« Don’t cry for me, Argentina… »

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Par Samy Ghorbal (*)

La défaite annoncée des islamistes libyens a fait naître des sentiments contradictoires chez beaucoup de Tunisiens. Un mélange de soulagement et d’agacement. Soulagement, parce qu’elle prouve que le « tsunami islamiste » censé déferler sur le monde arabe n’a finalement rien d’inéluctable. La vague verte avait déjà connu un premier coup d’arrêt en Algérie avec la victoire des dinosaures du FLN. Les observateurs avaient cependant fait montre d’un certain scepticisme quant à la valeur réelle de la performance des héritiers de l’ancien parti unique algérien – pas assez de garanties de sincérité, trop de soupçons de clientélisme et de tripatouillages… Le revers enregistré le 7 juillet par les frères musulmans libyens paraît plus significatif.

Bien sûr, il convient d’apporter des bémols. Islamistes et « libéraux » de l’Alliance des forces nationales, la coalition d’une quarantaine de partis emmenés par Mahmoud Jibril, l’ancien numéro 2 du CNT, partagent un même référentiel : pour les uns comme pour les autres, la Chariâa ne se discute pas, elle est la base de la législation, et sera l’épine dorsale de la future constitution. Les « libéraux » libyens sont à l’image de la société dont ils sont issus : une société traditionnaliste et ultra-conservatrice, faisant peu de cas des droits des femmes, et qui, par bien des égards, ressemble davantage à une constellation de tribus qu’à une nation évoluée, moderne et intégrée. Et c’est sans doute cet aspect qui est le plus dérangeant et le plus agaçant, pour nous Tunisiens. Cette Libye, que nous avons tendance à considérer comme arriérée et sauvage, vient de nous infliger une leçon de réalisme et de maturité, en refusant de s’abandonner à des factions politico-religieuses.

Cela étant dit, y-a-t-il des leçons à tirer de ce qui vient de se passer chez notre voisin de l’Est ? Plus maintenant. Les « libéraux » libyens ont appris de la mésaventure des partis progressistes et modernistes tunisiens, qui sont allés aux élections du 23 octobre 2011 en ordre dispersé. Eux ont su faire front, et c’est tant mieux. Mais, entre-temps, l’opposition tunisienne s’est ressaisie, au moins sur le plan de l’organisation. La scène politique s’est décantée. Et on assiste à un début de convergence des initiatives, celles d’El Joumhouri (née de la fusion entre le PDP, Afek Tounes et le Parti républicain), d’El Massar (Ettajdid, le PTT et les indépendants du PDM) et de Nida Tounes (née de la volonté et du pouvoir d’attraction de Béji Caïd Essebsi). Celui qui fera cavalier seul aux prochaines échéances sera durement sanctionné, c’est une certitude. En toute logique, personne ne s’exposera à un tel risque.
On peut donc considérer que la question de « l’union », qui avait tant agité la mouvance progressiste et moderniste, est réglée, dans son principe en tout cas. Donc, inutile de s’y attarder. Un autre chantier, bien plus délicat, attend nos opposants : trouver les voies et moyens pour une reconquête du pouvoir.
L’union est un préalable, une condition nécessaire, ce n’est pas la solution. Rivaliser est une chose. Gagner les cœurs en est une autre.

