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Réponse d'Ennahdha à Business News

Réponse d'Ennahdha à Business News
Méthode statique simpliste de l’auteur incomparable avec les résultats d’un modèle macro-économique dynamique

En réponse à l’article paru dans Business News en date du 19/09/2011 sous le titre « Les similitudes entre les programmes d’Ennahdha et de Ben Ali », nous remercions l’auteur d’avoir passé le temps qu’il faut pour lire le programme et dégager les similitudes avec le programme de Ben Ali ainsi que les erreurs qu’il considère fatales. Nous attirons l’attention de l’auteur que ses calculs, trop simplistes, ne conduisent pas à ses conclusions puisqu’il partait de certaines hypothèses inexactes pour démontrer que les résultats d’Ennahdha sont erronés. En fait, aucune comparaison ne puisse se faire entre l’approche statique de la « règle de trois » de l’auteur avec un modèle dynamique multisectoriel d’équilibre général, le fruit de l’expérience d’une centaine d’experts en la matière.

On se rappelle bien lorsque Mohamed Ghannouchi a promis la création de 300 000 emplois nouveaux en deux ans et c’est idiot de le croire parce que c’était bien de l’utopie. Entre la promesse de créer 300 000 emplois en deux ans et celle de créer 590 000 emplois durant cinq années, il y a une énorme différence puisque selon les promesses de Ben Ali, il y aurait création de 750 000 emplois nouveaux en cinq ans, soit une différence de 160 000. Même si nous adoptons votre approche simpliste qui consiste à comparer les valeurs moyennes, le programme du mouvement d’Ennahdha prévoit la création moyenne de 118 000 emplois par an alors que celui de Ben Ali a promis de créer 150 000 emplois par an. Si nous voulons être plus professionnels et considérer une montée en cadence dans les créations d’emploi durant le quinquennat 2012-2016, nous allons trouver que le programme d’Ennahdha prévoit la création de l’ordre de 203 000 emplois au cours des deux premières années, soit les deux tiers de celui promis par Ben Ali. Nous pensons que la promesse du président déchu (la création de 750 000 emplois nouveaux) est utopique si l’on garde le même système, qui depuis la moitié des années 1990s se trouve incapable d’absorber les demandes additionnelles d’emplois, c’est un système complètement saturé, il n’a pas réussi à dépasser le seuil d’absorption de 92% des demandes additionnelles d’emploi. Théoriquement, le modèle Ben Ali est celui de l’économie de marché où coexistent deux secteurs, privé et public avec un Etat qui crée les conditions propices au développement de l’initiative privé. Mais dans la réalité, ce modèle se caractérise par un Etat corrompu, dominé par les familles proches du président qui se considèrent comme le propriétaire de tout le capital, qu’il soit public ou privé et qu’elles se voient comme ayant le droit aux revenus de ce capital.

Nous proposons une relation saine entre ces deux acteurs basée sur le respect mutuel de la vocation de chacun dans le processus de croissance ; l’Etat doit être au service du secteur privé et non un agent concurrentiel de celui-ci. Notre modèle de croissance est basé sur trois acteurs : secteur privé, secteur public et celui de l’économie sociale et solidaire. Contrairement à ce que pensait l’auteur de l’article en question, notre programme n’étant pas de surcharger les entreprises publiques, bien au contraire, nous proposons une économie de marché où l’Etat se concentre sur les secteurs stratégiques ; pas de place pour les entreprises publiques dans les secteurs concurrentiels dans notre conception. C’est seulement dans une première étape de relance où l’Etat devrait accélérer ses dépenses, particulièrement en infrastructure que se créent les incitations nécessaires au décollage de l’investissement privé. Une meilleure allocation sectorielle et régionale des ressources publiques nécessite une administration efficace dotée de cadres supérieurs adéquats. C’est pour cette raison que nous proposons une amélioration du taux d’encadrement non seulement au niveau de l’administration publique mais aussi au niveau des entreprises privées.

