ITES : Plus des trois quarts des Tunisiens consomment des produits du marché parallèle

Businessnews.com.tn | publié le 22/11/2017 19:59

Depuis 2011, aussi bien la Tunisie que la Libye ont été secoués par des révolutions plus ou moins violentes. Conséquence immédiate de l’absence de sécurité et de la précarité galopante des populations : le développement du commerce parallèle et de la contrebande entre les deux pays. C’est ce phénomène que l’Institut tunisien des études stratégiques a choisi d’explorer dans un rapport rendu public le 21 novembre 2017.

 

La contrebande en Tunisie est un phénomène néfaste qui a explosé depuis la révolution de 2011. Cependant, son explosion n’est pas uniquement due à une négligence sécuritaire mais elle est aussi due à des facteurs socio-économiques. Quand on parle de la contrebande et du commerce parallèle dans les zones frontalières, on se doit de mentionner la ligne Tunisie-Libye, pays par lequel transitent également des produits provenant d’Afrique.

Après 2011, ces zones représentaient, de plus en plus, une menace directe pour le pays. En effet, le sud du pays, région pivot de la contrebande avec la Libye, a été le théâtre d’opérations de contrebande de grande envergure. Il s’agit de flux extérieurs illégaux alimentant le marché parallèle, un des principaux problèmes économiques de la Tunisie. L’ITES (Institut tunisien des études stratégiques) est revenu sur les facteurs de développement de la contrebande, ses effets et les éventuelles solutions pour la contrecarrer et limiter ses dégâts.

 

La contrebande en Tunisie est une activité lucrative pour ceux qui l’exercent, mais qui déstabilise l’économie vu que cela engendre des pertes en recettes pour l’Etat. Les facteurs de prolifération de la contrebande peuvent se résumer en la politique de la réforme structurelle des économies des Etats appliquant les termes des institutions financières internationales prêteuses depuis les années 1970. Ainsi que la nouvelle culture productive de la mondialisation qui s’est répandue à l’échelle internationale. Cette mondialisation a fait des pays du sud un espace de distribution des marchandises des sociétés transnationales bannies dans les pays européens et aux Etats-Unis. Cela signifie que les puissances économiques dominantes ont transformé les espaces frontaliers dans les pays du sud en de nouveaux marchés, ce qui consiste en une stratégie visant à acquérir de l’intérieur les économies officielles des pays du sud.

 

La contribution de l’économie parallèle dans le PIB mondial est estimée être entre 5% et 35% et environ 300 millions de personnes sont actives dans ce secteur représentant 62% dans les pays de l’Afrique du Nord. Les revenus de ce secteur ont atteint 250 milliards d’euros partout dans le monde et 77,6% des Tunisiens achètent les marchandises du marché parallèle qui contribue à 20% du PIB et emploie 31% de main d’œuvre non agricole.

Ce phénomène ne fait qu’à accroitre le taux de pauvreté, réduire les ressources de l’Etat ainsi que minimiser les chances d’une répartition équitable des richesses qui ne peuvent prospérer que dans le cadre de circuits structurés. En outre, ces marchandises exploitées à travers la contrebande sont à la base des produits subventionnés, ce qui entraine une perte colossale pour l’Etat. Avec un chiffre d’affaires total à la vente de l’ordre de 6,5 milliards de dinars, la contrebande et les importations parallèles représentent entre 15% et 20% du total du flux de marchandises distribué par le commerce interne. Les produits concernés les plus importants sont le tabac, les produits pétroliers, les vêtements et les chaussures, l’électroménager et les produits électroniques.

Face au poids économique et social de ce problème, il est devenu indispensable de trouver des solutions qui doivent nécessairement être multidimensionnelles. L’une des pistes explorées par l’ITES pour contrer ce phénomène est la création d’une une zone de libre échange. En effet, cette zone permettrait aux entreprises des pays touchés par ce phénomène de créer des sociétés industrielles mixtes et de les approvisionner en marchandises produites dans ces pays. Cela permettra également d’effectuer des échanges commerciaux avec des prix référentiels et exonérés de taxes douanières.

