Prévisions économiques : le FMI plus optimiste que le gouvernement ?

Businessnews.com.tn | publié le 16/10/2017 19:59

 

Le hasard fait bien les choses, dit le dicton. Le hasard a fait en sorte que la publication des Perspectives économiques mondiales par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) à l’occasion de la tenue de leurs assemblées générales annuelles, dévoilant ses prévisions économiques de l’année prochaine, coïncide avec la publication, chez nous, du Budget économique et du projet de loi de finances et de budget. Bien évidemment, cette année n’échappe pas à la règle.

 

 

Pour 2018, le gouvernement s’est fixé un objectif de croissance économique de 3%. Selon les dernières actualisations, le taux de croissance du PIB serait de 2,2% contre 2,5% initialement fixé.

Pour une fois, les prévisions du gouvernement de Youssef Chahed deviennent crédibles. L’écart entre l’objectif et le résultat est ténu, rendant compte des impondérables de conjoncture et, probablement aussi, du retard dans l’agenda de mise en œuvre des réformes structurelles.

 

C’est dans le même sens qu’abonde le FMI dans ses perspectives économiques pour l’année 2018. Selon l’institution de Bretton Woods, la Tunisie devrait enregistrer un taux de croissance de 3% en 2018 contre 2,3% en 2017.

Tiens, le FMI affiche un peu plus d’optimiste que le gouvernement.  Il est de bon ton de le souligner. D’autant que le gouvernement fait également preuve de réalisme en fixant le taux de croissance à 3% en 2018. Tout comme le FMI. Certains esprits pourront toujours suggérer un « suivisme », rappelant « le diktat du FMI ». Ils seraient surpris de constater que sur bien d’autres indicateurs, les prévisions du Fonds sont plus optimistes que ceux établis par le gouvernement. 

 

Similitudes et différences

Il en est ainsi des prévisions d’investissement en 2018. Le budget économique estime que l’investissement global atteindrait 21,4 milliards de dinars l’année prochaine contre 18,9 milliards en 2017, soit une augmentation de 13%.

En revanche, le FMI prévoit que l’investissement global serait de l’ordre de 25,4 milliards de dinars en 2018 et 21,9 milliards en 2017. Il en est de même de l’inflation avec une prévision de 5,8% en 2018 alors que le FMI ne prévoit que 4,4%. Et ce n’est pas tout puisque cela concerne également nos performances de commerce extérieur. Le FMI estime qu’à prix constants, l’augmentation des exportations de biens et services dépasserait celle des importations en 2017 alors que les autorités tunisiennes estiment l’inverse avec respectivement 4,5% et 4,9%. Dans ses prévisions 2018, le FMI table des exportations tunisiennes de biens et services en hausse de 9,2% alors que le gouvernement n’escompte qu’une évolution de 5,3%. On pourrait étendre la liste.

 

Cela n’empêche pas de préciser que le gouvernement tunisien est plus optimiste que le FMI sur d’autres prévisions.

Par exemple, lorsqu’il s’estime être capable de limiter le déficit des paiements courants à 8,2% en 2018 contre 9% en 2017 alors que le Fonds estime cet objectif à seulement 8,4% l’année prochaine. Relativement, l’écart est faible. Mais en volume, cela représente des centaines de millions de dinars. En serait-il de même de l’endettement  et du déficit budgétaire? Le FMI estime que le taux d’endettement de la Tunisie atteindrait 72,2% en 2018  et que le déficit budgétaire serait de l’ordre de 5,5 milliards de dinars.

 

Sans préjuger des données budgétaires du gouvernement, il semble bien que les prévisions du gouvernement s’inscrivent dans ce profil. Selon des données préliminaires du budget de l’Etat 2018, l’encours de la dette augmenterait d’environ 2,5 milliards de dinars en 2018. Quant au déficit budgétaire, il serait de l’ordre de 5,3 milliards de dinars en 2018.

Alors, qui serait le plus réaliste ?

