Tunisie – Ça barde de partout !

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A entendre certains membres du gouvernement et les militants de la troïka au pouvoir, tout va bien et la presse exagère la situation.
A voir sur le terrain, il est à la portée du premier observateur venu de constater le climat de tension et de grogne qui règne dans le pays. Cela va du citoyen ordinaire qui subit la cherté de la vie et, notamment, le couffin de la ménagère, jusqu’aux magistrats, en passant par la police, les médecins, les enseignants, les centrales syndicales, les journalistes. Bref, toutes les composantes de la société ou presque.


La décision unilatérale de Noureddine Bhiri de révoquer 82 magistrats a été un véritable séisme. D’autant plus que cette liste devrait être suivie par une seconde comprenant plusieurs autres dizaines de noms que le ministre, dans le secret de son cabinet, a jugé bons pour la révocation.
Comme autrefois Ben Ali a réussi à unir contre lui l’ensemble des adversaires, en dépit de leurs tendances opposées, Noureddine Bhiri a réussi, en l’espace de 48 heures, à unir contre lui les magistrats de l’AMT et du SMT pour prendre une décision commune: grève générale ouverte et illimitée.
Les magistrats ne sont pas les seuls à se plaindre du gouvernement, loin s’en faut.
Lundi 28 mai, une première en Tunisie et très rarement vue dans le monde, les syndicats de la police accusent ouvertement et publiquement le ministre de les empêcher de bien accomplir leur mission.
«Nous pouvons rétablir l’ordre dans 48 heures», a annoncé le porte-parole de l'Union nationale des syndicats des forces de sûreté, Imed Belhaj Khelifa, interrogé à propos des attaques de Salafistes à Jendouba qui agissent tout en étant certains de leur impunité.
Jendouba n’est pas la première ville où les bars et les débits de boissons alcoolisées sont attaqués, et elle risque de ne pas être la dernière.
La même semaine, Sidi Bouzid en a fait les frais. Et on craint la contagion à d’autres villes. D’ailleurs, la sécurité a été fortement renforcée autour de ce type de commerces. Le week-end dernier, le personnel de la SFBT à Bab Saâdoun à Tunis a dû se mobiliser en grand nombre, suite à des rumeurs d’attaques de ce dépôt. Idem au Monoprix de Menzah VI, dimanche et même son de cloche à Sfax, aujourd’hui mardi.

Ces attaques ont laissé derrière elles un amer goût d’insécurité, d’injustice et d’impuissance chez les habitants des régions attaquées. Voilà donc que la révolution de la liberté accouche d’une nouvelle dictature qui cherche à imposer aux Tunisiens leur mode de vie.
Les commerçants menacent, en tout cas, de riposter tout seuls si les autorités ne réagissent pas et n’assurent pas leur sécurité.
Et, dans les réseaux sociaux, on n’hésite plus à parler de sang et de guerre civile contre tous ceux qui menacent leurs intérêts et leur mode de vie.

Du côté des syndicats, c’est la grogne totale. Aussi bien l’UGTT que l’UTT et la CGTT. Les deux dernières, nouvellement nées, ont protesté à de multiples reprises contre le gouvernement qui refuse la discussion et le dialogue.
Chez l’aînée, on appelle carrément à des grèves générales dans certaines villes du pays et ce à partir de la semaine prochaine. Sont concernées, entre autres, Jendouba et Gafsa (5 juin), le Kef (4 juin) et ce après des grèves générales dans d’autres villes.
En réaction d’urgence, des ministres ont été dépêchés dans plusieurs villes la semaine dernière et d’autres les ont suivis aujourd’hui, mardi 29 mai 2012, afin de s’informer du processus de développement dans ces régions.
Du côté des corporations, les annonces de grèves générales se multiplient. Rien que pour cette semaine, on a eu droit lundi et mardi à la grève des agents des Finances. Une grève qui coïncide avec le jour du paiement de la déclaration fiscale mensuelle.
Mercredi 30 et jeudi 31 mai, quatre grèves (au moins) sont annoncées : les médecins, pharmaciens et dentistes hospitalo-universitaires ; les agents judiciaires ; les magistrats et les enseignants du primaire.
Autre grogne constatée, chez les journalistes. Cela fait désormais partie de la vie ordinaire que de constater les agressions et les sit-in provocateurs (la semaine dernière à la radio) en sus des insultes régulières dans les réseaux sociaux et les forums de discussions par les nouveaux béni oui-oui et laudateurs du «gouvernement démocratiquement élu reflétant le choix du peuple».
On ajoutera à tout cela, les sit-in qui durent depuis des semaines, des demandeurs d’emploi, des blessés de la révolution, des anciens prisonniers qui demandent la réparation des préjudices ou encore des enseignants universitaires contractuels.

