Les dentistes se cassent les dents

Businessnews.com.tn | publié le 14/07/2017 15:59
Par Ikhlas Latif,

 

C’est un communiqué sans appel. C’est une décision qui tombe comme un couperet pour des centaines d’étudiants en médecine dentaire. Une décision qui aura des répercussions malheureuses sur l’avenir de plusieurs jeunes diplômés tunisiens. Un avenir incertain pour des personnes qui ont trimé, qui ont passé des années à travailler dur pour y arriver, dont les familles, pour certains, se sont saignées pour que leurs enfants décrochent le diplôme tant attendu.

 

Les médecins dentistes titulaires d’un diplôme étranger (même après avoir obtenu l’équivalence) et ceux qui ont été réorientés vers la Faculté de médecine dentaire de Monastir ne seront plus inscrits automatiquement au tableau de l’Ordre des médecins dentistes de Tunisie.

Le CNOMDT a par ailleurs décidé de n’inscrire, chaque année, au tableau de l’ordre que 15 médecins dentistes titulaires de diplômes étrangers et 100 dentistes diplômés de la Faculté de médecine dentaire de Monastir.

 

Quels sont les pays étrangers visés par cette mesure ? Pourquoi une telle décision aussi radicale ? Et quel sera le sort des jeunes diplômés tout bonnement lâchés et sommés, sans égard aucun, d’aller voir ailleurs ?

Pour ce qui est du premier point, rien, aucune indication ! Tous les pays étrangers sont mis dans le même sac. Que le diplôme ait été décerné par une université américaine, roumaine ou malgache, c’est du pareil au même. Si c’est pour contrer le travail de la commission d’équivalence, jugée trop laxiste par la profession, notamment concernant les diplômés de Roumanie ou autre, ce n’est pas précisé dans ce communiqué. Il est de notoriété que des jeunes tunisiens dont les scores ne leur permettent pas d’intégrer cette spécialité en Tunisie, choisissent, à leurs frais, de suivre un cursus dans ces pays, disons « plus souples » moyennant finances. La valeur de ces diplômes a été longtemps décriée, mais la commission d’équivalence, rattachée au ministère de l’Enseignement supérieur, a continué à attribuer ce document nécessaire à l’exercice de la profession.

L’Ordre des médecins dentistes décide donc de frapper fort et sans plus attendre annonce aux parents que si leur progéniture envisage d’aller étudier à l’étranger, elle ne pourra plus travailler en Tunisie. Dans la foulée, l’ordre se retire de la commission chargée de l’octroi de l’équivalence, l’accusant de l’accorder à tous les diplômés sans tenir compte de son avis et de la non-satisfaction des conditions requises.

 

Situation inextricable pour les étudiants qui se retrouvent pris au piège de tout un système défaillant. En otage d’un bras de fer qui s’est engagé depuis des années entre l’ordre, le syndicat des médecins dentistes de libre pratique et le département de l’Enseignement supérieur. Ces organes ont demandé à ce que le nombre d’étudiants orientés, chaque année, vers la faculté de médecine dentaire ne dépasse pas 120 étudiants et une révision à la baisse du nombre des équivalences accordées aux diplômés des universités étrangères. Ce qui selon eux n’a pas été respecté.

 

Le CNOMDT a ses raisons. Des raisons qui tiennent la route dans l’absolu. Il justifie cette décision par la détérioration de la situation du secteur à cause du grand nombre d’étudiants inscrits en Tunisie et à l’étranger. Une situation qui a irrémédiablement un impact direct sur la qualité de la formation et sur la hausse du chômage des médecins dentistes. C’est les chiffres font mal : en 2016, près de 160 médecins dentistes ont dû fermer leurs cabinets et 950 autres se trouvent au chômage.

Pour l’Amicale nationale des internes et résidents en médecine dentaire, ces mesures, au contraire, ne constitueraient aucunement une solution au problème de chômage qui touche la profession depuis des années, mais l’aggraverait.

 

Dans tout cela, les seules victimes sont les centaines d’étudiant qui se retrouvent confrontés à un avenir plus qu’incertain. Victimes d’un secteur de l’enseignement supérieur dans l’impasse, victimes d’une machine qui s’est grippée depuis belle lurette, une machine à fabriquer des diplômés chômeurs. Repenser le système de fond en comble et en toute urgence est la seule solution.