L’auteur s’est basé sur une approche statique du taux de chômage comme si le 1 point du taux de chômage génère toujours le même nombre de chômeurs. En fait, en calculant le 1 point du taux de chômage, l’auteur s’est référé à celui de 2011, soit le taux le plus élevé sur la période et qui génère un nombre de chômeurs de 48 275. Or ce nombre ne peut pas être identique à ceux des années ultérieures puisque le numérateur et le dénominateur du taux de chômage ne seront plus les mêmes. Au fils des années, le numérateur (le nombre de chômeurs) diminue alors que et le dénominateur (la population active) augmente. Le calcul de l’auteur est malheureusement erroné puisque 1 point du taux de chômage de 2011, qui est de 48 275, ne peut pas être identique à celui de 2016. Il faut, dans ce cas, calculer pour chaque année, le 1 point du taux de chômage sur la période 2012-2016. C’est très facile à faire mais je ne pense pas que votre méthode de la règle de trois nécessite 182 experts pour l’appliquer.

Plus grave est de penser que l’incidence de la croissance économique sur le taux de chômage se résume également en une règle de trois. Les experts d’Ennahdha se sont basés sur un modèle macro-économique sectoriel très désagrégé au niveau même des branches où tous les agrégats macro-économiques sont inter-reliés. Ce n’est pas à travers une règle de trois que l’auteur puisse dégager une deuxième incorrection dans les calculs du modèle d’Ennahdha. En fait, dire que 1 point de croissance (on ne dit pas 1% du taux de croissance) crée environ 16 000 emplois est une démarche statique et donc erronée puisque si l’on se réfère à la période 2000 – 2010, les créations d’emplois pour 1 point de croissance sont très variées. Par exemple, en 2009 et en raison de l’effet important de la crise financière internationale, 1 point de croissance a créé environ 14 000 emplois alors que seulement une année plus tard, en 2010, 1 point de croissance a créé environ 26 000 emplois nouveaux, soit près du double. En plus, les calculs de l’auteur sont trop superficiels puisqu’au niveau sectoriel 1 point de croissance ne donne pas toujours les mêmes créations d’emplois, il y a des secteurs à forte intensité de main d’œuvre alors que d’autres secteurs sont plutôt à forte intensité de capital.

Une deuxième incorrection au niveau des calculs de l’auteur peut apparaître clairement si l’on se réfère aux dernières estimations publiées par le ministère du plan et de la coopération internationale. L’ensemble des demandes additionnelles d’emplois sur la période 2012-2016 est estimé à 389,3 milles, nous proposons de créer 590 milles emplois avec 7% en moyenne par an (soit 118 000 par an et non pas 112 000), le différentiel étant alors de 198,7 milles et non pas 100 milles sur les 5 ans, c’est bien le double.

Il faut dire que nous sommes d’accord sur le fait que la mauvaise gouvernance ne peut pas être la seule contrainte au développement. Nous avons relevé dans notre premier travail de diagnostic (voir la version détaillée du programme d’Ennahdha) plusieurs insuffisances de l’économie tunisienne dont notamment la faiblesse du taux d’encadrement qui limite les créations d’emplois des diplômés du supérieur, le faible degré d’intégration au niveau des secteurs, la dépendance technologique et financière, le déséquilibre régional, sectoriel et entre les catégories socioprofessionnelles, etc…

Enfin, nous restons toujours ouverts à toute critique constructive de notre programme et nous appelons tous les tunisiens à participer dans la réalisation de ses objectifs qui ne sont que les objectifs de la révolution.


Réponse de l’auteur :

Tout en remerciant les experts du Mouvement Ennahdha d’avoir pris la peine de commenter notre article, je tiens à attirer leur attention sur une incorrection évidente qui ne nécessite pas une centaine d’experts pour la vérifier : en admettant que les données que vous avancez sont correctes (au fait, ce sont les données officielles que vous extrapolez un peu), et que ‘l’ensemble des demandes additionnelles d’emplois sur la période 2012-2016 est estimé à 389,3 mille, nous proposons de créer 590 mille emplois avec 7% en moyenne par an (soit 118 000 par an et non pas 112 000), le différentiel étant alors de 198,7 mille et non pas 100 mille sur les 5 ans, c’est bien le double’, il ne faut pas être sorcier pour comprendre que ces résultats ne sauraient ramener le taux de chômage de 14,5 % à 8,5 %.
Donc, et après lecture et relecture de votre réponse, elle ne développe pas vraiment une nouvelle approche du modèle de développement en Tunisie, il y a des similitudes évidentes avec les mesures du programme présidentiel et le programme du gouvernement actuel présenté au G8 à Marseille.
Avec mon respect.
M.B.M.

