Leila Chettaoui, une personne gênante en moins

Businessnews.com.tn | publié le 19/05/2017 18:00
Par Ikhlas Latif,

Leila Chettaoui est désormais évincée de la commission d’enquête sur les réseaux d’embrigadement et d’envoi de jeunes dans les zones de conflit. Surprise ? Ce n’en est pas une. Tous ceux qui suivent un tant soit peu ce qui se passe sur la scène politique tunisienne s’y attendaient. Ce n’était qu’une question de temps avant que la députée, engagée et déterminée à lever le voile sur cette sombre période post-révolution, ne se retrouve sur le banc de touche.

 

Officiellement, le limogeage de la désormais ex-présidente de la commission intervient pour répondre à des règles strictement procédurales, puisque l’adhésion de l’élue à Nidaa Tounes, puis à la commission de législation générale de l’Assemblée, a été gelée. Les présidents des commissions, devant être désignés proportionnellement au poids du parti qu’ils représentent. Chettaoui écartée de Nidaa, ne pouvait plus être maintenue à la tête de cette commission, à la mission ô combien sensible. C’est le chef du bloc parlementaire de Nidaa Tounes, Sofiene Toubel qui a adressé une demande écrite au bureau du parlement afin de la démettre de ses fonctions.

 

Nouveau coup dur donc pour Leila Chettaoui, mais aussi une éviction qui est tombée comme un véritable coup de massue pour ceux qui espéraient que la vérité soit révélée au grand jour. Ne vous y méprenez pas, la députée était sur un siège éjectable. L’affaire des enregistrements fuités de Nidaa, dont elle a été accusée, n’a fait que préparer le terrain.

Seulement, les preuves retenues contre Leila Chettaoui étaient pour le moins minces, pour ne pas dire inexistantes. En dépit de ses innombrables démentis et de la solidarité affichée à son égard par des personnalités du parti ou qui en sont proches, rien n’y fit. Elle était la coupable idéale…

 

C’est que la présidence de cette commission n’était pas « garantie ». Les desseins de Chettaoui de dénoncer ceux qui sont derrière l’embrigadement de milliers de jeunes tunisiens, de démasquer les réseaux d’enrôlement, de mettre à nu les bailleurs de fonds de cette macabre entreprise, n’ont pas plu à tout le monde. Sa détermination à mener jusqu’au bout sa mission, sans céder aux pressions et aux connivences politiques, a dérangé la quiétude de plus d’un. Les ennemis d’hier, amis du moment de Nidaa, n’étaient pas spécialement emballés par les travaux de la commission d’enquête. Il fallait au plus vite faire en sorte de noyer le poisson. Il fallait coûte que coûte enterrer une bonne fois le dossier nauséabond. Il fallait pour cela se débarrasser de Leila Chettaoui.

 

Pour cause, les investigations ont commencé à porter leurs fruits et des éclaircissements édifiants quant au déroulement des événements sous le « règne » de la Troïka. Récemment, la députée a fait de nouvelles révélations pour le moins intéressantes. L’opinion publique en a été informée, au grand dam des concernés. Leila Chettaoui affirmait, début mai, qu’elle détenait de nouvelles preuves et qu’elle allait les soumettre à la justice. Il fallait l’en empêcher ! On apprenait, entre autre, que le mufti de l’organisation terroriste Daech a circulé librement en Tunisie en 2012, sans être inquiété. Il a même pu prodiguer « une formation » à de jeunes tunisiens dans une mosquée pendant deux semaines. Suite à cela, ces jeunes ont pu transiter vers la Libye où ils ont été formés au combat. Encouragés à revenir en Tunisie pour mener la soi-disant guerre sainte, pour certains, d’autres ont rejoint la Syrie, afin de constituer une sorte d’« extrême droite de Daech ». Outre ces précieuses preuves, il s’avère que l’enquête menée par la députée a fait ressortir plusieurs noms. L’un d’eux est spécialement récurrent : celui du Libyen Abdelhakim Belhaj, ancien membre d’Al-Qaida, soupçonné d’entretenir des liens avec Ennahdha. Un pur hasard ? Permettez-moi d’en douter.

 

Leila Chettaoui, à la présidence de la commission d’enquête, était un obstacle, la personne gênante à écarter, la personne qui risquait de dévoiler plus qu’il n’en fallait. Avec le concours d’un Nidaa, qui s’autodétruit en lâchant ses dirigeants historiques, le but est atteint, l’étau s’est desserré.

