Meeting de Béji Caïd Essebsi : discours démocratique dans une ambiance RCDiste

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Dans un Palais des Congrès plein à craquer et devant quelque 6500 à 7000 présents, l’ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi a officiellement lancé son parti « Nidaa Tounes » (l’appel de la Tunisie).

Comme à son habitude, M. Caïd Essebsi avait le verbe facile et l’ironie à la fin de ses phrases. Son discours, rassembleur et démocratique, pourrait fédérer les masses, notamment parmi les 2,5 millions d’électeurs (sur 4 millions) qui n’ont pas voté pour Ennahdha. Il y avait cependant un hic qui a fait tiquer plus d’un pour ce meeting du 16 juin.


 L’entrée en fanfare (sur fond de l’hymne national) de Béji Caïd Essebsi et de Taïeb Baccouche au Palais des congrès avait ce quelque chose de fédérateur parmi les présents : « voilà l’initiative qui va sauver la Tunisie de l’obscurantisme et l’inexpérience désarmante dont on accuse le parti au pouvoir».

L’ancien Premier ministre a bien joué sur ces deux éléments durant son discours en tournant en dérision certains des ministres du gouvernement actuel. Son public était totalement acquis à ce discours et Caïd Essebsi le savait. Le public savait même que l’initiative n’est absolument pas miraculeuse et qu’elle ne représente que cette bouée de sauvetage qu’on lance à un rescapé qui s’attendait à voir un ferry. Ou, comme l’a dit un facebooker, un verre d’eau pour une personne perdue dans le désert et qui ne pouvait espèrer, en ce moment, un Coca Light avec glaçons et citron.

Tout cela, le public le savait et semblait déterminé à aller de l’avant pour aider à faire naitre et réussir l’initiative.


Mais ce à quoi son public n’était pas préparé, c’est cette présence assez importante de plusieurs figures du RCD.

Avant même l’arrivée de M. Caïd Essebsi, on voyait le scepticisme, l’inquiétude et les interrogations. « Que font-ils ici ? » ; «Sommes-nous condamnés à choisir entre une dictature et une dictature religieuse ? ».

 

Prenant la parole, Béji Caïd Essebsi détend l’atmosphère en revenant sur les événements des derniers jours et en rappelant que « nous sommes tous musulmans. Sauf ceux qui prônent la violence  ». Il raconte une anecdote dont il conclut que « nos frères et nos enfants au pouvoir doivent gouverner selon nos cerveaux et non selon les leurs. » Il revient sur sa visite au Qatar et montre son indignation face à tout ce qui a été raconté à ce sujet.

Et il se paie la tête de ces ministres qui «font le prêche et qui ferment les espaces culturels» ou encore ce ministre qui «ne connait même pas la capitale de la Turquie».

Et pour clôturer le tout, il tacle les trois présidents qui nous dirigent et qui se sont mobilisés pour nous dire que le sacré a été profané. « Parfois, je m’interroge, suis-je dans la réalité ou dans un rêve ? Il y va de la crédibilité de l’Etat !», s’est étranglé M. Caïd Essebsi, entrecoupé par des applaudissements et des « Ya Béji, ya Béji, ya Béji ».

Et c’est là le hic. Le grand hic. Car ces applaudissements et ces « vivats » auraient pu être spontanés, mais ils ne l’étaient pas. Il y avait un peu partout dans la salle des chauffeurs qui incitaient le public à crier et applaudir. C’est dans la pure tradition du RCD dans laquelle certaines des figures présentes se sont retrouvées très rapidement. Mais pas le reste de la salle. Pas l’essentiel de la salle qui aurait tant souhaité que les applaudissements soient spontanés. Et ce n’étaient pas les occasions qui manquaient. Comme lorsqu’il s’est payé la tête de Rafik Abdesselem et en déclarant qu’il ne faut pas penser que Dakar est la capitale d’Afriqya (ancien nom de la Tunisie) par rapport au tollé soulevé par le tableau supposé être à la Marsa, alors qu’il se trouvait au Sénégal. 




La salle riait aux éclats et n’avait vraiment pas besoin de ces chauffeurs pour leur dire maintenant il faut applaudir, maintenant il faut se lever. On en a vu un peu de tout, dans la pure tradition RCDiste : maintenant il faut pousser des youyous (lorsqu’il a évoqué le CSP) ; Bourguiba, Bourguiba, Bourguiba ; l’hymne national, Allahou akbar...

