AGO de l'UIB: Kamel Néji face à des actionnaires en colère

Businessnews.com.tn | publié le 20/06/2013 20:44
L'Assemblée Générale Ordinaire (AGO) de l'Union Internationale de Banques (UIB) relative à l'exercice 2012 s'est tenue jeudi 20 juin 2013 dans un hôtel à Tunis sur convocation régulière du Conseil d'Administration.
Cette AGO, répondant à tous les critères des assemblées annuelles et respectant les normes d'usage quant aux formalités, péripéties et forme, a été tout de même mouvementée. Des éclats de voix, des critiques voire même des accusations ont, en effet, eu lieu entre les actionnaires dits petits-porteurs d'une part et la direction de la Banque, notamment en la personne du directeur général Kamel Néji, de l'autre côté.

En présence du président du Conseil d'Administration, Bernard David, du directeur général et administrateur Kamel Néji ainsi que quelques membres du Conseil d'Administration, dont notamment Habib Bouaziz et le principal actionnaire français, la "Société Générale" représentée par Mme Véronique de la Bachelerie, l'AGO a démarré avec une présentation du bureau de l'assemblée, un rappel des formalités juridiques y afférentes et lecture de son ordre du jour.

M. Néji, en sa qualité de directeur général de l'UIB, a par la suite donné lecture du rapport du Conseil d'administration sur la gestion de la banque et des états financiers individuels et consolidés, pour l'exercice clos au 31 décembre 2012. M. Néji a également évoqué les circonstances générales liées à la conjoncture économique de 2012, que ce soit à l'échelle nationale ou internationale.

Il a précisé qu'en dépit de la difficulté de la situation économique et monétaire, le Groupe affiche des résultats positifs. En effet, le résultat net de l'exercice représente un bénéfice de 26 598 mille dinars, contre un chiffre de 23 320 mille dinars pour l'exercice 2011. Le produit net bancaire calculé à partir des indicateurs d'activité relatifs aux 7 plus grandes banques privées, s'élève à 161 millions de dinars, en 2012, contre 68 millions de dinars en 2007, permettant ainsi à l'UIB de passer de la 7ème à la 4ème place. Quant au résultat brut d'exploitation, il a atteint 73 millions de dinars en 2012 (hors amortissements), contre 10 millions de dinars en 2007, réalisant par conséquent la plus forte augmentation du secteur entre 2008 et 2012.

M. Néji a également mentionné plusieurs autres chiffres clés, mettant en exergue le positionnement assez satisfaisant de l'UIB. Il n'a pas manqué, par ailleurs, de rappeler qu'il s'agit de la 1ère banque des particuliers. En ce qui concerne les indicateurs de gestion, M. Néji a affirmé que la banque a rebondi avec une augmentation de 14% pour le produit net bancaire (PNB), soit une majoration de 19,9 millions de dinars. Les produits d'exploitation bancaire ont également augmenté de 25 millions de dinars, soit une évolution de 11,8% par rapport à 2011, puisqu'ils sont passés de 212 à 237 millions de dinars.

Non sans fierté, M. Néji a déclaré: "le bénéfice de l'exercice est bien réel et non fictif, car depuis 2008, nous nous sommes engagés à parler vrai, à donner des indices réels".

Jusque là, l'impression donnée était plutôt favorable et les propos avaient tendance à rassurer et à projeter une image positive et des horizons prometteurs.

Sauf que, dès qu'il prononcé le mot de la fin de sa présentation, M. Néji a été sévèrement critiqué par plusieurs actionnaires présents. Les critiques, s'adressaient à sa personne en tant que directeur général de la banque et visait également le principal actionnaire présent, le partenaire français "Société générale", détenant 52,34% du capital social depuis 2002.

Plusieurs petits-porteurs, réalisant que la banque est toujours déficitaire en matière de résultats reportés, même si le déficit a été atténué en passant de 111 769 mille dinars en 2011 à 88 450 mille dinars en 2012, étaient très en colère de constater qu'il ne peut y avoir de distribution de dividendes. Certains se sont mis à crier d'une manière répétitive "dividendes, dividendes!" manifestant leur exaspération de ne voir aucune distribution de dividendes depuis 11 années consécutives.

