La politique tunisienne ne manque ni de chefs, ni ''d’initiatives''. Elle manque d’idées…

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Par Samy Ghorbal


Incarner l’homme providentiel, à 86 ans bien sonnés ? Il fallait le faire, et Béji Caïd Essebsi l’a fait ! Rien que pour cette raison, sa performance politique mérite d’être saluée. Le plus talentueux disciple de Bourguiba est en passe de réussir son pari : structurer, autour de sa personne, le rassemblement le plus large et le plus inclusif possible, faire cohabiter, à l’intérieur d’une même mouvance, ex-communistes, RCD-istes repentis et centristes déboussolés. Et entretenir l’espoir d’une alternative crédible à Ennahdha.
Comme à son habitude, BCE a endossé les habits de « Grand-père de la Nation » venu sauver le pays du naufrage. Et comme à son habitude, BCE a su se montrer, à la fois, drôle et grave, caustique et persuasif.
Sur la forme, rien à dire : sa prestation a été convaincante. Mais sur le fond ? Que faut-il retenir de son discours, au-delà des sempiternels appels à l’union, au rassemblement et à la défense des sacro-saints acquis républicains ? Pas grand-chose : toujours le même sentiment d’une parole politique terriblement convenue, terriblement creuse et inconsistante…
La politique tunisienne manque cruellement d’idées. Le constat vaut malheureusement pour l’ensemble des leaders du pays, plus prompts à prendre des postures qu’à apporter ne serait-ce que des ébauches de solutions. Il doit nous interpeller. Et il ne faut peut-être pas chercher ailleurs les raisons de l’abstention massive enregistrée lors des élections du 23 octobre. Le scénario pourrait se reproduire et s’amplifier lors des prochaines consultations...

Le plus inquiétant dans cette affaire est le sentiment que nous n’avons pas progressé d’un iota depuis 8 mois. Ennahdha et ses alliés convoquent régulièrement les fantômes du passé et les fantasmes du sacré pour cristalliser le débat public. L’opposition tente comme elle peut de les contrer. Mais on serait bien en peine de citer une seule idée nouvelle, une seule proposition opérationnelle ayant réellement émergé des discussions à la Constituante, dans quelque domaine que ce soit.
La campagne électorale avait donné un avant-goût : la prolifération des partis et des listes n’avait pas permis de masquer la grande faiblesse programmatique de la plupart des grandes écuries politiques. Le fait, à l’époque, n’avait pas vraiment retenu l’attention. Car chacun comprenait confusément que les partis, désorganisés par la dictature et surpris par la Révolution, avaient d’autres priorités que ficeler un programme : se structurer, gérer l’afflux des militants, collecter des fonds, investir des candidats et quadriller le terrain. Ils ont préféré capitaliser sur le parcours et l’image de leurs leaders.
On pensait, on espérait, que la Constituante allait ouvrir une nouvelle séquence de réflexion et de débats. La nature de l’Assemblée devait s’y prêter. C’est exactement l’inverse qui s’est produit. Le débat politique s’est enfoncé dans une médiocrité vertigineuse, alors que le pays est pratiquement à l’arrêt. Déchiré par les inégalités sociales et territoriales, ravagé par le chômage de masse, son modèle économique est obsolète. L’université s’est transformée en usine à fabriquer des chômeurs et de la frustration. L’administration et les services publics, incapables de se réformer, restent d’une inefficacité préoccupante. Confrontée à d’immenses défis, en raison de l’évolution de la courbe de la démographie, l’architecture de notre système de santé et de protection sociale est entièrement à repenser.
La Révolution de la liberté et de la dignité était censée accoucher d’un nouveau contrat politique et social. Nous sommes très, très loin du compte. Les partis de la troïka paraissent incapables de prendre la mesure des défis et des urgences. Ils ont confisqué la thématique de la rupture, qu’ils brandissent comme un paratonnerre, mais n’ont pas voulu ou pas réussi à lui insuffler un contenu positif. Leur seule obsession semble être de défaire et de déconstruire. Ils se comportent en liquidateurs. Les partis modernistes se veulent plus pragmatiques. Mais ils le sont trop. Engoncés dans un discours terriblement prosaïque, aux accents technocratiques, ils ont jusqu’à présent échoué à donner un contenu actualisé à l’idée de modernité tunisienne. Et n’ont guère de solutions percutantes et audibles à proposer.
Ainsi, par exemple, la question de la fiscalité n’est jamais abordée, par personne. Il s’agit pourtant du levier essentiel de toute politique économique. De l’instrument par excellence de la solidarité, de la redistribution, de la correction des inégalités ou de l’incitation économique. Les orientations données au système fiscal reflètent et traduisent des choix politiques. Aux Etats-Unis, en Angleterre, en France, le débat politique s’organise d’abord, de manière presque caricaturale, autour de la fiscalité. En Tunisie, non.