En bref, la majorité de ces applaudissements aurait pu être spontanée. Mais elle ne l’était pas…

 

N’étaient-ce ces questions de forme, le discours de Béji Caïd Essebsi était fédérateur et assez convaincant, même si certains y ont vu un discours hautain et bourgeois. La Tunisie est comme ce véhicule embourbé qu’il faut secourir. « Mes chers frères du parti au pouvoir, vous ne pouvez pas désembourber seuls la voiture, vous avez besoin de tout le peuple », a déclaré le président de « Nidaa Tounes » attirant l’attention que lorsqu’il y a un incendie, il ne faut pas voir la couleur de celui qui va vous aider à éteindre le feu.

Sur les perspectives d’avenir, M. Caïd Essebsi balaie d’un trait ceux qui pensent qu’il y aura un retour à la dictature. « On a essayé le parti unique et on a vu les gros problèmes qu’il dégage. Hors de question de revenir à cette expérience, mais il n’est pas question non plus de laisser la place à un parti dominant », a-t-il déclaré attirant l’attention que plusieurs membres de l’Assemblée constituante méritent d’être au gouvernement.

De cette idée, il rebondit sur la nécessité de regrouper tout le monde sans exclusion. Entendez par là les RCDistes. « C’est ça la citoyenneté, on est ouverts à tous, y compris les Destouriens », a-t-il déclaré avant de laisser place à une ovation dont on devine aisément l’initiateur.

Juste ensuite, et en continuité de son idée, Béji Caïd Essebsi déclare être prêt à travailler avec Ennahdha. Mais sous conditions. Et de citer une belle longue liste qui commence par la nécessité de respecter la notion même de l’Etat qui doit être au dessus de tout.

Il ne faut pas toucher à l’article 1er de la Constitution, il ne faut pas qu’un drapeau autre que le drapeau tunisien flotte dans le pays (ni drapeaux noirs, ni drapeaux roses), il faut respecter nos lois et notamment le CSP (applaudissements, vivats, you-you), le respect de la démocratie selon les normes internationales…

 

Doit-on comprendre que la troïka ne respecte pas et n’entend pas respecter tous ces principes ? Quel que soit le message qu’il voulait véhiculer, il laisse entendre que depuis son départ, le pays est en train de régresser : mauvaise image à l’extérieur, dégradation de la note tunisienne, la mauvaise situation de l’économie… Et de rappeler le bon accueil que la communauté internationale a réservé à son gouvernement avec, notamment, le nombre record de visites de ministres étrangers (notamment occidentaux) dans le pays ou encore l’hommage rendu au Congrès par Barack Obama.

Il conclut par cette nécessité de s’ouvrir à toutes les initiatives et d’écouter toutes les idées, dont celle que propose l’UGTT pour la Constitution.

Son discours, de 60 minutes, s’achèvera par une sourate du Coran appelant à l’unification et la fraternité avant de laisser place à l’hymne national.

Nizar Bahloul


95 commentaires
tunis
yasson |21-06-2012 19:14
pourquoi ce journal est contre le gouvernement a chaque vous insulte laisser leur une chance apres en mars 2013 y ora des electiions on verra ce ki ki passera je tiens a noter que dans le public de essebsi il n'y avait pa de femme en voile comme au temps du rcd donc il fo faire attention .
bce serais la seringue magique
charchour |19-06-2012 15:06
oui pour mille BCE , UNE AMBIANCE RCDISTE VAUX MILLE FOIS QUNE AMBIANCE TALIBANISTE :)))) .

