L’enseignement secondaire mènera-t-il l’UGTT dans l’œil du cyclone ?

Businessnews.com.tn | publié le 19/03/2017 15:59
Par Sofiene Ben Hamida,

La décision du bureau exécutif de l’UGTT est claire et définitive : il n’y aura pas de suspension des cours dans les collèges et les lycées le 27 mars prochain. Sans être un mage ou une « deggaza », on peut assurer que cette décision, qui a pris de longues semaines à prendre forme, sera globalement et largement respectée, même si certains parmi les enseignants syndicalistes continueront à exprimer leur désapprobation de cette décision.

 

Dans son communiqué du 18 mars, le bureau exécutif de l’UGTT a annoncé qu’il est contre la suspension des cours à partir du 27 mars prochain, décidée par le syndicat de l’enseignement secondaire. Ce refus ne touche en rien la solidarité et le soutien du bureau exécutif aux revendications des enseignants du secondaire et de leurs syndicats. En effet, le communiqué réitère l’adhésion de la centrale syndicale à toutes les doléances des enseignants y compris leur réclamation concernant la nécessité du départ de l’actuel ministre de l’Education Néji Jelloul. En cela, la position du bureau exécutif n’a guère changé. Elle avait été exprimée à plusieurs reprises auparavant par le chargé de la communication au sein de la direction syndicale, Sami Tahri, et même par le secrétaire général Noureddine Taboubi lui-même.

 

Ce qui a motivé la décision de la direction de l’UGTT n’est pas donc l’exigence du départ du ministre de l’Education, qui constitue une revendication à connotation politique certes, mais qui n’est pas une « hérésie » typiquement tunisienne, puisque plusieurs syndicats dans plusieurs autres pays démocratiques ont , eux aussi, appelé à un moment ou un autre, au départ d’un ministre pour des raisons syndicales, sans que leur revendication ne soit taxée de déviance ou de politisation de l’action syndicale. Le refus du bureau exécutif de valider la décision du syndicat général de l’enseignement s’explique par des contraintes auxquelles, la direction centrale du syndicat ne peut être que très attentive.

 

Sur un premier plan, le bureau exécutif, nouvellement élu, ne peut se permettre de donner des signes de faiblesse, de manque de poigne et de fermeté ce qui altérerait fortement son autorité et ouvrirait  la porte à des comportements frondeurs au nom d’une surenchère syndicale. Taboubi et ses nouveaux collègues de l’exécutif syndical savent qu’au-delà de la question des rapports entre le syndicat des enseignants et le ministère de l’Education, il y a la question du rapport de force interne entre les structures syndicales et le nouveau bureau exécutif, qui se doit d’être clarifiée au plus vite et d’une manière définitive. Le moment semble être opportun puisque le mandat syndical vient à peine d’être entamé.

 

Ensuite, les dirigeants syndicalistes ne peuvent qu’être attentifs à l’image du syndicat au sein de l’opinion publique. D’ailleurs, le communiqué du bureau exécutif mentionne clairement les tentatives multiples de diabolisation de l’action syndicale. Cette diabolisation concerne, sans discernement,  les gouvernements successifs, avant et après la révolution. A chaque fois qu’on prépare un projet antisocial, une campagne de dénigrement contre l’UGTT est organisée dans le but de faire pression sur les syndicats et les dépouiller de leurs prérogatives. La dernière réunion des signataires de l’accord de Carthage ne déroge pas à cette pratique puisqu’elle a proposé la constitution d’une nouvelle commission pour discuter la réforme de l’éducation, une réforme qui n’a rien de politique et qui ne doit être pensée que par les acteurs du secteur sans aucune interférence étrangère. Le bureau exécutif doit aussi prendre en compte le ras-le-bol des familles, leur détresse et leur incompréhension de voir les années scolaires se succéder dans le chaos et le stress pour eux et pour leurs enfants. Et c’est aussi pour cette raison qu’il a déclaré, sans ambages, qu’il est contre toute pratique syndicale qui prendrait les élèves en otage. Face aux multiples magouilles qui la visent, la direction syndicale se doit de soigner l’image du syndicat et d’éviter qu’on lui colle l’image d’un corporatisme exacerbé qui profite de la faiblesse de l’Etat.

 

Enfin, il faut reconnaitre que c’est la direction sydicale qui détient les informations les plus exhaustives sur la situation sociale, économique et politique dans le pays. Elle agit en ayant connaissance de tous les indicateurs endogènes, relatifs à la situation syndicale générale, mais aussi exogènes, en rapport avec la situation dans le pays. C’est d’ailleurs pour cette raison que les statuts de l’UGTT stipulent que les décisions des syndicats sectoriels ou régionaux doivent être validées par le bureau exécutif. Cela peut déplaire à certains syndicalistes trop impliqués dans la gestion de leurs dossiers, mais les choses finissent toujours par rentrer dans l’ordre dans une organisation qui a une longue tradition en matière d’unité et de solidarité syndicale.

