Maâter a sous-estimé les problèmes du chômage et son impact

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Par Lotfi Saibi *

Le problème du chômage a toujours été un sujet très important qui m'a largement interpelé et dans lequel je me suis beaucoup investi en essayant de mieux le comprendre et en apportant mon soutien selon mes propres moyens. En tant que professeur d'université, chef d’entreprise, comme quelqu'un qui a grandi au centre-ouest de la Tunisie, une région où près de 45% de ceux qui sont diplômés de l'université ne trouvent pas de travail et en tant que père compatissant d'un diplômé universitaire qui comprend que la dignité est égale à un emploi, il m'est douloureux de voir les rêves des générations futures, et celles de leurs familles partir en fumée.
C’est justement pour cela que j'ai salué l'initiative du gouvernement provisoire que d'organiser un congrès de trois jours pour chercher et débattre des stratégies, tendre la main à ceux qui ont une certaine expérience dans le traitement des problèmes de chômage. Je pensais que de belles résolutions sortiront une fois les données recueillies, développées et analysées.

Malheureusement, durant ces 3 jours de congrès, nous avons assisté à plusieurs opportunités ratées par le gouvernement. M. Abdelwahab Maâter, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, avait sous-estimé, lors de ses apparitions dans les medias, la gravité du problème du chômage et son impact sur la psychologie d'un jeune et sur l'économie politique des 30 ans à venir.
Ce même mauvais calcul lui a fait perdre des points en matière de mesures correctives (embaucher les jeunes diplômés en priorité par exemple) durant les 6 derniers mois. Il a fini par prendre une série de décisions, dont aucune n'a été suffisamment puissante pour réparer le mal en place. Pire encore, et dans une extraordinaire démonstration d’irresponsabilité, il s’est mis à attaquer les administrations précédentes et à blâmer le manque d’enthousiasme et de courage des chômeurs.

Il est clair que tout citoyen, chômeur ou travailleur, diplômé ou pas d’ailleurs, mérite un meilleur traitement de la part d’un fonctionnaire de l’Etat qui a eu accès à ce poste grâce aux innombrables promesses qu’il a faites, et dont le droit à un emploi était sa préférée. Ce genre de comportement, venant d’un haut responsable, me laisse perplexe quant à la capacité de ce gouvernement à résoudre un problème dont il ne reconnaît même pas l’existence. Cette insensibilité de la part du ministre serait le parfait exemple de leadership à ne jamais suivre.
J’ai malheureusement fini par laisser la méfiance prendre le dessus quant aux objectifs réels du congrès. Etait-ce vraiment destiné à apporter des solutions aux 800.000 chômeurs ? Pourquoi n’a-t-on pas pensé à les consulter ? Où étaient les diplômés chômeurs qui errent dans les quatre coins du pays ? On aurait pu les emmener par bus, on aurait dû les mettre dans des hôtels décents et les traiter avec autant de courtoisie que celle que nous accordons aux étrangers en provenance d'autres pays arabes.
A ma grande surprise, rien de cela n’a été prévu, et les représentants des diplômés chômeurs n’étaient pas les seuls à manquer le rendez-vous ; les partis d'opposition, les experts, les économistes, les syndicats (UGTT), les organisations patronales (UTICA, CONECT), les entreprises nationales (PGH ou BSB) ainsi que les compagnies multinationales ont tous été absents. Il est clair que ce congrès n’avait rien de « national » vu que la participation s’y était limitée à des interventions « amicales » de professeurs universitaires et la présence de jeunes consultants très enthousiastes mais qui manquaient d’expérience pratique.
J’aurais tant aimé voir le parti au pouvoir assumer sa responsabilité et prendre l'initiative de rassembler les diverses parties prenantes, quelles que soient leurs idéologies ou allégeances, afin de ressortir avec les meilleures propositions possibles. Cela aurait été un excellent exemple de maturité en matière de leadership politique et aurait pu être l'étincelle qui ramènerait notre pays aux vrais combats de la révolution : l'emploi et la dignité.
Par soucis de transparence, je tiens à vous raconter cette anecdote. J'ai rencontré trois jeunes filles de Sfax et Médenine qui ont dû, chacune, emprunter de l'argent pour pouvoir assister au congrès. Elles ne venaient pas chercher les solutions proposées par le gouvernement. Elles avaient tout simplement l'espoir de rencontrer des chefs d’entreprises afin qu'elles puissent transmettre leurs CV et peut-être obtenir une interview ou deux. Malheureusement pour elles, personne n’a songé à inviter des chefs d'entreprises.

J’ose espérer que l’année prochaine, le MFPE sera plus sensible et plus compatissant envers le million de chômeurs qu’on aura au pays. J’ose également espérer que le prochain congrès sera plus inclusif et pourra réunir toutes les parties prenantes.