L’opposition coalisée peut se contenter d’attendre que la roue tourne, en misant sur la lassitude et le dépit des Tunisiens. Mais rien ne garantit que les déçus de la politique actuelle retourneront voter et sanctionneront la troïka gouvernante. Ils pourraient tout aussi bien se réfugier dans l’abstention. Le pragmatisme, l’expérience de l’Etat et la défense des acquis modernistes tiennent lieu pour l’instant de programme politique par défaut. Or ces thématiques ne parlent qu’à une fraction de l’électorat : aux classes moyennes supérieures, qui sont d’ores et déjà acquises. Pour espérer contrarier les desseins hégémoniques d’Ennahdha et de ses alliés, l’opposition moderniste doit, impérativement, élargir son assise et toucher d’autres catégories de la population. Il n’y a plus d’espace sur la droite, les créneaux de l’identité et du conservatisme religieux sont déjà occupés. Elle doit donc mordre sur sa gauche et « parler » aux classes populaires.
Les partis réformistes doivent imprimer une coloration sociale à leur programme, et se doter d’un projet qui tienne compte des attentes populaires, de l’aspiration à la justice et à l’égalisation des conditions économiques. Il faut tourner le dos aux utopies technocratiques et prendre à bras le corps la question sociale, qui, est-il utile de le rappeler, a été le détonateur de la Révolution. Pour dire les choses crûment, quitte à choquer : il faut insuffler une bonne dose de populisme dans la politique tunisienne.
Il n’est évidemment pas question ici de faire l’éloge du populisme infantile et irresponsable d’un Hechmi Hamdi. Peut-il exister un bon populisme, un populisme qui aurait des « vertus démocratiques » ?

Tournons notre regard du côté de l’Amérique du Sud. Cette région du monde est confrontée à des contraintes et des défis similaires à ceux que nous rencontrons actuellement en Tunisie. Les sociétés latino-américaines sont des sociétés jeunes et profondément inégalitaires. Sécularisées, influencées par l’idéologie positiviste qui s’est diffusée après les indépendances, dans la deuxième moitié du XIXème siècle, elles sont aujourd’hui aux prises avec un très fort « revivalisme religieux » (le protestantisme évangélique est en plein essor, notamment au Brésil). Leurs économies, pleinement insérées dans la mondialisation, sont tournées vers l’exportation, mais ne maîtrisent pas les termes de l’échange international. Leurs systèmes politiques ont connu d’importantes mutations, les régimes militaires dictatoriaux ayant cédé la place à des gouvernements démocratiquement élus. L’histoire politique de l’Amérique du Sud est une histoire de violence et de coups d’Etat. La torture et les abus y ont été pratiqués à grande échelle, et les responsables n’ont pas toujours été châtiés, loin s’en faut. Les problématiques de l’impunité, de la réconciliation et de la justice transitionnelle restent terriblement prégnantes.
L’Amérique du Sud a été et reste la terre d’élection d’une forme originale de populisme. Elle a enfanté de mythologies politiques puissantes, qui ont résisté aux outrages du temps et à l’essoufflement des idéologies séculières. Le justicialisme de l’argentin Juan Domingo Péron (président entre 1946 et 1955 et de 1973 à sa mort en 1974), le bolivarisme, et, dans une mesure moindre, le modèle de l’Estado novo, du brésilien Getulio Vargas (au pouvoir entre 1930 et 1945 puis de 1951 à sa mort, en 1954), restent des codes politiques redoutablement efficaces.

Le style de gouvernement de Vargas et de Péron était charismatique et autoritaire. Fondé sur le culte de la personnalité et le « rapport direct avec les masses », il pouvait, par certains aspects, se rapprocher du fascisme, alors en vogue en Europe. Mais là n’est pas l’essentiel. Car l’un et l’autre ont réussi à cimenter une alliance inédite entre une fraction de la bourgeoisie et de l’élite gouvernante et les classes populaires. L’un et l’autre ont mis en place des politiques axées sur une redistribution plus équitable des revenus, l’amélioration de la protection des travailleurs et les lois sociales. Loin d’être de simples figures rhétoriques, le souci de justice et l’attention au sort des couches défavorisées de la population figuraient au cœur de leur logiciel politique.
Le péronisme argentin témoigne d’une vitalité étonnante. Carlos Menem (1989 / 1999), Nestor puis Cristina Krichner, l’actuelle présidente, sont issus de cette matrice.
Le populisme latino-américain est passionnant à étudier. Même s’il a connu des dérives et des échecs, il s’apparente à une alchimie particulière, qui a rendu possible une canalisation positive des frustrations, et qui a permis d’incorporer dans l’espace démocratique des catégories sociales qui avaient été tenues jusque-là à la lisière du champ politique. Il ne s’agit évidemment pas de l’imiter ou de le calquer, mais de s’en inspirer.
Pour espérer pouvoir rivaliser sérieusement avec l’islamisme, l’opposition tunisienne coalisée doit être en mesure de porter une promesse de dignité, et de faire vivre une espérance. Elle ne peut plus faire l’impasse sur la question sociale et sur l’exigence de justice…

