Les mêmes causes produisent les mêmes effets

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Par Nizar BAHLOUL

Avant, sous Ben Ali, on avait droit à la famille Ben Ali, sa belle famille et ses gendres. Ils ont mis des années pour se montrer en public et faire des affaires.
Avec la troïka, on passe à une vitesse supérieure. A peine quelques jours et nous avons découvert les talents cachés de la fille d’Abdelwaheb Maâter, ministre de la Formation professionnelle, et ceux de Rafik Abdesselem, gendre de Rached Ghannouchi.
Depuis la semaine dernière, on a fait la connaissance d’Oussama Ben Salem, fils du ministre de l’Enseignement supérieur. Quels talents cache-t-il ? On le verra dans quelques semaines.
Toujours est-il qu’à ce rythme, on va bientôt connaître tous les membres des familles des différents ministres, leurs belles-familles et peut-être même leurs voisins et leurs domestiques.

L’insolite dans tout cela est la tête des fans «sincères» des CPR et d’Ennahdha. Ils croyaient que leurs élus allaient faire preuve de retenue et régner selon les règles de la bonne gouvernance et ils découvrent que le système est demeuré le même et que seuls les bénéficiaires changent.
Où sont-ils les fans du Moncef Marzouki, le révolutionnaire? Les mêmes qui dénigraient et traitaient de tous les noms d’oiseaux ceux qui osaient critiquer et mettre en doute la sincérité du président de la République?
On les avait prévenus, mais ils refusaient de voir ce qui semblait évident pour un bon nombre d’observateurs, notamment les proches de l’ancien «exilé». Ils ne portaient pas les bonnes lunettes. 
A ces fans sincères, qui viennent de se réveiller, je dirai: «bonjour, mais vous n’avez encore rien vu!»
Vous verrez de nouvelles télés se créer, de nouvelles holdings proliférer, de futurs marchés publics cédés et des transactions louches passer sous vos nez.
Le fils à Ben Salem qui vient d’entrer dans le monde des affaires n’est que le premier d’une longue série et n’est que la partie de l’iceberg qu’on a voulu rendre visible pour le moment.

Auparavant, il est bon de rappeler aux «patriotes-révolutionnaires» ce qui s’est passé pendant leur sommeil, ou quand ils avaient l’illusion que leurs chefs étaient «les anges» qui allaient tout assainir et tout changer.
Des ministres ont été nommés sur l’unique base de leur loyauté, de leurs liens de parenté, voire même d’amitié.
Sur cette même base, on a nommé des PDG de différents organismes publics et même de très jeunes conseillers à la présidence de la République.
Des prédicateurs qui appellent, en toute impunité, à la mort d’autrui.
Des journaux, des hommes d’affaires et des avocats qui insultent l’opposition sans que cela n’émeuve personne.
Des proches de hauts responsables qui se font amnistier.
Des histoires de massage et de harcèlement sexuel au palais de Carthage.
Des négociations secrètes pour différents avantages matériels exorbitants à l’ANC.

Les fans, encore atteints de cécité politique rétorqueront que c’est tout à fait normal qu’un gouvernement élu nomme les siens et ceux en qui il fait confiance. Que c’est tout à fait normal que des journaux, proches intellectuellement du régime, critiquent l’opposition et usent eux aussi de la liberté d’expression. Que c’est tout à fait normal que des députés et hauts commis de l’Etat obtiennent des avantages de prestige, dignes de leur rang.
C’est exact, c’est tout à fait légitime. Mais à condition que les nominations se fassent sur la base de la compétence et non de la loyauté et des liens de parenté.
A condition que les règles de la transparence soient respectées, que l’on ne discute pas dans les coulisses. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.
Il s’agit là des règles classiques de bonne gouvernance. Si ces règles sont respectées, tout ira pour le mieux en Tunisie. Autrement, c’est l’ancien système qui perdurera avec, pour seul changement, l’arrivée de nouvelles têtes.

Il n’est un secret pour personne que ce gouvernement souffre de son inexpérience. C’est un défaut, mais non une tare. Avec le temps, et ils sont là pour un bon bout de temps encore, nos ministres auront, sans aucun doute, l’expérience nécessaire pour bien diriger le pays.
Ils ont la responsabilité historique de construire l’avenir sur des bases solides.
Pour ce faire, ils se doivent impérativement, de résister aux sirènes attrayantes du népotisme et de la corruption.
Or, au bout de quelques mois seulement, on constate, et j’espère me tromper, qu’ils commencent à céder à ces sirènes.
Il n’est pas inutile de rappeler qu’il a fallu à Ben Ali et sa famille plusieurs années pour céder à ces sirènes et que les mêmes causes produisent généralement les mêmes effets.
Ce serait vraiment idiot de voir les dirigeants islamistes et du CPR trainer de nouveau devant les tribunaux, pour des histoires de népotisme, de corruption et de blanchiment d’argent.
Pour leurs électeurs, qui pensent avoir voté pour les représentants de Dieu, ce serait le comble du comble.