Les dentistes se cassent les dents

Par Ikhlas Latif, publié le 14/07/2017 15:59

 

C’est un communiqué sans appel. C’est une décision qui tombe comme un couperet pour des centaines d’étudiants en médecine dentaire. Une décision qui aura des répercussions malheureuses sur l’avenir de plusieurs jeunes diplômés tunisiens. Un avenir incertain pour des personnes qui ont trimé, qui ont passé des années à travailler dur pour y arriver, dont les familles, pour certains, se sont saignées pour que leurs enfants décrochent le diplôme tant attendu.

 

Les médecins dentistes titulaires d’un diplôme étranger (même après avoir obtenu l’équivalence) et ceux qui ont été réorientés vers la Faculté de médecine dentaire de Monastir ne seront plus inscrits automatiquement au tableau de l’Ordre des médecins dentistes de Tunisie.

Le CNOMDT a par ailleurs décidé de n’inscrire, chaque année, au tableau de l’ordre que 15 médecins dentistes titulaires de diplômes étrangers et 100 dentistes diplômés de la Faculté de médecine dentaire de Monastir.

 

Quels sont les pays étrangers visés par cette mesure ? Pourquoi une telle décision aussi radicale ? Et quel sera le sort des jeunes diplômés tout bonnement lâchés et sommés, sans égard aucun, d’aller voir ailleurs ?

Pour ce qui est du premier point, rien, aucune indication ! Tous les pays étrangers sont mis dans le même sac. Que le diplôme ait été décerné par une université américaine, roumaine ou malgache, c’est du pareil au même. Si c’est pour contrer le travail de la commission d’équivalence, jugée trop laxiste par la profession, notamment concernant les diplômés de Roumanie ou autre, ce n’est pas précisé dans ce communiqué. Il est de notoriété que des jeunes tunisiens dont les scores ne leur permettent pas d’intégrer cette spécialité en Tunisie, choisissent, à leurs frais, de suivre un cursus dans ces pays, disons « plus souples » moyennant finances. La valeur de ces diplômes a été longtemps décriée, mais la commission d’équivalence, rattachée au ministère de l’Enseignement supérieur, a continué à attribuer ce document nécessaire à l’exercice de la profession.

L’Ordre des médecins dentistes décide donc de frapper fort et sans plus attendre annonce aux parents que si leur progéniture envisage d’aller étudier à l’étranger, elle ne pourra plus travailler en Tunisie. Dans la foulée, l’ordre se retire de la commission chargée de l’octroi de l’équivalence, l’accusant de l’accorder à tous les diplômés sans tenir compte de son avis et de la non-satisfaction des conditions requises.

 

Situation inextricable pour les étudiants qui se retrouvent pris au piège de tout un système défaillant. En otage d’un bras de fer qui s’est engagé depuis des années entre l’ordre, le syndicat des médecins dentistes de libre pratique et le département de l’Enseignement supérieur. Ces organes ont demandé à ce que le nombre d’étudiants orientés, chaque année, vers la faculté de médecine dentaire ne dépasse pas 120 étudiants et une révision à la baisse du nombre des équivalences accordées aux diplômés des universités étrangères. Ce qui selon eux n’a pas été respecté.

 

Le CNOMDT a ses raisons. Des raisons qui tiennent la route dans l’absolu. Il justifie cette décision par la détérioration de la situation du secteur à cause du grand nombre d’étudiants inscrits en Tunisie et à l’étranger. Une situation qui a irrémédiablement un impact direct sur la qualité de la formation et sur la hausse du chômage des médecins dentistes. C’est les chiffres font mal : en 2016, près de 160 médecins dentistes ont dû fermer leurs cabinets et 950 autres se trouvent au chômage.

Pour l’Amicale nationale des internes et résidents en médecine dentaire, ces mesures, au contraire, ne constitueraient aucunement une solution au problème de chômage qui touche la profession depuis des années, mais l’aggraverait.

 

Dans tout cela, les seules victimes sont les centaines d’étudiant qui se retrouvent confrontés à un avenir plus qu’incertain. Victimes d’un secteur de l’enseignement supérieur dans l’impasse, victimes d’une machine qui s’est grippée depuis belle lurette, une machine à fabriquer des diplômés chômeurs. Repenser le système de fond en comble et en toute urgence est la seule solution.

