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Libre échange Tunisie-UE : que les négociations commencent !

Temps de lecture : 5 min
Libre échange Tunisie-UE : que les négociations commencent !
La Tunisie dispose aujourd’hui de l'opportunité de renforcer davantage ses relations avec l’Union Européenne. En effet, la conclusion d’un accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA), discuté, mercredi 18 juin 2014, est l’un des objectifs dudit Partenariat Privilégié. L’objectif étant d’élever davantage les relations économiques bilatérales en privilégiant une intégration économique plus étroite.

Une rencontre avec la société civile, sous l’égide du Ministère du Commerce et de l’Artisanat, s’est tenue ce mercredi 18 juin 2014. Celle-ci s’inscrit dans le cadre des travaux préparatoires relatifs à l’accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA), dont le thème est l’avenir des relations économiques et commerciales entre la Tunisie et l’Union Européenne. Etaient présentes aux discussions, la ministre du Commerce et de l’Artisanat, Nejla Harrouche, La cheffe de la délégation de l’UE en Tunisie, Laura Baeza, ainsi que la directrice des relations avec l’UE au sein du ministère du Commerce, Fatma Oueslati, et la cheffe de division de la Commission européenne, Sofia Munoz.

Selon Nejla Harrouche, il est question à ce stade d’un processus préparatoire pour le lancement des négociations. La ministre a appelé la société civile à participer activement aux réunions et à être partie prenante dans les discussions, et ce, en vue d’identifier les domaines sensibles et les priorités qui assureront une bonne mise en œuvre de l’ALECA à l’avenir.

Une exposition complète des objectifs des négociations ALECA a été présentée lors de cette rencontre avec la société civile. Ainsi, à ce niveau des négociations, il s’agit d’intégrer progressivement l’économie tunisienne dans le marché unique de l’Union Européenne. « Ceci devrait améliorer les possibilités d’accès au marché, le climat d’investissement et le soutien des réformes économiques entreprises par la Tunisie », précise Sofia Munoz. Et d’ajouter, qu’une priorité particulière sera accordée aux mesures qui permettraient de favoriser les investissements européens, d’améliorer la gouvernance économique et de renforcer l’intégration économique régionale entre la Tunisie et ses voisins de la rive sud de la Méditerranée.

Pour sa part, la directrice des relations avec l’UE au sein du ministère du Commerce, Fatma Oueslati, a indiqué que l’ALECA s’appuiera sur les engagements existant dans le cadre de l’Accord d’Association euro-méditerranéen, conclu entre la Tunisie et l’UE en 1995, et couvrira un large éventail de domaines d’intérêt commun. Signalant que le commerce réciproque des produits industriels est déjà libéralisé, en vertu de l’Accord d’Association, Mme Oueslati a précisé que l’ALECA inclura des dispositions concernant d’autres secteurs.

Ainsi, les négociations se pencheront sur l’amélioration des services, facilitant l’accès mutuel aux marchés européen et tunisien. L’incorporation des dispositions sur le rapprochement progressif de la législation tunisienne en matière de service pour soutenir le commerce réciproque, sera aussi explorée.
L’établissement et la protection des investissements devront être traités par l’ALECA, permettant d’accroitre l’attractivité de la Tunisie en tant que destination pour les investisseurs européens. La facilitation du commerce passera par la simplification des activités des acteurs économiques des deux cotés, se concentrant sur le rapprochement des législations et l’utilisation de pratiques perfectionnées en matière de techniques douanières.

Par ailleurs, en s’appuyant  sur le travail déjà entamé dans le domaine depuis 2009, une plus grande libéralisation des échanges de produits agricoles, de produits agricoles transformés et de produits de la pêche sera considérée. L’ALECA mettra l’accent sur l’adoption de mesures sanitaires et phytosanitaires, ayant trait à la santé animale et alimentaire. Ces mesures faciliteront le commerce des marchandises soumises à des exigences de protection.

Au niveau de la transparence des réglementations, l’ALECA inclura des dispositions sur des consultations publiques relatives aux règles ayant un impact sur le commerce international des biens et services. Un renforcement concernant les mesures antidumping et compensatoires devra également être mis en œuvre. En ce qui se rapporte aux marchés publics, l’objectif sera d’assurer un accès réciproque à des marchés ouverts et transparents des deux cotés, à tous les niveaux et dans tous les secteurs de l’économie. D’ailleurs, l’ALECA prévoit un rapprochement progressif de la législation tunisienne en matière de marchés publics.

Un autre volet auquel s’intéresseront les négociations concerne les aspects liés au commerce de l’énergie. Des mesures spécifiques pourront être adoptées sur des questions telles que les politiques de prix, de transit et de transport de l’énergie de même que les principes clés de la régulation du marché de l’énergie.