 

 

Houcine Ben Achour

Prévisions économiques : le FMI plus optimiste que le gouvernement ?

publié le 16/10/2017 19:59

 

Le hasard fait bien les choses, dit le dicton. Le hasard a fait en sorte que la publication des Perspectives économiques mondiales par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) à l’occasion de la tenue de leurs assemblées générales annuelles, dévoilant ses prévisions économiques de l’année prochaine, coïncide avec la publication, chez nous, du Budget économique et du projet de loi de finances et de budget. Bien évidemment, cette année n’échappe pas à la règle.

 

 

Pour 2018, le gouvernement s’est fixé un objectif de croissance économique de 3%. Selon les dernières actualisations, le taux de croissance du PIB serait de 2,2% contre 2,5% initialement fixé.

Pour une fois, les prévisions du gouvernement de Youssef Chahed deviennent crédibles. L’écart entre l’objectif et le résultat est ténu, rendant compte des impondérables de conjoncture et, probablement aussi, du retard dans l’agenda de mise en œuvre des réformes structurelles.

 

C’est dans le même sens qu’abonde le FMI dans ses perspectives économiques pour l’année 2018. Selon l’institution de Bretton Woods, la Tunisie devrait enregistrer un taux de croissance de 3% en 2018 contre 2,3% en 2017.

Tiens, le FMI affiche un peu plus d’optimiste que le gouvernement.  Il est de bon ton de le souligner. D’autant que le gouvernement fait également preuve de réalisme en fixant le taux de croissance à 3% en 2018. Tout comme le FMI. Certains esprits pourront toujours suggérer un « suivisme », rappelant « le diktat du FMI ». Ils seraient surpris de constater que sur bien d’autres indicateurs, les prévisions du Fonds sont plus optimistes que ceux établis par le gouvernement. 

 

Similitudes et différences

Il en est ainsi des prévisions d’investissement en 2018. Le budget économique estime que l’investissement global atteindrait 21,4 milliards de dinars l’année prochaine contre 18,9 milliards en 2017, soit une augmentation de 13%.

En revanche, le FMI prévoit que l’investissement global serait de l’ordre de 25,4 milliards de dinars en 2018 et 21,9 milliards en 2017. Il en est de même de l’inflation avec une prévision de 5,8% en 2018 alors que le FMI ne prévoit que 4,4%. Et ce n’est pas tout puisque cela concerne également nos performances de commerce extérieur. Le FMI estime qu’à prix constants, l’augmentation des exportations de biens et services dépasserait celle des importations en 2017 alors que les autorités tunisiennes estiment l’inverse avec respectivement 4,5% et 4,9%. Dans ses prévisions 2018, le FMI table des exportations tunisiennes de biens et services en hausse de 9,2% alors que le gouvernement n’escompte qu’une évolution de 5,3%. On pourrait étendre la liste.

 

Cela n’empêche pas de préciser que le gouvernement tunisien est plus optimiste que le FMI sur d’autres prévisions.

Par exemple, lorsqu’il s’estime être capable de limiter le déficit des paiements courants à 8,2% en 2018 contre 9% en 2017 alors que le Fonds estime cet objectif à seulement 8,4% l’année prochaine. Relativement, l’écart est faible. Mais en volume, cela représente des centaines de millions de dinars. En serait-il de même de l’endettement  et du déficit budgétaire? Le FMI estime que le taux d’endettement de la Tunisie atteindrait 72,2% en 2018  et que le déficit budgétaire serait de l’ordre de 5,5 milliards de dinars.

 

Sans préjuger des données budgétaires du gouvernement, il semble bien que les prévisions du gouvernement s’inscrivent dans ce profil. Selon des données préliminaires du budget de l’Etat 2018, l’encours de la dette augmenterait d’environ 2,5 milliards de dinars en 2018. Quant au déficit budgétaire, il serait de l’ordre de 5,3 milliards de dinars en 2018.

Alors, qui serait le plus réaliste ?