* Lotfi Saïbi est originaire de Sidi Bouzid, professeur en leadership et CEO de 4D-Leadership House.
Formé à Harvard, il a longtemps vécu aux USA et est rentré en Tunisie depuis la révolution
10 commentaires
Mina
Mina |21-07-2012 22:18
Le pauvre homme est complètement dépassé. Il n'a aucune stratégie, aucun objectif sauf celui d'être ministre et d'en profiter. en nommant sa propre fille au Minitère de la femme. Je l'ai écouté lors d'une conférence de presse. Ma nièce âgée e 12ans a davantage didées sur eds solutions possibles pour la question du chômage que lui. Il faut le recycler. Il n'est pas à sa place.
petite remarque
dorra |08-07-2012 15:17
si mes souvenirs sont bon..l'UE, le Japon, L'allemagne et l'Algérie ont donné une aide financière à la Tunisie pour le développement de l'économie des emplois et des régions..mais ou est passée l'aide financière? on en parle jamais, on aurait pu en créer des emplois avec cette argent..
Harvard is out
G&G |08-07-2012 12:27
Je suis prêt à vendre à Harvard la solution tuniso-tunisienne pour éradiquer le chômage en Tunisie en un temps record et au moindre cout afin que cette prestigieuse université puisse la vendre aux pays qui n'ont confiance qu' à Harvard et compagnies
@TAHAR JEBARI: Je suis plus que d'accord
Engineer Juridique |07-07-2012 11:24
La BALANCE COMMERCIALE et la BALANCE DE PAIEMENT ont bel et bien un lien avec la création d'emploi ... des éléments qui ont échappé à notre LOTFI SAIBI...

Cordialement!

BIDONS
Tahar JEBARI |07-07-2012 10:10
Simples d'esprits sont ceux qui pensent que les problèmes de l'emploi peuvent être résolus en un an ou deux, ou même plus.
Les initiatives qui consistent à pousser à la création de projets sont aussi naïves et populistes.
A-t-on une seule fois réfléchis à la pérennités de ces projets, et ainsi à celle des emplois qui seront générés.
Sous la pression populaire, des environnements de travail vont être créés. Pour la création de quelles richesses et quels produits ? Et surtout pour quels marchés ? Ne sait-on pas que la nature a horreur du vide, c'est à dire que le capital n'attend pas qu'on le pousse à investir s'i l'opportunité du gain et du marché existe !
Que ces pays qui nous donnent des miettes sou formes d'aides et de prêts avantageux nous ouvrent leurs marchés, la meilleure façon de bouster la créations de projets chez nous, puisque l'écoulement de la production serait facilité.
Vous rêvez
jilani |07-07-2012 09:52
Monsieur, ce ministre est un ignorant, il faut le dire, il devrait être en prison pour ses affaires en justice, tout le monde le sait. Le problème du chômage n'est pas une priorité pour Ennahdha puisqu'elle l'a laissé à ce ministre qui n'est même pas bon dans son métier d'avocat. Des personnes comme vous et Sais Aidi sont traitées de mécréants et de traître et leurs idées sont rejetés au profit des idées démagogiques qui ne servent à rien.
Je retiens 3 JEUNES FILLES
Engineer Juridique |06-07-2012 23:25
Mais alors pourquoi 3 jeunes filles?

C'est comme ça que pense le MFPE comme toi d'ailleurs!
Normal
Karim |06-07-2012 21:48
On ne fait pas un cheval de course avec un âne le pseudo ministre est un incapable sorti de prison il y a un an comme tous ces collégues
vaut mieux un chef d'entreprise qu'un ministre
lazhar dhifi |06-07-2012 19:36
pour traiter le chômage des jeunes diplomés, vaut mieux l'approche d'un chef d'entreprise qu'un ministre qui tombe du ciel dans un terrain vaseux qui est le chômage
pour préserver la dignité des jeunes universitaires chômeurs, faisons confiance à ceux qui embauchent et faisons taire les politicards. merci à si Saibi qui vit les maux de ces jeunes
réaliste
mima |06-07-2012 18:20
il faut être réaliste, cette bande à Bonnot n'a aucune stratégie et aucune connaissance des problèmes, ils veulent s'emparer de la caisse ou ce qu'ils croient être une caisse (la BCT) et faire la charité, mangez un jour et jeûnez 364 jours, voilà la politique, il n'y a pas pire que les ignares suffisants,car ils considèrent la demande d'avis ou la présence des professionnels comme un outrage à leur honneur. Une fois que vous aurez compris ça,il faut faire des associations, des propositions,des actes et vous passer des politiques en attendant des jours meilleurs.
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