Contrairement à ce que disent les Européens, la Tunisie a répondu rapidement et dans les temps

Businessnews.com.tn | publié le 07/12/2017 13:53
 
 
La question de la présence de la Tunisie sur la liste noire européenne des paradis fiscaux, établie mardi dernier, continue à faire couler de l’encre et susciter la polémique. 
Patrice Bergamini, ambassadeur  chef de la délégation de l’Union européenne à Tunis, a beau vouloir jouer aux pompiers depuis 48 heures et dire que la « Tunisie ne peut que se retrouver du bon côté et qu’on est en train de travailler ensemble pour sortir le plus rapidement de cette difficulté», le mal est fait. 
Idem du côté de Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques. Jeudi 7 décembre, au cours d’une conférence de presse, il a déclaré que personne n’a envie que la Tunisie reste dans cette liste. Il ajoute cependant, comme plusieurs autres « sources européennes anonymes » citées par les médias européens (notamment l’AFP) que la Tunisie est sur la liste noire parce qu'elle a pris des engagements trop tardifs et incomplets. Les mêmes sources anonymes ont précisé, dès le premier jour de la polémique, que la Tunisie a répondu la veille de la tenue de la réunion de l’Ecofin, contrairement à d’autres pays, tels le Maroc ou le Qatar, qui ont été retirés à la dernière minute de la fameuse liste. Et tout le monde de rassurer, ou plutôt de laisser espérer, que la Tunisie va être retirée de la liste noire dès le mois de janvier, c'est-à-dire à la prochaine réunion de l’Ecofin.
 
A ces informations, relayées comme étant de l’argent comptant par l’opposition et l’opinion publique, le ministère tunisien des Affaires étrangères a répondu mercredi que « La Tunisie a fourni à l'UE toutes les données et clarifications concernant la compatibilité du système fiscal tunisien avec les principes de la charte européenne dans le domaine de la fiscalité. Les services européens ont reconnu la conformité de ce système avec les règles de transparence ». Le MAE laisse donc entendre avoir répondu dans les délais.
 
 
Nous avons cherché à obtenir plus de précisions sur cette question de délais, sans cesse répétée par les Européens. A entendre les Européens, la Tunisie aurait répondu trop tard. Du côté du gouvernement tunisien, ceci n’est pas vrai et la Tunisie a répondu dans les temps. 
 
Une source proche du chef du gouvernement a donné à Business News les dates exactes des différents courriers échangés entre l’administration tunisienne et l’administration européenne chargée de préparer les dossiers de la réunion de l’Ecofin. Voici les dates : 
- Octobre 2017 : l’UE envoie un questionnaire sur les points de litige liés à la législation fiscale tunisienne en matière de code de conduite et de sa conformité avec les standards de bonne gouvernance fiscale de l’UE. Une réponse leur parvient dans les délais. 
- 23 octobre : l’UE envoie un questionnaire d’éclaircissement. La réponse tunisienne est envoyée le 15 novembre. 
- Samedi 2 décembre : l’UE envoie un mail demandant de nouveaux éclaircissements. Une réponse officielle, signée par un ministre, est envoyée le jour même.  
- Lundi 4 décembre : l’UE envoie un autre courrier demandant des explications. La Tunisie envoie sa réponse le jour-même en fin de journée. 
 
 
Si l’on se fie à ces dates exactes, la Tunisie a répondu à temps et avant les délais fixés par les Européens.  Bon à rappeler, la réunion s’est tenue le 5 décembre à 10 heures et qu’il est courant, dans les usages diplomatiques dans de pareils dossiers et avant de pareilles réunions, de répondre et d’accuser réception de la réponse jusqu’à la veille à minuit. 
 
Il aurait peut-être fallu du lobbying sur place à Bruxelles pour mieux peser sur les décisions des ministres de l’Ecofin ? Certainement, on ne l’a que trop dit et à de multiples reprises, la Tunisie (contrairement aux Qataris ou aux Marocains) ignore, hélas, ce qu’est le lobbying et la diplomatie économique.