De l’étranger, on regarde d’un œil inquiet l’évolution de la situation tunisienne et on ne parle pas de Standard & Poor’s, sur le plan économique.
Les Belges et les Suisses ont averti leurs populations sur les risques de voyage en Tunisie. Des ressortissants de pays voisins ne nous cachent pas leur inquiétude quant à la sécurité des villes et des routes. Un Algérien, habitué à passer ses vacances en Tunisie, avoue hésiter venir cette année à cause des menaces salafistes. Il a envie de venir avec sa famille et n’entend pas être dérangé ou menacé lorsqu’il sirotera tranquillement sa bière sur la plage ou lorsque ses enfants iront en boîte de nuit. Et quand on lui dit qu’il n’y a aucun risque dans les villes touristiques, il s’interroge sur la sécurisation des routes et les mesures prises par les autorités et les forces de l’ordre face aux éventuels barrages.

Si les conjonctures nationale et internationale sont assurément responsables de cette grogne, le gouvernement assume une partie de la responsabilité.
Avec ses promesses de monts et merveilles et de centaines de milliers d’emplois à créer, lors de la campagne électorale, il a laissé naître beaucoup d’espoirs chez les citoyens.
Vint ensuite le manque de tact dans le dialogue avec les différents syndicats. S’il y a dialogue. L’initiative de Noureddine Bhiri (par exemple) de limoger 82 magistrats sans en parler à quiconque ne peut assurément pas être applaudie par la corporation. Même si elle part de bons sentiments.
Enfin, le manque de coordination entre certains ministres et le gouvernement, les critiques lancées par la présidence, les différends au sein des partis, le business de certains proches des gouvernants, les ballons d’essai lancées pour alimenter les rumeurs dans les médias et les réseaux sociaux (affaire Kamel Nabli par exemple), l’histoire des salaires des élus de l’ANC et le manque d’expertise dans la gestion des dossiers, ou l’inaction face aux salafistes sont autant d’éléments qui envoient de mauvais signaux aux citoyens.
Et, pour ne rien arranger, plusieurs membres du gouvernement cherchent souvent des boucs émissaires pour justifier la grogne et l’échec (généralement les médias), prenant ainsi les citoyens pour des idiots qui ne comprennent pas ce qui se passe réellement dans leur pays.

Raouf Ben Hédi
27 commentaires
La Suisse
toto |30-05-2012 20:56
http://www.eda.admin.ch/eda/fr/home/reps/afri/vtun/rhtun.html#0001
@the mirror et @the other of the mirror
je dis la vérité |30-05-2012 17:51
@the mirror:

J'aimerais, si j'étais en encore en vie, écouter votre opinion, après les élections de 2013.
cordialement.

@the other side of the mirror :
Le dernier paragraphe est un peu salé. Dans les débats, la retenue est de règle. Sinon, la querelle et l'animosité s'installent.
Cordialement.
Excellent article
resist zealots |30-05-2012 17:07
Cet article décrit parfaitement le climat tendu qui régne dans le pays et qui est le résultat d'une politique peu clairvoyante. On voit s'étaler devant nous l'échec de l'Islam politique.
Cet échec sera plus perceptible dans les prochains mois et années. On n'utilise pas la religion pour gouverner et assouvir les peuples.
UN PUZZLE QUI PREND FORME !
TAW TCHOUFOU |30-05-2012 16:34
-- Lorsque le pouvoir s'habitue à laisser faire les salafistes.
-- Lorsque l'incivisme gagne les rues.
-- Lorsque les gens cultivés tremblent devant les voyoux et préfèrent se taire et les flatter.
-- Lorsque finalement les citoyens en viennent à mépriser les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus d'autorité au dessus d'eux.
Alors c'est là, en toute beauté et en toute simplicité, le début de la tyrannie !
@the mirror : oui tout va bien dans ton monde!
The other side of the mirror |30-05-2012 14:24
En effet, règle fondamentale d'optique, le miroir nous renvoie une image inversée de la réalité, une inversion qui semble se confirmer dans ta vision de la réalité:

- si par 0, vous voulez designer les quelques millions d'électeurs n'ayant pas voté pour la sacro-sainte troîka plus les repentis que le mouton-de-l'aïd-cadeau-électoral ne parvient plus à remplir leurs assiettes vides, permets moi de te dire que t'as de sérieux problèmes de calcul!

- Maya jeribi n'est qu'une voix parmi les voix quasi unanimes de la classe politique et société civile et observateurs internationaux qui pointent l'incompétence de ce gouvernement. Ah oui! S&P qui ont dégradé la note de la Tunisie pour doute dans la capacité du gouvernement à redresser la situation ont eux aussi quémandé le pouvoir à Benali! c'est des ex RCD!

- L'UGTT est un syndicat et dans une démocratie - concept qui vous semble étranger- le rôle des syndicats est forcement contestataire, que dire quand tout va mal! ah c'est vrai, dans ton monde ce sont les valeureux salafistes qui ont dégagé Benali, l'UGTT n'a pas daigné faire la moindre grève!

- Oui les médias sont tous mauves, tiens! le Monde, le Washington post aussi! Ah c'est vrai... Il s'agit d'un COMPLOT Sioniste franc-maçonnique!