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Commentaires

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Abbès
| 24-09-2011 17:24
Votre commentaire fait pitié! Permettez-moi de vous rappeler qu'au 14 janvier il y avait eu une révolution dans notre pays. Votre discours, digne de l'époque d'avant, est aux antipodes de la démocratie et n'y tient manifestement pas compte. Je vous invite à vous recycler à la vie sociale dans une démocratie avec l'aide de l'une des associations qui ont été créées depuis. Cela vous apprendra au moins les bases du dialogue avec les autres avant de commencer à parler de modèles économiques.

k.Hmida
| 24-09-2011 11:50
vous et votre programme en 365 jours et votre baton magique vous voulez nous mettre dans la tête que vous etes capables de créer des emplois pour des centaines de milliers de tunisiens. C'est le monde à l'envers ou quoi là?? je puis vous assurer que vous, les nahdhaouis des temps modernes, vous détruirez tous les acquis réalisés jusque là par notre pays, vous mettrez des centaines de millions de femmes au chomage technique (vous comprenez ce que je veux dire là) et puis, les quelques centaines de milliers restants, eux aussi vous les renverrez de leur travail, assister dans les mosquées à vos leçons de théologie.. Foutez nous la paix svp avec votre programme copié à votre kalife ben ali.Lui il nous prenait pour des cons en promettant cette potion miracle, et vous venez nous la rappeler aujourd'hui.. Non ça ne passera pas. Désolé. revenez le siècle prochain.

Ahmed
| 24-09-2011 08:19
Sans contexte, sans climat de confiance, sans idéologie, n'ont aucun sens,aucun intérêt, aucun pronostic.
L'humain prime.
Enfin je constate qu'ennadha a pris une belle claque sur ce Forum.
Rdv le 23 octobre

vipère à corne
| 24-09-2011 07:58
les premiers jetés à la poubelle par le peuple sont Bourguiba et Ben ali après on verra!

vipère à corne
| 24-09-2011 07:53
et ton programme à toi les hommes font la popotte et lavent le linge de leurs femmes pendant que ces dernières terminent leur maquillage avant d'aller se balader en ville?

Ridha
| 24-09-2011 00:29
150.000 emplois par ans Malheureusement n'est pas utopique et à ce que je sache seul Ghanouchi 1 connait le secret.

Très-Tunisien
| 23-09-2011 23:31
Selon la théorie des similitudes, et par application de sa toute dernière version « copier/coller » introduite par l'auteur Mounir Ben Mahmoud, la réponse d'Ennahdha n'est pas authentique autant que son programme. A défaut la géniale théorie des similitudes sera mise en cause.
Reste une seule solution : la réponse a été copiée.
Mais Ben Ali n'est plus pour secourir Ennahdha..
D'aucuns de vous peuvent penser que c'est une réponse consommée que Ben Ali a dû utiliser pour faire face aux critiques formulées par ses opposants à l'égard de son programme. Ennahdha aurait dû en profiter comme elle a fait avec son programme.
Belle déduction sauf que Ben Ali n'avait pas d'opposants en circulation (libres) qui osaient critiquer ses programmes. Il n'avait pas besoin de produire des réponses à des critiques inexistantes.
Dans ce cas d'où Ennahdha a déniché cette réponse ?
Le sort de toute une théorie dépend de la réponse à cette question.
Le complexe des similitudes ne résoud pas ce problème dans cet espace réel. Mathématiquement les complexes n'existent que dans l'imaginaire.
Seule une solution imaginaire permet de résoudre les problèmes de similitude. L'imaginaire n'a pas de limites. Même les éléments négatifs ont une racine. Aucune similitude avec le réel.
Je n'invente rien à ce sujet, les mathématiciens vous confirmeront que les racines négatives existent pour les complexes.
En se basant sur les mathématiques avancées des complexes, on peut imaginer tous les scénarios négatifs pour discréditer Ennahdha et sauver la théorie des similitudes. Si on vous demande d'apporter des preuves, c'est-à-dire l'origine des histoires que vous allez raconter, ou en d'autres termes la racine, dites qu'elle existe dans notre imaginaire. Les complexes permettent aux racines d'être négatives..
Malheureusement Ennahdha n'est pas complexée pour avaler cette histoire.
Conclusion générale : Ennahdha a gagné par les points jusqu'à maintenant.
Et le K.O. ? Pour ça Ennahdha doit justifier l'écart entre 12% et 8.5%.
Moi je l'ai expliqué.
J'accorde à Ennahdha seulement 24H pour achever ce match par K.O.
A défaut je reviendrais.
Salam.

