant de venir soutenir les artistes: "Je suis là pour défendre la liberté d'expression, la liberté des arts, des libertés qu'on a acquises grâce à la révolution". A.N. Chebbi déclarera, quant à lui, qu'il s'agit d'un rapport de forces qui s'est engagé avec cette frange extrémiste et violente et qu'il est primordial de leur tenir tête, faute de quoi, ils gagneront du terrain: "C'est magnifique de voir comment la société civile s'est opposée à ces extrémistes, qui représentent un danger pour l'art, car la liberté artistique ne peut se limiter à la conception rétrograde et limitée qu'ils s'en font", conclut en substance Ahmed Nejib Chebbi.

A l'extérieur du Palais, les salafistes se trouveront face aux policiers qui leur demanderont de quitter les lieux, tout en protégeant les visiteurs d'éventuelles dérives. Finalement, la cérémonie de clôture du printemps des arts, pourra s'achever normalement, une exposition de qualité qui connaîtra un franc succès.

Monia Ben Hamadi
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