Certains parmi les petits-porteurs ont pointé du doigt la direction générale l'accusant de mauvaise gestion. Il y a eu même quelques uns qui criaient leur désapprobation de la rémunération du directeur général atteignant près de 700 mille dinars par an, une rémunération jugée par eux exorbitante. "Un peu de décence! Réduisez votre salaire, vous ne le méritez pas!" a-t-on crié à l'encontre d'un directeur général qui tanguait entre des tentatives de calmer les tensions par un discours apaisant et serein et des moments où il n'a pu s'empêcher de hausser le ton, invitant les intervenants à "se conformer aux limites du respect mutuel".

Un des intervenants a rappelé que les actionnaires, personnes physiques, formant les petits-porteurs de l'actionnariat de l'UIB, représentent 26,5%, un taux non négligeable et mérite que la direction lui accorde toute l'attention et lui accorde au moins une représentativité au sein du conseil d'administration. Il a ajouté que le problème majeur réside dans le manque de communication entre la direction et ces actionnaires. Et d'ajouter: "Nous avons fait confiance à cette banque. Nous y avons cru, mais nous voilà aujourd'hui très déçus. Nous ne pouvons toucher de dividendes et la direction est trop occupée, pour nous écouter, nous expliquer ou répondre à nos attentes".

Pire encore, même les commissaires aux comptes n'ont pas été épargnés, puisqu'un actionnaire les a accusés de "corruption" et de "complicité" avec l'administration. Indignés, les commissaires aux comptes ont expliqué la nature de leur mission, réaffirmé leur intégrité et leur indépendance dans la rédaction de leur rapport spécial et ont même exigé des excuses de l'intervenant, des excuses qu'ils n'ont jamais reçues.

De son côté, Kamel Néji, directeur général de l'UIB, a réussi à s'adresser finalement à son auditoire avec un discours ferme mais apaisant. Il a, entre autres, promis aux actionnaires d'améliorer la communication en prévoyant une réunion avec eux en janvier prochain pour faire le point sur la situation de la banque. Il a réitéré sa disposition à répondre à toutes les questions et à éclaircir toutes les zones d'ombre que pourraient percevoir les actionnaires.
Ainsi, les tensions résorbées, l'AGO a pu se poursuivre et aboutir à l’adoption de ses résolutions.

Dorra Megdiche Meziou

AGO de l'UIB: Kamel Néji face à des actionnaires en colère

publié le 20/06/2013 20:44
L'Assemblée Générale Ordinaire (AGO) de l'Union Internationale de Banques (UIB) relative à l'exercice 2012 s'est tenue jeudi 20 juin 2013 dans un hôtel à Tunis sur convocation régulière du Conseil d'Administration.
Cette AGO, répondant à tous les critères des assemblées annuelles et respectant les normes d'usage quant aux formalités, péripéties et forme, a été tout de même mouvementée. Des éclats de voix, des critiques voire même des accusations ont, en effet, eu lieu entre les actionnaires dits petits-porteurs d'une part et la direction de la Banque, notamment en la personne du directeur général Kamel Néji, de l'autre côté.

En présence du président du Conseil d'Administration, Bernard David, du directeur général et administrateur Kamel Néji ainsi que quelques membres du Conseil d'Administration, dont notamment Habib Bouaziz et le principal actionnaire français, la "Société Générale" représentée par Mme Véronique de la Bachelerie, l'AGO a démarré avec une présentation du bureau de l'assemblée, un rappel des formalités juridiques y afférentes et lecture de son ordre du jour.

M. Néji, en sa qualité de directeur général de l'UIB, a par la suite donné lecture du rapport du Conseil d'administration sur la gestion de la banque et des états financiers individuels et consolidés, pour l'exercice clos au 31 décembre 2012. M. Néji a également évoqué les circonstances générales liées à la conjoncture économique de 2012, que ce soit à l'échelle nationale ou internationale.

Il a précisé qu'en dépit de la difficulté de la situation économique et monétaire, le Groupe affiche des résultats positifs. En effet, le résultat net de l'exercice représente un bénéfice de 26 598 mille dinars, contre un chiffre de 23 320 mille dinars pour l'exercice 2011. Le produit net bancaire calculé à partir des indicateurs d'activité relatifs aux 7 plus grandes banques privées, s'élève à 161 millions de dinars, en 2012, contre 68 millions de dinars en 2007, permettant ainsi à l'UIB de passer de la 7ème à la 4ème place. Quant au résultat brut d'exploitation, il a atteint 73 millions de dinars en 2012 (hors amortissements), contre 10 millions de dinars en 2007, réalisant par conséquent la plus forte augmentation du secteur entre 2008 et 2012.

