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Chroniques

A quelques mois des élections, le temps des retrouvailles ?

A quelques mois des élections, le temps des retrouvailles ?

 

A l’approche des élections législatives et présidentielle, les formations politiques reprennent leur jeu favori, celui des chaises musicales. Ils ont passé quatre années à se diviser, se fragmenter, se décomposer et se désintégrer pour se rappeler, avant quelques mois seulement des prochaines échéances électorales, que ce qui les unit est plus fort et plus important que ce qui les sépare.

 

Le groupe de Hammamet du Nidaa conduit par Sofiène Toubel s’apprête à annoncer un rapprochement avec le Machrouû de Mohsen Marzouk. Pour l’heure, on ne sait pas encore si ce rapprochement se fera sous la forme d’une coalition électorale ou au contraire, aura une dimension structurelle profonde et se matérialisera par une fusion entre les deux formations politiques. Il semblerait donc qu’aujourd’hui, pour le groupe Toubel au sein de Nidaa, toutes les alliances sont les bienvenues, même avec les pires ennemis d’hier, tant que cela permet d’affaiblir l’autre clan de Nidaa, celui du fils du président. De son côté, Mohsen Marzouk semble avoir oublié toutes les raisons importantes, objectives et sérieuses qui l’ont poussées à partir de Nidaa, alors qu’il en était le secrétaire général, et aller créer son propre projet politique.

 

Le Harak de Moncef Marzouki avait annoncé lui aussi un rapprochement  avec le Wafa de Raouf Ayadi. Ils étaient tous deux parmi les fondateurs du CPR avant d’aller, chacun de son côté créer son propre parti. Dans le temps, l’un comme l’autre, n’ont pas présenté des raisons convaincantes pour quitter le navire CPR qui a sombré depuis. Aujourd’hui encore, aucune argumentation politique sérieuse n’est proposée pour expliquer ces retrouvailles. Peut-être que pour ces deux personnalités politiques connues pour leur caractère sanguin, le cœur a ses raisons que la raison ignore.

 

Le parti Joumhouri prépare, lui aussi, une coalition avec le Massar, le MDS et des indépendants. A première vue, ce sera une coalition entre des formations politiques qui ont désormais une présence très faible sur le terrain, mais qui semblent vouloir invoquer ensemble, leur histoire militante et leur crédit symbolique. Dans le cas de sa concrétisation effective, cette coalition peut séduire les nostalgiques parmi les électeurs tunisiens de plus de cinquante ans.

 

Même Tahya Tounes qui a moins d’un trimestre d’existence et qui est né grand, selon les dires de son secrétaire général, il n’a pas résisté au jeu du démembrement/remembrement qui a été à l’origine de sa propre éclosion et   auquel s’adonnent tous les partis politiques tunisiens sans exception, même ceux qu’on croyait épargnés comme le parti islamiste Ennahdha et le Front populaire. Il y a quelques semaines, il a annoncé une fusion avec le parti Moubadara de Kamel Morjene. Sur le terrain, cette fusion ne semble pas apporter beaucoup ni pour les dirigeants de Tahya Tounes ni pour le patron de Moubadara. Par contre, elle peut être utile pour réussir la photo de famille.

 

Toutes ces tentatives de rapprochement entre des formations politiques qui, durant toutes les dernières années ont mis en avant les rivalités et les contradictions, donnent l’impression au niveau de la rue tunisienne, d’une nouvelle machination de la part des partis politiques. Le sentiment de soulagement que pouvait provoquer l’annonce du rapprochement entre des partis politiques rivaux n’a pas été le sentiment le plus perceptible. Au contraire, on n’y a vu qu’une manœuvre de plus qui sert les intérêts des partis et de leurs dirigeants en vue de garantir un siège au sein du prochain parlement. Le fossé qui sépare la classe politique des Tunisiens n’est pas prêt d’être comblé. 

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Commentaires (4)

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Bahr
| 10-06-2019 19:39
L union ou les coalitions entre partis ou même personnalités politiques ayant déjà prouvé leur défaillance politique après l avortement de tous leurs projets et serments, est le dernier soucis des tunisiens. et dans l attente d un miracle politique, histoire d éviter le désespoir, nous attendons le partis et le politicien prodige qui nous tombera du ciel et sauvera cette pauvre Tunisie. le temps des miracles est révolu et nous le savons.

Zohra
| 09-06-2019 19:19
De créer un parti fort moderne qui répond au attente du peuple. Se rassembler et faire un programme en commun. Il est temps et urgent s'autoconstituer pour former une majorité solide. Au lieu de faire du rafistolage avec toujours les mêmes.

Par contre, un pays en déficit démocratique ne pourra jamais marcher en politique.

mansour
| 09-06-2019 19:08
car les tunisiens ne peuvent plus longtemps endurer les marchandages les calculs électorales et la lâcheté des politiciens soumis aux islamistes freres musulmans salafistes d'Ennahdha pour accepter l'entente,le consensus et un régime parlementaire pour manipuler Nida Tounes,Tahya Tounes et Harak de Moncef Marzouki+Abbou+ Nabil Karaoui et Hamma Hammami

Zohra
| 09-06-2019 17:48
La frustration bien légitime ressentie par une part importante de tunisiens face à une classe politique ne semblant pas être à la hauteur, le mot est bien faible pour certain.
comment expliquer une telle ampleur d'évaluation négative de celle-ci ?

D'une part la médiocrité et la déception des hommes politiques et
De l'autre le formatage audiovisuel eg les réseaux sociaux, la negativation des hommes politiques durant la période de crises. (Genre Nesma et bien d'autres)



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