La Tunisie glisse vers l’Etat théocratique sous la « dictature » de la majorité

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Par Chokri Yaïche, élu à l'ANC

Les données
- Aucune allusion au respect des lois et traités internationaux, message négatif non seulement pour la communauté internationale, mais également pour tout futur investisseur étranger qui se respecte.
- Les principes permanents de l’Islam ["thawâbit el Islam"] et leurs fins prennent le dessus sur les droits de l’Homme universels qui se laissent contrôler, également, par les spécificités culturelles du peuple tunisien : des contradictions figurant dans une même phrase qui anéantissent complètement le cadre universel des droits de l’Homme.
- Une nette contradiction entre les articles 1-2 ou l’Islam est considéré comme la religion de la société (article 1), l’Etat civil (article 2) et 136 où il est mentionné qu’il est strictement interdit de toucher à l’Islam comme religion de l’Etat.
- La liberté de conscience est complètement absente
- Aucune référence claire quant aux droits de la Femme
- Les mouvements réformistes « éclairés » ! Et où sont les autres ?!
- L’équilibre entre les pouvoirs cités au préambule vient en contradiction avec le contenu du chapitre relatif aux pouvoirs législatif et exécutif où le président élu est dépourvu de nombreuses fonctions lui permettant d’assurer cet équilibre.
- Avec ce projet de constitution, la Tunisie va être le 8ème pays (sur 135 recensés) dans le monde à fixer un âge maximal pour la candidature au poste de président de la République et ce après le Tchad, l’Ouganda, le Tadjikistan, la Mauritanie, la Guinée équatoriale, la Côte d’Ivoire et le Congo !

La lecture

L’analyse du projet de la constitution dans son ensemble dégage une large confusion, des contradictions qui pourraient laisser le législateur perplexe.
L’interprétation des principes immuables de l’Islam et leurs fins ouvrent la voie par exemple à l’abolition des lois sur l’avortement et de l’adoption ; les droits de la Femme et de l’enfant seraient sérieusement menacés.
D’un autre côté, insister sur la cohésion de la famille pourrait être probablement interprété comme un signe pour abandonner le droit du divorce dans une étape ultérieure.
Par ailleurs, le refus d’inscrire la liberté de conscience dans ce projet de constitution donnera le feu vert au législateur de recourir au commandement de la chariâa qui condamne l'apostat à la peine capitale.
Sur le plan concret, et à la lumière des lois s’inspirant de cette constitution qui pourront voir le jour, qu’est ce qu’un juge, par exemple, va mettre en considération pour lancer son verdict ? Est-ce l’Etat civil « article 2 » ou l’Etat théocratique (l’Islam est la religion de l’Etat « article 136 »?