Notre débat public brille par son indigence et sa platitude.
Comment l’expliquer ?
L’écriture engendre la réflexion et donne de la substance et de l’épaisseur, cette substance qui manque cruellement à notre débat politique.
Winston Churchill, qui fut l’un des plus grands dirigeants du XXème siècle, est aussi un lauréat du prix Nobel de littérature (en 1953). Barack Obama a lancé sa candidature en signant Dreams from My Father, qui a connu un retentissant succès de librairie, aux Etats-Unis et dans le monde. En France, l’écriture reste un rite de passage pour ceux qui se destinent aux plus hautes fonctions. Charles de Gaulle, avant de lancer son célèbre Appel du 18 juin, s’était fait connaître par ses écrits sur la stratégie militaire (Le Fil de l’Epée). Léon Blum et François Mitterrand étaient des écrivains accomplis. Plus près de nous, Philippe Séguin, qui a revisité la vie de Napoléon III, François Bayrou, qui a étudié celle d’Henri IV, et même Nicolas Sarkozy, qui a consacré un opuscule à Georges Mandel, se sont essayés au genre de la biographie historique.
Faut-il le rappeler ? C’est grâce à ses articles, virulents, incisifs et souvent prémonitoires que Bourguiba s’est affirmé comme l’étoile montante du nationalisme tunisien, à la fin des années 1920.
Aujourd’hui, nos hommes politiques sont volontiers prolixes en interviews. Mais la plupart écrivent peu. Combien de livres ? Combien d’articles ? Combien de tribunes dans les journaux ? On peut compter sur les doigts d’une main. Et, quand il leur arrive de prendre la plume, ils préfèrent se raconter au lieu de raconter. Les « mémoires » constituent en effet, de loin, le genre le plus prisé. Beaucoup d’anciens ministres de Bourguiba ont cédé à la tentation autobiographique. Béji Caïd Essebsi, bien entendu, mais aussi Mansour Moalla, Tahar Belkhodja, Chedli Klibi, Ahmed Ben Salah, Ahmed Mestiri, Mustapha Filali, ou feu Mohamed Mzali, pour ne citer que les plus illustres. Mohamed Sayah vient de signer un livre d’entretiens. Des œuvres qui ne sont pas dénuées d’intérêt, et qui constituent des témoignages irremplaçables pour l’historien. Mais qu’on ne saurait à proprement parler qualifier de livres politiques.
Seules deux personnalités contemporaines font exception, et sortent du lot. Elles comptent à leur actif plusieurs ouvrages de réflexion, dans des styles très différents et peuvent être créditées d’une pensée. Elles ont pour nom Moncef Marzouki et Rached Ghannouchi. On peut ne pas être d’accord avec leurs idées, avec les orientations qu’elles défendent. On est cependant obligés de reconnaître qu’aujourd’hui, ce sont elles qui dominent le paysage, politiquement et institutionnellement. Et ce n’est peut-être pas complètement le fruit du hasard…

31 commentaires
ProrataTemporis
En effet les idées manquent | 03-07-2012 15:47
Tout d'abord bravo pour cette analyse, fort pertinente.

En effet, ce qui manque au pays, ce sont les idées. Et pourtant, il n'est pas difficile d'en avoir. Et même des idées peu chères. La fiscalité est un levier puissant, mais aussi l'efficacité des institutions : combien de dépenses inutiles, combien de projets sur-coûteux parce que mal gérés ? Regardez autour de vous et vous verrez qu'on peut épargner beaucoup de sous rien qu'en faisant les choses autrement. Regardez, vous avez les moyens de le constater.

Quant à l'homme providentiel ... gare à celui qui se le veut. L'homme providentiel est un personnage fantasmé. Durant l'histoire, il y en a de très rares et rarement à la hauteur. Du reste, ceux qui le prétendent ou bien vendent sournoisement cette image sont décevants et dangereux. Plus grave encore, espérer un homme providentiel, c'est l'aveu d'une totale défiance du Tunisien envers le Tunisien ; c'est admettre que l'on est incapables, chacun, par soi et par devers soi, de sentir capable d'avoir un impact sur le monde. L'espérance en un homme providentiel est une manifestation de sa propre castration.

