Et pourquoi pas un congrès électif ?

Businessnews.com.tn | publié le 22/09/2017 19:59

 

Au départ, c’est une publication Facebook de la part de Hafedh Caïd Essebsi, directeur exécutif de Nidaa Tounes. Dans cette publication, il appelle les adhérents du parti au premier congrès électif de Nidaa Tounes qui devrait se tenir d’ici les élections municipales. Est-ce une manœuvre ou est-ce un projet réel ? Si congrès il y a, sera-t-il ouvert et pluriel ou confortera-t-il Hafedh Caïd Essebsi dans sa main mise sur le parti ?

 

« Un congrès démocratique et transparent que nous avions l’intention d’annoncer après la tenue des municipales. Celles-ci ayant dû être reportées, notre congrès se tiendra alors nécessairement avant. Tous les nidaistes doivent se préparer à assurer le succès de ce rendez-vous qui marquera une nouvelle étape dans la construction de Nidaa Tounes, un grand parti national et rassemblant tous ceux qui croient au projet national tunisien réalisé par l’Etat de l'indépendance », c’est en ces mots que Hafedh Caïd Essebsi a annoncé sa volonté d’organiser un congrès électif pour son parti.

Sur la forme, c’est une innovation. Jamais congrès auparavant n’avait été annoncé par une simple publication sur Facebook. Qu’un évènement aussi important qu’un premier congrès électif ne fasse même pas l’objet d’un communiqué officiel du parti est pour le moins incongru.

 

Maintenant sur le fond, il est clair que Nidaa Tounes n’a pas un historique reluisant en termes d’organisation de congrès. Ses membres et ses sympathisants se souviennent des fiascos de Hammamet et de Sousse. Des congrès qui, au lieu d’unir le parti, ont approfondi ses divergences et préparaient les ruptures que le parti a connu plus tard de manière officielle. La violence physique a même été employée à certaines étapes. 

A chaque fois, les résultats des précédents pseudo-congrès et même les tribulations qui les émaillaient portaient l’empreinte de Hafedh Caïd Essebsi. Plusieurs de ses, désormais, anciens compères l’avaient accusé de se prémunir d’une immunité donnée par son père, président de la République, pour faire ce qu’il entendait au sein du parti. Quand il s’était agi du congrès de Sousse, le président de la République avait tenté, sans succès, de juguler la crise en mettant en place une « commission des treize » présidée à l’époque par un certain Youssef Chahed…

Par conséquent, à la vue de ces éléments, les réserves les plus profondes peuvent être nourries concernant une réelle –et soudaine- volonté de Hafedh Caïd Essebsi de démocratiser le fonctionnement du parti qu’il est parvenu à contrôler à grand peine. Ces réserves peuvent expliquer à leur tour l’absence de réactions importantes à cette annonce.

 

L’une des seules réactions notables à cette annonce est celle de Wafa Makhlouf qui a saisi l’occasion pour déclarer qu’elle ne serait pas contre le fait de présenter sa candidature à la présidence de Nidaa Tounes. Toutefois, elle s’est montrée prudente quant à cette annonce en répétant des phrases su genre « si jamais ce congrès a vraiment lieu ». Elle n’a pas manqué non plus de souligner qu’il s’agissait là d’une revendication et d’une demande exprimée depuis belle lurette par les membres de Nidaa Tounes.

Autre dimension importante de cette candidature, le fait que Wafa Makhlouf fasse partie des fondateurs de Nidaa Tounes. Dans l’éventualité d’un réel congrès organisé par Nidaa Tounes, Wafa Makhlouf pourrait représenter « l’aile historique » du parti et par conséquent galvaniser, derrière sa candidature, une force politique et un impact susceptibles de changer la donne. Abstraction faite des personnages de Nidaa Tounes qui ont déjà quitté le parti, les autres membres restants, qui désapprouvent l’hégémonie de Hafedh Caïd Essebsi, peuvent se ranger derrière cette candidature pour évincer HCE du parti.

