Banques tunisiennes : les indicateurs sont en hausse

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Le secteur bancaire a connu une année 2011 assez turbulente en Tunisie. En effet, avec les événements de décembre 2010 à janvier 2011, donnant lieu à la révolution tunisienne, plusieurs banques ont été privées de leur clientèle la plus fortunée, particuliers et entreprises, et ont subi de grandes pertes suite à la destruction, le vol et l’incendie de certaines de leurs agences.
Pourtant, selon les indicateurs publiés sur le site du CMF, plusieurs banques ont su dépasser cette crise, enregistrant des indicateurs en hausse par rapport à l’année dernière.


Nous citons, par exemple, l’UIB dont les dépôts de clientèle, confondus, ont progressé de 8,89% au cours de l’année 2011 atteignant un montant de 2 450,9 millions de dinars. Les dépôts d’épargne ont aussi progressé de 13,09% pour s’établir à 821,7 millions de dinars, ce qui a représenté 33,5% de l’encours global des dépôts de la banque à fin 2011.
Cette hausse n’a pas épargné la banque d’un impact considérable au niveau des ressources en devises et en dinars convertibles collectées auprès des entreprises multinationales et des établissements locaux opérant dans le secteur public, comme elle a subi une évolution défavorable des dépôts à vue en dinars collectés auprès des grandes entreprises privées locales, de la clientèle PME et des établissements opérant dans le secteur public.
Ceci pourrait être expliqué par la fermeture, dans certains cas définitive, de quelques entreprises locales et multinationales, mais également la chute qu’a connue le secteur du tourisme en Tunisie l’année écoulée.
La banque s’est, par ailleurs, distinguée en enregistrant l’augmentation la plus importante du PNB. Avec +14,87%, l’UIB a pu atteindre lors de l’année 2011 un PNB 183 883 mille dinars.

La BT, quant à elle, a enregistré une croissance au niveau des crédits à la clientèle (+10,9%) et des produits d’exploitation bancaire (+8,1%). Le produit net bancaire, principal indicateur de la banque, a augmenté de 3,5% par rapport à l’année précédente.
En revanche, les dépôts de la clientèle ont légèrement diminué de 0,7% pour passer de 2.419 millions de dinars fin décembre 2010 à 2.401 millions de dinars fin décembre 2011. Cette évolution est la résultante d’une augmentation des dépôts à vue de 71 millions de dinars, d’une croissance des dépôts d’épargne de 41 millions de dinars compensée par une baisse volontaire des dépôts à terme de 134 millions de dinars à cause de la cherté de cette catégorie de dépôts.

Même constat pour l’Amen Bank qui a vu ses crédits à la clientèle augmenter de 588,3 millions de dinars, soit un taux de croissance de 15,8%. Les dépôts aussi ont été révisés à la hausse, mais à un taux inférieur (6%). Par ailleurs, les charges d’exploitation bancaire ont enregistré une augmentation de 16,2 millions de dinars ou 10,1%. Le produit net bancaire, quant à lui, a progressé de 5,6%, atteignant 179 891 mille dinars.

Attijari Bank a aussi connu une année 2011 assez positive avec un accroissement de 18% de l’encours net du crédit par rapport à son niveau une année auparavant. Les dépôts de la clientèle ont aussi enregistré une hausse de 3% pour se situer à fin décembre à 3 317 MDT.
Le produit net bancaire a lui aussi progressé de 10%, passant de 167 401 à 183 883 mille dinars.
Par ailleurs, les charges générales d’exploitation ont augmenté de 15% à 92,2 MDT, imputable essentiellement à l’accroissement de la masse salariale de 20% à 65,8MDT. Les charges d’exploitation ont été maîtrisées avec une augmentation de 3%.

L’ATB a suivi la même tendance, réalisant une évolution positive de ses principaux indicateurs, ce qui lui a permis de maintenir son dynamisme commercial.
En effet, les crédits nets de la banque ont atteint 2.382,2 MD fin décembre 2011, contre
2.252,4MD au 31 décembre 2010, soit une augmentation de 5,76%.
Les dépôts de la clientèle se sont aussi établis à 3.214,9 MD à la même date contre 2.893,5 MD l’année dernière, soit 11,11%.
Au niveau du PNB, on observe une croissance de 7,29% qui permet à la banque de se positionner en 5ème rang.

Pour sa part, la Biat a clôturé l’année 2011 avec une progression de 20,8% de ses encours de crédits par rapport à fin décembre 2010. Le taux d’accroissement des encours de dépôt a été largement inférieur, se fixant à 3% lors de la même période.
Un signe prometteur, néanmoins, pour la banque, est l’importante évolution de son PNB qui s’est affiché à fin décembre 338,7 MD, soit une hausse de 11,4%.