Enfin, tout laisse à croire que le débat houleux, ces-jours-ci, sur la nature du régime politique n’est qu’une tactique du parti Ennahdha pour faire oublier le plus important et l’essentiel « des libertés bafouées et droits bafoués ».
Le parti Ennahdha va certainement faire des concessions pour la nature du régime…
Tout laisse à croire, aussi, que ces contradictions dans ce projet est volontaire pour affaiblir l’Etat à long terme, pour semer le doute et la panique et probablement pour abandonner progressivement la constitution qui va être inapplicable, car complexe et confuse et ouvre la possibilité pour recourir à d’autres lois appliquant directement la chariâa et donc l’installation définitive de l’Etat théocratique.
37 commentaires
@bintkef, vrai musulman et autres
Nebena |03-05-2013 17:29
Vous n'avez pas tout compris, non ça ne veut pas dire droit au mariage homosexuel, qui reste de l'appréciation de chaque pays (seuls 16 pays le permettent) idem pour la drogue. Quand aux relations sexuelles avant mariage, ouvrez les yeux, la virginité chirurgicale est ce qui marche le mieux dans tous les pays musulmans.
C'est aux tunisiens de la majorité khobziste
S.Citoyen |03-05-2013 12:10
de descendre dans la rue avec les militants pour
défendre leur liberté
Take the best from the west and leave the rest
bintkef |03-05-2013 10:32
Il faut être honnête et dire aux tunisiens que droits universels signifie aussi le droit au mariage homosexuel, droit au relations sexuelles hors mariage, le droit à toutes sectes de faire du prosélytisme en Tunisie...
il faut examiner les conventions internationales en matière de droits de l'homme avec un regard critique et ne prendre que ce qui apporte un plus à nos sociétés et correspond à notre culture , nos traditions et notre religion.
@Silverado Non Tintin chez les Islamistes
Astérix Le Gaullois (le géographique) |02-05-2013 23:54
N° hors série en cours avec de fortes chances qu'ils ne sera jamais vendu en Tunisie Islamique.
Avec une Constitution Chariaaaaatique,Dites ADIEU
Dr Ing EL HADJ KLOUF |02-05-2013 23:03
Au Milliards du FMI.
Adieu aux aides Européennes.
Adieu à l'Europe.
Adieu à la Démocratie.
Bonjour l'Autocratie.
Bonjour la Chariahahahahah.
Bonjour le Ghannouchistan.
Bonjour El Qaida.
Bonjour le Jihad.
Bonjour les Futurs Barbus de forces.
Bonjour les Futurs Cocus malgré EUX.
Au revoir à la Tunisie d'il y a 3000 ans.
Bonjour le Califat tant désiré par les chameliers du Golfe.
Droits universels et anti-islamiques !
Vrai musulman |02-05-2013 22:33
Ceux qui se gargarisent des pretendus droits "universels" de l homme devraint etre honnetes avec le peuple et lui dire que droits universels signifie aussi le droit au mariage homesexuel, la depenalisation de la consommation de la droge, et que le peuple doit a l avenir accepter tous les droits immorales et contraires aux valeurs islamiques que dicteront les occidentaux sans tenir compte de l opinion du peuple tunisien si ces droits pretendus universels sont mentionnés sans certaines reserves dans la prochaine constitution. .Si vou etes sur que le peuple est pour ces pretendus droits universels vous devriez exiger un referendum sur la nouvelle constitution. Vous ne le ferez pa evidemment parcque vous savez que votre score sera 0,000 des votes.
pourquoi maintenant ?
Lyne |02-05-2013 21:01
ça fait presque deux ans que vous êtes entrain de rédiger ce *** et vous nous dites maintenant qu'il ne garantie pas les libertés ou étiez vous quand il a été rédigé ? que faisiez vous ? pourquoi on a pas été alerté ? le malheur de la Tunisie vient de la troika mais aussi de l'opposition qui est très faible
Mezri Haddad , à 18 H sur France 24 en français
Tunisien |02-05-2013 17:18
pour évoquer les derniers événements survenus en Tunisie .
@BN
G&G |02-05-2013 17:15
Où est ma réponse à Tunisien et Nationaliste ?
De toutes les façons on s'y attendait.
lotfi |02-05-2013 17:11
Une constitution ce n'est pas un livre saint et on peut la changer comme on a changé certains articles dans la constitution de 1959.
Le probleme n'est pas là, mais dans la gouvernance du pays qui est mené délibérément au chaos par cette secte. Comme à dit ce monsieur, tout est flou et laisse la porte ouverte à d'autres changements menant vers une dictature théocratique. Si c'est le cas, un pays comme la tunisie, ne survivrait pas à cet état de fait. Elle se viderait de ses meilleurs cadres et de ses cerveaux qui iront chercher dans un autre pays le confort moral et spirituel dont ils ont besoin.
Ne demeureront dans le pays que les malotrus, les salafistes et les arriérés, qui aggraveront davantage la situtation et "somaliseront" ou" afghaniseront définitivement "ce pays.
Aussi et en conclusion, ennahdha a fait son temps, son bilan étant négatif, comme jébali l'a reconnu délibérément ou par tactique, et les rênes du pouvoir doivent êtres cédées à plus compétents qu'eux. Et le plus tôt c'est le mieux avant la déclaration d'une guerre civile qui s'annonce déjà à nos portes.
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