C’est là, justement que les choses risquent de devenir intéressantes. On verra enfin un vrai « affrontement » entre les tenants de la ligne originelle du parti fondé par Béji Caïd Essebsi, et les nouveaux arrivants comme Borhen Bsaïes ou Khaled Chouket. Projet contre projet, idée contre idée, il sera possible de voir, sur la scène politique tunisienne un véritable débat de fond. Si l’on veut être plus réaliste, le délai même fixé par Hafedh Caïd Essebsi rend l’organisation d’un tel congrès improbable. On voit mal Nidaa Tounes organiser un congrès et préparer les élections municipales simultanément, le tout en trois mois.

 

Nidaa Tounes organisant un congrès électif dans les règles de l’art pour donner naissance à un leadership légitime et incontestable, un rêve caressé depuis belle lurette par plusieurs fondateurs et membres influents du parti. Depuis l’accession de Béji Caïd Essebsi à la présidence de la République et la décapitation du parti de son leadership, Nidaa Tounes baigne dans le marasme.  Un congrès serait-il la solution ? Certainement pas mais ce serait un pas non négligeable. Et si Hafedh Caïd Essebsi arrivait à battre Wafa Makhlouf, là il serait légitime.

 

Marouen Achouri

Et pourquoi pas un congrès électif ?

publié le 22/09/2017 19:59

 

Au départ, c’est une publication Facebook de la part de Hafedh Caïd Essebsi, directeur exécutif de Nidaa Tounes. Dans cette publication, il appelle les adhérents du parti au premier congrès électif de Nidaa Tounes qui devrait se tenir d’ici les élections municipales. Est-ce une manœuvre ou est-ce un projet réel ? Si congrès il y a, sera-t-il ouvert et pluriel ou confortera-t-il Hafedh Caïd Essebsi dans sa main mise sur le parti ?

 

« Un congrès démocratique et transparent que nous avions l’intention d’annoncer après la tenue des municipales. Celles-ci ayant dû être reportées, notre congrès se tiendra alors nécessairement avant. Tous les nidaistes doivent se préparer à assurer le succès de ce rendez-vous qui marquera une nouvelle étape dans la construction de Nidaa Tounes, un grand parti national et rassemblant tous ceux qui croient au projet national tunisien réalisé par l’Etat de l'indépendance », c’est en ces mots que Hafedh Caïd Essebsi a annoncé sa volonté d’organiser un congrès électif pour son parti.

Sur la forme, c’est une innovation. Jamais congrès auparavant n’avait été annoncé par une simple publication sur Facebook. Qu’un évènement aussi important qu’un premier congrès électif ne fasse même pas l’objet d’un communiqué officiel du parti est pour le moins incongru.

 

Maintenant sur le fond, il est clair que Nidaa Tounes n’a pas un historique reluisant en termes d’organisation de congrès. Ses membres et ses sympathisants se souviennent des fiascos de Hammamet et de Sousse. Des congrès qui, au lieu d’unir le parti, ont approfondi ses divergences et préparaient les ruptures que le parti a connu plus tard de manière officielle. La violence physique a même été employée à certaines étapes. 

A chaque fois, les résultats des précédents pseudo-congrès et même les tribulations qui les émaillaient portaient l’empreinte de Hafedh Caïd Essebsi. Plusieurs de ses, désormais, anciens compères l’avaient accusé de se prémunir d’une immunité donnée par son père, président de la République, pour faire ce qu’il entendait au sein du parti. Quand il s’était agi du congrès de Sousse, le président de la République avait tenté, sans succès, de juguler la crise en mettant en place une « commission des treize » présidée à l’époque par un certain Youssef Chahed…

Par conséquent, à la vue de ces éléments, les réserves les plus profondes peuvent être nourries concernant une réelle –et soudaine- volonté de Hafedh Caïd Essebsi de démocratiser le fonctionnement du parti qu’il est parvenu à contrôler à grand peine. Ces réserves peuvent expliquer à leur tour l’absence de réactions importantes à cette annonce.

 

L’une des seules réactions notables à cette annonce est celle de Wafa Makhlouf qui a saisi l’occasion pour déclarer qu’elle ne serait pas contre le fait de présenter sa candidature à la présidence de Nidaa Tounes. Toutefois, elle s’est montrée prudente quant à cette annonce en répétant des phrases su genre « si jamais ce congrès a vraiment lieu ». Elle n’a pas manqué non plus de souligner qu’il s’agissait là d’une revendication et d’une demande exprimée depuis belle lurette par les membres de Nidaa Tounes.