ON VA VOUS BATTRE PAR KO MAGIQUE .
pauvre tunisie (suite)
citoyen |19-06-2012 11:50
'.autre chose plus flagrante : baba beji ; vs n'avez jamais appris par c'ur l'hymne national que vs prétendez le défendre ; tout le monde vu le prononcer désordonné ; en paroles floues et en se cachant le visage derrière les caméras.. alors baba beji soyez pied sur terre et ne prétendez pas être un nouveau bourguiba car vs ne le serez jamais et d'ailleurs bourguiba a été écarté du pouvoir à l'âge de 84 ans par incapacité morale et vs baba beji vs abordez les 86 ans et espérons longue vie pour toi mais pas au pouvoir et aux terrains politiques car c'est trop tard ..
pauvre tunisie !!!
citoyen |19-06-2012 11:46
Mr beji , on t'a beau respecté avant le 23 octobre même si tu n'a rien fait pour le peuple que qqs mots de paratin pour calmer le jeu jusqu'aux élections législatives.. d'ailleurs tes fautes étaient trop graves ( insultes des journalistes ; description en singes des policiers ; regret de la dissolution du RCD ; pas un km de goudron ou un pont ou un bâtiment durant ton pouvoir jusqu'au fin décembre 2011 ; augmentations flattées de salaires des fonctionnaires de ta ministère ce qui a explosé tous les autres domaines de fonction publique ;..etc) Baba beji dés que tu n'as pas eu la présidence de la république après les élections , chose que marzouki en avait refusé et gardé pour lui mm ; tu t'es tourné de 180° contre les vainqueurs qui gouvernent beaucoup mieux que vous et vos ministres "bleus" eux aussi et qui prétendent la compétence et l'expérience !!! Baba beji , vs vs moquez des élites à cause d'un oubli ou faute de prononciation et vs oubliez que dans le mm instant où vs vs moquez vs avez prononcé "ayet coran " le sain parole de dieu en commettant une faute de prononciation ; rappelez ce que vs avez dit " wa3tasimou bi hawli illehi jami3an wa la tafarrakou " alors qu'elle est " wa3tasimou bi habli illehi jami3an wa la tafarrakou " vs voyez ?
baba beji !!!
fitouri |19-06-2012 11:36
à 86 ans c'est trop tard !!!
Mon commentaire ne vous plait pas???
citizen |19-06-2012 10:07
Pourquoi mon commentaire d'hier n'a pas été publié? il vous a pas plu???
Mr
octobre2013 |19-06-2012 00:36
Independemment de Beji Caid Essebsi et de Taieb Baccouche, ce discours me plait et me parle. Nous ne cherchons plus l'homme providentiel mais un discours federateur qui nous permette de vivre ensemble. Et si ce type de discours venait d'une partie encore silencieuse d'Ennadha, et bien tant mieux, ca veut dire que nous avons avance dans le respect des autres opinions. Arretons par ailleurs cette vieille chanson de RCDiste etc. S'il ya des coupables, alors jugeons les. Le reste est de l'amalgame pur. Il y a 5 ans, 100% des Tunisiens se disait RCDiste aujourdhui on essaie de nous faire croire qu'a part Ben Ali, nous avons un nouveau peuple vierge de tout passe alors que chacun veut se faire passer pour Nadhaoui. Et si la gauche demain, on assistera au meme cirque. Par ailleurs, appliquons la loi, dans ce pays. Lorsqu'on brule un tribunal, un poste de police, qu'on incite a la violence dans les mosquees et qu'on lance des appels aux meurtres, l'etat doit intervenir et faire regner le respect des lois et des individus. Ceci est sans communce mesure avec une histoire de tableaux qui pour partie n'ont jamais ete exposes en Tunisie. Arretez de prendre les gens pour des imbeciles. Nous avons un vrai probleme securitaire, un tourisme mourrant, un chomage croissant et un manque de clarte par rapport a notre passe. Les 2 millions de Tunisiens travaillant dans le secteur du tourisme se souviendront longtemps de ce que nous ont coute les scenes des dernieres semaines. Il nous faut maintenant trouver des touristes qui n'ont pas de tele et ne savent ni lire et ecrire et ont de l'argent. Il ne reste qu'un pays...):
ni RCD ni hahdha
canalou |18-06-2012 21:34
detrompez vous ce parti n est pas dirige par des RCD . les partisants sont lbres d assister . tous les autres partis ont recupere des RCD .alors pas de monsonges svp . les decus des autre partis doivent avoir un autre choix c est mon cas . si une dictature chasse une autre on est pas sortis de l auberge . c est la peste ou le cholera . on choisi le moindre mal . sans hesitation je dis le PSD avec comme candidat mr baccouche . qui dit mieux . alors pas de polemique bas de gamme
Si la révolution tunisienne a échoué
zorai sofiene |18-06-2012 13:53
Je pose une seule question aux tunisiens de tous bord.
Si la révolution tunisienne avait échoué et si BEN ALI n'avait pas été obligé de quitter le pays, alors quel aurait été le sort des tunisiennes et tunisiens à ce jour????
Je crois (je ne doute pas une seconde) que les hodres du RCD et Destouriens (qui ne sont que l'autre facette d'une même monnaie) nous auraient égorgé avec une lame non éguisée (lire cela en rabe Sakkina Hafia).
Alors Tunisiennes et Tunisiens applaudissez JCS, Morjane, Jeghame ...etc. et notre avenir à tous seraradieux comme il l'a été du temps des destouriens et des RCD'istes.
Enfin, j'appel ceux qui se cachent derière des pseudo de se dévoiler... Le RCD se cache derière
Bonne lecture
RCD bye bye
tounsi |18-06-2012 12:32
hey, pseudo journalistes, vous qui laissez tous ces commentaires, soyez sur que, malgres tous vos efforts, le RCD ne passera plus.
Désolé pour vous, mais c'est la fin la. Bye bye
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