43 commentaires
on ne se trompe pas deux fois
canalou |24-05-2012 13:04
les tunisiens sont plus intelligents que les fanatiques pensent .ils ont voulu prendre la nahdha au mot pour mieux les juger . maintenant c est une autre paire de manche . demain est un autre jour
La je n'accuse personne sauf ton journalisme.
Tounsi |22-05-2012 13:00
Je suis d'accord pour dénoncer n'importe quelle dérive venant du gvt, d'un parti politique, d'une personnalité politique ou quiconque qui transgresse la loi. Par contre je suis vraiment étonné par une phrase en particulier '' Il n'est pas inutile de rappeler qu'il a fallu à Ben Ali et sa famille plusieurs années pour céder à ces sirènes '' tu crois ça ? La il y a deux possibilités ou bien tu es amnésique ou de mauvaise foi.
Monsieur, durant toutes ces années tu n'as jamais exercé ton boulot de journaliste, même quelques mois avant la révolution t'as sacré Sakher El Materi et Cyrine Ben Ali l'homme et la femme d'affaires de l'année 2010, pour toi ils étaient exceptionnels et hors du commun. Jusqu'à aujourd'hui tu n'ose pas écrire un mot sur les Mabrouk, n'ont plus a cause de la dictature politique mais a cause de la dictature de l'argent. Alors je le dit a haute voix le peuple tunisien n'oubliera jamais ces années même si certains ne veulent que ca et l'histoire s'écrira un jour ou l'autre avec toute la vérité rien que la vérité. Pour bâtir une société juste il faut commencer par corriger les erreurs du passé pour que plus personne ne fait ces mêmes erreurs sinon l'histoire se répète.

Réponse : nous ne disons pas mieux. Quant au sacre de l'homme de l'année, nous n'avons sacré personne, nous avons relayé un sondage.
censure
zied |22-05-2012 09:32
merci pour avoir censuré mon commentaire deux fois ,c'est la liberté d'expression à la BN

BN: Veuillez consulter nos règles de modération. Merci pour votre compréhension.
pourquoi censurer ?
Tounsi |21-05-2012 20:27
Comme toujours tu prône la liberté d'expression et la bonne parole mais quand ça dérange alors la censure est de mise. Monsieur l'ère de la propagande est fini avec AA.

Réponse BN: Votre commentaire comporte des accusations directes et indirectes. Merci pour votre compréhension.
Oui, mais attention. . .
Houssem |21-05-2012 17:46
Les mêmes causes produisent les mêmes effets c'est très vrai quand on pense à ce qu'on peut faire avec les mêmes journalistes, la réponse vient tout de suite dire, la même presse : qui hier sous Ben Ali était oppressante et détractrice aujourd'hui elle se teinte déformatrice et calomniatrice.. C'est pour cette raison d'ailleurs que cet article ressemble plus à un présage d'envouteur qu'à une analyse objective des évènements.. Il valse dans la confusion entre prémonitions et certitudes : certitudes que l'opposition ne fait pas de poids à la troika et que les prochaines élections sont perdues d'avance et prémonitions que ce genre d'article n'aura plus raison d'être devant les indices révélateurs de décollage économique et de reprise de croissance dans tous les secteurs, tourisme compris malgré les problèmes.. Comme il n'y a que les chaises qui comptent, pas seulement dans les démocraties mais aussi dans les calculs étroits des politicards, alors on pleurniche et on souhaite tout le mal au pays tant qu'il sera gouverné par ces gens là qu'on ne peut pas gober.. on reste patriotes quand-même..!!! n'est ce pas ???!!!
le tunisien inteligent ? LOL puissance 4
riadh |21-05-2012 15:17
celui qui utilise la religion pour faire de la politique est un imbecil et un criminel.
point final.
eux qui ne le comprennent pas encore se reveyeront dans la douleur.
rien d'autre a dire.
Il ne pouvait être autrement
cheguivara positif |21-05-2012 13:51
Un bon article; tout ce qui est dit est vrai. La troika a dépassé rapidement le rcd, elle est pressée. il faut ajouter que c'est la faute des partis d'opposition qui étaient des partis de vaniteux et d'opportunistes. Si l'on croit au titre, la suite des évènements suivra et l'histoire n'aura été que le témoins d'une répétition à l'identique. Pauvre peuple tunisien qui avait cru au progrès et au développement. D'ailleurs cela sera le cas de tous les pays arabes qui ont confondu révolution et soulèvement.
Troïka
Sony |21-05-2012 13:14
Vous parlez de dénigrement et de mensonges dans l'article, où les voyez vous ? Quand le sage montre la lune, vous regardez le doigt. Vous niez que votre bouchlaka était nommé sur la base de son lien de parenté ? Vous niez que le fils du vendeur de persil va créer sa propre télé alors que les diplômés chômeurs ne trouvent personne pour les financer ? Vous niez que marzouki a placé la fille de son copain à la présidence ou que le ministre de l'emploi à placé sa fille au ministère de la femme ? Qui c'est qui est en train de mentir, vous ou le journaliste ?
Ghannouchi est plus minable que Ben Ali
S.Citoyen |21-05-2012 13:09
ainsi que tous les membres de son parti .Tous assoiffés d'argent de positionnement dans la société .Ce sont des menteurs et ils ont utilisé la propagande à travers la religion et la religion est innocente de ces gens.Tous les tunisiens ont compris la ruse et le piège dans lequel ils sont tombés sauf qqs profiteurs ou stupides
BN, VOUS N'ETE PAS OBJECTIF
@BOUHLEL |21-05-2012 12:39
La règle « Les mêmes causes produisent les mêmes effets » s'applique sur la politique de BN. C'est-à-dire en maintenant la même stratégie de dénigrement, de déformation et de mensonge avant et après les élections de 23 octobre aura les mêmes conséquences aux prochaines élections et vous allez fêter, Inchallah, votre deuxième défaite.
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