Ô ministres intègres, Ô conseillers vertueux !!!

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Par Hédi Sraïeb
*

Je n’ai de cesse de rappeler, tout au long de différents articles, que notre modèle de développement est moribond. Tout bien entendu n’est pas à jeter, suivant en cela le vieil adage : on ne jette pas le bébé avec l’eau du bain.
Il n’en est pas moins vrai que la prégnance des choix passés reste vivace dans les esprits et forte dans les choix présents.
La loi de finances et le programme du gouvernement en portent la trace. Pire, les cercles dits avisés, think-tanks et autres comités d’experts, dessinent un devenir tout aussi empreint des mêmes travers, des mêmes lignes de « fuites en avant », toutes à la fois dispendieuses, mercantiles et dévastatrices au possible !

Une forme de mémoire sélective a abouti à s’imaginer que les seuls déterminants de cette crise politique et sociale se réduisaient à la corruption et au népotisme. Du coup, un modus vivendi, semble refaire surface, se réinstaller, autour d’un modèle économique jugé sain, efficient, viable et équitable, une fois débarrassé de ses scories mafieuses. Son essence libérale pourtant outrageusement visible n’est pas pour déplaire à certains milieux d’affaires, d’experts appointés et d’un gouvernement provisoire en quête de légitimité. Quand ce n’est pas aussi à la haute fonction publique.
Or, nos grands commis de l’Etat formés à l’école du consensus de Washington, inquiets un temps, mais qui ont toujours su humer « l’air du temps », se sentent de nouveau pousser des ailes et s’engaillardissent au point de ressortir des tiroirs des projets que l’on espérait définitivement enterrés. Cette administration centrale, pétrie des certitudes orthodoxes, appelée aussi « technocrates », voyant que l’option libérale se confirmait jour après jour, adhère aux options de la troïka et affiche sa complaisance active.

Prenez le temps de lire le document édité par le ministère du Développement régional et de la Planification intitulé « Les grands projets en Tunisie-Mai 2012 »: Edifiant d’indigence, mais plus sérieusement, du déni flagrant d’une indispensable rupture d’avec les tendances lourdes, pernicieuses héritées du passé.
Outre la forme racoleuse à souhait du document, vous ne mettrez pas longtemps à vous apercevoir que ces grands projets ressemblent à s’y méprendre à ceux qui étaient déjà dans les dossiers partagés des services « compétents » du régime déchu et des bailleurs de fonds internationaux, tous marqués des mêmes illusions, des mêmes paralogismes, des mêmes faux espoirs. Illustrations.

Privatiser les secteurs stratégiques ; continuer à bétonner la façade balnéaire, accroitre les capacités hôtelières d’hébergement, multiplier les marinas, les golfs, les centres de thermalisme. Pas l’ombre d’un changement de cap. Il est pourtant admis que ce secteur touristique est littéralement « sinistré » et qu’il pourrait bien nous entrainer vers des abimes jusque là inconnues.
Mieux, j’affirme et ose dire que le secteur du tourisme est un éminent facteur de « risque systémique », à l’instar de la crise des « subprimes » aux USA ou de la crise immobilière en Espagne. Les quelques mille hôtels que compte le pays représentent à eux seuls 75% de l’encours de dettes quasi irrécouvrables du secteur bancaire, lequel est en limite d’implosion : des créances douteuses qui représentent plus de 30% de l’encours de crédit, de quoi faire effondrer sur lui-même, ce secteur névralgique de notre économie. Comment peut-on rester aveugle face à ce risque ?
Outre le fait que dans notre pays, « béton » rime avec « corruption », notre administration centrale, avec la complicité des cercles évoqués plus haut, s’échine à prolonger ce modèle qui a fait grand tort au pays : privatisation rampante, priorité réaffirmée à la rentabilité immédiate, appel aux capitaux étrangers, poursuite d’une compétitivité fondée exclusivement sur le coût du travail.
Chômeurs diplômés, régions à l’abandon ? Rien !