En outre, le chapitre sur le commerce et le développement durable sera basé sur des règles internationalement reconnues et une représentation équilibrée des intérêts sociaux et environnementaux qui doivent guider les relations économiques et commerciales approfondies entre l’UE et la Tunisie. Un mécanisme permettant un suivi efficace des dispositions de l’ALECA concernant le commerce et le développement durable, avec l’implication de la société civile, devrait être intégré à l’accord.

L’accent sera mis aussi, sur le respect des droits de propriété intellectuelle. La protection effective et adéquate sera appliquée de part les réglementations élaborées à cet effet. Des travaux seront également entrepris en rapport avec la protection et la reconnaissance mutuelle des indications géographiques, à savoir, la valorisation des savoir-faire locaux et la lutte contre la contrefaçon.

Ainsi, l’importance des négociations qui seront entreprises afin de mettre en œuvre l’accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA), définiront les bases économiques du Partenariat Privilégié entre l’UE et la Tunisie. Une fois les négociations terminées, chaque partie devra procéder aux ratifications prévues par sa propre Constitution. Comme il a été signalé lors d’une intervention au cours de la rencontre, l’Union Européenne est le premier partenaire commercial de la Tunisie. Chiffres à l’appui : l’UE a absorbé 71% du total des exportations tunisiennes, et a été la source de 55% de ses importations en 2013. La Tunisie est par ailleurs classée 34ème plus grand partenaire commercial de l’UE.

La réussite de ce processus préparatoire et des prochaines étapes de négociations avec l’Union Européenne sur l’ALECA, est fortement tributaire de l’implication réelle de tous les intervenants : administration et société civile.

Ikhlas Latif

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Commentaires

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Franco-Tunisien
| 24-06-2014 23:58
Le libre échange économique créera de nombreux emplois. Mais les vrais gagnants seront les investisseurs européens qui auront une main d'uvre pas chère. Il faut compter sur nous même pour notre industrialisation, motiver les entrepreneurs, petit à petit, et ne pas ouvrir d'un coup nos frontières économiques à 27 pays étrangers.

L'UE enlève toute souveraineté nationale notamment en termes de législation. Une fois dedans, le peuple s'en rend compte et n'en veut plus. En France, le FN, parti de Lepen qui souhaite se détacher de l'UE, a gagné les dernières élections européennes... mais c'est devenu quasi-impossible de quitter l'UE.

Le libre-échange européen, c'est le cheval de Troyes des américains. La prochaine étape, c'est le libre échange euro-atlantique des OGM et d'autres produits américains. Je ne pense pas que les tunisiens veulent manger du b'uf gavé aux hormones de croissance.

Enfin, si la Tunisie continue dans cette logique et rejoint l'UE, il y aura une libre circulation des personnes. Les tunisiens se diront : "c'est super, on pourra aller vivre et travailler en France!". Oui mais les blancs pourront aussi vivre sous le soleil Tunisien. Et l'UE, c'est des centaines et des centaines de millions de blancs. La Tunisie? 10 millions d'arabes... La Tunisie retrouvera le look de l'époque coloniale. Nous sommes un très petit pays, pas comme la Turquie. Pour nous, le libre échange de l'argent et des personnes, c'est l'annexion.

Un rapprochement économique, c'est des intérêts entre-mêlés, donc un rapprochement politique. Entre autre, l'UE considère le Hamas et les mouvements de résistance palestiniens comme "terroristes". Nous n'avons rien à voir avec les européens.

Il faut se concentrer sur le grand Maghreb, car le Maroc, l'Algérie et la Libye sont des pays frères. Il faut aussi regarder vers les pays émergents en Afrique et en Asie.

Après avoir mendié, l'équipe de Jûma'a semble vouloir vendre son corps pour toucher de l'argent.

librexp
| 20-06-2014 00:06
Il faut d'abord protéger notre économie et notre agriculture, le libre échange ne profitera qu'au plus fort

DHEJ
| 19-06-2014 18:35
Le gouvernement va pouvoir équilibrer la balance commerciale...

Bourguibiste nationaliste
| 19-06-2014 12:40
L'Allemagne qui dirige l'Europe a tout intérêt à faire de la Tunisie une zone de libre échange. D'ailleurs, la triste conférence des "amis" de la Tunisie en septembre 2014 devra entériner ce projet allemand de domination.
Il faut être très prudent et méfiant à l'égard de l'Allemagne car les dirigeants allemands ont en vue deux objectifs : consolider le pouvoir des islamistes en Tunisie comme ils l'ont fait en Turquie. Leur deuxième objectif est de consolider leur présence diplomatique et économique dans une logique de compétition avec la France, tout cela sous-tendu par une nouvelle weltpolitik qui doit nous inquiéter. Du point de vue économique, les Allemands ont des projets énergétiques (énergie solaire, etc.) et veulent s'assurer une indépendance énergétique et utilisent la Tunisie comme une tête de pont pour accéder à la Libye et à l'Afrique. Pour cela, ils légitiment le pouvoir des islamistes en Tunisie.
La Tunisie doit revenir à la diplomatie bourguibienne d'équilibre entre les puissances qui nous évite l'enfermement diplomatique et le tête à tête avec une seule puissance, fusse-t-elle allemande. N'oublions pas que l'Allemagne a joué un rôle très ambigu dans l'anarchie libyenne et continue à jouer ce même rôle en Syrie. Leur realpolitik et weltpolitik doit nous inquiéter car leur réalisme et leur opportunisme les conduisent à adopter des positions qui sont à l'opposé de leurs idéaux démocratiques. La sollicitude allemande à l'égard de la Tunisie n'est pas gratuite, ni leur aide financière non plus, qui pourrait être une aide « empoisonnée.