Leila Chettaoui, une personne gênante en moins

Par Ikhlas Latif, publié le 19/05/2017 18:00

Leila Chettaoui est désormais évincée de la commission d’enquête sur les réseaux d’embrigadement et d’envoi de jeunes dans les zones de conflit. Surprise ? Ce n’en est pas une. Tous ceux qui suivent un tant soit peu ce qui se passe sur la scène politique tunisienne s’y attendaient. Ce n’était qu’une question de temps avant que la députée, engagée et déterminée à lever le voile sur cette sombre période post-révolution, ne se retrouve sur le banc de touche.

 

Officiellement, le limogeage de la désormais ex-présidente de la commission intervient pour répondre à des règles strictement procédurales, puisque l’adhésion de l’élue à Nidaa Tounes, puis à la commission de législation générale de l’Assemblée, a été gelée. Les présidents des commissions, devant être désignés proportionnellement au poids du parti qu’ils représentent. Chettaoui écartée de Nidaa, ne pouvait plus être maintenue à la tête de cette commission, à la mission ô combien sensible. C’est le chef du bloc parlementaire de Nidaa Tounes, Sofiene Toubel qui a adressé une demande écrite au bureau du parlement afin de la démettre de ses fonctions.

 

Nouveau coup dur donc pour Leila Chettaoui, mais aussi une éviction qui est tombée comme un véritable coup de massue pour ceux qui espéraient que la vérité soit révélée au grand jour. Ne vous y méprenez pas, la députée était sur un siège éjectable. L’affaire des enregistrements fuités de Nidaa, dont elle a été accusée, n’a fait que préparer le terrain.

Seulement, les preuves retenues contre Leila Chettaoui étaient pour le moins minces, pour ne pas dire inexistantes. En dépit de ses innombrables démentis et de la solidarité affichée à son égard par des personnalités du parti ou qui en sont proches, rien n’y fit. Elle était la coupable idéale…

 

C’est que la présidence de cette commission n’était pas « garantie ». Les desseins de Chettaoui de dénoncer ceux qui sont derrière l’embrigadement de milliers de jeunes tunisiens, de démasquer les réseaux d’enrôlement, de mettre à nu les bailleurs de fonds de cette macabre entreprise, n’ont pas plu à tout le monde. Sa détermination à mener jusqu’au bout sa mission, sans céder aux pressions et aux connivences politiques, a dérangé la quiétude de plus d’un. Les ennemis d’hier, amis du moment de Nidaa, n’étaient pas spécialement emballés par les travaux de la commission d’enquête. Il fallait au plus vite faire en sorte de noyer le poisson. Il fallait coûte que coûte enterrer une bonne fois le dossier nauséabond. Il fallait pour cela se débarrasser de Leila Chettaoui.

 

Pour cause, les investigations ont commencé à porter leurs fruits et des éclaircissements édifiants quant au déroulement des événements sous le « règne » de la Troïka. Récemment, la députée a fait de nouvelles révélations pour le moins intéressantes. L’opinion publique en a été informée, au grand dam des concernés. Leila Chettaoui affirmait, début mai, qu’elle détenait de nouvelles preuves et qu’elle allait les soumettre à la justice. Il fallait l’en empêcher ! On apprenait, entre autre, que le mufti de l’organisation terroriste Daech a circulé librement en Tunisie en 2012, sans être inquiété. Il a même pu prodiguer « une formation » à de jeunes tunisiens dans une mosquée pendant deux semaines. Suite à cela, ces jeunes ont pu transiter vers la Libye où ils ont été formés au combat. Encouragés à revenir en Tunisie pour mener la soi-disant guerre sainte, pour certains, d’autres ont rejoint la Syrie, afin de constituer une sorte d’« extrême droite de Daech ». Outre ces précieuses preuves, il s’avère que l’enquête menée par la députée a fait ressortir plusieurs noms. L’un d’eux est spécialement récurrent : celui du Libyen Abdelhakim Belhaj, ancien membre d’Al-Qaida, soupçonné d’entretenir des liens avec Ennahdha. Un pur hasard ? Permettez-moi d’en douter.

 

Leila Chettaoui, à la présidence de la commission d’enquête, était un obstacle, la personne gênante à écarter, la personne qui risquait de dévoiler plus qu’il n’en fallait. Avec le concours d’un Nidaa, qui s’autodétruit en lâchant ses dirigeants historiques, le but est atteint, l’étau s’est desserré.