 

La mise en place d’une stratégie de réforme structurelle économique est également préconisée par l’ITES pour contrer le phénomène de la contrebande. Cette stratégie comprend 3 axes qui sont l’ouverture de zones de libre échange sur les frontières de la Tunisie comme Ben Guerdane, la révision des tarifs douaniers de certains produits et finalement la légalisation du secteur informel, qui représente 54% du commerce global, par l’instauration d’alternatives permettant la pratique de ces activités dans un cadre légal et structuré. De plus, le contrôle sécuritaire des frontières n’est plus suffisant pour lutter contre la contrebande puisque ce phénomène s’est même infiltré dans les circuits d’importation officiels notamment au port de Radés et dans les postes frontières classiques.

 

La contrebande et le commerce parallèle sont des phénomènes multidimensionnels qui impactent le quotidien de chaque Tunisien. Le gouvernement de Youssef Chahed a mis la lutte contre ces fléaux en tête de ses priorités avec un résultat mitigé. En effet, les flux de transit et d’importation sont uniquement limités par la présence sécuritaire et militaire aux frontières. Toutefois, le circuit de distribution et surtout les grandes pontes de ce trafic restent relativement à l’abri et s’adonnent allégrement au blanchiment d’argent à travers plusieurs autres circuits. Par conséquent, il est tout à fait légitime de punir le petit contrebandier de cigarettes ou d’essence, à condition de se montrer tout aussi ferme vis-à-vis des grands contrebandiers qui continuent, à ce jour, de profiter d’une certaine immunité.

 

Boutheïna Laâtar

 

ITES : Plus des trois quarts des Tunisiens consomment des produits du marché parallèle

publié le 22/11/2017 19:59

Depuis 2011, aussi bien la Tunisie que la Libye ont été secoués par des révolutions plus ou moins violentes. Conséquence immédiate de l’absence de sécurité et de la précarité galopante des populations : le développement du commerce parallèle et de la contrebande entre les deux pays. C’est ce phénomène que l’Institut tunisien des études stratégiques a choisi d’explorer dans un rapport rendu public le 21 novembre 2017.

 

La contrebande en Tunisie est un phénomène néfaste qui a explosé depuis la révolution de 2011. Cependant, son explosion n’est pas uniquement due à une négligence sécuritaire mais elle est aussi due à des facteurs socio-économiques. Quand on parle de la contrebande et du commerce parallèle dans les zones frontalières, on se doit de mentionner la ligne Tunisie-Libye, pays par lequel transitent également des produits provenant d’Afrique.

Après 2011, ces zones représentaient, de plus en plus, une menace directe pour le pays. En effet, le sud du pays, région pivot de la contrebande avec la Libye, a été le théâtre d’opérations de contrebande de grande envergure. Il s’agit de flux extérieurs illégaux alimentant le marché parallèle, un des principaux problèmes économiques de la Tunisie. L’ITES (Institut tunisien des études stratégiques) est revenu sur les facteurs de développement de la contrebande, ses effets et les éventuelles solutions pour la contrecarrer et limiter ses dégâts.

 

La contrebande en Tunisie est une activité lucrative pour ceux qui l’exercent, mais qui déstabilise l’économie vu que cela engendre des pertes en recettes pour l’Etat. Les facteurs de prolifération de la contrebande peuvent se résumer en la politique de la réforme structurelle des économies des Etats appliquant les termes des institutions financières internationales prêteuses depuis les années 1970. Ainsi que la nouvelle culture productive de la mondialisation qui s’est répandue à l’échelle internationale. Cette mondialisation a fait des pays du sud un espace de distribution des marchandises des sociétés transnationales bannies dans les pays européens et aux Etats-Unis. Cela signifie que les puissances économiques dominantes ont transformé les espaces frontaliers dans les pays du sud en de nouveaux marchés, ce qui consiste en une stratégie visant à acquérir de l’intérieur les économies officielles des pays du sud.

 

La contribution de l’économie parallèle dans le PIB mondial est estimée être entre 5% et 35% et environ 300 millions de personnes sont actives dans ce secteur représentant 62% dans les pays de l’Afrique du Nord. Les revenus de ce secteur ont atteint 250 milliards d’euros partout dans le monde et 77,6% des Tunisiens achètent les marchandises du marché parallèle qui contribue à 20% du PIB et emploie 31% de main d’œuvre non agricole.

Ce phénomène ne fait qu’à accroitre le taux de pauvreté, réduire les ressources de l’Etat ainsi que minimiser les chances d’une répartition équitable des richesses qui ne peuvent prospérer que dans le cadre de circuits structurés. En outre, ces marchandises exploitées à travers la contrebande sont à la base des produits subventionnés, ce qui entraine une perte colossale pour l’Etat. Avec un chiffre d’affaires total à la vente de l’ordre de 6,5 milliards de dinars, la contrebande et les importations parallèles représentent entre 15% et 20% du total du flux de marchandises distribué par le commerce interne. Les produits concernés les plus importants sont le tabac, les produits pétroliers, les vêtements et les chaussures, l’électroménager et les produits électroniques.

