Beaucoup d’humiliations et peu de dignité

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Par Nizar Bahloul

Record historique d’enfantillages cette semaine à la présidence de la République. L’image de cette institution se trouve fortement ébranlée, tout comme celle du président de la République. Et dire que cette institution était, il n’y a pas si longtemps, une citadelle et que la critique-même du président de la République exposait son auteur aux pires châtiments.
Moncef Marzouki s’est fait un objectif de casser cette image et cette sacralité et il l’a déclaré à plusieurs reprises. Chapeau Monsieur le président, vous avez réussi. La voilà trainée dans la boue. Et vous avec ! Ce sera la seule chose que vous aurez réussi durant vos sept mois à la tête de la République tunisienne.
Qui en est responsable ? Les médias ? L’opposition ? Vos alliés au pouvoir ?
Pendant que Moncef Marzouki se terre dans son silence assourdissant du palais de Carthage, ses conseillers sortent, tour à tour, pour nos donner le choix de ceux qui sont responsables de cette désastreuse image.
Ne vous attendez pas à des mea culpa et à des excuses, au Palais de Carthage, le fautif c’est toujours l’autre.
La palme d’or en la matière est accordée, sans hésitation aucune, à Adnane M’nasser, porte-parole de son excellence qui n’a pas trouvé mieux que l’appareil téléphonique du président pour l’accuser de ne pas capter le réseau et de laisser ainsi le chef suprême des armées injoignable durant toute une journée. Fallait la trouver celle-là !
Samir Ben Amor et Imed Daïmi ne feront pas mieux que M’nasser. Ils se sont tellement entremêlés les pinceaux qu’ils ne savent plus quelle version rocambolesque offrir aux médias et au public.
Le benjamin de l’équipe, Ayoub Massoudi, nous dira qu’on ne l’a pas laissé travailler.
Tout comme le traqueur des emplois fictifs, Mohamed Abbou, qui se plaint de ne pas avoir eu la possibilité de faire sa chasse aveugle aux sorcières librement.
Entretemps, c’est le président en personne qui est publiquement humilié. Il n’échappe même pas aux railleries de la presse internationale. Qui en est responsable ? Pourquoi l’image de l’ancien militant des droits de l’Homme a été souillée ainsi ?

Certains amis de Marzouki ont vu le danger venir depuis des mois et ils l’ont prévenu. Certains l’ont même prévenu publiquement. Il ne les a pas écoutés.
En février dernier, dans ces mêmes colonnes, j’ai signé à ce propos une chronique intitulée « La nouvelle prison de Marzouki ». En voici un extrait.
« Maintenant, Marzouki a de nouveaux amis. La majorité de ceux qui l’entourent actuellement, il les a connus en 2011. On ne saura dire s’ils sont ou pas opportunistes, mais il est certain que le nouvel entourage de Marzouki ne ressemble en rien à celui des années de braise. Et il est également certain que dans cet entourage, on trouve des dizaines et des dizaines de courtisans.
Enfin, il est plus que certain que ceux qui l’entourent cacheront, tôt ou tard, les réalités au président pour ne lui donner que leur vérité. Et ils le pousseront, un jour, à dire : « On m’a trompé ».
Marzouki est à Carthage et ce palais est une prison dorée dont les geôliers sont ces courtisans qui l’entourent. Et ces geôliers ne vivent que grâce à leur courtisanerie pour lui et leurs insultes immondes pour les autres (j’en sais quelque chose).
Et plus le temps avance, plus le nombre de ces geôliers va augmenter.
Et plus le temps avance, plus Marzouki va se plaire dans sa prison dorée et il va tout faire pour y rester le plus longtemps possible. Même s’il ne le voulait pas, ses courtisans le voudront, car sans lui, eux n’existent pas.
Et plus le temps avance, plus il va considérer les critiques comme des détracteurs et les vrais amis comme des ennemis. Il ne saura écouter que les paroles des courtisans. »


Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et Marzouki a été totalement isolé de ses anciens amis. Même ses amis islamistes l’ont lâché.
Que lui reste-t-il ? Des conseillers qui attaquent l’opposition, les alliés et les médias. En clair, tout le monde. Ils ne laissent aucun ami de leur côté. L’argument de M’nasser quant au réseau téléphonique non opérationnel est à inscrire dans les annales. A-t-on idée d’accabler ainsi son propre patron, alors que celui-ci est déjà fortement fragilisé ?
Le président a subi trop d’humiliations et il ne faut pas aller chercher des boucs émissaires pour expliquer ce bas niveau atteint.
Il en est le premier responsable de par ses actes, de par ses choix. Cela a commencé par sa présidence anormale en optant pour le burnous, le pin’s et l’absence de cravate. Ensuite, par le choix de plusieurs de ses conseillers. Enfin, par sa volonté de désacraliser l’institution présidentielle. Au stade où on en est, on ne parle plus de désacralisation, mais de clochardisation.
Il n’y a personne pour stopper le président dans ses folies, pour lui dire non. Rien que pour cette semaine, il a été poussé (ou n’a pas été arrêté) à publier ces deux arrêtés ridicules sur le gouverneur de la BCT et le FMI prenant le gros risque d’être déjugé par le gouvernement et recevoir ainsi deux autres claques. Il a été poussé (ou n’a pas été arrêté) à annoncer un discours de dernière minute avant de se raviser deux heures plus tard, pour annoncer son annulation puis, quelques minutes après, son report.
Avec de bons conseillers, le président de la République n’aurait commis aucune des bourdes de cette semaine.
Certes, il en est le premier responsable puisque c’est lui qui les a choisis. Certes, il est têtu et sûr de lui et impose son avis à tout le monde. Mais cela fait des mois qu’il est sous les feux des critiques et aurait dû être rappelé à « l’ordre du bon sens » par son entourage.
La nature ayant horreur du vide, le grand public s’en est chargé à sa manière.
Ses amis et ses électeurs l’ont critiqué, les médias et les facebookers l’ont tué et les propos de Hamadi Jebali, vendredi dernier à l’ANC, l’ont achevé.

Que reste-t-il à Marzouki et aux M’nasser, Daïmi et Ben Amor, maintenant qu’ils sont à terre ? Le courage de sauver leur dignité en démissionnant. Il y va de leurs personnes, mais aussi de l’institution présidentielle, de son image et du pays.
Ils se doivent maintenant de quitter le palais de Carthage et aller faire leur campagne électorale, sans l’argent du contribuable et sans engager le gouvernement avec leurs promesses fantaisistes et soif vengeresse qui sème la discorde.
S’ils quittent maintenant, il leur restera encore une chance de convaincre quelques citoyens naïfs de leurs projets révolutionnaires. Abbou l’a compris.
Autrement, il n’est pas interdit de penser qu’une motion de censure contre le président soit présentée. Voire pire, comme il se chuchote dans les coulisses, un certificat médical. Après tout, on n’en est pas à une humiliation près.

Crédit dessin : Lotfi Ben Sassi, paru sur Nessma TV
26 commentaires
une civilisation qui chifonne la sacralité DIVINE ,me parait
j.trad |26-07-2012 03:59
plus que ridicule en se souciant de la sacralité de l'accoutrement(cravate et le reste des accessoires :empruntés aux colons,ne l'oublions pas,) pourquoi ne pas évoquer l'extraordinaire charisme du président communiste HOUCHI MINH du VIETNAM ? et pour ne pas aller loin ,un peu plus proche ,un certain jours à la MECQUE la légendaire modestie de 3OMAR IBN AL KHATTAB ,je me demande pourquoi des intellectuels se laissent glisser vers la médiocrité des apparence ,au lieu de remercier ALLAH d'avoir amené au PALAIS PRESIDENTIEL un véritable intellectuel qui méprise les futilités et le SNOBISME IDIOTle burnous est mille fois plus tonifiant de HAYBAT ADDAWLA que les costume serrés ,et à connotation coloniale ,
L'autre version des faits
Ergo sum |02-07-2012 17:58
Un pdpiste jaloux pour son patron qui a toujours rêvé de la présidence et ne l'a pas eue et ne l'aura jamais, ça il faut le comprendre!!!! Quoi qu'il en soit l'Histoire enregistrera que le premier président de la deuxième république tunisienne s'appelle MMMarzouki
Maintenant, les mêmes faits et chiffres disent encore que Marzouki avec tout ce qui est arrivé, est resté à la tête du classement des populaires. Le peuple n'est pas dupe pour suivre les quiproquos de ben sassi ou ses amis, le peuple peut juger seul, peut voir qui a saboté qui!! et qui est le plus crédible, Ennahdha qui se disait représentante de l'islam, al jomhouri qui veut un gouvernement de salut national après presque un an, l'initiative des ex-destouristes et rcdistes mélangés, le reste du monde...