Contrairement à ce que disent les Européens, la Tunisie a répondu rapidement et dans les temps

publié le 07/12/2017 13:53
 
 
La question de la présence de la Tunisie sur la liste noire européenne des paradis fiscaux, établie mardi dernier, continue à faire couler de l’encre et susciter la polémique. 
Patrice Bergamini, ambassadeur  chef de la délégation de l’Union européenne à Tunis, a beau vouloir jouer aux pompiers depuis 48 heures et dire que la « Tunisie ne peut que se retrouver du bon côté et qu’on est en train de travailler ensemble pour sortir le plus rapidement de cette difficulté», le mal est fait. 
Idem du côté de Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques. Jeudi 7 décembre, au cours d’une conférence de presse, il a déclaré que personne n’a envie que la Tunisie reste dans cette liste. Il ajoute cependant, comme plusieurs autres « sources européennes anonymes » citées par les médias européens (notamment l’AFP) que la Tunisie est sur la liste noire parce qu'elle a pris des engagements trop tardifs et incomplets. Les mêmes sources anonymes ont précisé, dès le premier jour de la polémique, que la Tunisie a répondu la veille de la tenue de la réunion de l’Ecofin, contrairement à d’autres pays, tels le Maroc ou le Qatar, qui ont été retirés à la dernière minute de la fameuse liste. Et tout le monde de rassurer, ou plutôt de laisser espérer, que la Tunisie va être retirée de la liste noire dès le mois de janvier, c'est-à-dire à la prochaine réunion de l’Ecofin.
 
A ces informations, relayées comme étant de l’argent comptant par l’opposition et l’opinion publique, le ministère tunisien des Affaires étrangères a répondu mercredi que « La Tunisie a fourni à l'UE toutes les données et clarifications concernant la compatibilité du système fiscal tunisien avec les principes de la charte européenne dans le domaine de la fiscalité. Les services européens ont reconnu la conformité de ce système avec les règles de transparence ». Le MAE laisse donc entendre avoir répondu dans les délais.
 
 
Nous avons cherché à obtenir plus de précisions sur cette question de délais, sans cesse répétée par les Européens. A entendre les Européens, la Tunisie aurait répondu trop tard. Du côté du gouvernement tunisien, ceci n’est pas vrai et la Tunisie a répondu dans les temps. 
 
Une source proche du chef du gouvernement a donné à Business News les dates exactes des différents courriers échangés entre l’administration tunisienne et l’administration européenne chargée de préparer les dossiers de la réunion de l’Ecofin. Voici les dates : 
- Octobre 2017 : l’UE envoie un questionnaire sur les points de litige liés à la législation fiscale tunisienne en matière de code de conduite et de sa conformité avec les standards de bonne gouvernance fiscale de l’UE. Une réponse leur parvient dans les délais. 
- 23 octobre : l’UE envoie un questionnaire d’éclaircissement. La réponse tunisienne est envoyée le 15 novembre. 
- Samedi 2 décembre : l’UE envoie un mail demandant de nouveaux éclaircissements. Une réponse officielle, signée par un ministre, est envoyée le jour même.  
- Lundi 4 décembre : l’UE envoie un autre courrier demandant des explications. La Tunisie envoie sa réponse le jour-même en fin de journée. 
 
 
Si l’on se fie à ces dates exactes, la Tunisie a répondu à temps et avant les délais fixés par les Européens.  Bon à rappeler, la réunion s’est tenue le 5 décembre à 10 heures et qu’il est courant, dans les usages diplomatiques dans de pareils dossiers et avant de pareilles réunions, de répondre et d’accuser réception de la réponse jusqu’à la veille à minuit. 
 
Il aurait peut-être fallu du lobbying sur place à Bruxelles pour mieux peser sur les décisions des ministres de l’Ecofin ? Certainement, on ne l’a que trop dit et à de multiples reprises, la Tunisie (contrairement aux Qataris ou aux Marocains) ignore, hélas, ce qu’est le lobbying et la diplomatie économique.