Face au poids économique et social de ce problème, il est devenu indispensable de trouver des solutions qui doivent nécessairement être multidimensionnelles. L’une des pistes explorées par l’ITES pour contrer ce phénomène est la création d’une une zone de libre échange. En effet, cette zone permettrait aux entreprises des pays touchés par ce phénomène de créer des sociétés industrielles mixtes et de les approvisionner en marchandises produites dans ces pays. Cela permettra également d’effectuer des échanges commerciaux avec des prix référentiels et exonérés de taxes douanières.

 

La mise en place d’une stratégie de réforme structurelle économique est également préconisée par l’ITES pour contrer le phénomène de la contrebande. Cette stratégie comprend 3 axes qui sont l’ouverture de zones de libre échange sur les frontières de la Tunisie comme Ben Guerdane, la révision des tarifs douaniers de certains produits et finalement la légalisation du secteur informel, qui représente 54% du commerce global, par l’instauration d’alternatives permettant la pratique de ces activités dans un cadre légal et structuré. De plus, le contrôle sécuritaire des frontières n’est plus suffisant pour lutter contre la contrebande puisque ce phénomène s’est même infiltré dans les circuits d’importation officiels notamment au port de Radés et dans les postes frontières classiques.

 

La contrebande et le commerce parallèle sont des phénomènes multidimensionnels qui impactent le quotidien de chaque Tunisien. Le gouvernement de Youssef Chahed a mis la lutte contre ces fléaux en tête de ses priorités avec un résultat mitigé. En effet, les flux de transit et d’importation sont uniquement limités par la présence sécuritaire et militaire aux frontières. Toutefois, le circuit de distribution et surtout les grandes pontes de ce trafic restent relativement à l’abri et s’adonnent allégrement au blanchiment d’argent à travers plusieurs autres circuits. Par conséquent, il est tout à fait légitime de punir le petit contrebandier de cigarettes ou d’essence, à condition de se montrer tout aussi ferme vis-à-vis des grands contrebandiers qui continuent, à ce jour, de profiter d’une certaine immunité.

 

Boutheïna Laâtar

 

Commentaires (7) Commenter
Mon cher @HatemC| 22-11-2017 21:45
salahtataouine
| 23-11-2017 19:26
Je connais tes excès mais là tu as fait surgir tn ami salah de sa taniere !!
Un article ,dans un journal,est toujours orienté et toujours superficiel..car il ne sert qu à faire hurler les loups avec les ....loups!!!!
La contre bande est -t elle "contre productive" ?? oui c est sur mais il faut aller au fond de la chose pour traiter un tel sujet
L economie tunisienne est "mourrante" ,non à cause de la contre bande .mais essentiellement à cause du poids de la dette (multipliée par 2.5 depuis l arriveé des brouettistes )
La contre bande ronge l economie ,oui c est un constat...mais qui fait quoi???
Il faut aller chercher là haut chez ceux qui nous gouvernent ..car celui qui doit garder nos entreés ,ferme les yeux et laisse faire..et c est toute une organisation qui ronge l etat..il est malheureux de le dire!!
Nos ports ,nos aeroports,nos accés terrestres sont une passoire "tolereé" par ceux que le maudit 14 a placé
Il se peut qu un citoyen ici ou là "contrebande" mais ce n est qu une goutte d eau dans l ocean..car la contrebande necessite une organisation verticale car il y a des millions en jeu..et c est l argent qui gere l argent comme partout!!
Pour ce qui est qu on aille "voir ailleur" ,je ne le crois pas possible car on est de ce pays et de cette terre ,nous y sommes nés et nous y serons enterrés (vivants ?? avec ces innondations)
A ma connaissance le sud a eté toujours legaliste depuis l independance ..mais après la maudite aberration la confrerie a planté sa..... comme partout ailleurs (va voir à monastir le nombre des voix recolté par le gourou)
J en veux à personne ..chaque tunisien avec un bulletin "du gourou" a eté trompé (poids de la religion)...celui qui se trompe une fois ..on peut le pardonner ...si les tunisiens se trompent encore ..c est toute la population qu il faudra chasser et balancer à la mer (c est halal) et on ira chercher un autre peuple (quelques russes ?? pas de chinois car mon ami @engi va se facher)...et on mettera @JW gardien au nord ,toi sur la cote ,@Leon au centre moi au sud et l ami@Ghazi en tant qu arbitre..et noue repeuplons le "bled" avec nos amis lecteurs de @BN ..les vrais amis ,bien sur les patriotes