Autre dimension importante de cette candidature, le fait que Wafa Makhlouf fasse partie des fondateurs de Nidaa Tounes. Dans l’éventualité d’un réel congrès organisé par Nidaa Tounes, Wafa Makhlouf pourrait représenter « l’aile historique » du parti et par conséquent galvaniser, derrière sa candidature, une force politique et un impact susceptibles de changer la donne. Abstraction faite des personnages de Nidaa Tounes qui ont déjà quitté le parti, les autres membres restants, qui désapprouvent l’hégémonie de Hafedh Caïd Essebsi, peuvent se ranger derrière cette candidature pour évincer HCE du parti.

C’est là, justement que les choses risquent de devenir intéressantes. On verra enfin un vrai « affrontement » entre les tenants de la ligne originelle du parti fondé par Béji Caïd Essebsi, et les nouveaux arrivants comme Borhen Bsaïes ou Khaled Chouket. Projet contre projet, idée contre idée, il sera possible de voir, sur la scène politique tunisienne un véritable débat de fond. Si l’on veut être plus réaliste, le délai même fixé par Hafedh Caïd Essebsi rend l’organisation d’un tel congrès improbable. On voit mal Nidaa Tounes organiser un congrès et préparer les élections municipales simultanément, le tout en trois mois.

 

Nidaa Tounes organisant un congrès électif dans les règles de l’art pour donner naissance à un leadership légitime et incontestable, un rêve caressé depuis belle lurette par plusieurs fondateurs et membres influents du parti. Depuis l’accession de Béji Caïd Essebsi à la présidence de la République et la décapitation du parti de son leadership, Nidaa Tounes baigne dans le marasme.  Un congrès serait-il la solution ? Certainement pas mais ce serait un pas non négligeable. Et si Hafedh Caïd Essebsi arrivait à battre Wafa Makhlouf, là il serait légitime.

 

Marouen Achouri

Commentaires (3) Commenter
Le grand rassemblement du 24 mars 2012 devait enfanter un GRAND PARTI
Slaheddine Ferchiou Monastir
| 25-09-2017 17:38
OUI,nous avons cru ce fameux 24 mars,dans toutes les composantes citoyennes,patriotes attachés aux valeurs de notre passé Civil de l'empire de Carthage à l'Independance de notre Pays .
Si Beji a concrétisé nos aspirations et leur a donné forme.
Aujourd'hui il faut achever la construction de cet édifice
Par un congrès électif et rassembler tous les militants destouriens ,toutes tendances de gauche et du centre ,loin de la Religion qui appartient à nous tous . Je milite pour cela depuis février 2015,
Nida est la ,il à "somnoler " mais le fond de travail est très solide il est. LA
Pas de coingrés electif
M'hamed Ben Mohamed Belkhodja
| 23-09-2017 16:46
Le fils a papa s'est fait élire dans un congrès organisé avec des bâtons.
Maintenant qu'il engagé Borhan Bsaies, ce n'est pas pour faire de la démocratie!
Papa, papa, papa!
Papa
| 22-09-2017 20:25
Papa, papa, papa
Si tu n'avais pas été là
Dis-moi qu'aurais-je fait sans toi?

On n'a pas tous la même histoire
Non mais ça y ressemble un peu
Qui n'a pas eu envie un soir
De dire : «Papa, je suis heureux
Je suis heureux, je te le dois
Je suis ici c'est grâce à toi
Je trouve pas les mots pour dire merci
A toi et à maman aussi»

Papa, papa, papa
Si tu n'avais pas été là
Dis-moi qu'aurais-je fait sans toi ?
Papa, papa
Si tu n'avais pas été là
Qu'aurais-je fait de mes dix doigts ?

Toi tu m'as donné la musique
Le coeur et l'âme romantique
Avec ces instants si magiques
De tes souvenirs nostalgiques

Papa, Papa, papa
Et si un jour tu n'es plus là
Comment vais-je vivre sans toi?


Claude Barzotti - Papa
https://www.youtube.com/watch?v=Iw-AasN4rv4&index=10&list=RDz3uzfIrW6qE

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