 

A la suite de la signature de l’accord entre l’UGTT et l’UTICA portant sur les augmentations salariales dans le secteur privé, la centrale patronale a connu une tension avec sa fédération de textile qui ne pouvait prendre position que sur la base de la situation de son secteur, alors que la direction de l’UTICA prenait ses décision en fonction d’un équilibre, difficile à trouver, entre les différents paramètres qui entrent en compte dans la prise de ses décisions. Contrairement à la fédération de textile affiliée à l’UTICA, et conscient qu’il n’est pas dans l’intérêt des enseignants d’adopter une attitude frondeuse vis-à-vis de la direction syndicale, le secrétaire général de l’enseignement secondaire Lassâad Yaâcoubi, a déjà lancé un appel au calme et à la concertation syndicale interne. Serait-ce le retour à la raison ?

    

L’enseignement secondaire mènera-t-il l’UGTT dans l’œil du cyclone ?

Par Sofiene Ben Hamida, publié le 19/03/2017 15:59

La décision du bureau exécutif de l’UGTT est claire et définitive : il n’y aura pas de suspension des cours dans les collèges et les lycées le 27 mars prochain. Sans être un mage ou une « deggaza », on peut assurer que cette décision, qui a pris de longues semaines à prendre forme, sera globalement et largement respectée, même si certains parmi les enseignants syndicalistes continueront à exprimer leur désapprobation de cette décision.

 

Dans son communiqué du 18 mars, le bureau exécutif de l’UGTT a annoncé qu’il est contre la suspension des cours à partir du 27 mars prochain, décidée par le syndicat de l’enseignement secondaire. Ce refus ne touche en rien la solidarité et le soutien du bureau exécutif aux revendications des enseignants du secondaire et de leurs syndicats. En effet, le communiqué réitère l’adhésion de la centrale syndicale à toutes les doléances des enseignants y compris leur réclamation concernant la nécessité du départ de l’actuel ministre de l’Education Néji Jelloul. En cela, la position du bureau exécutif n’a guère changé. Elle avait été exprimée à plusieurs reprises auparavant par le chargé de la communication au sein de la direction syndicale, Sami Tahri, et même par le secrétaire général Noureddine Taboubi lui-même.

 

Ce qui a motivé la décision de la direction de l’UGTT n’est pas donc l’exigence du départ du ministre de l’Education, qui constitue une revendication à connotation politique certes, mais qui n’est pas une « hérésie » typiquement tunisienne, puisque plusieurs syndicats dans plusieurs autres pays démocratiques ont , eux aussi, appelé à un moment ou un autre, au départ d’un ministre pour des raisons syndicales, sans que leur revendication ne soit taxée de déviance ou de politisation de l’action syndicale. Le refus du bureau exécutif de valider la décision du syndicat général de l’enseignement s’explique par des contraintes auxquelles, la direction centrale du syndicat ne peut être que très attentive.

 

Sur un premier plan, le bureau exécutif, nouvellement élu, ne peut se permettre de donner des signes de faiblesse, de manque de poigne et de fermeté ce qui altérerait fortement son autorité et ouvrirait  la porte à des comportements frondeurs au nom d’une surenchère syndicale. Taboubi et ses nouveaux collègues de l’exécutif syndical savent qu’au-delà de la question des rapports entre le syndicat des enseignants et le ministère de l’Education, il y a la question du rapport de force interne entre les structures syndicales et le nouveau bureau exécutif, qui se doit d’être clarifiée au plus vite et d’une manière définitive. Le moment semble être opportun puisque le mandat syndical vient à peine d’être entamé.

 

Ensuite, les dirigeants syndicalistes ne peuvent qu’être attentifs à l’image du syndicat au sein de l’opinion publique. D’ailleurs, le communiqué du bureau exécutif mentionne clairement les tentatives multiples de diabolisation de l’action syndicale. Cette diabolisation concerne, sans discernement,  les gouvernements successifs, avant et après la révolution. A chaque fois qu’on prépare un projet antisocial, une campagne de dénigrement contre l’UGTT est organisée dans le but de faire pression sur les syndicats et les dépouiller de leurs prérogatives. La dernière réunion des signataires de l’accord de Carthage ne déroge pas à cette pratique puisqu’elle a proposé la constitution d’une nouvelle commission pour discuter la réforme de l’éducation, une réforme qui n’a rien de politique et qui ne doit être pensée que par les acteurs du secteur sans aucune interférence étrangère. Le bureau exécutif doit aussi prendre en compte le ras-le-bol des familles, leur détresse et leur incompréhension de voir les années scolaires se succéder dans le chaos et le stress pour eux et pour leurs enfants. Et c’est aussi pour cette raison qu’il a déclaré, sans ambages, qu’il est contre toute pratique syndicale qui prendrait les élèves en otage. Face aux multiples magouilles qui la visent, la direction syndicale se doit de soigner l’image du syndicat et d’éviter qu’on lui colle l’image d’un corporatisme exacerbé qui profite de la faiblesse de l’Etat.