De grandes plateformes logistiques en veux-tu, en voilà ! Dans la même logique que nos 9 technopoles toujours désespérément vides. Mais pour quelles activités industrielles l’installation de telles capacités d’entreposage et de stockage ? Pas l’ombre d’une réponse, mais toujours cette idée fallacieuse que nous pourrions continuer à développer des activités de services sans soubassement industriel ou agricole !
La Tunisie, l’ai-je dit à maintes reprises n’a ni l’histoire ni le devenir de Singapour ! 96 pages d’un document qui donnent cette vertigineuse sensation de déjà vu, mais certes profitable pour quelques uns.
Soyons tout de même beaux joueurs, le document comprend quelques projets de biens infrastructurels : centrales électriques, solaire et éolienne, et stations de dessalement d’eau de mer !
Enfin, il était temps. Non, ne vous s’y trompez pas, 2 projets sur 3, sont réservés aux capitaux privés, toujours et encore et l’un d’eux (le dessalement) allait être réalisé par Sakher El Materi à Djerba.
Vouloir à ce point étouffer les fleurons de nos services publics que l’on ne s’y prendrait pas autrement. Cette critique n’a rien d’idéologique, mais de simple bon sens. L’Etat devrait consolider sa fonction de fournisseur de biens publics, quand le privé devrait tendre à remonter dans la chaine de la valeur et fournir produits et services à plus forte valeur ajoutée. Rien de tel en perspective ! La sainte-alliance de la cupidité « géographiquement localisée » est de retour !

Pas un seul projet dans l’agroalimentaire, les bioindustries, l’informatique. Franchement, un document affligeant, alors il n’y a rien, non plus, à attendre de cette haute fonction publique trop contente d’exhumer ces projets. Décodez ce document, des appels d’offres à gogo, priorité aux détenteurs de capitaux privés locaux et étrangers… les affaires reprennent !!! Sans toutefois tomber dans le dépit, il me vient à l’esprit cette tirade de Ruy Blas: Bon appétit, messieurs! Ô ministres intègres ! Conseillers vertueux ! Voilà votre façon….. De servir, serviteurs qui pillez la maison ! Lisez la suite en vers dans le texte.

*Hédi Sraieb, Docteur d’Etat en économie du développement
12 commentaires
tunisie3
mogas |25-05-2012 02:09
si le peuple arrete de travailler ils sont paralyses dans leur exploitation dans leur systeme injuste pour rappel, maintenant il y'en a deja

ils vont regretter ce programme ultraliberale anti revolutionnaire pro riches
tunisie2
mogas |25-05-2012 02:07
NE FERA QU'APPROCHER
mogas
mogas |25-05-2012 02:07
inchaAllah à bas le liberalisme un systeme proche de la faillite dans le monde mais voyons si jebali nous a trouvé sa sauce liberale voir ultraliberale
pire que sarkozy

jebali encore un effort et le peuple va se faire devorer par ses hommes d'affaires toujours pret à chercher au fonds du porte monnaie des tunisiens la moindre piece restante

ya jebali le liberalisme ton liberalisme est ahram les pauvres sont toujours plus pauvres et les riches toujours plus riches.

continue jebali la tunisie est plus forte que toi ton coup on va l'avoir mais ils reviendra à tes deputes avides d'argent de pouvoirs et de clientelisme et d'emplois pour leurs tres grandes famille à embaucher aux institution de cette republique corrompu sous le voile islamique et volé par ses hommes d'affaires
qui attendent toujours de l'etat et de l'argent du citoyen et ne leur donnent jamais rien.

si ses hommes nous donnent rien sans travail alors ils paieront leur impots et fini les cadeax et les embauche mon fils et paieras pas d'impots fini ces connerie


ENNAHDA ET CORROMPUS DEGAGER LA TUNISIE VOUS AURA ET VOUS CRACHERA POUR VOS SALES AFFAIRE ENTRE L ETAT ET LES HOMMES D AFFAIRES QUI PASSENT TOUJOURS AVANT LE PEUPLE CONTINUER A EXPLOITER LE PEUPELE MAIN DANS LA MAN VOUS RESPONSABLES DE LA FONCTION PUBLIQUES ET LES HOMMES D A FFAIRE

LES GREVES LES SIT INS ET LA REVOLUTION APRES NE FER
tunis
mogas |25-05-2012 01:57
le privé est une rapace et un puit sans fond
tu pourras mettre l'argent du monde et les tunisiens verront rien leur revenir les rapaces sont revenus
ils sont la pour se remplir les poches et exploité le peuple



c'est pas bien comme vous dites monsieur le docteur?

ben si c'est bien mais ils faut qu'ils payent leurs impots sinon ca va aller mal pour eux avec les greves mais avec un etat pareil ca tombe toujours sur les - fortunés

soit ils se font viré de leurs travail par les rapaces soit ils travaillent.