(*) Journaliste et écrivain. A publié Orphelins de Bourguiba & héritiers du Prophète (Cérès éditions, janvier 2012).A rejoint l’équipe de Business News en tant que Chroniqueur.
16 commentaires
"Don't Look to Me"- Argentina
ArgieGringa |17-07-2012 19:43
I wanted to comment on this article as an American living in Argentina. While the author has certainly read his Latin American social and political history, his following statement is incorrect: "Torture and abuse have been on a massive scale, and those responsible have not been punished, far from it." The Argentine dictator Jorge Videla was sentenced to 50 years in prison 2 wks. ago for stealing babies from political dissenters. In 2010, dictator Reynaldo Bignone was also sentenced for 25 years for 56 deaths in Argentine concentration camps. I would also seriously warn Tunisians against aspiring to Argentina's example of populism- strive for something better!
Droite?
Royaliste |13-07-2012 16:56
il n'y a pas de droite en Tunisie.

personne ne parle de la diminution ou suppression de la caisse de compensation, personne ne parle des frais de scolarités qu'il faut hausser

les partis sont trop a gauche
Oui à la Solidarité
mammad2012 |13-07-2012 08:58
Bravo pour cet article ! Et à ceux qui le critiquent trop sévèrement: M. Ghorbal n'elabore en rien un programme politique ! Il fait avancer le débat et ce dernier a bien besoin d'un peu de gaz car, depuis la tempête d'inepties et les pluies de bondieuseries qui ont suivi la révolution, il est rouillé !!

L'Argentine, ce n'est pas la Tunisie, certes non. Mais c'est un pays où l'esprit d'initiative locale, de "faire ensemble", a été brimé par des années de dictature où tout le monde était méfiant, tant de ses collaborateurs que de ce qu'allait faire le gouvernement de leur initiative (se l'approprier? La détourner? La détruire?) ! Les islamistes ont rapidement su remplir le champs de l'associatif de la rue, se rapprocher et aider le peuple (en tout cas, en donner l'impression!). certainement car ils avaient pratiqué le "serrage de coudes" en exil et, surtout, grâce à une bonne instrumentalisation de l'Islam.

Il est urgent maintenant de proposer une alternative de tissu associatif proche des gens qui souffrent, en dehors de toute considération religieuse ! En tout cas tant qu'il n'y aura pas de vrai gouvernement et des institutions stables pour reprendre le flambeau...

Aidons-nous les uns les autres pour DÉFENDRE NOS LIBERTÉS et recréer des perspectives économiques et de la dignité !!
question de réthorique
Loula |12-07-2012 11:48
En Libye "islamistes" et "libéraux" signifient dans les faits "extrémistes" et "islamistes", il ne faut pas se leurrer.
@Lamia Aidali
Bouzidi |12-07-2012 09:23
Bonjour,
Les théofascistes ne pourraient pas aller plus loin et rafler à nouveau la mise « Si » les soi-disant libéraux, démocrates progressistes s'unissaient, élaborait un programme socio-économique claire basé sur stratégie solide.

La Tunisie tolérante pourrait sortir gagnante « Si » les soi-disant libéraux démocrates coupaient avec leur chauvisme et népotisme et adressaient un message clair aux régions défavorisées, lésées et ignorées pendant des decennies, afin de les réconcilier et gagner leur confiance.