 

Enfin, il faut reconnaitre que c’est la direction sydicale qui détient les informations les plus exhaustives sur la situation sociale, économique et politique dans le pays. Elle agit en ayant connaissance de tous les indicateurs endogènes, relatifs à la situation syndicale générale, mais aussi exogènes, en rapport avec la situation dans le pays. C’est d’ailleurs pour cette raison que les statuts de l’UGTT stipulent que les décisions des syndicats sectoriels ou régionaux doivent être validées par le bureau exécutif. Cela peut déplaire à certains syndicalistes trop impliqués dans la gestion de leurs dossiers, mais les choses finissent toujours par rentrer dans l’ordre dans une organisation qui a une longue tradition en matière d’unité et de solidarité syndicale.

 

A la suite de la signature de l’accord entre l’UGTT et l’UTICA portant sur les augmentations salariales dans le secteur privé, la centrale patronale a connu une tension avec sa fédération de textile qui ne pouvait prendre position que sur la base de la situation de son secteur, alors que la direction de l’UTICA prenait ses décision en fonction d’un équilibre, difficile à trouver, entre les différents paramètres qui entrent en compte dans la prise de ses décisions. Contrairement à la fédération de textile affiliée à l’UTICA, et conscient qu’il n’est pas dans l’intérêt des enseignants d’adopter une attitude frondeuse vis-à-vis de la direction syndicale, le secrétaire général de l’enseignement secondaire Lassâad Yaâcoubi, a déjà lancé un appel au calme et à la concertation syndicale interne. Serait-ce le retour à la raison ?

    

Commentaires (11) Commenter
au secours, je suis l'école du peuple, sauvez-moi
lario
| 24-03-2017 15:21
je suis l'école publique qui est en voie de disparition.Actuellement Il y a en TUNISIE des écoles privées qui comptent plus qu'une dizaine de classes de la premiére année primaire, et les enfants du peuple déshérité, fauché,étudient dans des écoles publiques où la classe compte quarante éléves, qui sont entassés comme une boite de sardines,mr jalloul, cessez de quémander et exiger de votre patron mr youssef de se débrouiller pour subvenir aux besoins de toutes nos écoles et surtout les rurales d'entre elles, l'école de base publique est la colonne vertébrale de tout réforme éducatif ,et l'égalité des chances de tous nos enfants et nos jeunes pour un efficace enseignement et une réussite qui doit étre bien méritée représentent un pacte entre vous et tout un peuple , si vous étes dans l'incapacité de respecter ce pacte, laissez un autre qui pourra peut étre franchir les obstacles et tenir ses promesses.Les ministéres de l'éducation, de la santé et de l'emploi ne sont pas à la portée de tout le monde, ce sont ceux de" TO BE OR NOT TO BE "
Les deux ministres les plus côtés par les tunisien
tounsi
| 23-03-2017 13:41
L'UGTT a déjà mis le 1er dehors au second maintenu qu'ils mettent dehors ce lassad c'est les jeunes et les parents qui souffrent.
Tous les ministre réformistes dehors par l'UGTT c bien continuer à aider le pays
Réveille-toi, SBH ! Ta sieste a suffisamment duré !
Mansour Lahyani
| 20-03-2017 12:43
Ce brave SBH... Mais, mon chou, l'UGTT est DÉJÀ dans l''il du cyclone !! C'est pour cela que tout semble calme autour de l'UGTT... Qu'elle fasse un pas de côté, et elle sera subitement happée par la tempête que son Yaqoubi de m... a enclenchée...
L'UGTT mènera-t-elle la Tunisie dans l''il du cyclone ?
Rationnel
| 20-03-2017 10:55
On célèbre l'indépendance du pays et la dette extérieure s'approche de 70% du PNB, le déficit commercial a plus que doublé en une année pour atteindre 2253 millions de dinars en Janvier, l'économie stagne. L'UGTT entrave le progrès et contribue à l'aggravation de la dette avec des demandes irrationnelles qui bloquent les réformes nécessaires pour équilibrer le budget et éviter la perte de souveraineté. Un état qui dépend des aides et prêts du FMI et des banques internationales n'est plus souverain. Quand le FMI décide à quoi bon avoir un président, chef de gouvernement, ministres et parlement. Le FMI refuse de débloquer la deuxième tranche du prêt vu que le gouvernement prisonnier des demandes de l'UGTT est incapable de réformer la bureaucratie et l'économie. Les industriels ne peuvent plus supporter les augmentations de salaires et le tissu industriel se dégrade.