La BTE a aussi enregistré une hausse au niveau de son PNB, qui demeure de loin inférieure à celle de la Biat. En effet, le produit net bancaire de la BTE a atteint 22,924 millions de dinars, soit une croissance de 3,7% par rapport à l’année 2011.
Les dépôts de la clientèle ont enregistré, de leur côté, une progression de 25,3% par rapport à l’année 2010. Cet accroissement concerne toutes les catégories de dépôts, et plus particulièrement les dépôts à vue (+48,6%) et les dépôts d’épargne (+29,2%).

L’UBCI, qui ne sort pas du lot, a enregistré un PNB 122MD, soit une augmentation chiffrée à 13 MD par rapport au 31 décembre 2010. Les dépôts de la clientèle ont augmenté, pour leur part, de 7% pour atteindre 1.770 MD. Cet accroissement provient de l’évolution des comptes à vue (+19 %) et des comptes d’épargne (+ 15 %).

Ceci n’est pas le cas de toutes les banques de la place. Par exemple, le produit net bancaire de la STB a accusé, au terme de l'exercice 2011, une baisse de 8,5% comparativement à son niveau enregistré au terme de l'année 2010. Pourtant, les dépôts de la clientèle ont augmenté de 4,5% et les crédits à la clientèle net, ont eux aussi enregistré un accroissement de 5,7%.

La banque de l’Habitat (BH) a vu, durant la même période, ses dépôts de la clientèle diminuer de 31 millions de dinars soit 0,93% par rapport au 31/12/ 2010. Cette diminution provient essentiellement de la baisse des dépôts à terme de 132 millions de dinars. Le produit net bancaire de la BH a aussi baissé de 4,1 millions de dinars soit 2,11% provenant principalement de la diminution du taux du marché monétaire.
Une augmentation de 6,53% a été, néanmoins, relevée au niveau des encours de crédits nets de provisions.

La BNA, marraine des banques tunisiennes, a pu amortir sa chute. En effet, grâce à l’augmentation de 4% de ses encours de dépôt, le PNB de la banque n’a baissé que de 0,2%, et ce malgré l’augmentation des charges d’exploitation de 17,9%.
Elle se positionne ainsi en second rang, derrière la Biat, avec un PNB, au 31 décembre 2011, de 261 203 mille dinars.



Zeyneb Dridi
19 commentaires
ratios
pipo |09-02-2012 16:28
mes amis, il ne s agit pas de lire des chiffres absolus, aussi faramineux puissent ils sembler, pour analyser une baque...
il faut rassembler les chiffres par compartiment, puis faire des analyses sur les ratios obtenus quant a la capitalisation,la profitabilite, la liquidite, la capacite de generation de business, etc...etc..comparer au dedans du secteur,et aux ratios internationaux....les chiffres absolus ne veulent absolument RIEN dire...
BIAT
sami |09-02-2012 08:47
La BIAT sort du lot ... Les autres à la traine
bravo sahibolhimar!
nan |08-02-2012 18:40
votre analyse est tout a fait véridique et non seulement rien a changé depuis le 14/01/2011 mais la situation s'est empirée.

Tout commissaire aux comptes sait pertinemment que la mauvaise gestion des banques n'est un secret pour personne, s'agissant d'actes contraires à la déontologie bancaire posés sciemment par les organes dirigeants des banques dans le but de bonifier l'image de leur établissement:
-le maquillage de la qualité des portefeuilles avec des créances compromises conservées parmi les créances saines afin de bénéficier de leur refinancement par la Banque Centrale et éviter le provisionnement de ces créances,
- la comptabilisation des profits fictifs lorsque ces créances gelées continuent de faire l'objet de perception d'intérêts gonflant abusivement le compte d'exploitation,
- la fuite en avant dans les financements mal étudiés dans l'espoir de compenser les pertes antérieures
- les crédits exagérés aux affaires des dirigeants de la banque ou les crédits aux amis des dirigeants.
Tout cela est le quotidien des banquiers tunisiens.
Absence totale de la BCT, du ministère des finances.
CMF-BCT-COM CPT
moncef |08-02-2012 17:22
Les chiffres définitifs méritent confirmation par les rapports des commissaires aux comptes et contrôle de la BCT.
Le plus important c'est le contenu de la lettre de Direction des com aux cpts
@BN
sahibolhimar |08-02-2012 16:52
je sais bien que vous le faites, mais de manière statique, vous vous contentez de citer les chiffres sans chercher leur sens, leur validité, sans faire d'enquête de terrain. Ce que je vous propose cette années c'est d'aller un peu plus loin.