M. Néji a également mentionné plusieurs autres chiffres clés, mettant en exergue le positionnement assez satisfaisant de l'UIB. Il n'a pas manqué, par ailleurs, de rappeler qu'il s'agit de la 1ère banque des particuliers. En ce qui concerne les indicateurs de gestion, M. Néji a affirmé que la banque a rebondi avec une augmentation de 14% pour le produit net bancaire (PNB), soit une majoration de 19,9 millions de dinars. Les produits d'exploitation bancaire ont également augmenté de 25 millions de dinars, soit une évolution de 11,8% par rapport à 2011, puisqu'ils sont passés de 212 à 237 millions de dinars.

Non sans fierté, M. Néji a déclaré: "le bénéfice de l'exercice est bien réel et non fictif, car depuis 2008, nous nous sommes engagés à parler vrai, à donner des indices réels".

Jusque là, l'impression donnée était plutôt favorable et les propos avaient tendance à rassurer et à projeter une image positive et des horizons prometteurs.

Sauf que, dès qu'il prononcé le mot de la fin de sa présentation, M. Néji a été sévèrement critiqué par plusieurs actionnaires présents. Les critiques, s'adressaient à sa personne en tant que directeur général de la banque et visait également le principal actionnaire présent, le partenaire français "Société générale", détenant 52,34% du capital social depuis 2002.

Plusieurs petits-porteurs, réalisant que la banque est toujours déficitaire en matière de résultats reportés, même si le déficit a été atténué en passant de 111 769 mille dinars en 2011 à 88 450 mille dinars en 2012, étaient très en colère de constater qu'il ne peut y avoir de distribution de dividendes. Certains se sont mis à crier d'une manière répétitive "dividendes, dividendes!" manifestant leur exaspération de ne voir aucune distribution de dividendes depuis 11 années consécutives.

Certains parmi les petits-porteurs ont pointé du doigt la direction générale l'accusant de mauvaise gestion. Il y a eu même quelques uns qui criaient leur désapprobation de la rémunération du directeur général atteignant près de 700 mille dinars par an, une rémunération jugée par eux exorbitante. "Un peu de décence! Réduisez votre salaire, vous ne le méritez pas!" a-t-on crié à l'encontre d'un directeur général qui tanguait entre des tentatives de calmer les tensions par un discours apaisant et serein et des moments où il n'a pu s'empêcher de hausser le ton, invitant les intervenants à "se conformer aux limites du respect mutuel".

Un des intervenants a rappelé que les actionnaires, personnes physiques, formant les petits-porteurs de l'actionnariat de l'UIB, représentent 26,5%, un taux non négligeable et mérite que la direction lui accorde toute l'attention et lui accorde au moins une représentativité au sein du conseil d'administration. Il a ajouté que le problème majeur réside dans le manque de communication entre la direction et ces actionnaires. Et d'ajouter: "Nous avons fait confiance à cette banque. Nous y avons cru, mais nous voilà aujourd'hui très déçus. Nous ne pouvons toucher de dividendes et la direction est trop occupée, pour nous écouter, nous expliquer ou répondre à nos attentes".

Pire encore, même les commissaires aux comptes n'ont pas été épargnés, puisqu'un actionnaire les a accusés de "corruption" et de "complicité" avec l'administration. Indignés, les commissaires aux comptes ont expliqué la nature de leur mission, réaffirmé leur intégrité et leur indépendance dans la rédaction de leur rapport spécial et ont même exigé des excuses de l'intervenant, des excuses qu'ils n'ont jamais reçues.

De son côté, Kamel Néji, directeur général de l'UIB, a réussi à s'adresser finalement à son auditoire avec un discours ferme mais apaisant. Il a, entre autres, promis aux actionnaires d'améliorer la communication en prévoyant une réunion avec eux en janvier prochain pour faire le point sur la situation de la banque. Il a réitéré sa disposition à répondre à toutes les questions et à éclaircir toutes les zones d'ombre que pourraient percevoir les actionnaires.
Ainsi, les tensions résorbées, l'AGO a pu se poursuivre et aboutir à l’adoption de ses résolutions.

Dorra Megdiche Meziou


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