C'est pourquoi je ne peux que remercier l'auteur de cette chronique parce qu'il a flairé la bonne piste à suivre pour nous sortir de cette misère politique.

Un voyage de mille lieues commence par un seul pas. Vous venez de franchir ce dernier.
tounesnalbaya
Article de M. Samy Ghorbal | 01-07-2012 10:09
Merci et Bravo Monsieur Samy Ghorbal vous avez vu juste, je pense comme vous que seul B.C.E. pourra sauver la Tunisie du désastre causé par les frères.
Rifal
plutôt trop d'idées et peu de bonne stratégie | 20-06-2012 13:42
Il y a trop d'idées circulantes et de toutes les couleurs à la limite de la confusion. Il leur faut fixer les priorités, puis les stratégies et enfin la bonne communication. De l'ordre dans les idées SVP
je dis la vérité
Le bonheur des Tunisiens par l'IDH.... | 20-06-2012 13:27
De retour à mon bureau, je vous fournis quelques extraits que j'ai récolté sur l'IDH.
Bonne lecture, mais avec un crayon la main :


" La question de la qualité et du niveau de la vie est difficile à régler et il y a de nombreuses années que sociologues et économistes ont cherché à élaborer des indicateurs plus élaborés que le PIB (Produit Intérieur Brut), qui a montré ses limites. L'Indice du développement humain (IDH) fait partie de ces nouveaux indicateurs.

Que faut-il pour être heureux ?
Avoir de bons revenus ? Vivre là où on l'a choisi ? Avec qui on a choisi ? En vivant du travail que l'on a choisi ? En bonne santé ? Avoir des enfants ? Si l'on faisait un sondage, il y aurait peut être autant de réponse que d'individus vivant à la surface de la planète.

Aussi, les chercheurs qui ont constaté que la richesse d'un pays exprimée en dollars ne pouvait résumer le niveau de vie d'un pays, n'ont pas cherché à calculer le niveau de bonheur de chaque individu.

Deux d'entre, l'économiste indien Amartya Sen et l'économiste pakistanais Mahbub ul Haq, ont étudié de nombreux indicateurs objectifs dans leur recherche d'un meilleur indicateur que le PIB et en ont finalement retenu 4 qui rendent compte de trois critères:

le niveau de vie
le niveau d'éducation
l'espérance de vie
Rappelons que le PIB (Produit intérieur Brut) est un indicateur utilisé largement depuis les années 60 pour comparer la richesse produite en dollars de chaque pays. Si on voulait le résumé de façon caricacturale, voici comment on pourrait le résumer: on additionne le chiffre d'affaires réalisé par chaque entreprise, on effectue un calcul équivalent qui valorise les services fournis par les services publiques, on divise le tout par le nombre d'habitant et on obtient une richesse moyenne théorique par habitant de ce pays. Le chiffre d'affaires est converti en dollars afin de pouvoir comparer les PIB de tous les pays.
alcul de l'indicateur de Développement Humain
Voici la formule de calcul de l'IDH = (A+D+E)/3

A est l'indice de longévité

D est l'indice représentant le niveau d'éducation

E est l'indice représentant le niveau de vie

Détail de la formule de calcul de l'indice de développement humain
A = (EV- 25) / 60

Cet indice représente de façon proportionnelle l'espérance de vie moyenne du pays relativement à celle des autres pays. Il suffit de remplacer EV par l'espérance du vie étudié.

D = (2TA + TBS) / 3

Cet indice représente de façon proportionnelle l'espérance de vie moyenne du pays relativement à celle des autres pays.

TA est le taux brut d'alphabétisation. TBS est le taux brut de scolarisation.

E = (Log 10PIB - 2)/2,60206

PIB est le montant du PIB du pays en dollars. L'utilisation du logarithme permet de réduire le chiffre du PIB, beaucoup plus élevé que A et D, à une valeur inférieur à un...."