Commentaires (14) Commenter
@ BCE
Najib
| 20-05-2017 21:29
Même s'ils tirent , vos soldats ne font plus peur aux " militants " d' Elkamour . Vous avez jouez votre dernière carte et ne parlez plus de prestige de l'Etat ! Les militaires payent les frais de l'incompétence des politiques .
@Moi| 20-05-2017 16:39
kameleon78
| 20-05-2017 18:31
Comment les jeunes pourraient-ils quitter le pays? On ne donne plus de visas, si vous voulez les envoyer vers Lampedusa, ils risquent leur vie donc ce sont eux les jeunes qui doivent prendre leur destin en mains et changer les choses dans le pays sinon cela ne se fera pas tout seul.
Et on demande aux jeunes de ne pas quitter le pays !
Moi
| 20-05-2017 16:39
Avec toutes ces magouilles qui puent la "charogne", l'avenir du pays est plus que ténébreux !....Je fais un appel aux jeunes de ce pays : "tous ceux qui sont capables de trouver un bon avenir à l'étranger, quitter ce pays pour vous préserver d'une volonté certaine, des politiciens actuels, de vous réserver une vie et un climat des plus médiocres et des plus malsains !"... Vous reviendriez lorsque tous ces charognards auraient trouvé le sort qu'il méritent .
apparence trompeuse
gold27
| 20-05-2017 09:45
cet article ne reflete pas la verite est ce que vous connaissez cette arriviste de nidaa ses competences ces connaissances NON donc nous avons des femmes et des hommes honnetes qui peuvent la remplacer pleinement pour continuer a faire leur devoir ca suffit svp
derive
afour
| 20-05-2017 09:05
Nidaa va a la derive totale et a une vitesse vertigineuse par la maladresse de ses dirigeants incompetents et ignorants je vous laisse le soin deles deviner
NIDA ou l'autodestruction
Givago
| 20-05-2017 06:18
Rare sont ceux qui ont gobé cette farce qu'ils nous ont présenté pour soit disant savoir les tenants et les aboutissants de ce maelstrum,et peux de gents ignore cette verité, ce qui manque c'est des preuves tangibles pour mettre chacun devant ses responsabilités.et avec ce machin qu'est devenu NIDA et son sosie ennahdha c'est mal parti.rendez vous en 2019 aux législatives pour effacer à jamais ces deux noms de nos mémoires qui te à voter pour le diable.
Leila Chettaoui comme Icare
kameleon78
| 19-05-2017 22:57
"Quand vous voulez vous débarrasser de votre chien, vous dites qu'il a la rage." Leila Chettaoui devenait gênante, elle fourrait son nez là où il ne fallait pas au risque de détruire la sacro-sainte alliance Nidaa-Nahda, voilà la clé de son éviction. Comme Icare, Leila Chettaoui s'est trop approchée du Soleil (la Vérité), elle s'est brûlée les ailes.
Naufrage...
Sadok Kenani
| 19-05-2017 21:49
Soyons lucides qui de nous autres,aura un jour accordé un quelconque crédit á ces Commissions bidon,qu'on se presse à enterrer une fois mises sur pied...les Tunisiens n'avaient pas besoin de ce "Machin" pour être édifiés depuis 2012 sur l'implication directe de nos Frères Musulmans,appuyés par le Provisoire" de l'époque et le silence complice de Mustapha Ben Jaafar,dans l'embrigadement et l'expédition de jeunes Tunisiens dans l'Enfer Syrien et Irakien...Leila Chattaoui,savait très bien á quoi elle devait s'attendre..elle y a cru comme nous tous,sauf qu'elle n'a pas su évaluer à sa juste valeur,l'état de délabrement de "Feu" Nida Tounes tenu par un Cancre lui-même otage d'une Mafia qui sera pour beaucoup dans un éventuel soulèvement qui risque de n'épargner personne cette fois-ci....
Nidaa est la deuxième face laide d'Ennahdha.
Mohamed B Béchir
| 19-05-2017 20:51
Deux partis_Ennanhdha et Nidaa_ se sont bien avérés les ennemis de la Tunisie. Tous les deux sont des partis de traîtres. Il faut dénoncer Sofien Toubel qui est chargé de saboter l'effort de dévoiler les responsables des réseaux de recrutement et de formation des jeunes aux actions terroristes...
S'il est vrai qu'investir en Tunisie est devenu dangereux
Jilani
| 19-05-2017 19:28
S'il riahi avait raison quand il ne voulait pas investir dans un pays bananier et meme dangereux. Déjà cette année on nous a squatt avec les 7.5% pour payer des salaires des fonctionnaires nahdhouis qui ne font rien. Plus confiance dans ces partis et gouvernement.
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