A bon intendant.
Contradiction mathématique!!!!
raouf |08-02-2012 16:30
L'augmentation des actifs et des crédits des banques tunisiennes de 15% en moyenne en 2011 alors que la BCT déclare une récession économique de 1,5% et que toutes les banques tunisiennes financent l'économie tunisienne et ne font pas du business à l'étranger est une contradiction économique, financière, mathématique et statistique! L'une des deux ou bien les chiffres de la BCT sont faux ou biens les états financiers de nos banques sont faux! Et moi je pense que lorsque je vois la frénésie de la consommation acheteuse des tunisiens malgré la crise et l'envolée des prix, le chiffre négatif de la croissance en Tunisie me paraît douteux, très douteux même? Presque un photoshop de chiffre à l'adresse du nouveau gouvernement.
@airoud123 et @BN
sahibolhimar |08-02-2012 16:19
Je sais de quoi je parle ayant participé moi même à l'audit des comptes de quelques banques il y a de çà quelques années, mais j'imagine que la situation est restée la même. Il faut voir que le commissariat aux comptes des banques est un mine d'or pour les cabinets d'audit et d'experts comptables, et par conséquent celles ci, même celles qui ont une signature internationale, ferment souvent les yeux sur des aberrations flagrantes tant qu'il y a un petit justificatif qui peut servir de poudre aux yeux et qui leur permet de couvrir leur complicité. Le budget de commissariat d'une banque va de 500.000 à 2.000.000 de dinars, vous imaginez alors que ces gens là ne sont pas prêts à fâcher leurs clients et ternir leur réputations.

Maintenant pour BN, ce que je vous propose c'est de décortiquer pour vos lecteurs les comptes d'une banque (prenons l'exemple de l'UIB, ce sera très bien, puisque le DG est le plus imbu de sa personne de tous les DG de banques, et il veut toujours être le meilleurs). Je m'engage à le faire avec vous une fois les résultats définitifs publiés fin mars. On verra alors d'où ils créent leurs résultats, on analysera ligne par ligne la structure du PNB et du compte du résultats, on verra où ils génèrent leurs millions de profits, sur les crédits de consommation aux particuliers ou sur l'encouragement des entreprises, etc....

On peut faire même mieux, s'il y a des volontaires :

- on peut prouver les pratiques illégales des banque en allant demander des crédits de consommations dans les guichets et en filmant par des caméras cachées

- on peut faire un tour un WE et voir tous les guichets automatiques qui ne fonctionnent pas en les filmant

- avec quelques complicités dans les banques et à la banque centrale on peut décortiquer les comptes de quelques clients et voir les pratiques de maquillage des provisions et de sur évaluation des garanties.

Bref je propose à BN de faire une vrai enquête de journaliste concernant l'état des banques, de leurs comptes et de leurs services, on aura au moins gagné ceci avec la révolution.

S'il y a des volontaires, qu'ils se manifestent sur BN, on peut bâtir un vrai plan de bataille pour contrer ces mafieux DG de banques qui ne pensent qu'à leurs poches.

Pour la question de BALE, il faut savoir que nos banques ne sont même pas BALE 1 tellement leur situation est détériorée. S'ils affichent leurs vrais comptes, ils seront tous en banqueroute.

Bien à vous.

Réponse : Nous faisons déjà ce travail avec plusieurs banques de la place, bien avant la révolution, au mois de juin, juste après les AG.
@tounsi
airoud123 |08-02-2012 11:20
pour décortiquer le détail des chiffres d'une seul banque il faudrait un article d'au moin 200 pages .
oui je trouve superficielle comme article .
@sahibolhimar
airoud123 |08-02-2012 11:16
je vais vous repondre sur vos arguments point par point :
1- ce n'est pas le taux d'intérêt qui est d'un autre age , c'est la marge sur le TMM .
2-les commissions varient d'une banque a une autre et c'est a la charge du client qui doit choisir sa banque qui facture la commissions les plus faibles.
3-les trafics sur les provisions ( déclassements des créances ) pour créances douteuses se plus rare qu'autre fois .
4-les expertises des garanties n'est pas une obligation légale , toutefois les trafics perssistent encore .
5-c'est le détournement de la légilslations pour des raisons commerciales .
6-tout a fait raison pour les salaires .
7-bale 2 c'est de l'histoir maintenant c'est bale 3.
ca suffit
a si jemes bond |08-02-2012 10:52
vraiment tu est le meilleur, monsieur je sais tout je t'informe que les crédits accordes a ces stés sont couverts par des garanties et surtout ce sont des bons projets et bien réussi cesser de faire du mal a votre pays ce genre de remarques va mener le pays vers la ruine
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