Commentaires (13) Commenter
Et pourquoi pas un ordre des 3attara ?
el manchou
| 19-07-2017 17:04
Les épiciers pourraient aussi créer un "ordre des 3attara" et exiger qu'il y ait au maximum 5 3attaras pour 1000 habitants et le gel des ouvertures de nouvelles 3otreyya.

Cet ordre veut juste protéger les enfants de dentiste pour qu'ils puissent hériter du cabinet de papa.

... LA COMMISSION D'EQUIVALENCE A T-ELLE ETE DEBOUSSOLEE PAR LE FRIC ? ...
URMAX
| 19-07-2017 14:06
...
Le chef du gouvernement est en train de mener une guerre contre la corruption. C'est bien.
...
Dans les secteurs de [l'attribution de diplômes] il y a aussi - souvent - une forme de corruption ...
...
Secteur à nettoyer au karcher + javel !
...
URMAX
Récompense
Hermès
| 17-07-2017 23:09
Un dentiste à son patient, si vous m'enverrez d'avantage de patients vous serez récompensé. Sur chaque patient je vous arracherai un dent gratuitement!!!!!?
Facultés privées
Bachabiche
| 16-07-2017 09:03
arretons cette mascarade de diplome roumain ucranien russe ce sont des facultes priv'es qui vendent des diplomes a des tunisiens ais's . Je ne sais pas comment la tunisie autorise ces gens la a exercer . C est un crime contre la sant' du citoyen - au canada et en europe si tu n as pas un diplome national de medcine tu ne peux pas exercer
historique
hassib
| 15-07-2017 16:37
Des decisions historiques et capitales pour la profession de c dentiste .Car à situation exceptionnelle ,des mesures exceptionnelle ,notre profession est en danger et nous avons un conseil de l'ordre elu pour nous SERVIR et nous PROTEGER ,ces decisons seront une bouee de sauvetage pour les dentistes que nous sommes ,je dirais meme que celà arrive tres en retard ,mais mieux que jamais ,des amis a moi vendeurs de materiel dentaire entrent en guerre contre notre conseil ,200 dentistes en moins chaque annee ,c'est 200 fauteuils en moins ,c'est des milliards en manque à gagner sans compter les produits consommables ,par milliards egalement ,l'enjeu est enorme voyez vous ? ,bravo le conseil de l'ordre vous etes notre fierté .
les normes et puis le potentiel ?
hakim
| 15-07-2017 15:33
Primo il fallait que l'Ordre donne les ratios internationaux( nbre de dentistes par 1000 hab) dans les pays connus par une politique dure comme les dents en la matière.Puis nous dire combien de fois au min chaque catégorie d'age doit voir le médecin dentaire?
Et puis se poser les vraies questions dont pourqoui on ne prend pas assez soin de nos dents?
Et de là à la limite juste sensibiliser les parents et les élèves sur le niveau de leur mise sur cette branche....
Qu'ils restent en europe
Crow
| 15-07-2017 13:21
Avec la pénurie de dentistes ils pourront toujours excercer en Europe..n'oublions pas que le diplôme roumain est reconnu dans toute l'UE (pas besoin d'équivalence)
appliquer la loi
aliocha
| 14-07-2017 23:24
tout dentiste ayant obtenue le diplôme tunisien ou un diplôme équivalent a droit de s'inscrire à l'ordre, il n'y a pas de numerus clausus! Si les diplomés de l'étranger sont incompétents ils subiront la loi du marché, toutes les professions (médecins, ingénieurs, architectes,..) connaissent le chômage et ce n'est pas en limitant les inscriptions sur je ne sais quel critère qu'on va résoudre le problème, je ne connais pas un seul professionnel compétent qui chôme! il faut qu'on revienne à la culture de l'excellence!
@El GHOUL| 14-07-2017 16:25
kameleon78
| 14-07-2017 21:27
Les français vont dans les pays de l'EST, plus précisément en Hongrie qui vous font des couronnes pas chères du tout, c'est pour les prix compétitifs que les français s'y redent dans ces pays là et non pour la qualité des soins.
Plus de diplômes achetés!
medeve
| 14-07-2017 18:42
les diplômes obtenus moyennant finances sont faciles et sont à proscrire! Il n'y'a que les diplômes d'Etat qui doivent être reconnus!
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