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L’historien Mohamed Tahar Mansouri n’est plus

L’historien Mohamed Tahar Mansouri n’est plus

 

Professeur à la Faculté des lettres, des arts et des humanités de la Mannouba à Tunis, Mohamed Tahar Mansouri, est né le 19 juin 1955. Après avoir été diplômé de l’université de Tunis, il obtient un doctorat en histoire médiévale de l’université de Toulouse et un doctorat en psychopédagogie.

 

Cet historien passionné par l’empire de Byzance, et auteur de plusieurs livres et publications scientifiques sur l’histoire médiévale, a été conférencier au sein de plusieurs universités françaises, italiennes, japonaises, grecque et chypriote.

 

Traducteur également, M. Tahar Mansouri, a remporté  le prix Cheikh Zayed du livre pour sa traduction “Iskan El Gharib fil alem el Moutawasti” hébergement de l’étranger dans le monde méditerranéen). Ce livre publié en 2013 a été choisi pour la pertinence de la traduction et la fidélité au texte original.

Cet éminent historien a été emporté par la maladie à l’âge de 61 ans, ses obsèques auront lieu demain vendredi 12 août à Rouhia, paix à son âme.

 

S.A

 

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Commentaires (9)

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L'étrangère
| 12-08-2016 08:03
La mort est une délivrance pour ceux qui contemplent ce monde avec consternation. Pr Mansouri, m'a fait presque aimer l'Histoire, discipline torturée, dénaturée et sabotée par le système éducatif tunisien. Sincères condoléances à sa famille.

salahtataouine
| 11-08-2016 15:06
Merci pour ce que vous avez ecrit
Vous avez fait aimer ce grand chercheur à des compatriotes qui sont "loins" de ce travail academique
Qu il repose en paix et que son travail ouvre la voie à d autres vocations
Un grand part toujours quand on a tous besoin de sa lumiere

Bouraoui Trabelsi
| 11-08-2016 13:03
L'adieu d'un grand universitaire
(3)
Il écrivait beaucoup, après chaque article terminé ou un livre achevé il démarra une nouvelle idée un nouveau projet et un autre chantier, et, pour écrire de nouveau, il avait besoin de l'énergie, malheureusement il l'a trouvé en la nicotine des cigarettes. Bref, il fumait beaucoup, il n'arrivait pas à construire une idée, à argumenter une hypothèse qu'en fumant. C'était le prix à payer.
A un moment donné il a cru qu'il n'a plus de place à jouer à l'université tunisienne, il voulait tester d'autres cieux et d'autres lieux, il a testé l'Arabie Saoudite et le Qatar, l'Arabie centrale et le Golfe persique, il était à la quête d'un byzantinisme arabe où il ne reste qu'un écho à l'occasion du voyage de la tribu de Quraysh en été vers al-Shâm, non loin de Gaza. Il cherchait à fonder une discipline, construite sur de nouvelles approches et de nouveaux outils, mais là aussi il se confrontait au mirage du Sahara et du pétrole. Sûrement il se sentait mal, lui qui est allé vers le Qatar, non pour l'argent, car il savait que c'est à 60 ans que l'universitaire commence à donner plus et donner plus pour son pays ; le pays qui l'a formé, le savoir devient alors chauvin, et c'est légitime.
Sûrement dans ce désespoir qu'il a choisi de mettre fin à son rôle. Que reste-il après la mort, une matière non animée ! Il ne reste que l'instant d'une idée, et Mohammad Tahar est une belle idée. Je terminerai par une citation de Khalil Gibran: «tu écris des chansons à la surface de l'eau, puis tu les effaces. Ainsi fait le poète quand il crée.
Bouraoui Trabelsi
Faculté des Lettres. La Manouba

Bouraoui Trabelsi
| 11-08-2016 13:03
L'adieu d'un grand universitaire
(2)
Le problème est que l'université n'est pas seulement un sanctuaire scientifique, elle a été déjà profanée par les tracas du quotidien et de tout ce qui est politique. L'universitaire n'avait pas beaucoup de choix, composer avec le système tout en espérant des jours meilleurs ou bien finir en martyr, victime d'un idéal. Mansouri a choisi de finir avec ces idéaux. Il s'est donné ainsi à la recherche scientifique refusant tout compromis, le diplôme est un parchemin sacré, plus sacré que l'Ecriture, l'étudiant n'a qu'un seul moyen pour l'obtenir, travailler ; l'encadrement est une responsabilité scientifique et culturelle ; le passage de grade est une responsabilité nationale.
Selon Mohammad Tahar, l'histoire en tant que discipline est le joyau des sciences humaines, l'histoire byzantine en est l'hyacinthe. Il a choisi de se fondre dans les travaux et les recherches pour fonder une spécialité au sein de la faculté de la Manouba, celle de l'histoire byzantine, mais aussi pour faire inculquer aux étudiants et aux chercheurs l'idée d'une histoire byzantine qui fait partie du patrimoine tunisien, un patrimoine de l'histoire humaine. Mohammad Tahar était byzantiniste de formation académique et byzantiniste de culture, il a su lire les sources arabes classiques dans l'habit d'un byzantin humaniste, et, il a découvert des choses et il a ouvert des pistes, il a fait découvrir l'Orient byzantin et le Maghreb byzantin aux étudiants et aux chercheurs. Il est allé sur le terrain, à Chypre, à Ankara' Il a fait le voyage dans les campagnes et les villes byzantines. Il s'est naturalisé helléniste, il était le Photios et le Théophane tunisien.
Mohammad Tahar Mansouri était l'académicien qui osait, il ne croyait pas aux frontières et les âges : une histoire cloisonnée entre préhistoire, antiquité, Moyen âge, Moderne ou Contemporain, pour lui l'histoire est un espace où les chantiers archéologiques ne peuvent être féodalisés. En 1994 il a mené des fouilles à Gariit 'Bikir, non loin de la ville de Korba, j'y étais et je l'ai vu en l'habit d'archéologue passionné.