ya ennhahda crie haut et fort o riches payé les impots jusqu'au derniers millimes et la pauvreté serait fini en tunisie prenez vos reponsabilité


Y jebali, o riches impots payé ou nationalisation? o riches à vous de choisir
tunisie
mogas |25-05-2012 01:50
injustice injustice et encore injustice le peuple de son explitation finira par avoir raison de ce gouvernement et assemblee de rapaces

privatiser non mais nationaliser le peuples avant les hommes d'affaires et s'est tout pount d'exploitations du peuple
102 projets
toto |22-05-2012 14:20
Les hauts fonctionnaires de l'Etat ont, désormais, prouvé leur incompétence depuis fort longtemps. Celui qui n'est pas convaincu de ce constat ne fait que mordre sa propre queu (comme un chat). L'étalage contient une part minime, voire inexistante, de projets viables pour les investisseurs, pour les citoyens et pour l'Etat. Mais bonh, le Ministre a voulu préparer sa soupe en interne et voila le resultat: Les projet de Zaba concus spécialement pour le racket des investisseurs étrangers, qui d'ailleurs, sont loin d'être des dupes.
La critique est aisée, l'art est difficile.
Malek |22-05-2012 08:09
Avant de me faire traité de vendu, je signale que je suis un anti-Ennahdha. Pour moi, ce sont des commerçants de la religion. Ceci étant dit, je ne partage pas tout à fait l'analyse de Mr Sraieb même si j'ai un profond respect pour lui.
Le tunisien a voté pour un partie ultra-libéral. Ennahdha ne s'en est jamais caché. Dire aujourd'hui qu'on continue le même schéma que par le passé, c'est dire que le libéralisme voire l'ultra-libéralisme est une exclusivité de ZABA & co.
Aujourd'hui l'interventionnisme de l'état, même dans les pays démocratiques à tendance de gauche devient de plus en plus limité. Le secteur financier dicte ses lois puisque les états endettés et qu'ils ont besoin du secteur financier pour subsister.
Notre gouvernement n'a pas de baguette magique pour solutionner tous les maux du pays. Nous devons agir avec des priorités. Réduire le chômage en est une très bien placée.
Comment le faire aujourd'hui ? Nos seules options sont engager de nouveaux fonctionnaires ce qui a été déjà fait et qui à mon sens a été une grave erreur qui va creuser encore plus le déficit publique ou encourager l'investissement privé (local ou étranger).
Est-ce que tous les choix contenus dans ce plan sont judicieux ? NON!
Je partage parfaitement l'opinion de Mr Sraieb concernant le secteur touristique où le problème est plus structurel. La capacité hôtelière de notre beau pays est largement suffisante pour l'instant. Rajouter des Golf et des thalasso est en décalage complet avec ce que la majorité de nos touristes cherchent.
Mise à part ce secteur particulier où il faudra un article complet pour suggérer des solutions, le reste du plan tient la route dans le contexte actuel de notre cher pays.
Je trouve juste dommage que ce plan n'aille pas plus loin et n'intègre pas une vision à long terme.
Notre pays souffre. ça me rappelle un malade à qui on donne des médicaments pour traiter les symptômes sans se soucier de ce qui cause ces symptômes.
Le rôle de l'état est de fournir une infrastructure adéquate, un cadre légal adéquat et une formation adéquate. Son rôle n'est pas de lancer des sociétés ou de les gérer.
Il est clair, Mr Sraieb, que ce plan est loin d'être parfait, mais, il a le mérite d'exister et de répondre à une problématique immédiate.
Bonne journée,
Le Professeur qui chante faux
sony |22-05-2012 07:52
Cher Si Hédi, vous parlez d'investissements, de technologie et d'industrie? Vous vous adressez à qui? Certains décideurs pour épargner d'autres, pensent que les investissements deviennent un jeu, si Quatar et l'Arabie sont avec nous. C'est donc un domaine qui n'est ni dans leurs priorités ni dans leurs compétences. Bilan, on revient aux anciennes formules et même très anciennes! Comme des faux chanteurs chantent faux. Merci pour votre article
"le printemps arabe"
Karim*** |21-05-2012 21:40
Entre le joug de la pensée religieuse et l,ultralibéralisme économique la banqueroute de la Tunisie est sûrement garantie
DROIT AU BUT
Citoyen_H |21-05-2012 21:03
Pillage total de notre économie. La faillite, incessamment sous peu. La face cachée du populisme et de l'amateurisme grandissant des chameliers
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