 

 

Houcine Ben Achour

Commentaires (3) Commenter
FYI
Dr. Jamel Tazarki
| 17-10-2017 19:19
Je suis désolé pour tous les accents qui manquent, je travaille sur un système Unix avec un clavier allemand! ==> Jamais du Microsoft, et vous savez pourquoi!
Voilà, une banque cotée en Bourse, Amen Bank, prend la responsabilité des micro-finances en Tunisie!
Dr. Jamel Tazarki
| 17-10-2017 18:16
je vous propose de lire d'abord l'article suivant:

http://www.businessnews.com.tn/lafd-et-amen-bank-signent-une-ligne-de-credit-dediee-au-secteur-
de-la-microfinance-de-15-millions-deuros,520,75439,3

==>

Voilà nos amis Français nous poussent a refaire les mêmes fautes qu'au temps de notre ex-troïka, injecter de l'argent dans un système bancaire oligarque qui ne laisse rien s'infiltrer vers le bas afin que les petites entreprises (les PME), les chômeurs porteurs d'idées et la paysannerie en profitent aussi.


Non, si on voulait vraiment aider la classe pauvre a survivre grâce a des micro-projets, le microcrédit devrait rester une activité à but non lucratif. Or Amen Bank qui est déjà cotée à la bourse de Tunis ne pense qu'a faire du profit et c'est tout à fait normal.

Je rappelle que le microcrédit est d'abord un moyen de lutter contre les usuriers, comme le Amen Bank. Il faut tracer une ligne rouge entre ce qui ressort du microcrédit, et des prêts qui servent à faire des profits.

J'insiste que l'AFD ne fait pas une donation à Amen Bank, non il s'agit plutôt d'un crédit dont on ne sait absolument rien sur son taux d'intérêt et qui est à court terme! ===> ce qui fait, dans 2 ou 3 ans il faudra rembourser ce crédit en euros, plus les intérêts! Il est ainsi absolument indispensable que l'état/gouvernement tunisien intervienne afin d'apporter un peu de transparence à propos du crédit de l'AFD à Amen Bank. On voudrait aussi savoir qui recevra quoi, combien, pour quel délais et pour quel taux d'intérêt. En effet, il y a un risque que le Amen Bank prend ce crédit en devise étrangère au nom de la classe pauvre tunisienne et l'accorde en grande partie à l'oligarchie tunisienne!


La Tunisie n'est pas un cirque pour que chaque banque fait ce qu'elle veut rien que pour optimiser ses profits. Il est temps de mettre sous contrôle notre système bancaire oligarque qui fait ce qu'il veut au niveau local et international et qui est à l'origine de la faillite de notre pays.


Oui, il est temps de créer une autorité de régulation du microcrédit en Tunisie. L'Amen Bank annonce déjà des prêts à 10%, mais c'est horrible! Oui, il nous faut une autorité de régulation du microcrédit en Tunisie qui contrôle les offres du microcrédit.

Si j'étais à la place de notre Ministre des finances, M.Mohamed Ridha Chalghoum, je ne permettrais pas à l'AFAD d'accorder un crédit de 15 Millions d'euros à Amen Bank au nom des pauvres qui devraient le payer trop cher!.
La Tunisie...
DHEJ
| 17-10-2017 11:57
Joue la DANSE DES CHIFFRES!
Votre commentaire
(*) champs obligatoires
Conditions d'utilisation
Les commentaires sont envoyés par les lecteurs de Business News et ne reflètent pas l'opinion de la rédaction.
La publication des commentaires se fait 7j/7 entre 8h et 22h. Les commentaires postés après 22h sont publiés le lendemain.
Aucun commentaire jugé contraire aux lois tunisiennes ou contraire aux règles de modération de Business News ne sera publié.
Business News se réserve le droit de retirer tout commentaire après publication, sans aviser le rédacteur dudit commentaire

» Cliquer ici pour lire les conditions d'utilisation et les règles de mod�ration