Aujourd'hui le climat est propice pour qu'un jeune vienne prendre les pouvoirs laissant tout le monde derrière.
tirez pas sur l ambulance
salahtataouine |02-07-2012 13:22
Doha a dit qu il doit rester pour servir (et service rendu !!!)
la démission n'est pas vraiment la solution
Zaghouani |02-07-2012 12:26
en effet, même s'il a des prérogatives limités, et qu'il accumule les idioties et les "fdhaya7", le président ne doit pas démissionner ne serait-ce que pour ne pas laisser le champ libre a enahdha. Au moins les divergences d'opinion et les querelles nous permettent de suivre à peu prés ce qui se passe et réagir en conséquence
On dynamite et on verra après?
Bob |02-07-2012 11:05
On dit que ''La meilleure façon d'éliminer une mauvaise suggestion est d'en proposer une meilleure.''
Vous voulez éliminer une mauvaise suggestion (présidence) et vous proposez une pire: le vide. On attend l'esquisse d'une meilleure...
***
Aures |02-07-2012 10:33
MM s'est trompé de partenaire; MM s'est trompé de choix, en acceptant et en exigeant le poste de Président sans "pouvoir" et s'était évident vu le poids éléctoral du 23 octobre, il aurait du exiger le portefeuille de la justice, la réformer et acquérir une popularité lui permettant de renforcer son poids électoral et accéder à la magistrature suprême aux prchaines éléctions avec des prérogatives à la hauteur; maintenant, cette experience à carthage n'a fait que diminuer sa popularité, disloquer son parti. Avant qu'il ne soit totalement grillé il lui reste une des deux choses à faire : soit limoger Jbali et exiger une révision de la loi sur la répartition des pouvoirs soit démissionenr et reprendre son role dans l'opposition, dans les deux cas Ennahdha se trouvera dans une situation inconfortable.
il n'est nul aveugle que celui qui ne veut pas voir
mirage |02-07-2012 10:25
Un président quel-con-que, sans jeu de mot, sans coups tordus dans la tête et fidèle comme un nahdaoui au pouvoir qu'il croit détenir et qui n'est que chimère, à vous lire Mohamed 2, l'on se croirait que vous dépeignez une femme au foyer, une poule dans un poulailler, dusse-t-elle être à Carthage au milieu des renards édentés qui attendent leur heure pour un festin macabre.
Quant aux prochaines élections dont nul ne sait quand elles auront lieu et dont l'exemple le plus sordide est celui de l'Egypte que l'armée détient comme une propriété privée, les présidentiables savants, ne mordent pas à votre hameçon et les bien-nés ne se livrent pas au commerce des gamelles, ils observent comment un petit pays, du nord de la méditerranée, sombre dans l'arriération, condamné par lui-même à la régression et livré par lui-même aux chameliers du Golfe, voilà ce que vos savantes analyses n'ont pas pu ou n'ont pas voulu observer dans la situation présente du pays.
C'est dommage pour un prophète numéro 2 de s'être si brutalement frappé de cécité, mais l'histoire enseigne, qu'on peut en guérir pourvu qu'on s'en donne les moyens, car il n'est pire aveugle que celui qui refuse de voir.
Les insultes bon signe pour Dr Marzouki
Dali |02-07-2012 09:27
Allez y! Allez y! Plus vous insultez le grand militant plus vous dopez sa popularité! Comme vous l'aviez d'ailleurs fait avec Ennahdha avant le 23 octobre!
oui mais
hédi |02-07-2012 08:49
l'article est bien fait , mais la caricature ne comporte aucune recherche , de la naïveté
monsieur moncef el marzouki
houdaida |02-07-2012 07:05
si vous ne demissionez pas le plus tot possible vous allez plonger la tinisie dans l obscurité total vous etes encore entrain de vous battre avec ben ali vous ete hanté par lui nous voyons la haine que vous avez pour ben ali et l'envie de le casser dans chacune de vos apparition. ils vous pose un grand problleme . il va falloir vous faire aider pour tourner cette page et vous debarrasser de ce complexe comprehensible. pour pouvoir un jour reussir quelque chose
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