Bonne soirée @Hatem et mes amitiés aux autres (bravo @Leon et @JW pour vos papiers sur TS)
????
TMT
| 23-11-2017 18:10
Expliquez moi comment le marché parallèle CONTRIBUE à hauteur de 20% au Pib,cad qu'ilfait 2 fois mieux que l'agriculture et 3 fois mieux que le phosphate?
Si c'est le cas,on ne peut que l'applaudir,non?
L'arrêt des vendeurs à la sauvette c'est l'arrêt de la contrebande .
A . V .
| 23-11-2017 13:56
Comment voulez vous éradiquer les contrebandiers vu qu'on laisse leurs clients travaillé sans aucune inquiétude.
Comme les marchants des cigarettes dans chaque coin de la rue les vendeurs à la sauvette de leurs produits de l'essence aux abords des routes des centaines des stations service des deux côtés sans compter ce que trouve dans les villes chez les particuliers .
D'abord il faut commencer par éradiquer ces vendeurs à la sauvette alors les contrebandiers ne trouvent plus des acheteurs ils arrêteront d'office .
Si demain les stations service et les buralistes fermeront , la raffinerie et l'usine de tabac arrêteront aussi .
Donc pour les contrebandiers il faut éliminer leurs clients ils arrêteront d'office la seule solution.
... CECI EST DU AU FAIT QUE NOUS AUTRES, TUNISIEN N'AYONS AUCUNE ETHIQUE (savez vous, au moins, ce que cela veut dire ?) AUCUNE CONSCIENCE, AUCUN AMOUR PROPRE et surtout AUCUN NATIONALISME !
URMAX
| 23-11-2017 08:44
....
Nous nous en foutons éperdument que les caisses de l'état soient lésées ;
...
Nous nous en foutons du fait qu'en achetant des produits de contrebande, nous risquons - parfois sans le vouloir - de financer des organisations terroristes, parce qu'au fond, on ne sait jamais exactement, dans quelles poches va tout ce fric ;
...
On s'en fout également du fait que de part notre comportement irresponsable nous faisons fuir les investisseurs : QUI ? Qui a envie d'investir dans un pays où l'on sait pertinemment, que la population est accro de la contrebande ?
...
Tout ce qui nous importe, c'est que "c'est moins cher là bas", même si cela va foutre en l'air notre économie !
...
Eddawla ? Chemdekhelni ? Chihemni fiha ?
...
Voilà le genre de réponse que l'on reçoit.
...
Carburant, électroménager, pièces de rechange automobile, vêtements (savez-vous que 70 % de la main d'oeuvre de l'industrie manufacturière du secteur textile est au chômage à cause de la contrebande et du bradage de la grande production de "l'empire du synthétique" au sud-est asiatique ?) J'en vois jaune - et pour cause !
...
Bref, revenons à nos moutons :
Si vous entendez un gars qui dit "qu'il aime son pays" alors qu'il utilise des produits de contrebande, dites lui en face les 4 vérités !
...
URMAX
Un pays de cocagne ... vivement la séparatrion
HatemC
| 22-11-2017 21:45
Si j'étais président de la république ...

En fait si j'avais ce pouvoir sur les masses ... je proposerai à toutes les régions du Sud Tunisien de se séparer de la Tunisie si elles le veulent ... qu'elles prennent leur indépendance ... que la Tunisie se débarrassent de ces descendants d'arabes une fois pour toute ...

La Tunisie se portera mieux sans ces gens ... HC
ITES est a côté de la plaque
DHEJ
| 22-11-2017 21:01
D'ailleurs fallait-il savoir pourquoi 3/4 des tunisiens consomment dans le parallèle?


L'Etat a créé le marché dit parallèle et l'ITES est incapable de trouver le texte juridique qui légifère le dit commerce!
les traîtres de la nation
say
| 22-11-2017 20:56
toutes les personnes en congé de maladie et en congé longue durée s'adonnent à c'ur joie à ces activités de contrebande. maintenant ils ramènent les marchandises en sous-vide pour ne pas attirer l'attention.
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