tora62
| 19-06-2014 11:42
En lisant cet article, je m'attendais à lire également les réactions de la "société civile" quant au contenu de ces accords qui "complètent" ceux déjà entamés depuis les années 1970....et surtout celui de 1995. y a-t-il eu des interventions de cette "société civile"? et qui était vraiment présent de cette fameuse société civile? si j'ai bien compris, il s'agissait d'une réunion d'information dont les protagonistes étaient les quatre superwomen des deux côtés (deux Européennes et deux Tunisiennes). Avec ces interminables accords démesurés entre deux entités de taille et de poids inégaux....ce seront nos enfants et nos arrières petits enfants qui paieront beaucoup plus cher le prix d'un libéralisme économique dicté par "nos partenaires" et ce sera la "société civile" qui jouera davantage les figurants d'une accumulation de diktats camouflés d'un "partenaire" convaincu qui va toujours de l'avant sans hésitation et avec détermination dans son projet civilisationnel bien gardé derrière les sourires mesquins et hypocrites des Européens.

Slahdiine
| 19-06-2014 11:19
@DHEJ
Le libre-échange n'a de valeur qu'entre deux pays ou un groupe de pays qui ont le même niveau de développement économique. Par exemple le libre-échange entre l'Allemagne et la France, entre la Grande-Bretagne et la Hollande ou la Suède, on peut même parler de libre-échange entre les pays de l'Union Européenne, dans ce cas de figure, le libre échange est mutuellement avantageux : les Anglais ont une faible production agricole, ils achètent les produits agricoles de l'UE et en échange, ils sont fort dans le domaine industriel, ils vendent des produits industriels sophistiqués et l'un dans l'autre, ils se retrouvent, les comptes sont positifs pour les pays européens.
Mais si vous faites du libre-échange avec un pays faible, pauvre, non industrialisé, endetté, ce pays s'appelle la Tunisie, ce pays n'est pas en mesure d'être compétitif, c'est-à-dire qu'il n'est pas en mesure de produire en quantité et en qualité des produits à bon marché comparé aux pays européens.
La conséquence c'est le déficit garanti pour la Tunisie et c'est l'excédent garanti pour les pays européens qui sont infiniment plus forts donc plus compétitifs que la Tunisie.
Cette situation est d'autant plus inégale, que, la Tunisie pourrait dans le domaine de l'agriculture biologique, produire en quantité, en qualité et en prix compétitif, mais elle ne pourra pas l'exporter en UE, par ce que les pays membres de l'UE favorisent d'abord la production agricole UE et ensuite acceptent les produits venus d'ailleurs.
La Tunisie est perdante dans cet échange qui n'est pas un libre échange mais un échange inégal et obligé pour obtenir des crédits et des aides par la suite.

DHEJ
| 19-06-2014 10:54
alors qui est l'amont et l'aval, la Tunisie ou L'EU?

Rien n'est libre que par degré!

Pauvre de nous tunisiens affranchis des maîtres blancs aidés par leur fidèle serviteurs avant et après l'indépendance!

Suis-je crétin à croire que le libre échange existe?

Mounir
| 18-06-2014 23:43
On nous a toujours dit que les produits à l'étranger voyez leur prix baisser! c'est ce qui arrive partout dans le monde sauf en Tunisie.
SI un prix de vente baisse lors de l'importation, c'est tant mieux pour le revendeur! il gagnera plus et le Tunisien continuera a payer le prix forts!

Des négociations de ce type devrait être suivi par les européens pour en constater la bonne application!
car a coup sur ca servira plus au lobby tunisien (comme ceux de l'automobile) qui auront des meilleurs prix d'achats!
ca servira au contrebandier qui irrémédiablement comme ils (les contrebandiers et marchés parallèles) l'ont fait avec les produits subventionnés.

Tant qu'il n'y a pas de contrôle strict, sérieux et de lutte rigoureuse contre la corruption (j'ai d'ailleurs lu que les coréens avaient présenté à la présidence du gouvernement une solution l'année dernière? ou en est on) tout cela ne servira pas au peuple mais a quelques personnes qui s'enrichiront sur le dos des autres

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