Ahmed
| 23-09-2011 21:38
Si Mounir, je vais vous proposer ma façon de vérifier le fameux taux de 8.5%. Je vous prie de bien vouloir me corriger en cas d'erreur.
Je ne discuterai pas les chiffres promis par Ennahdha dans son programme.
Nous aurions actuellement 700 000 chômeurs avec un taux de chômage de 14.5%. C'est à dire de l'ordre de 4 827 000 actifs.
En 2016 ce nombre serait de 4 827 500 + 389 300 (demandes additionnelles) = 5 216 800 actifs.
De même, en 2016 nous aurions un nombre de chômeurs = 700 000 + 389 300 (demandes additionnelles) - 590 000 (Emplois crées) = 499 300 chômeurs.
En 2016, le taux de chômage serait alors : 499 300 / 5 216 800 = 9.5%
C'est un taux plus proche de 8.5% que de votre 12.5%
Je fais personnellement confiance aux experts de notre pays quelques soient leurs convictions idéologiques ou appartenances politiques. Ce sont eux qui ont limité les dégâts hier et ce sont eux qui construiront la Tunisie de demain. Les politiciens et les journalistes ne feront que suivre.

Forza
| 23-09-2011 19:31
Il faut être objectif. La réponse d'Ennahda est assez détaillée et ils ont raison qu'il faut faire une analyse dynamique. Les autres partis et je supporte Ettakatol veulent aussi realiser un taux de croissance de 7 ou 8%.
Concernant les femmes et s'il est vrai qu'Ennhada devance chacun des autres partis de plus de 10%, il est tres probable d'avoir le gros lot de femmes de la constituante issues d'Enahda. Ettakatol et PDP n'ont que trois femme têtes de listes. Si ces deux partis n'arrivent qu'à gagner un seul siège par circonscription, nous obtiendrons un total de 6 femmes de ces partis. Si les sondages sont confirmés par les votes, Ennhada arrivera à arracher 2 sièges par circonscription ce qui donnera une majorité des femmes dans la constituante issues de ce parti. Sous ces conditions, il faut travailler avec ces femmes pour protéger les acquis de l'indépendance. Une femme est tout d'abord femme avant d'être d'Ennahda ou d'un autre parti. Cette situation est causée par l'égoïsme des hommes au sein des partis modernistes.

REALISTE
| 23-09-2011 19:00
ENNAHDHA voudrait s'identifier au modele Turque : tout le mondeest vraiment d'accord .
Toutefois (et c'est la ou le bat blesse ) le même programme ne menera surement pas aux mêmes resultats car l'equipe dirigeantes n'est vraiment pas la même !!!!!! sinon comment expliquer que le secretaire general en personne le jour dela presentation du programme ENNAHDHA et au cours d'une emission ( en tête à tete) WATANIA 1 declareavec la plus grande ASSURANCE que le SMIG en Tunisie est de 170 Dinars.
C'est dommage pour la TRunisie car le plus grand parti Tunisien celui qui compte mener la barque Tunisienne est "présidé " par des personnes detachées de la réalité actuelle !!!!!!
C'est la le grand probleme de cette pensée 'Islamiste ' qui voudrait appliquer l'ISLAM comme il l'etait &v&nt 15 siecles ALORS QUE l'ISLAM ( et DIEU le garde et le gardera ) est valable en tout temps et tout lieu

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