Les Libéraux démocrates pourraient gagner « S'ils » mettaient en place un programme montrant comment donner du travail aux jeunes, comment faire face à la pauvreté et à la précarité, et comment résoudre les disparités régionales : eau potable, froid, infrastructure et surtout acceptation de l'autre Wildi Sidi Bouzid, Wild Kasserine, Wild Mednine, Wild Tataouine, etc.

Arrêtez de vous considérez supérieurs parce que vous ne l'êtes pas. Acceptez les autres, et coupez définitivement avec les symboles du RCD genre Kamel Morjane, Mohamed Mzali ou Jegham... Ces derniers nous rappellent un passé pas très lointin mais très sombre.

C'est la Solidarité d'un petit mois que la Tunisie a connu juste la fuite du Zattal et son clan mafieux, C cette solidarité-là qui stoppera le fascisme religieux des "oummas" et fera gagner la Tunisie de la tolérante et du progrès.
Halte aux théofascistes!
Lamia Aidali |11-07-2012 23:31
Il faut que la Tunisie intelligente, celle qui a engendré des génies à l'instar de Tahar et Fadhel Ben Achour, Tahar Haddad, Aboulkacem Echebbi et bien d'autres sommités de lumières authentiques honorant le véritable Islam éclairé et toujours progressiste, dise non à ces théofascistes made in QatarDisneyland qui veulent zombifier le peuple tunisien avec leurs sornettes de charlatans ,d'incompétents et d'assoiffés de pouvoir! Non au théoreich!!!!!!
Vive la Tunisie du vrai Islam qui a toujours appliqué les valeurs de tolérance et de progrès, vive la Tunisie des lumières et de la libération ! A bas le formatage obscurantiste des laquais baveux et libidineux sous-quataris liberticides et intellecticides!!!!!
Il faut qu'il y ait un front de l'intelligence contre la "cavernisation" des Tunisiens et c'est possible!
il est très tôt de montrer ses cartes'
Dr. Jamel Tazarki |11-07-2012 22:39
@Tayeb
L'opposition a un programme socio-économique mais il est très tôt de montrer ses cartes'

Dr. Jamel Tazarki
Allemagne
www.go4tunisia.de
La révolution tunisienne ne fait que commencer!
Dr. Jamel Tazarki |11-07-2012 22:10
Je suis convaincu que la majorité des tunisiens va voter pour Monsieur Beji Caid Essebsi parce qu'elle a envie qu'il soit président ou premier ministre et pour barrer aussi la route à Monsieur Rached Gahnouchi! Monsieur Beji Caid Essebsi va être le personnage central des prochaines élections législatives. Il nous offre le sens de l'espérance, ce que Monsieur Rached Ghanouchi vient de détruire!

Les artisans, les commerçants, les agriculteurs, les professions libérales, les cadres supérieurs, les employés, les ouvriers n'ont qu'un seul but: barrer le chemin à Monsieur Rached Ghanouchi qui nous a trahis' Même les catégories les plus défavorisés et les plus fragiles vont voter contre Ennahdha ou s'abstenir (ce sont les 4 Millions des électeurs qui n'ont pas voté la dernière fois!). Puis la grande défaite du parti politique Ennahdha va être auprès des jeunes et des étudiants qui vont eux même influencer les séniors.

Le gouvernement de Monsieur Rached Ghanouchi constitue un obstacle pour le développement de la Tunisie. Monsieur Rached Ghanouchi aura beaucoup de mal à convaincre les pays du nord et la majorité des Tunisiens qu'il est devenu un démocrate (même s'il le devient parfaitement).

Il faut faire comprendre aux Tunisiens que l'intérêt politique, culturel et économique de la Tunisie devrait nous conduire à choisir un parti politique autre qu'Ennahdha aux prochaines élections législatives afin de modifier considérablement le regard porté sur notre pays. Les images existent, elles sont opérantes et Monsieur Rached Ghanouchi ne peut pas les modifier du jour au lendemain! Le monde entier et la majorité des Tunisiens ont une image négative de lui et il ne pourra jamais la changer en quelques jours. L'image d'une personne ne peut guère se déconnecter de son passé, dans lequel elle plonge pour prendre ses racines. Les images sont des projections de la réalité!