Synda Tajine
Commentaires (22) Commenter
Il n'y a pas cette rage pour défendre le pays
Connaisseur
| 08-12-2017 13:32
Ne vous laissez rouler dans la farine.Le ministère des affaires étrangéres devait non seulement envoyer des réponses à l'UE, mais il aurait dû en plus mobiliser tous ses ambassadeurs auprès des pays de l'union.Chacun d'eux devait demander une audience avec le min des fin de son pays d'accréditation pour obtenir son soutien à la Tunisie et faire un feedback au ministère.Or, il semble que le min des aff étr a pris la chose à la légére et n'a pas procédé énérgiquement, se contentant de simples échanges de courriers.Voilà, le résultat que ns connaissons.
Poudre aux yeux
Tounsi
| 08-12-2017 11:05
Tout ça est de la poudre aux yeux pour celui qui veut croire. Le dernier paragraphe de votre article est la pièce maîtresse. La Tunisie a tout simplement perdu son poids diplomatique, elle ne jouit d'aucun appui en termes de lobby, elle n'a élaboré aucune stratégie d'intelligence économique. En deux mots: un pays amorphe qui se laisse aller au grè des vents, souvent contraires.
L'eveil est necessaire, et il sera brutal!
@ Larry(suite)
TMT
| 08-12-2017 10:14
Je disais que la décision de la commission à l'égard de la Tunisie aurait ou être semblable à celle prise à l'égard du Maroc qui a trouvé en la France un avocat bienveillant.....
@Larrry
TMT
| 08-12-2017 10:06
Je n'ai pas d'éléments pour commenter ces chiffres de l'UGTT, mais je voulais juste ressortir que la décision prise à l'encontre de la T p
Quand on aime son pays
Ahmed
| 08-12-2017 08:53
Il faut être a la hauteur.
Miss Tajine
stanislas
| 08-12-2017 08:46
Les ineffables articles de Miss Tajine!
Bon, en même temps
versus
| 07-12-2017 23:11
Ce n'est la date de réponse qui est la plus importante mais bien et bien le contenu. Tous ceux qui se présente à un entretien d'embauche à la date et à l'heure ont ils le job.
BN devrait creuser la question pour savoir, si déjà les éclaircissements demandés on été compris et si la réponse fut en adéquation. On ne sait jamais, avec toutes les supposés compétences dans le pays...
Comme les cite Hatem C, les zarabomusulusmans voitent des complots partout. Et pour les certains qui pensent que l'affaire n'est grave montre le niveau de compétence dans le pays, black listé c'est adieu la main tendue et fermeture des portes du marché financier, voilà pourquoi l'Etat est en sueur.
La Tunisie paradis fiscal (encore)
saz
| 07-12-2017 21:46
Pour de très nombreux Tunisiens (suivez mon regard) la Tunisie est déjà un paradis fiscal. Le peuple en a parfaitement conscience qui réclame plus de transparence dans les déclarations de nos lobbyistes locaux. La décision des ministres des finances européens n'est qu'un simple rappel à plus de transparence dans notre fiscalité et qui ne sera suivi d'aucune sanction. De là à crier au loup parce que tel ou tel pays ne figure pas sur la liste n'est pas le problème.Est on ou n'est t'on pas un paradis fiscal selon la réglementation internationale, là est la question. Le MAE dit que les réponses ont été envoyées à temps. Mais on t'elles été suffisamment convaincantes. Le monde a changé et en quelques clics (pour les initiés bien sûr) vous pouvez déjà avoir une idée sur le degré de transparence de la fiscalité d'un pays. L'Europe reste notre 1er partenaire et notre premier pourvoyeur de fonds et plus d'un million de Tunisiens y résident. Personne dans ces conditions n' a intérêt à chercher querelle à son partenaire. Dans le monde où nous vivons il va falloir s'habituer à plus de transparence dans la gestion de nos finances et éviter ce qui s'est produit chez nous dans les années 1860 avec la Commission financière et plus près dans le temps en Grèce dans les années 2000. Ma crainte est de nous voir un jour pointé du doigt pour des affaires de blanchiment d'argent. Les affaires en cours peuvent en être les prémisses.
???
Casual
| 07-12-2017 21:14
A moins que l'on ait un ministere des finances a l'etranger- une chimere en passant- la sempiternelle diplomatie economique qu'on mele helas a toutes les sauces n'a droit de cite- a plus forte raison en l'espece. Le dossier est gere par le ministere des finances, par des experts, le ministere des affaires etrangeres en est ecarte malheureusement et ne peut donc se mobiliser d'ou ce genre de degats.
@TMT.... Un petit copier/coller ... justement de 360am
Larry
| 07-12-2017 20:52
http://afrique.le360.ma/tunisie/economie/2016/04/10/1550-levasion-fiscale-coute-7-milliards-de-dinars-par-la-tunisie-1550

... Que l'on nous explique !... et ça vient de l'UGTT (qui en plus en veut à l'UE) ????

- Il y a bien fraude fiscale : quand ça nous arrange
- Il n'y a pas fraude fiscale : quand ça ne nous arrange pas
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