Ps: si je me suis permis de perdre de mon temps précieux pour te répondre c'est que j'ai remarqué que tu squattais les murs de BN depuis un moment et j'avoue que les e-mercenaires dans ton genre ont le don de m'agacer. à croire que tu n'à rien à faire d'autre! trouve toi un boulot! mais où avais-je la tête? Lécher le cul de la Troîka et surtout celui d'Ennahdha (je doute que TKTL ou feu CPR n'aient les moyens de s'offrir tes services) EST ton gagne-pain! PATHETIQUE!
PSD RCD PAGE NOIRE TOURNE.... OEUVRONS POUR L' AVENIR
TDK123 |30-05-2012 13:10
@BOUZIDI

Bourguiba, ben Ali, sayeh, ben salah, Morjane, jegham, tekkari et la liste est longue ne peuvent etre que "siedek" vu qu'ils ne représentent pour moi ni le patriotisme, ni la droiture, ni le génie politique comme ils le prétendent car ni ton zaim de Bourguiba et ses acolytes ni Ben Ali et ses sbires n'ont travaillé pour le bien de ce pauvre peuple, juste ils assouvissaient leur soif d'argent, de pouvoir et de gouvernance eternelle.

Pour cloturer sportivement notre conversation je te rend hommage pour la résolution faite par tes soins et que devraient apprendre par coeur beaucoup de Tunisiens.

PSD = RCD = pire que les Salafistes Djihadistes. Tous nuisent à l'image et au développement du Pays.
@the mirror : il est urgent de ranger votre bendir dans le placardd
je dis la vérité |30-05-2012 12:16
Cher concitoyen,
Soyez objectif, même les élus pour des lesquels vous affichez beaucoup d'enthousiasme connaissent leurs limites. Ils savent que les choses vont mal et que l'opinion commence par être agacée.
Ceux de l'opposition, élus eux aussi, ne feraient pas mieux.
SI l'on écarte nos divergence, on pourrait s'entendre et trouver une feuille de route.

Un bon politicien évite le choc frontal avec les syndicats. L'ugtt est un syndicat puissant et trouve sa légitimité dans la défense des salariés. La Troika que vous aimez beaucoup le sait.
Alors, il faut contrôler votre charge émotionnelle, vous redeviendrez conciliant avec ceux qui ne partagent pas vos opinions.
Cordialement
Tout va très bien Madame la Marquise
ZZZ |30-05-2012 11:19
Tout va très bien Madame la Marquise, ( excepté que le pays brûle sous l'oeil satisfait de la divine troÏka dirigé par ghanouchi).
A M.Raouf Ben Hedi :votre article a bien résumé la situation.
A M.Hammadi Khammar,je souscris parfaitement à ce que vous avez écrit.
Oui c vrai partout
toto |30-05-2012 11:16
Même la "secrétaire" de Monsieur Sahbi Atig a eu le droit à un pti coup de "bardage". Son "Chef" est spécialement passé sur le 20h de watanya 1 pour lui remonter le moral et la soutenir.
@TDK123 : PSD ou RCD c'est du pareil au même !
Bouzidi |30-05-2012 11:13
J'ai jamais prétendu être intelligent, Monsieur le Géni, le doué c'est bien toi. Sache que ceux qui prétendent être intelligents sont les plus cancres de la Société.

Mais là, moi qui te croyais intelligent, tu me déçois, si tu crois vraiment qu'il y a la moindre différence entre «le PSD de Bourguiba et son clone le RCD de Ben ALI».

Je lisais un article à l'instant, lis ce que les Suisses écrivent : «.. la Constitution de 1959 ayant été abrogée et les 2 chambres du parlement et le parti Unique qui assurait le pouvoir depuis 55 ans ayant été dissouts ..».

Tu serais vraiment naïf si tu croyais que Ben Ali a causé à lui tout seul tous les dégâts. Le voleur & Bhim comme tu dis, ne pouvait pas réussir tout seul tous ses «Exploits». Il avait un système basé sur des pilliers. Ces pilliers qui sont Sidek-Kamel Morjane, Jegham, Tekkari..etc, se disent aujourd'hui Destouriens ! Ce sont eux qui ont humilié Bourguiba et lâché, pour constituer tout de suite le RCD. T'as oublié tout ça, je te croyais intelligent, moi.

Aujourd'hui Ennahdha n'est pas forte, mais c'est l'opposition qui est inexistante. El-Khouanjia ont su intégrer dans leur parti des militants représentatifs de toutes les régions du pays. La pseudo-Opposition, au lieu de présenter un programme, elle ne fait qu'insulter et critiquer. Le pire, c'est qu'elle ne réalise toujours pas qu'elle a intérêt de se détourner de la soi-disant Elite aurtoproclamée, constituée que de Népotistes, ségrégationnistes, de rascistes, voleurs, escros et profiteurs du RCD.

Sidek Bourguiba était le pire des régionalistes, ségrégationnistes : Tous les ministres, PDG, Généraux de l'armée, hommes d'Etat, étaient tous Swahlia. Les Bourses d'études et autres privilèges étaient réservés aux fils de ... 5 Universités, hôpitaux universitaires.. à Monastir. Et Kasserine, Gafsa, Siliana, Kairouan, Mednine ???? Aujourd'hui, Tout ça C fini.

PSD = RCD = pire que les Salafistes Djihadistes. Tous nuisent à l'image et au développement du Pays.
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