Bouraoui Trabelsi
| 11-08-2016 13:02
L'adieu d'un grand universitaire
(1)
En ouvrant mon Webmail, je vois un message de la part de mon ami et collègue Habib Khazdaghli, l'objet : « Décès de notre Med Tahar Masouri ». À peine lu l'objet que je suis resté, pour quelques brefs instants, figer tout en refusant de lire le contenu. Il est vrai, que tout le monde savait qu'il souffrait d'une maladie vilaine, nos espérances, cependant, refusaient de prévoir le pire. Durant ces brefs instants, les mauvais souvenirs s'inhument et les bons souvenirs s'exhument.
Mes relations avec Mohammad Tahar étaient certes tendues, mais comme on le dit dans le parler tunisien : « même les intestins se disputent entre eux ». Malgré cette tension, il y avait un grand respect entre nous deux. Il fallait lire le mail pour me rendre compte. Et, les bons souvenirs s'intensifient, mais cette fois-ci brouillés par une seule thématique : la mort.
La mort nous pousse à réfléchir de nouveau sur le sens de notre vie. En fait, chacun de nous a un rôle à jouer dans ce monde. La durée du rôle suit l'échelle des grandeurs. Cependant, on n'arrive jamais à connaître la grandeur qui nous est imposée. Nous ne pouvons pas, en effet, observer que ce qui est observable. Alors notre vie serait un instant quand elle se mesure à 10-n seconde et elle serait le temps-espace lui-même, quand elle se mesure à 10+n seconde. Chacun de nous a un rôle à jouer peu importe la mesure, et, Mohammad Tahar avait un rôle qu'il vient de jouer.
Loin de toute idée manichéenne, disant que chacun de nous cherche à faire du bien, Mohammad Tahar cherchait lui aussi à faire du bien. Je l'ai connu depuis la fin des années 80, et j'ai compris par la suite qu'il faisait du bien parce que c'est le Bien, il ne cherchait pas à être recomposé, c'était le « connait-toi toi-même ». Il faisait le bien à sa façon, et il n'y a, à vrai dire, que deux conceptions possibles. Celle du sophisme et qui stipule que puisque « l'homme est la mesure de toute chose » alors seul l'homme serait apte à construire le bien. Il y avait une deuxième conception qui croit en l'existence du Bien, un idéal qu'on ne peut l'atteindre que par le biais de la justice. Il faut être juste. Mohammad Tahar voyait l'université un lieu académique où le savoir est le seul Bien et pour y accéder il faut être juste, et pour être juste il faut travailler, le travail est le seul critère pour une hiérarchie académique. Et, c'était le drame de Mohammad Tahar Mansouri et la tragédie de toute une génération, pour ne pas dire de l'universitaire tunisien en général.

Le Vieux Magon
| 11-08-2016 12:02
Encore une perte pour les intellectuels tunisiens. Qu'il repose en paix. Il a entre autres écrit une intéressante histoire de Hammamet.
Correction: "éminent" et non "imminent". Et "ses" obsèques et non "ces".

B.N : Merci d'avoir attiré notre attention

l exile
| 11-08-2016 11:43
Notre cher et regrette Mohamed tahar Mansouri est decede a Doha. Arrivee du corps a l aeroport de Tunis Carthage prevu pour aujourd hui. Enterrement prevu pour demain a Rouhia. Je vous prie de verifier.

B.N : Merci d'avoir attiré notre attention

Mohamed 1
| 11-08-2016 11:42
Un grand monsieur nous quitte. Allah yarhmou.
J'ai apprécié particulièrement son livre "Du voile et du zunnâr" où il nous apprend beaucoup de choses avec leurs références. Entre autres il nous apprend que le prophète n'appréciait pas la couleur noire dans les habits et qu'il réservait cette couleur pour la 3amama et les sandales.
Alors que certains aujourd'hui poussent les femmes à adopter cette couleur dans leurs habits au titre de la... religion! La couleur que rejetait le prophète pour les habits...Ainsi va le monde musulman.

Mounir
| 11-08-2016 11:21
Toutes mes condoléances à la famille et a ceux qui l'ont connu!

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