Nos professeurs sont les moins efficaces et mieux renumeres au monde mais ils refusent toutes reformes et exigent le départ d'un ministre qui a ose interdire les cours particuliers (voir le rapport Intégrité dans l'enseignement public en Tunisie - OCDE : https://www.oecd.org/cleangovbiz/Tunisia-Integrity-Education.pdf ).

Les actions de l'UGTT sont comiques et contre-productives, des grèves pour demander des hausses de salaires, les augmentations salariales provoquent plus d'inflation ce qui annule l'effet des augmentations, menant à plus de grèves et la répétition de la comédie. Le syndicalisme hors contrôle rend les entreprises publiques ingérables, Tunisair a dû annuler ses vols suite à la bagarre entre deux fonctionnaires appartenant à deux syndicats en conflit. Le PDG de la compagnie est incapable de prendre des actions décisives de peur de l'acharnement des syndicats et Tunisair perd des centaines de millions de dinars chaque année.
Mauvais timing
b m l
| 20-03-2017 08:28
Votre article très favorable à l UGTT serait différent si vous l'aviez rédigé après 17 00H
POUR LES ARROGUANTS ET TETUS , L' ISSUE EST L' ENFER .
Abidou
| 20-03-2017 05:44
Ya si Sofiane , vous savez bien que toute chose ( etre humain , civilisation , dictature etc ... ) a un age de jeunesse , un age de maturite' plus ou moins long et inevitablement un age de vieillesse puis de disparition . Sachez que chaque chose qui PREND UNE SURFACE QUI DEPASSE SON PERIMETRE EST APPELEE A LA PERDITION QUELQUE SOIT SA FORCE . C'est le cas de ce pseudo chef syndicaliste pretentieux , minable , ignard , tetu et belliqueux Yaacoubi qui se prend pour un LEADER NATIONAL . Il est entrain de demolir l' UGTT et l'. AVENIR DE NOS ENFANTS . Je predis pour lui et pour sa bande de voy.... une fin humiliante , fracassante et infernale . AMEN .
enfin la voix de la raison
Bahr
| 19-03-2017 23:04
Un fort bon point pour la centrale syndicale. Des familles soulagées et rassurées pour l avenir de ses enfants et de leurs éducateurs enseignants. Nous avons de vrais syndicalistes à la tête de notre organisation. Une position qui ne peut que rassurer le citoyen tunisien sur l avenir de notre cher pays.
Faut le faire
Mohamed 1
| 19-03-2017 22:06
Hached paraît-il disait je t'aime Ô peuple.
Le syndicat de l'enseignement secondaire a réussi la prouesse d'isoler l'UGTT du peuple.
bourguiba avait raison de mettre achour en prison
houda
| 19-03-2017 18:42
l interet supreme de l etat l exigeait a l epoque aucune personne aucune organisation et aucun parti ne doit passer avant l interet supreme du pays la democratie ne peut pas etre la cause de la deterioration de l etat il faut ecraser tous les syndicalistes traitres
@SBH
HSE1994
| 19-03-2017 18:26
SBH connu par son soutien aveugle à l'ugtt n'a même pas osé critiquer la prise d'otages caractérisée de nos enfants par Yaakoubi et cie il n'a pas non plus bronché face au système généralisé de corruption au vu et au su de tout le monde de la majorité des enseignants qui appellent au départ du ministre qui s'est attaqué aux heures sup contres notes
SBH perd son objectivité lorsqu'il s'agit de l'ugtt !
Votre commentaire
(*) champs obligatoires
Conditions d'utilisation
Les commentaires sont envoyés par les lecteurs de Business News et ne reflètent pas l'opinion de la rédaction.
La publication des commentaires se fait 7j/7 entre 8h et 22h. Les commentaires postés après 22h sont publiés le lendemain.
Aucun commentaire jugé contraire aux lois tunisiennes ou contraire aux règles de modération de Business News ne sera publié.
Business News se réserve le droit de retirer tout commentaire après publication, sans aviser le rédacteur dudit commentaire

» Cliquer ici pour lire les conditions d'utilisation et les règles de mod�ration