Mes pronostics: Ennadha va essayer de manipuler les prochaines élections législatives et la révolution tunisienne ne fait que commencer!

Dr. Jamel Tazarki
Allemagne
www.go4tunisia.de

Il ne faut pas se bercer d'illusions.......
je dis la vérité |11-07-2012 21:39
Il faut être naïf pour croire que les islamistes, au pouvoir, aujourd'hui, vont facilement lâcher prise.Les islamistes sont redoutables.
Ce n'est pas donné à l'opposition, dispersée comme elle l'est, de les vaincre.

Et ce n'est pas tout. Je m'explique :

Pour comprendre comment réagissent les électeurs, il faudrait quelques connaissances en sociologie.
Qui est le peuple tunisien?Quelles sont ses ambitions ? Comment veut-il être gouverné? Quelles sont ses croyances? Son passé, c'est quoi? Sa culture, c'est quoi?

D'autres questions, plus profondes :

Niveau de vie de la population, par son IDH (*) Education et orientation des jeunes. Les femmes comment vivent-elles leurs quotidiens?
L'instruction : où en est la population.

Un sociologue ou un groupe de sociologues, font une étude sérieuse, qui demande du temps bien sûr et la communiquent à un politicien ou un groupe de politiciens.
A partir de ces éléments, on peut former un parti politique et travailler sur un programme.

Bon, revenons à la réussite d'Ennahda :

Ce mouvement a investi dans le background de la société tunisienne : l'islam.
L'islam, politisé est un atout majeur. L'islam touche au quotidien des gens, riches, pauvres, illétrés, savants, tout...quoi. C'est notre quotidien.
Le programme d'Ennahda est l'islam tout court. Le niveau de vie des Tunisiens, la lutte contre la pauvreté, tout cela c'est secondaire.

Ennahda s'est accaparé le background principal. Il surfe la dessus, comme bon lui semble.
Les autres partis politiques, sont déstabilisés. Leurs erreurs consistent à dire que la religion ne regarde que chacun de nous et il hors de question de l'insérer dans le discours politique. Leur marge de manoeuvre est étroite.

Ce paysage politique, on ne le trouve pas, dans d'autres démocraties occidentales.
Des partis politiques ont comme background la pureté de la race, la chasse aux étrangers. Mais des partis religieux, pratiquement, il y en a pas, parce que sociologiquement l'occident a mis un terme aux faits religieux.
Dans les pays arabes et musulmans, non.
Le jour ou le spirituel est mis de côté, une fois pour toute, oui les partis politiques, pourraient s'affronter, par programmes interposés, les partis religieux disparaîtraient.....

Aujourd'hui, il faut déchanter, ce n'est pas possible......
Le populisme une insulte a l'intelligence du citoyen moyen
Tayeb |11-07-2012 19:28
Mr. Ghorbal n'a pas su tirer les bonnes leçons de l'expérience libyenne et va chercher en Amérique latine des approches désuètes et sans issue. Il rejoint Mr Marzouki (qui propose le non payement de la dette) en proposant l'Argentine comme modèle.

L' un des atouts dont dispose le Dr. Mahmoud Jibril al-Warfally en Libye est un programme de développement détaillé et réaliste. Ce programme fut élaboré a partir de 2007 avec l'aide de compétences reconnues. Le programme prévoit la diversification de l'industrie, l'introduction du tourisme, etc. L'alliance a aussi éviter de parler de l'identité, de la religiosité, et le débat laic vs. shariah etc. Ils ont su orienter le débat durant la période électorale sur des questions ou les islamistes n'ont rien a dire or offrir.

En Tunisie, presque 2 ans après la révolution on voit que le gouvernement et l'opposition n'ont aucun plan ou approche qui puisse faire sortir la pays de la crise.

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