cheguivara positif
publicité gratuite | 20-06-2012 13:00
L'auteur de cet article, en apparence neutre voire objectif, commence par signaler l'absence d'idées chez notre classe politique pour conclure que seuls Mrs Marzouki, notre président provisoire, et Guannouchi , le président d'annahdha représentent les deux personnalités les plus en vue sur la scène politique et ce au vu de leurs écrits. D'abord je voudrais signaler que nous sommes dans un pays( c'est le cas de tous les pays arabes malheureusement) où il était interdit de penser, alors je vous laisse imaginer l'état de la liberté d'écrire et de laisser des traces. D'ailleurs ceci explique le fait que les deux auteurs cités ont fait leurs écrits alors qu'ils étaient en exil. D'autre part, l'affirmation selon laquelle il y a manque d'idées dans le débat politique est totalement fausse car quand les courant politiques ont une couleur religieuse de quel débat peut-on parler? Si on consulte les programmes des différents partis vous trouverez plein de questions sur l'enseignement, la santé, l'équilibre régional, la fiscalité( qui semble vous préoccuper). Pourquoi ces questions ne font pas débat? J'avoue que je n'ai pas de réponse même si j'ai des raisons pour penser qu'on ne veut pas en discuter pour l'instant. Les idées existent bel et bien , mais les écrits nous devons encore attendre car il n'est pas dis et les premiers signes sont plutôt négatifs, que les révolutions arabes débouchent sur la liberté de penser. Cet article fait partie d'une compagne électorale et devrait s'annoncer en tant que tel.
je dis la vérité
Et si les politiques s'intéressaient à notre IDH..... | 20-06-2012 11:46
La Tunisie était dans les années 50, un pays sous-developpé. La France coloniale, en dehors d'infrastructures, particulièrement sur le littoral, laissa le reste pays dans la désolation.
La population était restée pratiquement illétrée. Les autorités coloniales, ne s'intéressaient pas à l'instruction des petits Tunisiens.
Certains familles conservatrice ne voulaient pas envoyer leurs enfants dans les écoles du kofr. Pourtant ces écoles étaient laïques.
Les gouvernements successifs, dirigés par l'homme politique visionnaire, qu'était Bourguiba, s'attaquèrent au sous-développement, à la racine, en construisant massivement les écoles et les lycées.Pour précise, cette période s'étalait de 1957 aux environs des années 70. Cette génération, éduquée grâce à Bourguiba, rejoignait par vagues les universités dans les années 80.
Parmi les dirigeants d'Ennadha,beaucoup insultent la mémoire de Bourguiba. On crache dans la soupe quoi....Bref..

Retournons à l'IDH :

" L'ndice de développement humain (IDH) est un indice statistique moyen, créé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en 1990 pour évaluer le niveau de développement humain des pays du monde. L'IDH se fonde sur trois critères majeurs : l'espérance de vie, le niveau d'éducation et le niveau de vie."

" Il s'agit d'un indice composé qui mesure la qualité de vie moyenne de la population d'un pays. Théoriquement, l'indice va de 0 à 1. Il tient compte de trois dimensions du développement humain. D'abord, la possibilité d'avoir une vie longue et en santé en se fondant sur l'espérance de vie à la naissance. Ensuite, le niveau de scolarisation, évalué à partir du taux d'analphabétisme et de la fréquentation des différents niveaux du système scolaire. Enfin, le standard de vie, calculé à partir du Produit intérieur brut ...."
Pour ne pas être long, ceux qui s'intéressent à l'IDH, pourront trouver détails et formules sur le net.
Les politiques prennent en compte, pour affiner leurs programmes de trvail, de ces indices.

Un ministre, un député, de la majorité ou de l'opposition, vous parlent-ils de ces indices ?
Il y a même des IDH, par région.

Voici, les indices disponibles pour la Tunisie, à partir de 1980 à nos jours :

Données moyennes nationales

1980 0,45
1990 0,54
2000 0,63
2005 0,67
2009 0,69
2010 0,70
2011 ?

Ces indices peuvent être considérés, comme relatifs à un pays émergent.
Les indices des pays développés peuvent varier entre 0,8 et 0,97.

J'espère que ce commentaire, quoique succinct, faute de temps, vous rendra service, quand vous écouter les inepties des politiques.









Citoyen de Tunisie
Le constat y était depuis le début | 20-06-2012 10:28
Ce à quoi avait appelé Mr BCE puis l'UGTT et bien avant plusieurs opposants (sensés et insensés) reste la seule alternative possible pour sortir le pays des ténèbres.
On est tous conscient qu'un vide politique a été instauré depuis des décennies empêchant la montée d'idéologies ou de leadership. Heureusement que certaines figures sont encore en vie qui pourraient orientées, conseillées et soutenir la nouvelle vague politique, qui malgré toute la bonne volonté, est inexpérimentée et surtout afin de l'empêcher de prendre des décisions hâtives sans en estimer les conséquences.
La Tunisie a besoin de se soudée avec une constitution "en urgence" de compromis afin de huiler les rouages du pays, coincés depuis longtemps. Ceux qui veulent d'un régime parlementaire ne savent même pas à quoi cela ressemble, ceux qui veulent un régime présidentiel limité n'ont aucune idée de ce qui va en sortir car le peuple citoyen s'est habitué à suivre un leader ou un chef ou un bey et pour l'orienter vers un autre régime ne pourra se faire en appuyant sur une touche.
Un débat national, c'est ce dont a besoin le pays car l'UGTT craint pour ses membres qui risquent de se trouver au chômage, car les ancêtres BCE, Filali, Moalla, etc.. craignent que la Tunisie dont ils ont contribué du manière ou une autre à son essor, car les investisseurs craignent qu'un régime prochain les anéantissent, car les 0,001% craignent la montée d'une nouvelle dictature et car Ennahdha craint d'être déchue de ce gouvernement pour entrer dans les oubliettes. Ces craintes politiques finiront par s'avérer vrais si chaque tunisien ne consent à un débat national dans l'intérêt de la Tunisie. Puis on aura toute la vie pour exiger des augmentations, plus d'une épouse, la chariâa ou une chaîne XX.
On se doit d'être avant tout nationaliste car notre pays est en guerre contre la pauvreté et la famine et tous les logements ou voitures de fonctions ne résoudront rien.
Luig
Un article qui nous sort de la médiocrité habituelle ! | 20-06-2012 05:03
Je vous félicite pour cet article. Vous avez relevé quelques aspects critiques de la transition que notre pays connait actuellement et surtout le vide politique, économique et social, en somme l'absence d'une vision claire et originale qui répond aux aspirations des tunisiens et à leurs attentes. Il faut peut être admettre que la tache n'est guerre facile surtout que les points de référence qu'on retrouve au niveau de la civilisation occidentale qui mène le monde depuis plus de 2 siècles, commencent à connaitre des limites au niveau économique et social. La crise qui les a frappés depuis 2008 ne semble pas s'estomper malgré les interventions à coup de centaines de milliards, on s'achemine vers une "double dip recession" avec tout ce que cela porte comme conséquences pour les pays émergents. Le modèle occidental est en train d'être révisé par ses propres penseurs, et on se doit de repenser notre économie/social loin des clichés qu'on nous a inculqué jusqu'à présent ! la troika a adopté une loi de finance complémentaire, certes avec plus d'accent sur le social, mais fondamentalement "classique" avec une lourdeur fiscale exemplaire, un code d'investissement remodelé, qui tarde à voir le jour et dont on ne connait pas les détails, et cela 8 mois après la prise du pouvoir ! cette loi complémentaire ne reflète que les qualités et les limites de ses auteurs, et le résultat est là devant nous avec une reprise qui tarde, un chômage en accroissement, des sit-in presque partout, une économie fragile toujours dépendante d'un secteur touristique extrêmement vulnérable et d' une sous traitance pour le compte d'une europe titubante. Notre modèle doit être repensé de fond en comble, c'est la tache/le défi que doivent relever nos gouvernants actuels ou futurs !
ABOU TEMEM MAGHRAOUI
L 'AUDIT ................. | 19-06-2012 22:29
le politique prime l'économique et le social. Tant que la situation est ce qu'elle est sur le plan de l'organisation des partis ,des institution et de l'état aucun programme ne peut-être ni conçu ni réalisé Plus de 100 partis et autant de courants ,de sensibilités et d'idéologies.Dans un contexte général instable et sans sécurité,le pays a besoin d'être audité sur tous les plans(politique ,économique,social,sociologique,financier etc etc .)TROP DE LIBERTE TUE LA LIBERTE.C'est ce qui risque de nous arriver!!!!!!!!!!!
Abid M
Où sont vos quick wins Mr Jebali ? | 19-06-2012 19:11
OK sur le plan politique, qu'en est il du socioéconomique, l'axe déclencheur de la Révolution Tunisienne.
Nous avons tous appris à l'Université qu'un Repreneur d'Entreprise s'évertue à réaliser une série consistante de ''quick wins'' pendant une courte période (6 à 12 mois), en dehors de son plan de développement pluriannuel. C'est sur l'efficacité des actions rapides préconisées, à faibles coûts et à effets immédiats, qu'il va être apprécié par les actionnaires. Il en est de même pour chaque nouveau gouvernement. Dès la victoire de CDU en 2005, Merkel avait réussi à impressionner les Allemands par la transformation de ses essais pendant le 1er semestre. Hollande a mis les bouchées doubles depuis son investiture pour mieux convaincre et arracher à son parti une majorité absolue l'AN, objectif atteint. A présent, il s'évertue à mettre en place les actions rapides de son programme pour mettre au vert les clignotants rouges.
Quid de notre Gouvernement ? Qu'a-t-il fait de ses 6 mois sur le plan socioéconomique ?
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